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Guide de traduction

            Les fictions en anglais sont bien plus nombreuses et variées que les fictions françaises. Si nous voulons accéder à cette variété, nous avons donc deux choix : les lire directement en version originale, ce qui requiert quelques bases d'anglais, ou alors en trouver une traduction. Devant la demande, ou pour des raisons qui leur sont propres, beaucoup de gens s'essaient à cet exercice, avec des résultats souvent mitigés. Fautes diverses, contresens, voire abandon pur et simple guettent les traducteurs, débutants comme confirmés.
            Ce guide, sans prétendre être autre chose qu’un regroupement de conseils généralistes, tentera de faciliter la tâche à ceux qui veulent se lancer et de rappeler quelques bases toujours utiles aux autres.

 Première partie : avant de traduire

La motivation
Le choix du texte
Mais aussi...

Deuxième partie : la traduction et les relectures
Première étape : la traduction

L'importance du sens
(Re)formulation française
Quelques erreurs fréquentes
Corriger l'auteur ?
L'univers My Little Pony
Traduire les dialogues

Deuxième étape : la relecture

Orthographe et conjugaison
Typographie

Troisième partie : et après ?

Première partie : avant de traduire
            C’est bien de parler de traduction mais, souvent, on ne sait pas par où commencer. Ou bien, au contraire, on est si enthousiaste que l’on veut se lancer de suite sans s’assurer des bases au préalable.
 
La motivation
            C’est la première question à se poser. Pourquoi, aujourd'hui, a-t-on envie de traduire, alors qu'hier encore cela pouvait paraître au-dessus de nos forces ou sans aucun intérêt ? Les raisons peuvent être nombreuses :

envie de faire plaisir, en donnant accès à un texte que des gens désiraient lire ;
envie de rendre un service pour lequel personne d'autre ne s'est proposé ;
envie de reconnaissance pour le travail que l’on effectue bénévolement ;
envie de partager un texte qui nous a particulièrement ému ;
envie de s'occuper soi-même d'un texte qui nous a beaucoup plu ;
envie de progresser en anglais ;
envie de jouer avec les langues anglaise et française ;
envie de s'occuper de manière utile ;
envie de faire ses preuves, de (se) montrer que l’on en est capable ;
etc.

            Il est à noter qu'aucune des motivations citées ci-dessus n'est mauvaise, même si certaines peuvent sembler vaines ou très « perso ». Chacun a ses raisons de traduire et, tant que c’est efficace, il ne faut pas s’en vouloir de les ressentir.
            On peut également vouloir faire un bilan inverse, celui de ce qui peut nous freiner dans ce désir de traduction. Là aussi, les raisons sont multiples :

manque de compréhension de l'anglais ;
absence d'attrait pour les langues et leur rigueur ;
absence d'attrait pour un texte en particulier ;
peur de ne pas être à la hauteur du texte originel ;
manque de temps à y consacrer ;
etc.

            Une fois que l'on est au clair sur tout ça, on peut peser le pour et le contre. Avec nos motivations et nos freins personnels, sera-t-on capable d'arriver au bout d'une traduction ou va-t-on l’abandonner, à la première difficulté ou au profit d'une autre tâche qui paraîtra d’un coup plus attrayante ? Il faut vraiment être honnête avec soi-même.
            À partir de là, si l’on pense ne pas avoir assez de motivation, il vaut mieux renoncer avant plutôt qu’en cours de route, quitte à se lancer plus tard après un nouveau bilan. Si l’on hésite encore, que l’on a l’envie de traduire sans savoir si l’on ira au bout, pourquoi ne pas essayer dans des conditions déterminées décrites plus bas, pour voir ce que cela donne ? Mais si l’on est persuadé d’être assez motivé pour le faire, alors en avant pour l’étape suivante !
 
Le choix du texte
            En général, on choisit de traduire une fiction parce que des personnes demandent sa traduction, ou bien parce qu’on l’a particulièrement aimée quand on l’a lue. Et, dans les deux cas, ce ne sont pas forcément les textes les plus adaptés à la traduction débutante.
            En effet, les requêtes sont souvent des histoires longues, qui vont demander un investissement à (très) long terme. Si l’on s’y lance sans trop savoir ce que l’on fait, il y a de gros risques d’abandonner à mi-chemin, ce qui est frustrant pour soi-même et pour les lecteurs. De même pour les fictions longues choisies sur un goût personnel : si on commence à en publier la traduction, les lecteurs vont vouloir la suite.
            Si l’on est certain de ses motivations, on peut se lancer directement dans ce genre de traductions. Mais si l’on n'est pas trop sûr de soi, ou que l’on veut faire un essai avant pour se faire la main, il vaut mieux essayer un texte court, qui nous plaît et que personne n’attend. Suivant la manière dont on aura réussi cette première traduction, on pourra s’en contenter, continuer avec ce genre de fictions ou passer à des projets plus ambitieux.
            Pour entrer plus dans les détails, un texte court fera moins de 6 000 mots, et de préférence moins de 3 000, cela pour ne pas se décourager lors de cet essai. Si l’on a déjà lu de tels textes qui nous ont plu, très bien, sinon, il va falloir les rechercher avec nos propres critères : un genre, un thème, un personnage, un auteur… les moteurs de recherche de FIMFiction, de FanFiction ou d’ArchiveOfOurOwn sont très utiles pour ça.
            Une fois que l’on a trouvé le texte idéal, on peut songer à se lancer dans la traduction à proprement parler… même s’il est conseillé de lire le texte au préalable, ou du moins le survoler, notamment dans le cas d’une requête. Ainsi, on s’assure que le vocabulaire nous est abordable et que l’histoire nous plaît un minimum, ou encore qu’il n’y a pas de jeu de mots intraduisible dans les dernières phrases.
 
Mais aussi…
            D’autres questions peuvent se poser avant de démarrer une traduction. Même si les délais sont souvent durs à tenir, on peut toujours tenter d’estimer le temps qu’elle prendra, en guise de motivation. Prévenir l’auteur que l’on traduit sa fiction est également une marque de politesse et, suivant son enthousiasme, permet de jauger s’il serait prêt à aider en cas de confusion en cours de route. En cas d’absence de réponse de sa part (désintérêt pour la question ou désertion du fandom), on peut tout de même se permettre de se lancer.
            Dans le cas d’une fiction à chapitres, il faut également se demander si on la publiera au fur et à mesure, ou dans son intégralité à la fin de la traduction. La deuxième méthode peut permettre de prendre son temps sans susciter l’impatience des lecteurs, mais privera le traducteur des encouragements et conseils qu’il aura en choisissant la première. Il faut toutefois noter que l’équipe de MLPFictions aura du mal à tout modérer d’un coup si la deuxième technique est choisie : en ce cas, il vaut peut-être mieux publier chapitre par chapitre une fois la traduction achevée.
            Enfin, il faut parler des collaborateurs : cotraducteurs et relecteurs. Il n’est bien sûr pas obligatoire de se lancer dans l’aventure à plusieurs, mais cela peut aider, notamment lorsque l’on n'est pas tout à fait sûr de sa motivation ou de la justesse de sa langue.
            Travailler en groupe est généralement stimulant et permet de se répartir les tâches pour obtenir un travail plus soigné, plus rapidement. Cependant, il n’est pas rare d’y trouver des désagréments : méthodes différentes, nécessité d’harmonisation… C’est à chacun de faire la part des choses et de choisir ce qui lui convient le mieux.

 Deuxième partie : la traduction et les relectures
            Pour débuter une traduction, une organisation efficace est de copier l’intégralité du chapitre en cours sur un utilitaire de traitement de texte – qu’il soit en ligne, type Google Docs, ou hors-ligne, type Word. Cela permet de ne pas faire d’allers-retours constants entre texte original et traduction. À mesure que le traducteur avance, chaque paragraphe anglais sera suivi de sa version française, sans être supprimé : cela facilitera la relecture à venir, notamment si le projet est collectif.
            Il est impératif d’avoir accès à de bons dictionnaires en ligne, comme WordReference ou Linguee, qui permettront de traduire mots et expressions spécifiques. Les moteurs de recherches et tout autre site utile ne sont pas à négliger.
            Certains aiment traduire de manière « propre », en faisant directement attention aux tournures de phrase et à l’orthographe, tandis que d’autres préfèrent travailler rapidement et laisser cela au moment de la relecture. Dans la suite de ce guide, les étapes spécifiques à la traduction et celles qui tiennent plutôt de la finition seront séparées.
 
Première étape : la traduction
            Une fois que l’on est bien installé, on peut se lancer dans la traduction à proprement parler. Et pour cela, il y a plusieurs règles à respecter.
 
L’importance du sens
            Lorsque l’on traduit, il faut toujours s’assurer que l’on a compris le sens de l’expression ou de la phrase que l’on s’apprête à transcrire. Un contresens est la pire erreur que puisse faire un traducteur. Dans le doute, on peut demander conseil à l’un de nos cotraducteurs ou à un autre traducteur en qui on a confiance. On peut aussi poser la question sur le forum du groupe traduction, ou sur un forum spécialisé comme celui de WordReference. Enfin, si l’auteur s’était montré amical lors du premier contact, on peut lui demander de nous expliquer ce qui nous pose problème.
            De plus, il arrive souvent que le sens d’un mot paraisse si évident que l’on ne cherche même pas sa traduction dans un dictionnaire. Pourtant, il faut faire attention aux faux-amis, fréquents quand on traduit de l’anglais. Par exemple, « concerned » ne veut généralement pas dire « concerné » mais « inquiet », tout comme « comfortable » ne signifie pas « confortable » lorsque l’on parle d’une personne mais « à l’aise ». Dans un registre plus relatif à la série, « library » signifie « bibliothèque » et non « librairie », qui se traduit « book shop » ; il en est ainsi pour tous les mots de cette famille. Ces faux-amis sont trop nombreux pour être retenus, c’est pourquoi il ne faut jamais hésiter à vérifier le sens des mots qui semblent un peu étranges dans un contexte donné.
            Pour finir, si une suite de mots paraît incohérente ou qu’ils n’ont aucun rapport les uns avec les autres, il faut se demander s’il ne s’agit pas d’une expression idiomatique. Par exemple, « it was fun while it lasted » ne veut pas dire « c’était bien tant que ça durait » mais « les meilleures choses ont une fin ». Pour s’en assurer : les dictionnaires cités précédemment, Urban Dictionary, The Free Dictionary et les moteurs de recherche.
 
(Re)formulation française
            Une fois que l’on est sûr d’avoir saisi ce qu’entendait l’auteur, il faut le formuler en français. Il est conseillé de respecter un minimum la construction originelle, évidemment, mais cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas prendre quelques libertés. En fait, il faut prendre des libertés. Le français et l’anglais n’utilisent pas toujours les mêmes structures ou expressions donc, malgré le respect que les traducteurs doivent au texte de base, il faut souvent s’en éloigner pour obtenir une histoire agréable à lire. C’est le deuxième point le plus important de la traduction après le respect du sens, puisqu’une histoire aux tournures anglo-françaises pourrait rebuter les lecteurs.
            Par exemple, on trouve fréquemment « elle roula des yeux » pour retranscrire « she rolled her eyes ». Pourtant, l’expression correcte est : « elle leva les yeux au ciel ». Une autre erreur commune est de traduire « as » dans « she cried a little as she spoke » par « comme ». Cela indique la simultanéité, donc en français : « elle pleurait un peu tout en parlant », ou tout autre construction utilisant « tandis que », « alors que », etc.
            Il faut citer le cas des jeux de mots, mises en forme particulières et autres originalités de l’auteur. Ainsi, dans le cas d’un calligramme, ce n’est pas tant le vocabulaire utilisé qui importe, mais plutôt le respect de la forme initiale. Dans le cas d’un jeu de mots, il est préférable de changer les termes plutôt que de supprimer entièrement l’effet de style. Si leur traduction n’est pas possible, même en prenant ces libertés, on peut alors le signaler par une note de bas de page pour dissiper l’incompréhension des lecteurs.
 
Quelques erreurs fréquentes
            Un problème rencontré lorsque l’on traduit de l’anglais est celui de « his », « her(s) » et « it(s) », qui signifient tous « son/sa/ses » ou « le sien/… » suivant le contexte et ne distinguent donc plus les genres. Une phrase comme « his strenght was even more impressive than hers » devient donc « sa force était encore plus impressionnante que la sienne », ce qui n’a strictement aucun sens. Il faut donc faire des aménagements (« il était encore plus fort qu’elle ») ou désigner l’un des poneys par son nom ou une périphrase (« sa force était encore plus impressionnante que celle de la fermière »).
            Toujours avec « his » et compagnie, on trouve ce genre d’expressions en anglais : « she closed her eyes », « he put his hoof on the bar », « she shook her head »… souvent traduits « elle ferma ses yeux », « il posa son sabot sur le comptoir », « elle secoua sa tête ». Cependant, en français, il faut changer l’adjectif possessif en article défini (ou indéfini) : « elle ferma les yeux », « il posa le (un) sabot sur le comptoir », « elle secoua la tête ». Il est à noter que si la partie du corps est caractérisée, il faut alors conserver l’adjectif possessif : « elle ferma ses yeux violets », « il posa son sabot puissant sur le comptoir », etc.
            « It » est l’un des termes les plus vagues que l’on puisse trouver en anglais ; bien qu’il signifie dans la majorité des cas « ça/cela », il faut parfois le traduire différemment suivant le contexte. Lorsque « it » est un complément d’objet direct, il peut être traduit par ça/cela/le/la, alors que quand c’est un sujet, il peut être traduit par ça/cela/il/elle. Ainsi, dans ce dialogue : « Kiss her. — No, I just can’t… — Do it ! », « it » renvoie à l’action de « to kiss », il faut donc le transcrire : « Fais-le ! ». Également : « The tree was huge ; it was green. » ; dans ce cas, « it » ne fait que remplacer le mot « tree », ce qui doit donner en français : « L’arbre était grand ; il était vert. » et non « c’était vert. » qui porte à confusion.
            Certaines interjections anglaises ont également du sens en tant que mots, c’est pourquoi il n’est pas rare de voir « Why, thank you » traduit à tort « Pourquoi, merci » au lieu de « Oh, merci », ou encore « I can’t do this, now can I? » traduit à tort « Je ne peux pas le faire maintenant, si ? » au lieu de « Je ne peux pas le faire, si ? ». Ce qu’il faut retenir, c’est que « now » et « why », tout comme d'autres mots, peuvent être trompeurs, et qu’il faut se méfier lorsque leur utilisation paraît douteuse.
            D’autre part, les questions tags sont les petites questions accolées à une phrase : « isn’t it? », « am I? ». Il faut alors les traduire « n’est-ce pas ? », « pas vrai ? », « hein ? », « si/non ? » (suivant le contexte), etc. ; de la même façon que l’on traduirait « right? ». Par contre, il ne faut pas essayer d’être trop littéral et écrire « suis-je ? » ou « n’est-il pas ? ».
            De même, les anglophones insistent souvent quand ils répondent à une question (admettons : « Are you scared? »). La réponse « No, I’m not » est donc équivalente à un simple « No ». On ne le traduit jamais « Non, je ne suis pas » mais simplement « Non », ou alors éventuellement « Non, c’est faux » pour insister sur le déni.
 
Corriger l’auteur ?
            Les fanfictions anglaises ont tendance à regorger de participes présents et d’adverbes, assez hideux ou lourds en français lorsqu’ils sont tous traduits littéralement. En reformulant un peu, on peut faire disparaître un participe présent en conjuguant le verbe, ou alors en utilisant « tandis que » ou une structure similaire. Concernant les adverbes, il s’agit encore une fois de reformulation. Par exemple, « he spoke gently » peut être traduit « il parlait doucement », mais aussi « avec douceur », ou encore « à mi-voix », « à voix basse », etc.
            Un autre problème que rencontrent beaucoup de fictions anglaises est le nombre impressionnant de répétitions, que cela soit au niveau des noms des personnages, des verbes de paroles… Face à ce problème, le traducteur peut vouloir garder les expressions de l’auteur, ou essayer de rectifier les choses dans la mesure du possible.
            Par exemple, un nom peut facilement être remplacé par une périphrase qui désignera le personnage : « la ponette jaune », « la gentille jument », « l’amie des animaux », « la timide pégase » pourront désigner Fluttershy. Le mieux est de choisir des expressions qu’utilise déjà l’auteur dans d’autres passages, pour conserver son style. Il faut toutefois faire attention à ce que l’on ne confonde pas les personnages : si, dans un dialogue entre Rarity et Twilight, on utilise « la licorne » pour les désigner toutes les deux, cela peut induire une confusion. De plus, il vaut parfois mieux employer les pronoms personnels (il, elle…) plutôt que de mettre une périphrase différente à chaque fois que le personnage apparaît ou fait un geste.
            D’autre part, il existe des centaines de verbes de parole, qui viendront préciser un peu la situation. Par exemple, « he said quietly » peut devenir « murmura-t-il » pour remplacer « dit-il doucement », si le verbe « dire » est déjà répété avant – ce qui permet aussi de supprimer un adverbe.
            Lorsque les répétitions concernent d’autres types de mots, il ne faut pas hésiter à aller chercher des synonymes : cela ne peut qu’enrichir la traduction.
 
L’univers My Little Pony
            Il faut toujours faire attention au fait que c’est une fanfiction My Little Pony : à moins qu’il ne s’agisse d’une histoire humanisée ou anthro, les poneys n’ont pas de bras, de mains, de doigts… Il ne faut donc pas traduire une expression anglaise par « il la serra dans ses bras » ou « ils étaient passés à un cheveu de la catastrophe ». On peut choisir d’utiliser une autre expression, ou bien de « ponyfier » les expressions : « il la serra contre lui », « ils étaient passés à un crin de la catastrophe ».
            Dans un autre registre, il faut être attentif aux mentions religieuses. Les poneys n’ont pas de « Dieu » ; on peut par contre considérer Celestia et Luna comme leurs déesses. Ainsi, on pourra traduire les expressions « oh my go(o)dness », « oh God »… en mentionnant les princesses (douce Celestia, ô déesses). Les auteurs qui font jurer les princesses utilisent parfois la mention de « Faust », en référence à la créatrice de cette génération de la série. En poussant la réflexion un peu plus loin, on peut assimiler l’enfer au Tartare, etc.
            D’autre part, il peut être tentant d’utiliser des mots grossiers pour traduire certaines expressions anglaises qui le sont également. Cependant, cela détonne fortement avec la série. À moins que ce choc ne soit justement la volonté de l’auteur ou qu’il ne s’agisse d’un univers alternatif, il est donc recommandé d’édulcorer les termes vulgaires.
            Pour finir, les fictions contiennent des noms propres et expressions spécifiques liées à l’univers My Little Pony, venant de la série ou inventés par l’auteur. À chacun de choisir ce qu’il traduira ou non : « cutie mark », « Hearts and Hooves Day », « Everfree Forest », « Twilight Sparkle » ? Ces traductions peuvent venir de la version française de la série, ou se baser sur un jugement personnel, mais il faudra respecter une certaine cohérence tout le long de la traduction. Ainsi, il ne faut pas qu’une expression soit traduite une fois puis conservée en version originale dès le chapitre suivant.
 
Traduire les dialogues
            Au-delà de leurs spécificités typographiques qui seront détaillées par la suite, les dialogues doivent bénéficier d’une attention toute particulière. En effet, c’est là que la personnalité et les habitudes propres à chaque personnage se font le plus sentir. Ainsi, chacun a des expressions caractéristiques, un registre de langue qui lui est propre, voire un accent suivant sa provenance. Ce sont donc en grande partie les dialogues qui permettent de rendre les poneys réalistes et vivants, et c’est pour cela que leur traduction est très importante.
            Il faut faire attention de toujours traduire les expressions récurrentes (le « sugarcube » d’Applejack, le « mmkay » de Suri Polomare, etc.) de la même manière, pour donner de la cohérence aux répliques. Ainsi, Applejack appellera ses amies « petit sucre » ou « sucre d’orge », selon la préférence du traducteur, mais n’alternera pas entre les deux formes.
            D’autre part, les registres de langue à employer diffèrent selon les poneys : Octavia s’exprimera en langage courant (voire soutenu), tandis que Vinyl Scratch utilisera plutôt des formes familières. Parmi les héroïnes, Rarity, Twilight Sparkle et Fluttershy emploieront des termes et des tournures plus élaborés que leurs amies Rainbow Dash, Applejack et Pinkie Pie, qui parleront de façon plus négligée. Quoi qu’il en soit, il faut veiller à conserver des expressions crédibles à l’oral en n’allant pas dans les extrêmes.
            Pour rappel, le langage familier ne se constitue pas uniquement de mots populaires, mais forme un ensemble. Les personnages tendront à utiliser « on » au lieu de « nous », à oublier le « ne » de la négation (Tu vas pas faire ça !), à ne pas faire l’inversion sujet-verbe (Comment tu vas ?) dans les questions, à tutoyer les inconnus, etc.
            Il arrive aussi que les auteurs utilisent de l’anglais archaïque, lorsque les fictions se déroulent dans un passé lointain ou concernent une Luna tout juste échappée de la lune. Ces formes particulières sont assez complexes à traduire, puisque peu de personnes connaissent encore le vieux français. Une façon de le retranscrire est d’utiliser un langage soutenu et des mots littéraires. « Thou dost not understand » pourra alors donner « Vous ne comprenez donc point ».
            De l’autre côté du spectre, on peut trouver des termes d’argot. Le dictionnaire spécifique Urban Dictionary est alors très utile pour comprendre ces mots qui n’apparaissent dans aucun autre ouvrage. Une traduction littérale est déconseillée : il vaut mieux se préoccuper du sens des répliques en français plutôt que de chercher à conserver des expressions qui n’ont de sens qu’en anglais.
            Enfin, les auteurs anglais aiment bien retranscrire les accents des personnages à l’écrit, ce qui est parfois difficile à traduire. L’accent campagnard d’Applejack, par exemple, se caractérise par des « ya » remplaçant « you », des lettres ôtées et remplacées par des apostrophes… Une solution peut être de la faire parler de manière familière, comme décrit plus haut. On peut également ajouter des apostrophes au texte français : « J’suis une fermière », tout en faisant attention à ne pas en faire trop, ce qui deviendrait impossible à prononcer : « Est-c’qu’ça va ? ».
            D’autres accents se rencontrent également : l’accent new-yorkais des poneys de Manehattan, par exemple. Comme le français n’a pas vraiment d’équivalent, on peut notamment le traduire en employant quelques mots d’argot.
 
Deuxième étape : la relecture
            Une fois chaque phrase traduite en français, le travail n’est pas terminé pour autant. Il faut maintenant s’attaquer à la (aux) relecture(s). Il est conseillé de ne pas relire directement après avoir traduit : à chaud, les erreurs sautent moins aux yeux que quelques heures plus tard ou, mieux, le lendemain. Une technique peut être de lire son texte à voix haute, pour prendre son temps et mieux repérer les coquilles et autres erreurs. Lorsqu’un texte est d’une longueur conséquente, il est plus sage de découper sa relecture en plusieurs fois, afin de ne pas se lasser et laisser passer des fautes récurrentes.
            La relecture se compose plus ou moins des mêmes étapes que la traduction : dernière vérification du sens des mots, expressions et phrases, reformulations, corrections diverses. Si l’on a adopté la méthode décrite plus haut, on peut alors supprimer les paragraphes anglais pour ne garder que le texte traduit. Cela peut permettre, une fois le sens clarifié, de prendre plus de libertés pour reformuler en un français agréable à lire.
            Une fois que les phrases originelles ont été traduites et éventuellement reformulées, il faut s’assurer qu’elles sont correctes dans notre langue. Les points à surveiller sont bien sûr l’orthographe des mots et la conjugaison des verbes, mais aussi la typographie.
 
Orthographe et conjugaison
            En ce qui concerne ces deux points, certains logiciels de traitement de texte comme Word permettent de corriger des fautes d’orthographe et de grammaire. Cependant, rien ne vaut un relecteur si jamais vous savez que vous avez tendance à accumuler les fautes. De plus, l’usage de dictionnaires et de sites spécialisés en conjugaison durant la traduction et la relecture est conseillé pour tous.
            Des erreurs de conjugaison fréquentes concernent le passé simple. Les verbes (sou)rire, ouvrir… sont souvent conjugués, à tort, comme des verbes du premier groupe (elle souria, ils ouvrèrent). Ils font en réalité partie du troisième : elle sourit, ils ouvrirent. Toujours au passé simple, les verbes du premier groupe se terminent en -ai à la première personne : « je m’écriai » et surtout pas « m’écria ».
            Pour rester sur le sujet des verbes, une faute courante de traduction est de confondre imparfait et passé simple, tous deux équivalents du prétérit anglais. Si, dans certains cas, les deux temps sont valables, il faut garder à l’esprit que l’imparfait vaut pour les descriptions et les actions habituelles, répétitives, qui durent dans le temps ou sont en arrière-plan. Le passé simple annonce, lui, un fait unique, court, sur lequel on se focalise.
            Par exemple, les structures « tandis que », « alors que », « pendant que » sont toujours suivies d’un imparfait, puisque l’action décrite est secondaire. « Elle continua à lire son livre tandis qu’elle s’asseyait », et non « tandis qu’elle s’assit ». Le ou les verbes de la principale (« Elle continua à lire son livre ») sont, eux, au passé simple.
            D’autre part, il faut faire attention à toujours conserver le même système de temps, à moins que l’auteur n’en change lui aussi. En général, une histoire est au passé, et il faut alors utiliser uniquement les temps du passé : passé simple, imparfait, plus-que-parfait, passé antérieur, conditionnel présent, conditionnel passé (et jamais, jamais passé composé). Si l’histoire se déroule au présent, il faudra alors utiliser présent, passé composé, imparfait, futur.
            De plus, il faut mettre du subjonctif après certaines structures spécifiques (par exemple, après « préférer que » ou « bien que »). Il est à noter que, dans le système passé, le subjonctif imparfait devrait être utilisé : « elle préférait que les poulains fussent sages », mais le subjonctif présent, moins soutenu, est toléré (et bien plus courant) : « elle préférait que les poulains soient sages ».
            Enfin, il faut faire attention à conjuguer les actions se situant au « passé dans le passé » au plus-que-parfait, et non à l’imparfait, à bien accorder les participes passés, etc.
 
Typographie
            Souvent négligé, le volet « typographie » fait pourtant partie intégrante de la mise en forme d’une fiction. Évidemment, le choix entre une règle française et une règle anglaise reste à l’appréciation du traducteur, mais il est rarement agréable de lire un texte français sans les codes qui lui sont associés.
            Il y a de grosses différences entre les systèmes anglais et français. Voici quelques règles à appliquer dans notre langue :

Mettre des espaces avant et après les symboles « » : ; ! ? – — %
Mettre une espace seulement avant les symboles ( “
Mettre une espace seulement après les symboles ) ” , . …
Ne pas mettre d’espace pour les symboles / -
Introduire les dialogues par les deux-points et jamais par une virgule.
Utiliser les règles du dialogue à la française, avec les symboles « » — et l’usage d’incises. C’est le point qui est le plus à l’appréciation du traducteur, mais qui reste fortement conseillé.
Utiliser les majuscules avec parcimonie : les anglais ont tendance à en employer bien plus que les français.

            Pour plus de détails, se référer à l'article de System.
            Il faut aussi faire attention au placement des virgules. Elles encadrent surtout des propositions indépendantes et il ne faut jamais les placer entre sujet et verbe. Il est par contre conseillé d’encadrer de virgules le nom d’un personnage lorsqu’on s’adresse à lui. Par exemple : « Tu vas bien, Fluttershy ? ». Les anglais ont tendance à abuser des virgules, c’est pourquoi il peut être nécessaire de les remanier lors de la traduction lorsqu’elles sont incompatibles avec une bonne compréhension de la phrase.
            Pour exprimer une interruption, il faut employer des tirets demi-cadratins et les encadrer d’espaces (sauf si une virgule suit le second tiret). Si la proposition termine la phrase, il ne faut pas mettre de second tiret. Par exemple : « Elle s’avança vers son amie – qui était toujours aussi bien coiffée – et la salua. », « Elle s’avança vers son amie – qui était toujours aussi bien coiffée –, et la salua. », « Elle s’avança vers son amie – qui était toujours aussi bien coiffée. ».
            En ce qui concerne l’élision – c’est-à-dire l’utilisation de l’apostrophe – des noms étrangers, il est majoritairement admis d’appliquer les règles françaises et donc d’élider. Ainsi, on écrira : « Vinyl comprenait ce qu’Octavia vivait. » plutôt que « Vinyl comprenait ce que Octavia vivait », bien que cette dernière version reste correcte pour un nom à consonance étrangère. Ne pas oublier cependant que, devant un nom français comme étranger, on n’élide pas devant la voyelle « y ».
            D’autre part, lorsque l’on emploie un terme d’origine étrangère (qu’il s’agisse d’une expression latine comme « a priori », propre à MLP comme « cutie mark », etc.), la règle veut que ce mot soit mis en italique. Si la phrase est déjà en italique (pour insister sur l’importance ou la prononciation, ou alors parce que c’est une pensée), le mot d’origine étrangère ne doit subir aucune mise en forme, donc surtout pas de « gras italique ». Par exemple : « On n’aura jamais nos cutie marks, c’est fini, pensa Sweetie Belle. »

Troisième partie : et après ? 
            Une fois la fiction traduite et relue, seul ou à plusieurs, on peut s’atteler à la tâche de la faire publier. Souvent, l’image utilisée sur la fiction originelle ne correspond pas au format désiré sur MLPFictions : il faut alors rogner, ou partir en quête d’autres images pour éviter un redimensionnement trop laid.
            Il faut également veiller aux tags que l’on applique à la fiction : les tags originels, bien sûr, mais aussi le tag « traduction ». De plus, si l’histoire est classée « mature », il faudra alors faire de même ; s’il s’agit d’un one-shot, il faudra l’indiquer ; si elle est taguée « sex », il faudra mettre « NSFW ».
            Enfin, il va falloir faire un dernier choix : veut-on traduire le titre de la fiction (du chapitre) ou non ? Ceci reste à l’appréciation de chacun. Cependant, si on le traduit, il est conseillé de donner le titre original dans la description de la fiction : cela permet aux utilisateurs le tapant dans la barre de recherche de la trouver même avec le titre anglais.
            Une fois passée par l’étape de la modération, voilà la traduction révélée aux lecteurs. Mais il ne faut pas croire que son travail s’arrête là et que l’on peut passer à la traduction suivante sans plus jamais regarder celle-ci.
            Certains lecteurs auront des questions : il faut pouvoir y répondre sans trop spoiler, si l’histoire n’est pas terminée. D’autres auront des corrections ou des améliorations à suggérer. Et même si cela peut être embêtant de se faire critiquer sur sa traduction, il faut bien sûr écouter les conseils constructifs : c’est ainsi que l’on s’améliore au fur et à mesure. 

             Comme dit en introduction, ce guide est un simple rassemblement de conseils sur la traduction de fanfictions, basé sur les erreurs fréquentes que nous constatons (et sur nos chevaux de bataille personnels). Le contenu n’engage donc que nous, et il se peut très bien que certains ne soient pas d’accord, emploient d’autres méthodes ou aient des suggestions. Tout ceci est bienvenu dans les commentaires !
Les auteurs,
Little Parrot et System

BroNie 11 3790

Tutoriel ou comment conquérir la Russie en hiver, par Monsieur Napoléon B.

Ou presque.
Il y a de ça pas mal de temps d'ailleurs (quand j'étais encore régulièrement sur French Brony, c'est dire) constatant que les nouveaux auteurs étaient nombreux à tomber dans les pièges habituels de la fanfic, du mary-sue au self insert, idée fut donnée de rédiger un petit tutoriel afin de donner un coup de main à ces jeunes écrivains.
Iron Pony Maiden, Dimirah et moi-même nous y attellâmes. Aujourd'hui, il est nécéssairement un peu daté (MLPfiction, ou LPB n'existaient pas à l'époque et Frenchy Ponies n'était que balbutiant), mais encouragé dans cette voie par Shining Paradox, j'estime qu'il est encore valable. Le voici donc. N'hésitez pas à demander précision ou correction dans les commentaires de ce billet.
Ecrire une fanfiction My Little Pony Friendship is Magic
par Dimirah, Iron Pony Maiden et Bro-Nie auteurs respectifs d’Une Charmante Ville, de Pony War Chronicles et de Ponykrieg.
Bonjour et bienvenue, cher lecteur! Ce document a pour but de... (attendez la suite)... vous apprendre les bases de l’écriture d’une fanfiction! Oui, je dis bien les bases parce qu’évidemment, le lire ne vous fera pas devenir le prochain Hugo. Néanmoins, il vous permettra d’éviter les erreurs les plus courantes.
 
Ecrire ou ne pas écrire ?
Tout d’abord, il faut se poser une question que la plupart d’entre vous s’est normalement posée: “Vais-je écrire une fanfiction ou non?” Attention, je n’ai pas dit “Ai-je envie” car elles sont loin d’être pareilles. Si vous lisez ceci, soit vous vous ennuyez ferme, soit l’idée d’écrire ne vous a pas semblé désagréable. Ainsi, vous avez, au moins pour l’instant, un élément clé de l’écriture: la motivation.
Justement, pour écrire un texte en général, il faut trois ingrédients essentiels:-Le style.-Le scénario.-La motivation.
Non non, ne rigolez pas! La motivation est presque le plus important (presque hein)! Le style et le scénario, on verra ça plus tard. Mais si vous souhaitez continuer, il faut à tout prix être motivé.
...
Vous êtes motivé? Génial! Testons cette motivation.
Sachez qu’une fanfiction est une oeuvre et demande du temps. Tout comme une peluche, un dessin ou tout ce qui est artistique, plus vous y consacrerez du temps et mieux sera le résultat final.
Ainsi, ne vous dites pas que c’est juste un passe-temps quand vous vous ennuyez, ou quand vous n’avez rien d’autre à faire. Non ! Pour obtenir une histoire de qualité, il faut s’investir dedans, jusqu’à ce qu’elle soit achevée, voire encore après.
De plus, il y a de très fortes chances que vous vouliez publier votre texte. C’est tout à fait normal, et je vous encourage à le faire! Cependant, réfléchissez bien avant de le soumettre aux yeux critiques de la plèbe. Assurez-vous d’avoir les moyens de le continuer et de le terminer. Néanmoins, ayez conscience, surtout si c’est la première fois, que les commentaires risquent de vous vexer, ou vous blesser dans le pire des cas. Les lecteurs attendent quelque chose de vous quand vous leur proposez une histoire, et si leurs attentes sont déçues, il est tout à fait légitime qu’ils expriment leur mécontentement. Je reviendrais sur les commentaires plus tard.
Ah oui ! Avant de vous lancer dans l’aventure, lisez. Des romans, des pièces de théâtre, des fics... Tout ce que vous voulez ! Je ne saurais trop vous conseiller la littérature française du XIXème siècle juste pour vous faire une idée d’un bon style. Je ne dis pas que vous devez écrire exactement comme ça, ni que c’est le style parfait, mais ils ont traversé les âges pour une bonne raison. En ce qui concerne les fics, elles vous renseigneront plus sur ce que recherche le public (d’ailleurs, lisez aussi les commentaires, ils sont souvent très intéressants). Déjà c’est un niveau beaucoup plus abordable pour vous, mais surtout  vous aurez une petite idée du “barème” du public et une vague notion du bien/nul en la matière.
Toujours là ? Bien ! Mais ce n’est que le début. Maintenant, on va s’attaquer à la fanfiction en elle-même. Enfin, pas tout à fait.
 
Avant d’écrire le premier mot
Bon, vous êtes motivé, prêt à écrire votre chef-d’oeuvre, prêt à recevoir les pires huées de l’internet, vous ouvrez Word, vous vous enfoncez dans votre fauteuil, positionnez vos mains pour taper... taper quoi au fait?
Ahah! Eh oui, maintenant il faut se demander qu’est-ce qu’on va écrire.
D’habitude, quand on a envie d’écrire une fic, c’est qu’on a une idée. Si ce n’est pas le cas, trouvez-en une. C’est fait? Parfait. Malheureusement, il ne suffit pas d’avoir une idée.
Il y a deux sortes d’idées: les idées de thème et les idées de chute. Oui, ce n’est pas très clair, mais je vais essayer de m’expliquer:

Les idées de thème donnent une direction à la fic. En gros, vous savez quels personnages vous allez utiliser, dans quel contexte... Par exemple: “Twilight découvre un nouveau sort qui la téléporte dans un pays inconnu”. Je sais, c’est aussi original qu’un poney à quatre pattes, mais au moins, le message y est. On sait que le personnage sera Twilight, on sait qu’elle va explorer un pays qu’elle ne connaît pas etc, etc. Ces fics sont très souvent en plusieurs chapitres et sont les plus longues, structurées en différents épisodes. La plupart du temps, on a pas encore d’idée précise sur la fin, mais elle apparaît naturellement au fil de l’écriture.
Les idées de chute, au contraire, s’appuient sur le twist final. Dans sa tête, on voit très bien ce qui arrive à la fin, mais le problème est d’y arriver. Elles sont particulièrement utiles pour les One-Shot qui reposent presque uniquement dessus. Tout le texte sert à amener le lecteur vers cette chute, chute qui doit le surprendre. Par exemple: “Un soir, alors qu’elle rentre du travail, Derpy s’étonne de trouver sa maison vide, sa fille ayant disparue. Elle se rend ensuite compte qu’elle s’est trompée de maison et habite le numéro d’à côté.” D’accord, c’est pas fameux non plus, mais vous voyez le topo; on insiste sur l’incompréhension et sur l’angoisse de Derpy jusqu’au dernier paragraphe qui explique tout.

Un peu moins confus? J’espère. Bref, même s’il est ardu de contrôler ses idées, la plus simple pour débuter est bien entendue la deuxième. De plus, elle se prête très bien aux One-Shot, meilleur genre pour commencer. Si vous avez une idée de thème, ne la jetez surtout pas! On ne jette jamais une idée, elle pourra servir, même trois ans plus tard. Gardez-la dans un coin de votre tête, ou mieux, notez-la quelque part. Ainsi, vous n’aurez pas à en chercher une autre quand vous serez plus expérimenté.
Il peut bien sûr arriver d’avoir les deux, c’est-à-dire une idée de thème et de chute. Autrement dit, on sait comment ça va se terminer, mais y a d’abord une bonne série d’évènements que l’on connaît à peu près. C’est très bien, bien sûr, car cela permet une histoire assez riche sans risquer de se perdre en route. Normalement.
Si c’est votre première histoire, je vous conseille vivement un One-Shot avec idée de chute. Pourquoi? De un, un One-Shot est court, d’une traite, ce qui permet de cerner votre style, que ce soit pour le lecteur ou pour vous. Ensuite, avec l’idée de chute, il y a très peu de chances que vous vous arrêtiez en plein milieu et laissiez le public en plan, chose peu recommandée. Si vous balancez un Chapitre 1 et disparaissez dans la nature, vous serez assez mal vu (devinez pourquoi).
De plus, les critiques seront beaucoup plus ciblées lorsqu’elles visent une histoire entière: trop souvent, on ne peut juger parce qu’on a pas assez sous la dent : n’avoir que le premier chapitre d’une fic ne permet pas de réellement juger du scénario, qui plus est les premiers chapitres ne sont pas toujours révélateurs du style global, selon le type de fic que vous choisirez d’adopter (en particulier les fics s’inscrivant dans un registre sombre).
Compris? Pour commencer, One-Shot, chute.
Bien sûr, vous avez le droit de tenter directement une oeuvre plus ambitieuse, mais c’est très très risqué. Les raisons de l’échec y sont en effet plus nombreuses: Abandon de la fic, se perdre en route, incohérences... Bref, mieux vaut ne pas essayer, vraiment.
Maintenant que vous avez votre idée de OS, essayez de visualiser votre histoire. Pas ce qui se passe à chaque seconde, mais les grandes lignes, histoire d’avoir une ébauche de plan à laquelle vous pourrez toujours vous raccrocher. Pour mon exemple, c’est pas dur:-Derpy, à la Poste, a fini sa tournée et rentre chez elle.-Elle arrive à sa maison, ouvre la porte, flippe parce que y a rien/personne.-Elle remarque l’écriteau à louer sur la porte d’entrée et comprend qu’elle s’est gourée de maison.
Voilà ! En trois phrases, j’ai créé le squelette de ma fic, je ne peux plus me perdre à moins d’avoir le sens de l’orientation d’un cabillaud dans une grande ville étatsunienne.
Note sur les personnages:
Attention, choisissez judicieusement le personnage que vous utilisez. Le raisonnement “jpren RD parckel é tro swag é c mon poné préférée” est plus qu’idiot. Choisissez un personnage qui correspond à ce que vous voulez! Pour mon exemple, je n’ai choisi aucun du Mane 6 car leurs maisons sont trop reconnaissables pour se tromper (vous imaginez RD entrant dans le mauvais nuage?). De plus, Derpy est tout à fait capable de commettre ce genre d’étourderies, c’est donc le poney parfait.
Concernant les OC, faites doublement gaffe. C’est trop tentant de mettre son poney perso, de laisser son empreinte sur le monde par un personnage dont tout le monde se souviendra. C’est trop casse-gueule aussi. Autant un Original Character peut être très détaillé moralement et physiquement et devenir un vrai personnage, autant ça peut dériver dans le self-insert Mary-Suesque. Et n’oubliez pas, Yours Truly ou Eternal ont été écrites sans OC. Donc! Si vous voulez tenter d’introduire un personnage, faites-le vraiment bien. Cela fera l’objet d’une section détaillée. Par contre, si vous en avez vraiment besoin, n’hésitez pas non plus. Si vous voulez tuer un perso sans toucher au canon, vous pouvez créer un OC vite fait ou mieux, piocher dans le Wiki MLP, section “List of ponies”. De même, si l’histoire se passe dans un futur lointain ou un passé très ancien, je vous vois mal caser Rainbow Dash pas encore née/morte et enterrée depuis belle lurette.
C’est bon ? Vous avez votre idée, votre ébauche de plan, vos personnages soigneusement choisis?  Félicitations, vous pouvez enfin entamer l’écriture !
Enfin presque, tout d’abord, il vous faudra planifier ce que vous raconterez.
 
Ecrire, bien écrire
Comment commencer ? A vous de voir, mais évitez quand même les gros clichés bateaux. Celui qui commence par “Le soleil brillait doucement sur la paisible ville de Ponyville” perd déjà deux tiers de son lectorat. C’est fait et refait, pas recherché, nul quoi. Il y a tellement d’autres possibilités comme les débuts in medias res (dans l’action): “Le pégase s’étira longuement les ailes et bâilla aux corneilles. Derpy jeta un coup d’oeil à la pendule au-dessus de l’accueil de la poste: déjà vingt heures?” Vous voyez, on a déjà le personnage, le lieu et l’heure, pourtant ça ne ressemble pas à une scène d’exposition. A vous de trouver votre introduction originale, mais qui répond aux questions qui? quand? où?, sauf si justement vous comptez dévoiler certaines informations plus tard.
N’oubliez pas, ce que vous écrivez là est le premier contact avec le lecteur, donc soignez-le! Il est tout à fait possible qu’un critique exigeant s’arrête au premier paragraphe, même si le reste est excellent. Ce serait bien bête, non? Et même s’il ne s’arrête pas, il est susceptible de partir sur une mauvaise impression et de se dire que toute la fanfiction est mauvaise, et dégradera inconsciemment la qualité de la fic dans sa tête, ne faisant pas attention aux passages bien écrits et se focalisant sur les erreurs. Donc n’hésitez pas à utiliser vos plus belles tournures pour accrocher le lecteur, donnez-lui envie de poursuivre.
 
Personnages
IC et OOC
Sous ces deux acronymes barbares se cachent des concepts qui sont au coeur d’une bonne fanfic, j’ai nommé l’in character (IC) et l’out of character (OOC).
Notez que certains raccourcissent en OC pour out character. Attention à ne pas confondre avec un personnage original soit original character, lui aussi résumé en OC.
L’IC c’est quoi ? C’est tout simplement de faire coller le personnage à sa personnalité. Exemple type : Rainbow Dash est la plus athlétique du groupe, elle aime aller vite, ne réfléchit pas avant d’agir et dispose d’un égo assez démesuré. Tout le contraire d’une Fluttershy, douce, gentille, timide et repliée sur elle-même.
Si vous faites apparaître Rainbow dans votre fic, on s’attendra logiquement à ce qu’elle se comporte comme elle agit dans la série. Une Dashie repliée sur elle-même ne collera pas plus qu’une Fluttershy extravertie. Attention, je n’ai pas dit qu’en étant justifié, un personnage ne puisse pas sortir du squelette émotionnel traditionnel où on le connait. Mais cela doit être justifié. Prenez Fluttershy qui s’affirme dans Putting your hoof down. Il lui faut l’entraînement d’Iron Will pour devenir plus confiante (jusqu’à l’excès certes) mais elle ne s’est pas levée un matin en se disant “tiens, je vais m’imposer aujourd’hui !”.
J’insiste donc là dessus, à moins d’une bonne justification de votre part, une Rarity qui jure comme un chartrier ou une Applejack maniérée sera mal perçu.
Il va de soi que nous parlons là de personnages à la personnalité déjà établie par le show où le fandom. Centrez une fic sur Rose et vous pouvez la faire agir à peu près comme vous le désirez. Bien plus que si vous prenez Derpy et n’incluez pas son côté gaffeuse.
Dans le cas où votre fic se base sur des OC (original characters), le risque d’OOC est faible pour une raison simple : les poneys (ou les zèbres, les bisons, ce que vous voulez) que vous faites apparaître n’ont eux non plus pas de personnalité connue du public. Faites un étalon salaud si ça vous plait. Par contre, il faudra qu’il soit raccord tout le temps de votre fanfiction. Votre poney qui se comporte en fumier devra rester un fumier tout le long de l’histoire. Sauf justification encore une fois.
A noter que si votre fic est un UA (univers alternatif), vous pouvez généralement plus modifier la personnalité des personnages sans qu’on vous accuse d’OOC. L’univers alternatif étant en lui-même différent de celui que l’on connait, on sera moins choqué d’y voir une Pinkie Pie mature et une Twilight Sparkle bête comme ses sabots. 
 
Mary Sue, cette ennemie
Commençons par un peu d’histoire. Le terme “mary sue” apparaît pour la première fois en 1974 dans une parodie d’un épisode de Star Trek. Le personnage de Mary Sue est alors la pilote la plus jeune de la flotte, à quinze ans et demi et est absolument parfaite. Le nom a fini par désigner l’archétype que Mary Sue représentait.
A noter qu’en théorie, l’équivalent masculin d’une Mary Sue serait un Gary Stu mais dans les faits, le terme est sous-utilisé. Mary Sue s’est généralisé pour parler de personnages masculins comme féminins.
Qu’est-ce qu’un Mary Sue ? Si vous êtes familiers du jeu de rôle, le grosbil est ce qui s’en rapproche le plus. Concrètement, on pourrait définir le Mary Sue par un certain nombre de clichés récurrents tels que la perfection absolue, l’omniscience, l’omnipotence, un passé sombre et douloureux, une capacité à se lier d’amitié quand ce n’est pas plus avec les personnages principaux en un tournemain...
Je ne vais pas faire de liste exhaustive, ça serait long et il existe déjà ailleurs sur Internet, quantité de ces listes. Néanmoins, abordons le cas particulier du Mary Sue MLPesque.
Le cas type d’un Mary Sue MLP serait ceci : le personnage est une alicorne (race rare et puissante), sa famille est morte (passé douloureux), il arrive un beau matin à Ponyville et rencontre rapidement les héroïnes avec lesquelles il devient ami (relations sociales brossées à grands traits) et une relation amoureuse se met en place rapidement avec l’une d’entre elle (relations amoureuses idem). Mais un danger terrible menace Ponyville et Mary Sue doit y faire face (syndrome du héros). Mary Sue triomphe au prix de sa vie (ultime sacrifice) et personne ne l’oubliera jamais (façon d'accéder à l’immortalité).
Je caricature volontairement mais voilà ce que donnent la plupart des fics à Mary Sues. Elles sont inintéressantes de part la perfection du personnage principal (nous reviendrons sur l’intérêt de créer des personnages faillibles plus tard) et une fic comportant une Mary Sue sera généralement très mal appréciée par le lectorat, parce qu’elles ressemblent plus à une parodie qu’autre chose. A ce propos, n’oubliez pas que la Mary Sue originale a été créée dans un but parodique.
 
Qu’attendre d’une Mary Sue premier degré alors ?  
 
De l’art de créer un OC
Vous avez deux, voire trois choix : prendre une des héroïnes du show, avec son caractère, son passé et tout ce qu’on connait d’elle. Comme expliqué, vous pouvez vous situer dans un UA, et donc faire ce que vous voulez de la personnalité de ces personnages, mais vous risquez de vous faire taper sur les doigts : quand on voit écrit Twilight Sparkle dans une fiction, on s’attend à une tête d’œuf experte en magie, pas à une sportive internationale. Donc si vous choisissez cette solution, à moins d’être sûr de votre coup, restez dans l’IC.
La seconde solution, si vous ne voulez pas vous casser la tête sur la création de personnage, c’est de prendre un Background Pony. Berry Punch, Granny Smith, le Docteur Whooves, l’immanquable Derpy, tous ces poneys ont peu d’historique et de caractère dans le show. Attention, certains sont particulièrement développé au niveau du fandom. Faire une Berry Punch abhorrant l’alcool ou Lyra qui déteste Bon Bon surprendra le lectorat. Mais au-delà de ces menues « Fanon », vous pouvez faire ce que vous voulez. Berry Punch est alcoolo, certes, mais est-elle juste fêtarde ou se saoule-t-elle pour oublier son mari qui l’a quitté ? A vous de voir.
A présent, nous entrons dans le vif du sujet : l’OC, l’Original Character, le poney sorti tout droit de votre imagination. Là, vous pouvez faire absolument n’importe quoi.
Mais en fait non.
Aucune de ces trois solutions n’est plus facile qu’une autre. Que ce soit le respect du personnage ou la création de votre poney (ou autre, d’ailleurs), il y a des contraintes à respecter pour ne pas exaspérer le lecteur.
Donc, vous avez décidé de vous passer des contraintes de l’utilisation des personnages précréés, ou vous voulez juste vivre l’aventure à travers les yeux d’un personnage de votre création.Là se pose la première question : votre personnage est-il un OC ou un SI ? Comprendre : Un Personnage Original ou une Insertion de vous-même dans l’histoire.Comprendre : Allez-vous créer un personnage pour l’histoire, ou allez-vous vous représenter sous forme de poney, pour vivre votre rêve de déambuler parmi les équidés ?Je ne vous cache pas que la seconde solution, très prisée des jeunes écrivains (comprendre : jeune=nouveaux) par son aspect « Chouette, je vais pouvoir vivre une aventure parmi les poneys »,  est bien souvent vouée à l’échec.
D’où le problème du Self-Insert. Car lorsque l’auteur se transpose dans l’histoire, il voudra toujours avoir le beau rôle. Etre surpuissant, ou avoir une reconnaissance parmi les autres personnages. De plus, rares sont les personnes à savoir avoir un œil critique sur eux-mêmes, et sachant se mettre en scène avec crédibilité. L’auteur du Self-Insert exagère toujours, que ce soit ses qualités, ou ses défauts quand il s’aperçoit qu’il en a trop fait avec ses qualités.
Et quand un personnage ayant été juste depuis le début se met à trainer dans la boue ses anciens alliés d’un coup sans véritable justification, pour se retourner une nouvelle fois et vaincre l’ennemi sous les hourras desdits amis qui lui ont pardonné en direct, ça ne le fait pas.
Ecrire un Self-Insert est très difficile, car vous n’êtes PAS un être de papier. Et si vous lisez ce tutorial, nous pouvons penser que vous n’avez pas forcément le niveau pour en faire un. Donc oubliez pour le moment. On en reparlera quand vous serez riche et célèbre pour vos écrits.
DONC, après cette longue digression, revenons-en à nos moutons : créer son personnage.Chose à éviter : Ecrire son histoire avec pour seule description de son personnage son nom et son physique, en se disant que son historique viendra avec l’histoire. Ça peut marcher, ça marche, même, mais le mieux reste de créer complètement son personnage principal, voire même les secondaire et ceux qui apparaissent en coup de vent, en leur donnant avant d’écrire une personnalité, un passé, des caractéristiques.
De toute façon, à ce niveau, vous avez déjà votre scénario, et vous avez déjà une bonne partie de la psyché de votre personnage principal, voire de quelques-uns de ses aides et ennemis. Maintenant, il faut formaliser tout ça.
Je fais un aparté pour signaler une chose importante : vous êtes Brony, vous avez sûrement déjà un OC planqué quelque part, avec une histoire, un caractère, ect. Peut-être voulez-vous le voir évoluer dans le monde d’Equestria, pour lui donner une véritable « vie ».
Là, je ne peux que vous enjoindre à la prudence. Le mieux reste de créer un OC pour une histoire, et ne pas créer une histoire pour un OC, car cette dernière a trop de chance d’être plate, Mary-Suesque, ect. En réalité, c’est le même problème que les Self-Inserts, à ceci près que le personnage n’est pas l’auteur.
Dans un premier temps, faites votre scénario et façonnez les personnages pour lui. Avec la pratique, vous serez plus à même de tenter de mettre en scène un personnage créé en dehors de toute trame scénaristique.
A présent, travaillons par étape. Primo : le rôle du personnage. Héros, aide, ennemi, vieux fou dispensant sa sagesse avant de mourir suicidé car l’équipe a déclenché la fin du monde… Vous devez avoir une idée de où et quand votre personnage apparaitra, et ce qu’il fera. C’est généralement le plus facile, car déjà fait dans la scénarisation.
Attention, toutes les étapes qui suivent sont plus ou moins simultanées, mais sont présentées dans l’ordre que j’estime être le plus pratique dans la création.
Ensuite, et bien, le caractère. Sombre, joyeux, maniaque, juste, aimant les enfants... J’en profite pour dire ceci : faites des fiches de personnages. Même trois lignes jetées sur une feuille de papier vous permettront de le construire plus efficacement. Et surtout, après six mois d’écriture, vous vous souviendrez de ce qu’il est, ce qui vous évitera un OOC pour votre propre personnage (ce qui est bien ennuyeux).
Dans son caractère, veillez à bien doser les éléments : évitez les caricatures, sauf si c’est fait exprès. Surtout, éviter Mary-Sue, toute gentille toute mignonne ne pensant jamais à mal et aimant amis comme ennemis, à moins de lui coller des défauts qui en feront un boulet fini (et par-à, la sortir du Mary-Sueisme). Il est joyeux en toute circonstance ? Peut-être déprimera-t-il quand personne ne le regardera (et donc, se force à oublier ses propres tourments pour ses amis…). C’est un gros méchant pas beau ? Il fait ça pour protéger ses proches. C’est un mec sombre et solitaire, over-badass et séducteur ? Dans le feu de l’action, il passe en mode berserk et peut en arriver à blesser ses amis…
Les possibilités sont nombreuses. Généralement, un « gentil » aura une blessure dans son passé qui pourra le faire douter aux moments critiques, tandis qu’un « méchant » le sera pour des raisons qui lui semble juste pour lui. Mais après, c’est déclinable à l’infini. Le dosage se fait aussi par rapport aux autres qui sont avec lui.
Evitez d’avoir trop de fois le même type de personnages. Une bande de mecs en noir taciturnes étant tous orphelins et souhaitant tous se venger du seigneur du mal dans un silence parfait, c’est peu passionnant. Un équipe d’aventurier tous de race et de classe différentes à un point qu’ils ne sont jamais d’accords, là on tient un truc capable d’avoir du succès sur internet.
(Digression, quand tu nous tiens)
Ensuite, vous avez son caractère. Bien. Il le tient d’où ? Certes, c’est un peu déterministe, mais le caractère de votre personnage est bien souvent influé par sa vie passée.
Il a vécu une enfance heureuse dans la classe moyenne ? Il sera plus médiateur. Ses parents sont morts devant ses yeux ? La vengeance sera son unique but. Sa femme l’a quitté pour une bonnette de douche ? Alors là, il faut mettre le pays à feu et à sang pour montrer son autorité d’Overlord !
Passez du temps sur le passé de votre OC et sur son caractère. C’est eux qui dirigeront la fic. Mettez leur vie en parallèle avec les récents évènements du monde. Celestia devient tyrannique ? Que faisait-il pendant la montée de la propagande ? Luna a fait son grand retour dans le monde ? Comment votre OC l’a-t-il pris ? Crise sucrière en Equestria ? Est-ce que votre OC est tiraillé par la faim et l’envie de gâteaux, ou de toute façon il avait appris à ne pas manger de bonbons sans arrêt ?
Là encore, évitez d’en faire trop, et restez cohérent avec votre univers. Aussi, n’hésitez pas à rajouter des détails qui n’auront à priori aucun rapport avec la fic et ne seront jamais important. Vous pourriez être surpris de ce que votre cerveau vous réserve.
Ce point est TRES important : restez cohérent avec votre univers. Si vous vous placez dans le canon, évitez de faire en sorte que la famille du héros ait été tuée dans une fusillade, à moins d’expliquer comment les armes à feu ont été introduites et pourquoi les poneys se mettent à tuer. Vous faites du Grimdark ? Alors personne ne sera totalement gentil (ou se fera baiser de façon atroce) et tout le monde aura des arrière-pensées.
Bref, vous avez son caractère, vous avez son passé, vous avez l’intérieur.  Maintenant, penchons-nous sur l’emballage.
Le nom, en premier. Evocateur de sa personnalité, même si apparemment aucun poney ne s’est jusque-là rendu compte de l’affreuse vérité qui se cachait sous leurs appellations. Pas de véritables limites, tant que ça reste cohérent avec votre personnage. Les noms de famille n’ont à priori aucune valeur, évitez juste les noms humains. Les poneys ont des noms signifiant quelque chose. En deux parties, pensez aussi aux diminutifs, notamment une version « moqueuse » pour les ennemis goguenards et une version « gentillette » pour les proches.
Et enfin… l’apparence.
Bon, alors là, c’est votre choix. Comme pour le nom, il doit être en relation avec sa personnalité. Pensez aux détails, ailes, cornes, gros, maigre, grands, pilosité faciale, regard… Faites attention. Comme vous n’aurez pas forcément d’image à donner au lecteur, souvent il fera avec les clichés en fonction de sa personnalité. Certains auteurs vont même jusqu’à ne donner presque aucune description.
Le basique reste le “Couleur du pelage/ Couleur de la crinière/ Couleur des yeux”, et ensuite les détails qui le sortent de l’ordinaire. Après, c’est le lecteur qui fait comme il veut.
Certains sont partisans de l’ultra-description. C’est un avis personnel, mais que le personnage ait un museau carré ou ovale, si j’ai décidé de comment il serait, on me l’enlèvera pas de la tête (ce qui est embêtant quand vous imaginez un gros black au lieu d’un viking, mais bon, passons).
En clair et en résumé : caractère, passé, nom, caractéristiques physique le sortant du commun. Faite une fiche tenue à jour. Le reste appartient généralement à l’histoire elle-même.
 
Utiliser des personnages existants
L’intérêt même d’une fic est de creuser et de prolonger l’univers que l’on aime. A cet égard, il semble logique qu’un lecteur voudra y retrouver les éléments qui l’ont séduit dans l’oeuvre d’origine : une porte des étoiles dans une fanfic Stargate, des courses dans une fanfic des Fous du Volant et bien entendu des poneys dans une fanfic My Little Pony.
Comme nous l’avons vu plus haut, vous pouvez très bien vous passer de personnages déjà crées pour faire votre fic. Mais cela va vous demander un certain travail sur la création de vos OC, à les rendre assez intéressants pour qu’ils accrochent le lectorat. Ce n’est pas toujours facile. Cela demande un vrai talent d’écriture. Sans compter que bien souvent, le lecteur va rechercher une fic, par son thème (aventure, grimdark, clopfic, etc) mais avant tout par son personnage. Un fan de Pinkie Pie ne se précipitera pas forcément sur votre texte si la ponette rose n’y apparaît pas.
Pour toutes ces raisons, vous pouvez très bien opter pour l’introduction de personnages existants déjà dans le show dans votre fanfic. Voyons maintenant les avantages et les inconvénients de ce principe :
premièrement, qui dit personnage canon, dit personnalité et attitude canon aussi. On vous pardonnera l’out of character sur un OC. Jamais sur un personnage existant.
Paradoxalement, mettre un personnage existant, s’il vous oblige à le respecter en tant que personnage canon peut apporter une vraie force à votre histoire. De Rainbow Dash qui vous permet de mettre en scène des courses haletantes, à Celestia qui peut poser la question philosophique de l’immortalité en passant par Pinkie Pie et son bris de la réalité...
La seule condition étant encore une fois de bien maîtriser le personnage. Je vous conseille personnellement de ne pas prendre comme héros ou personnage à suivre un poney que vous ne “sentez” pas. A titre d’exemple, un Discord est extrêmement dur à diriger dans une fanfic, puisque il surfe toujours sur la ligne entre la pensée aléatoire de Pinkie et un côté bien plus sombre et dangereux. Donc encore une fois, tant que vous ne vous sentez pas en phase avec tel ou tel poney, ne les mettez pas en avant. Restez en à leurs archétypes, comme Rarity en drama-queen ou Fluttershy en timide. Ca sera un peu réducteur mais d’une, vous éviterez l’OOC et de deux, le lectorat y trouvera ses repères.
Et ne pas perdre le lecteur est un point essentiel d’une bonne fanfic.
A noter que vous pouvez très bien prendre des poneys d’arrière-plan : qui connaît au fond Rose, Lily ou Daisy ?
A ce titre, vous pouvez vous focaliser sur elles et leur donner à peu de choses près l’attitude que vous désirez puisque leur personnalité n’a toujours pas été officiellement établie.
Vous combinez ainsi l’avantage de l’OC (fraîcheur, nouveauté) avec le personnage existant (points de repères pour le lectorat). Faites néanmoins attention sur qui porte votre choix : Derpy et le docteur ont beau être des poneys de second plan dans le show, ils sont extrêmement présents dans le fandom. A cet égard, il faut les considérer comme des personnages de premier plan, à l’instar d’une Twilight et donc, de respecter le fanon attaché à leurs personnages.
 
Les dialogues
Sauf cas exceptionnels, vous aurez très certainement besoin de faire parler vos personnages. La méthode la plus utilisée est le discours direct qui rapporte les propos tels quels, sous forme de dialogues. Néanmoins, comme tout procédé littéraire, il y a des règles à respecter.
Vous devez impérativement choisir un système de dialogues et le conserver pendant toute la durée de votre fanfic. Un système de dialogues est l’ensemble de règles de mise en page et de ponctuation qui codifient le discours direct. Voici les plus courants.
Système français
Celui-là, vous le connaissez forcément, vous l’avez vu depuis la primaire. Les guillemets sont les fameux chevrons « ». Je vous déconseille fortement les << >>, qui sont lourds car trop gros, en plus de donner une allergie aux matheux. Oui, ce sont les signes inférieur/supérieur à.
Exemple:
«Bonsoir Derpy! Comment s’est passée ta journée? demanda Raindrops qui venait d’atterrir à ses côtés.
-Très bien! Pinkie Pie m’a offert des muffins pour lui avoir apporté son livre de recettes en avance, lui confia la pégase grise.
-Je suis contente pour toi, vraiment. Ça fait des jours que tu nous répètes sans arrêt que les patisseries du Sugarcube Corner sont les meilleures, que tu oublies d’y passer après le travail et que tu t’en plains le lendemain... lui rappela sa collègue citron.
-Ah oui, rigola l’intéressée alors que ses yeux dérivaient dans deux directions opposées. Bon, excuse-moi, il se fait tard, ma fille va s’inquiéter. A demain!» s’excusa-t-elle avant de prendre son envol.
Vous êtes censé en connaître les caractéristiques, mais faisons quand même un point rapide.

 On ouvre les guillemets avant les premières paroles rapportées et on les ferme juste après les dernières.
 On passe à la ligne et on place un tiret avant un changement d’interlocuteur, sauf pour la première réplique où les guillemets remplacent le tiret.
 Les propositions incises sont incluses dans les guillemets, sauf la dernière si elle suit la dernière réplique. De plus, elles ne commencent jamais par une majuscule.
 Les points précédant une proposition incise se transforment en virgules. 

 
Système anglo-saxon
Celui-là, vous ne l’avez peut-être pas croisé sur les bancs de l’école, mais il est très présent sur internet. La quasi-totalité des fics écrites en anglais l’utilisent, donc il ne devrait pas vous être inconnu non plus.
Ici, les guillemets sont de petites virgules “ ”, plus discrètes mais tout autant efficaces.
Exemple:
“Bonsoir Derpy! Comment s’est passée ta journée?” demanda Raindrops qui venait d’atterrir à ses côtés.
“Très bien! Pinkie Pie m’a offert des muffins pour lui avoir apporté son livre de recettes en avance,” lui confia la pégase grise.
“Je suis contente pour toi, vraiment. Ça fait des jours que tu nous répètes sans arrêt que les patisseries du Sugarcube Corner sont les meilleures, que tu oublies d’y passer après le travail et que tu t’en plains le lendemain...” lui rappela sa collègue citron.
“Ah oui,” rigola l’intéressée alors que ses yeux dérivaient dans deux directions opposées. “Bon, excuse-moi, il se fait tard, ma fille va s’inquiéter. A demain!” s’excusa-t-elle avant de prendre son envol.
Des similitudes, mais aussi des différences avec notre système:

 Des guillemets tout le temps, qui encadrent uniquement les paroles rapportées.
 On passe aussi à la ligne, mais les tirets disparaissent.
 Les propositions incises sont désormais exclues des guillemets.
 Même règles pour la ponctuation et les majuscules.

Voilà, faites votre choix, et tenez vous-y. Il en existe d’autres, bien sûr, mais ceux-là servent à éviter les horreurs types théâtres (alias je n’ai pas assez de style pour écrire une proposition incise pour préciser qui parle) du genre:
Raindrops: Bonsoir Derpy! Comment s’est passée ta journée? *atterrit à côté d’elle*
Si vous écrivez quelque chose comme ça, vous tuez votre fic. Les dialogues théâtres ne sont utilisés qu’au théâtre! Si vous vous entêtez, alors on s’attendra à une vraie pièce avec des scènes, des actes, des didascalies, des décors, des costumes et le public qui râle.
 
Orthographe
La critique qui revient le plus souvent concerne les fautes. L’orthographe en elle-même ne modifie que le confort de lecture et non la qualité de la rédaction, mais c’est déjà énorme. Tout ça parce que les lecteurs exigeants, donc susceptibles de vous fournir un avis détaillé constructif, remarquent quasiment toutes les fautes. Leur regard “accroche” chaque erreur et le rythme s’en trouve cassé.
Exemple :
Les larmes de Raindrops se mêlaient à la pluie qui fouettait son visage. L’étalon de son coeur se tenait juste devant elle, sa silhouette foncée se fondant avec le paysage nocturne. S’il partait, elle ne le supporterait pas. Incapable d’avancer plus, elle forma un porte-voix avec ses sabots et cria de tous ses poumons, la lune et son amant seuls témoins de cette scène déchirante:
“Mais... je t’aimez!”
Et boum! Toute l’atmosphère vole en éclat à cause d’un imparfait foiré.
Si votre histoire tient la route et est bien racontée, mais parsemée de fautes, on vous dira que c’est dommage à cause des fautes. Et si même le fond n’est pas au rendez-vous, alors là...
a contrario, une histoire plate, fade, au style simplet, mais digne du lauréat du Concours de Dictée International aura droit à des “Au moins, l’orthographe est irréprochable”.
Bref, débrouillez-vous, mais soignez votre orthographe.
 
Conjugaison
Si vous utilisez des verbes dans votre fic (ce qui est assez probable), choisissez bien le temps et le mode. Un texte peut être soit au passé, soit au présent.
Passé
Couramment utilisés, les temps du récit sont l’imparfait, le passé simple, le plus-que-parfait, le passé antérieur, le conditionnel présent et le conditionnel passé. Souvent privilégiés par les auteurs, il n’est cependant pas rare de trouver un passé composé qui s’est sournoisement faufilé. A bannir.
Techniquement, le subjonctif imparfait devrait être utilisé, mais beaucoup lui préfèrent le subjonctif présent, moins lourd bien qu’incorrect.
Exemple:
Il tint à remercier la jument avant qu’elle ne parte.
Il tint à remercier la jument avant qu’elle ne partît.
Yup, la formulation correcte est la deuxième, bien moche.
 
Présent
Ces temps-là, dits de l’énonciation, sont le présent de l’indicatif, le futur simple, le passé composé, le futur antérieur et le conditionnel présent. ll est aussi possible de placer des imparfaits, sans en abuser. Par contre, le passé simple est proscrit. Et bien sûr, subjonctif présent.
D’habitude réservé aux dialogues, le présent peut habiller un récit dans certains cadres particuliers, comme le journal intime.
Ou alors vous innovez. Pourquoi pas un texte entièrement au futur telle une prophétie, ou une fic à l’infinitif genre recette de cuisine? Vous êtes libres, mais n’oubliez pas que les maigres points gagnés en originalité risquent fort d’être perdus autre part. Car une idée originale mal exploitée, ça ne pardonne pas.
 
Après
Ca y est, vous l’avez fini votre chapitre avec vos personnages, vos lignes de dialogues percutantes, votre intrigue de fou, votre cliffhanger final. Vous n’avez qu’une envie, créer un beau topic et le voir noyé de commentaires.
Ca se comprend. Et c’est justement parce que nous comprenons que nous vous donnons un conseil de plus : ne postez pas tout de suite. Laissez reposer. Oui, comme pour un plat. Je vous explique : quand vous sortez de votre écriture, votre cerveau est encore en mode création. Il fourmille d’idées, de pistes, de plans. C’est très bien pour écrire. Moins pour poster.
Quand vous avez fini votre chapitre, quittez toute activité d’écriture. Allez faire un tour dehors, glandez sur Google, allez voir des sites sur la reproduction animale. Bref, laissez refroidir votre petite tête. Attendez plusieurs heures, et non pas 20 minutes, sinon ça ne sert à rien.
Il est même mieux de laisser s’écouler au moins une nuit entière pour relire votre écrit le lendemain, une fois que vous serez assez réveillé.
Dites vous que les gens peuvent attendre quelques heures voire quelques jours de plus (d’où l’importance de ne pas vous être imposé de délai), surtout dans le cas d’un one shot ou d’un premier chapitre, que personne n’attend.
Ensuite, relisez une enième fois votre fic. Et là surprise ! Toutes les coquilles, les oublis, les fautes de temps vont vous sauter aux yeux. Parce que votre cerveau sera passé de la création à la correction.
Ca se fera tout seul : laissez juste le temps à vos neurones de se configurer.
En plus, vous pourrez en profiter pour faire une ultime retouche, clarifier ce qui était obscur, rajouter de la description ou des émotions. Bref, booster votre fic.
Ces ultimes retouches apportées, vous pouvez passer à la dernière étape pré-publication, j’ai nommé le betareading. Sous ce nom abscons se cache tout simplement l’idée extrêmement simple de confier votre texte à un volontaire qui la lira avant les autres et qui vous donnera un premier avis. Un beta-lecteur peut-être n’importe qui : vos parents, votre frère, un ami...néanmoins pour éviter un avis biaisé, préférez l’utilisation d’un service de betareading professionnel. Le terme est peut être un peu fort mais il décrit bien cette communauté qui a décidé de donner un coup de main à tous les auteurs qui le souhaitent. L’avantage étant qu’au bout de quelques échanges, votre betareader connait votre style, pointe plus facilement vos défauts et vous aide à vous améliorer assez rapidement.
C’est du coaching en bref.
Attention, votre beta n’est pas là pour écrire à votre place non plus.
Vous devez malgré tout fournir l’essentiel du travail, il n’est là que pour vous aider à poser les dernières couches de vernis avant la publication.
N’attendez pas trop non plus avant de livrer votre chapitre. Vous y verrez de toute façon toujours un défaut, un petit quelque chose qui ne va pas que vous voudrez modifier.
Je ne dis pas qu’il fasse abandonner tout perfectionnisme mais l’important est d’être lu et bien lu. Vous ne le serez pas si vous ne publiez pas.  
Autre point très important : ne publiez votre fanfiction que quand elle est achevée, que vous n’avez plus rien à modifier. Si vous envisagez de prendre un bêta-lecteur (il n’y a aucune honte, même les plus grands auteurs du forum demandent à des connaissances de relire leur écrit), ne publiez votre fanfiction que lorsque vous et votre beta-lecteur êtes d’accord sur toute la ligne.
Ainsi, ne faites surtout pas de “version 2”.
Peu importe que les changements soient mineurs, par exemple orthographiques, ou majeurs, c’est à dire tout le déroulement qui est chamboulé : ne le faites surtout pas.
Si les gens voient votre première version et qu’elle est mauvaise, ils n’auront que rarement l’envie de lire la version 2, vous aurez beau faire une très bonne version 2, vous aurez déjà perdu les trois quarts de votre lectorat à cause de votre première version.
Venons-en maintenant au coeur du sujet, j’ai nommé : le lectorat. Sachez avant tout que c’est un monde complexe : vous retrouverez côte à côte lecteurs chevronnés et débutants, routards de l’écriture et simples curieux. Néanmoins, un forum ou un site étant ce qu’il est, vous devriez rapidement savoir si le commentaire posté sur votre fic émane d’une personne qui a l’habitude de critiquer les fanfics avec un avis construit ou juste un troll de passage. Car le lectorat en a aussi. Généralement peu, mais il arrive d’en croiser.
Je ne vais pas vous mentir : même les gros auteurs aiment avoir des commentaires. Ca prouve qu’on est lu et bien souvent, qu’on est aimé. Je suis le premier après une update de fanfic à presser la touche F5 comme un forcené. Cela dit, il faut être extrêmement prudent avec les commentaires.
Ecrire pour avoir des commentaires est un erreur. Bien des auteurs débutants dont la fic grouille de commentaires pensent avoir du succès, ce qui d’un certain point de vue, n’est pas totalement faux. Mais popularité n’est pas nécéssairement synonyme de qualité. Je ne citerai que les innombrables fanfics publiées sur Skyblog ou des fandoms ultra-populaires, type Harry Potter sur fanfiction.net.
Le risque étant que l’auteur, le plus souvent jeune auteur, se grise de cette affluence de commentaires et en veuille toujours plus.Dans ce cas, il va tomber dans le piège pervers de la fanfic : donner au public ce qu’il veut.
Soyons clairs : vous et seulement vous êtes le maître de votre fanfic. Si un de vos lecteurs, dans votre fic d’aventure vous pousse à shipper ensemble Twilight et Rainbow Dash, considérez bien la chose. Si ça peut apporter de la chair à votre histoire, pourquoi pas ? Si c’est pour faire du fanservice et espérer attirer les fans du Twidash vous dénaturez votre scénario.
Poussons la réflexion un peu plus loin : l’autre souci des commentaires positifs, c’est que l’auteur en voudra toujours plus. Je sais dit comme ça, on à l’impression que je vous parle d’une nouvelle forme de cocaïne. Mais quelque part, je pense qu’on peut qualifier ça d’addiction. En un sens c’est normal, l’être humain est une créature orgueilleuse qui aime être complimentée. C’est tout à fait humain. Mais dans cette cascade de compliments, l’auteur va finir par s’enfermer dans une bulle, où il se considère comme le meilleur écrivain de tous les temps, digne des plus grands, qui devrait publier physiquement ses écrits. Comment lui donner tort ? Ses trois-cents commentaires sont unanimes !
Mais observons ces trois-cents commentaires d’un peu plus près voulez vous ? Appartiennent-ils à trois-cents personnes différentes ? C’est bien rare.La plupart du temps, nous avons affaire à un petit comité de fans qui s’auto-nourrit. Typiquement, l’auteur 1 laisse un commentaire chez l’auteur 2 non pas tellement parce que l’histoire est bien mais surtout parce que 1 espère que 2 va lui renvoyer l'ascenseur.
Ce comité va tourner à vide, n’apportant aucune critique constructive. Comité qui devient violent dès qu’on brise leur bulle d’illusion. Faites un petit test pour moi voulez vous ? Allez sur fanfiction.net, dans un des trois fandoms les plus courus  (soit typiquement Harry Potter, Twilight et Naruto). Trouvez une histoire perfectible. Je n’ai pas dit une histoire horrible mais une histoire perfectible. Une histoire de débutant avec ses clichés et ses défauts. Regardez les commentaires. Abreuvez-vous des pages et des pages de reviews typées “c’est trop bien, continue” et postez votre critique. Ne soyez pas mordant, pointez simplement les erreurs que n’importe qui verrait.
Et attendez. Croyez-moi, vous ne serez pas déçu du résultat.
Toute cette digression concerne sans doute plus la fanfic en général que la fanfic MLP mais il me semblait important de la faire. D’ailleurs, puisque on est là dessus, j’aimerai préciser une autre chose. Nous sommes une communauté de fans de MLP. Pour beaucoup, le love & tolerance s’applique partout et la règle de base sera : quoique vous voyez, aimez-le.
Et bien non. Si la fic en face de vous est mauvaise, il faut le dire. Il faut crever cette bulle d’illusion dont j’ai parlé plus haut. Oui, ça ne sera pas agréable pour l’auteur mais il lui faut un choc extérieur, qu’il se rende compte de ses faiblesses afin qu’il les corrige pour plus tard.
Toutefois : argumentez, donnez des exemples. Ne vous contentez pas de dire “c’est de la merde” (vous avez le droit de le penser cela dit), votre avis ne sera pas pris en compte et sera de toute façon inutile.
Ca vaut aussi pour les auteurs plus expérimentés : pointez leurs erreurs jusqu’à ce qu’elles disparaissent. Les écrivains eux-mêmes vous en seront reconnaissants.  
Je résumerai mon avis sur les commentaires ainsi : une critique positive fait toujours plaisir. Mais seule une critique négative fait progresser l’auteur.
 
Conclusion(s) des auteurs du tutoriel
Ecrire une fanfic n’est pas une chose simple, pas plus que peindre un tableau ou jouer d’un instrument de musique. C’est de l’art. Ca demande de l’investissement et du travail. La recette magique est simple : grattez du pixel encore et encore, peaufinez vos histoires et le succès viendra.
Vous n’aurez peut-être pas autant de commentaires que si vous aviez pondu un lemon Twilight c’est certain.
Mais vos reviews seront mille fois plus profondes et vous réchaufferont le coeur quand vous poserez les yeux dessus.
Et est-ce que ce n’est pas ça au fond le plus important ?
Bro-Nie
Gardez en tête que ce tuto n'est pas une liste de règles à suivre à tout prix, mais des conseils. Qu'on vous conseille fortement de suivre. Mais sachez garder une certaine indépendance vis-à-vis de tout ça.
Et au final, si tout se passe bien, vous aurez la satisfaction d'avoir apporté votre pierre au gigantesque édifice qu'est le fandom.
Si ça se passe pas bien, par contre, il y a au moins trois types qui vont vous coller leur travail dans la tronche.
Iron Pony Maiden 
Bon, nous voilà arrivés à la fin de huit mille mots de conseils, règles, définitions... et tout ça pour quoi? Bien écrire.Oh, je ne me targuerai pas d’être une référence dans le domaine de la critique littéraire, et chaque phrase que j’ai écrite n’engage que moi (et malheureusement, je ne pourrais plus vous dire avec certitude qui a écrit quoi).Je vous vois venir : et si je me trompais? Et si ce que je considère comme bon est en fait de qualité exécrable? Ce à quoi je répondrai: l’art est subjectif, donc je ne sais pas.
Alors, à quoi sert ce tutoriel?La réponse est dans le titre du sujet et dans le nom du forum: Faire une fanfic, publié sur le forum French Brony.
Je ne sais pas si vous avez du talent, si vous avez le potentiel de devenir un “grand”, ou si au contraire vous êtes aussi doué qu’une mangouste lobotomisée. Et je m’en fous.Tout ce que j’ai à vous offrir, c’est un ensemble de règles arbitrairement dictées qui définissent une bonne fanfiction sur French Brony : suivez ce tutoriel à la lettre et vous serez acclamé par le forum. Sûrement pas tout le forum, certes, mais une bonne partie.Formatage, conformisme? Oui.Entrave de la créativité? Peut-être bien.Mort de l’esprit artistique? A vous de voir.
Est-ce que je semble imposer ma vision des choses? Ne serai-je pas en train d’introduire un système de valeurs dogmatique? C’est possible, mais je ne me base pas sur mes propres goûts.Chaque remarque de ce document est une solution pratique à des comportements qualifiés d’erreurs de débutant par nous, lecteurs. Des néophytes écrivent une demi-page vide et nous demandent un avis qu’on ne peut donner? Soit : qu’ils écrivent un minimum de x mots. D’autres avancent au feeling et se perdent en route, abandonnant leur travail et leur public? Très bien : qu’ils construisent un plan.Ce tutoriel peut donc se résumer à une synthèse des attentes du lectorat de French Brony, synthèse que j’espère la plus fidèle à la majorité de la communauté. Si vous m’accusez de prostitution, ne vous gênez pas. Mais en retour, laissez-moi vous poser une question : si les réactions du public vous indiffèrent et que votre méthode est la meilleure... vaut-il le coup de poster votre fanfiction sur French Brony?
Mon but n’est donc pas de faire de vous un artiste, comprenez-le bien. Et si demain, vous publiez une histoire que la totalité du forum adore à l’exception de moi qui la déteste, alors je vous féliciterai sincèrement.
C’est tout le mal que je vous souhaite.
Dimirah

System 29 3266

Fiche utile pour écrivains et traducteurs

Salutations, chers amis écrivains et traducteurs,
Ayant dû récemment ressortir ma fiche utile, disponible sur mon Drive, pour aider un apprenti-traducteur dans le besoin, j'ai pensé qu'il serait aussi utile pour certains de se rafraîchir la mémoire/de découvrir les bases de l'écriture digeste. Que ce soit dans le fond ou la forme, un texte mal écrit et bien fichu donnera envie d'être lu mais engendrera des critiques – a contrario, un texte bien écrit et mal fichu ne sera tout simplement pas lu. D'où l'importance notamment de la typographie, qui est une composante à part entière de l'écriture, au même titre que l'orthographe ou la conjugaison. Bref, on passe aux choses sérieuses ! Ce genre de détails vous démarquera des autres et fera que le lecteur aura tendance à préférer vous lire, ou, dans le pire des cas, à être plus conciliant dans ses commentaires.
 

 
Typographie :


Les majuscules dans le titre


Règles typographiques de base


La ponctuation en détail


Comparaison typographique français/anglais

Préfixes et traits d'union

Règles sur le dialogue (par LittleParrot)


Les chiffres et les nombres

Article détaillé sur l'emploi des majuscules

Compteur de mots efficace 



L'élision

 
Langue :
Spécifique aux traducteurs :


Urban Dictionary


Dictionnaire bilingue

Traîtres d'idiomes


Nos amis les faux-amis

Outil de traduction


Outil de traduction (alternatif)


Outil de traduction (alternatif)


Commun aux traducteurs et aux écrivains :


Conjugaison

Les systèmes de temps


Concordance des temps et discours indirect


Liste non exhaustive de verbes de parole



Dictionnaires

Les prépositions


L'emploi du subjonctif

Wiktionnaire

Accord du participe passé

Site de l’Académie française

Résumé de la réforme orthographique de 1990

 
Apprentissage :

Guide d'écriture (par Bro-Nie, Iron Pony Maiden et Dimirah)


Guide de traduction (par LittleParrot et System)


Fanfiction : mode d'emploi

 
Dernière mise à jour par System le 15/10/16.

LittleParrot 21 2031

Du bon usage des guillemets (français)

Hello there,
 
Pour reprendre l’introduction de la fiche utile de System, une fiction doit suivre quelques règles, tant orthographiques que typographiques, si elle veut retenir l’attention de ses lecteurs. La manière de présenter une histoire, ainsi, importe au même titre que son contenu.
L’une de ces règles concerne l’usage des guillemets et tirets dans les dialogues.
 
Dans les fanfictions, on retrouve souvent la version anglaise, aux règles moins nombreuses et qui a recourt à des symboles (“ ”) plus simples à taper que les français (« » —). De plus, elle parait presque naturelle en traduction puisqu’on conserve alors la même mise en forme que l’originale.
Cependant, si on écrit dans une langue, il est d’usage d’appliquer ses règles. Tout comme on met une espace avant certains signes de ponctuation (? ! : ;) quand on rédige en français, on utilise également les dialogues adaptés.
 
Ce guide tentera donc d’éclaircir les deux méthodes, en se concentrant sur les difficultés que peuvent poser la version française. Vous serez libres par la suite de choisir la version que vous préférez, mais au moins cela sera-t-il en toute connaissance de cause.
 

 
Un texte en anglais totalement improvisé pour un aperçu de leurs règles
“Listen, Rainbow, you can’t do this,” Twilight said, “this is far too dangerous.”
“Oh yeah? Let’s see then,” the pegasus replied.
She flapped her wings faster and faster, and finally freed herself without getting harmed. She looked down to see Twilight’s surprised expression and laughed, “Hehe, told you!”
 
Une traduction tout aussi improvisée qui conserve ces mêmes règles
“Écoute, Rainbow, tu ne peux pas faire ça,” dit Twilight, “c’est bien trop dangereux.”
“Ah ouais ? C’est ce qu’on va voir,” répliqua la pégase.
Elle battit des ailes de plus en plus fort, et finalement se libéra sans se blesser. Elle baissa les yeux sur l’expression surprise de Twilight et rit, “Hehe, je te l’avais dit !”
 
La même traduction avec les règles françaises
« Écoute, Rainbow, tu ne peux pas faire ça, dit Twilight, c’est bien trop dangereux.
— Ah ouais ? C’est ce qu’on va voir », répliqua la pégase.
Elle battit des ailes de plus en plus fort, et finalement se libéra sans se blesser. Elle baissa les yeux sur l’expression surprise de Twilight et rit : « Hehe, je te l’avais dit ! »
 

 
On voit donc bien la différence entre les deux méthodes.
En anglais, les guillemets sont refermés dès que le dialogue subit une interruption, si courte soit-elle, tandis qu’en français on attend de rencontrer une phrase complète pour le faire. Les mots « dit Twilight » sont considérés comme ne faisant pas partie du dialogue anglais, mais en français on nomme cela une « incise » et on ne ferme pas les guillemets dans ce cas. De même, « répliqua la pégase » est une incise. Par contre, « Elle battit des ailes… » est une phrase complète qui mérite donc que l’on ferme les guillemets puisque le dialogue s’achève temporairement pour laisser place à de la description.
De plus, en anglais, les guillemets sont aussi refermés dès que l’on change de réplique. Mais, en français, on utilise un « tiret cadratin » pour marquer le changement de personnage sans fermer le dialogue.
En plus de ces différences majeures, on note des changements au niveau de la forme des incises. En français, elles sont formées d’un verbe suivi de son sujet, c’est-à-dire l’inverse de la version anglaise.
Enfin, certains signes de ponctuation diffèrent : la place des virgules, l’usage d’une virgule ou des deux-points pour introduire le dialogue… Je ne comparerai pas ces changements au cas par cas, mais la façon de faire en français sera expliquée par la suite.
 

 
Après cette petite comparaison qui s’adressait plus particulièrement aux traducteurs, voyons finalement les règles du dialogue à la française.
 
Tout d’abord, les généralités. Un dialogue commence par un guillemet ouvrant (ou guillemet gauche) « et s’achève par un guillemet fermant (ou guillemet droit) ». Entre ces deux, il y a un tiret cadratin — qui marque chaque changement de personnage.
Un dialogue peut être introduit par une phrase narrative qui annonce que le personnage va parler (Elle se pencha vers son amie et lui déclara soudain : « J’ai soif, pas toi ? »), auquel cas cette phrase finira par les deux-points. Cela peut aussi ne pas être le cas (Elle se pencha vers son amie. « J’ai soif, pas toi ? » déclara-t-elle soudain.).
Un dialogue se termine lorsque les personnages n’ont plus rien à dire, mais aussi lorsqu’une phrase de narration vient s’insérer entre deux répliques. Dans ce cas, on ferme les guillemets avant cette phrase, et on les rouvre juste après (« J’ai soif, pas toi ? » La jument bâilla sans discrétion. « Oh, et j’ai sommeil aussi. »). Cela n’est pas à confondre avec les incises, qui permettent justement de donner des descriptions sans fermer le dialogue. Elles se présentent sous la forme d’un verbe suivi d’un sujet, et éventuellement d’un complément, accolés au dialogue (« J’ai soif, pas toi ? déclara la jument en bâillant sans discrétion. Oh, et j’ai sommeil aussi. »).
Il est à noter aussi que, quand un même personnage fait un discours sur plusieurs paragraphes, chacun doit être introduit par un guillemet ouvrant sans que le précédent ne soit terminé par un guillemet fermant.
 
À présent, quelques règles concernant les incises. Comme nous l’avons vu, elles permettent de donner des précisions descriptives sans fermer les guillemets. Cependant, si une incise est présente en fin de dialogue, alors elle sera hors guillemets (« Bravo ! » s’écria-t-il joyeusement. Son ami lui fit un grand sourire.).
De plus, l’incise se compose d’un verbe puis d’un sujet. Cependant, il ne s’agit pas de n’importe quel verbe. On ne dit pas : « Bravo ! » donna-t-il un coup de sabot sur l’épaule de son voisin. « Donner » n’est pas un verbe de parole, il ne peut donc pas introduire une incise. On dira plutôt : « Bravo ! » s’écria-t-il en donnant un coup de sabot sur l’épaule de son voisin. Ou encore : « Bravo ! » Il donna un coup de sabot sur l’épaule de son voisin. Une dernière version utilisera des semi-cadratins – comme cela : « Bravo – il donna un coup de sabot sur l'épaule de son voisin –, tu t'es bien débrouillé ! »
Cette règle restreint certes le nombre de verbes possibles, mais ils restent très nombreux. Trop souvent, les fanficeurs se contentent de « dire », « demander » ou « répondre », mais les nuances sont pourtant innombrables et permettent d'éviter les répétitions tout en allégeant souvent les incises. Exemples : « dit-il d'une voix forte, laissant paraître sa colère » peut devenir « s'emporta-t-il » ou « tempêta-t-il », tandis que « dit-elle, désireuse de convaincre » peut être remplacé par « insista-t-elle » ou « argumenta-t-elle ».
Une dernière chose à savoir sur les incises est la manière de les introduire dans un dialogue. Cela dépend de la manière dont finit la réplique dans laquelle on veut en insérer une.

La phrase finit par un point et est au milieu du dialogue (Non, je ne vais pas très bien.) : on remplace le point par une virgule (Non, je ne vais pas très bien, soupira-t-elle.)
La phrase finit par un point et termine le dialogue (Non, je ne vais pas très bien. ») : on remplace le point par une virgule qu’on met à l’extérieur des guillemets (Non, je ne vais pas très bien », soupira-t-elle.)
La phrase se termine par des points de suspension, un point d’exclamation ou d’interrogation et est au milieu du dialogue (Non, je ne vais pas très bien… // Non, je ne vais pas très bien ! // Comment vas-tu ?) : on accole l’incise juste après la phrase (Non, je ne vais pas très bien… gémit-elle. // Non, je ne vais pas très bien ! répliqua-t-elle. // Comment vas-tu ? s’enquit-elle.)
La phrase se termine par des points de suspension, un point d’exclamation ou d’interrogation et achève le dialogue (Non, je ne vais pas très bien… » // Non, je ne vais pas très bien ! » // Comment vas-tu ? ») : on accole l’incise juste après le guillemet (Non, je ne vais pas très bien… » gémit-elle. // Non, je ne vais pas très bien ! » répliqua-t-elle. // Comment vas-tu ? » s’enquit-elle.)
Si on veut mettre l’incise en plein milieu d’une phrase, on l’encadre tout simplement de virgules : « Non, je ne vais pas très bien. » devient « Non, répondit-elle, je ne vais pas très bien. »

 

 
Avant de conclure, voici quelques manières d’optenir les symboles à utiliser sans avoir à les copier/coller à chaque fois :

Guillemet ouvrant « : alt+174 ou alt+0171 sous Windows
Guillemet fermant » : alt+175 ou alt+0187 sous Windows
Tiret cadratin — : alt+0151 sous Windows, alt+tiret sous MacOS, ctrl+alt+tiret sur Word

D’autres façons suivant les OS ou les logiciels de traitement de texte peuvent être trouvées sur Wikipédia dans le cas des guillemets, et un peu partout sur internet. Il existe même des logiciels prêts à personnaliser vos raccourcis clavier !
 
Je pense avoir fait le tour de la question, j’espère que ça pourra aider quelques personnes à être moins confuses à ce sujet et peut-être même à choisir ces dialogues à la françaises si boudés. Si ce n’est pas clair, si j’ai oublié un cas, si je me suis trompée quelque part, signalez-le-moi ! :)
 
Little Parrot

TrinklePony 16 1288

Question: Comment écrire une Fiction ou un One-Shot ?


Bonjour ou Bonsoir tous, je me posais une question bebête qui m'a mené à écrire cet article, qui est mon tout premier, d'ailleurs. Cette question toute bête est: Comment écrire une Fanfiction [Fiction] ou One-Shot ? Pouvez-vous me donner des conseils qui m'aideront à m'améliorer ?
Merci beaucoup d'avance à ce qui le feront. 
 
-Trinkle Pony
 

Ivory 15 1284

Faisons quelques folies...

Bonjour ou bonsoir,
Aujourd'hui, est un jour assez important pour moi ; je vais enfin pouvoir me défouler de toute l'horripilation que j'ai envers une catégorie bien particulière de personnes. Ces personnes sont celles qui disent, lorsque leur interlocuteur a l'air un peu borderline, "Ouah, mais t'es un psychopathe en fait !"Oh bon sang. Mesdames et messieurs les gens qui disent ça, j'ai envie de vous aplatir la tête à coup de masse et ensuite vous la passer dans un gaufrier. Sérieusement. Alors vous allez gentiment vous écarter de moi, merci.
Mais trêve d'aparté, aujourd'hui, on parle de sujets bien particuliers et sérieux : la peur, la folie, et les organisations.
Petite précision : Je n'ai pas fait de fac de psychologie, et je connais de moi-même une faible partie de cette immense chose qu'est la psyché humaine (et équine). Aussi, je me suis fait aider par une source fiable, puisque validée par des experts en la matière : un ouvrage appelé le Dementophobia . Originellement prévu pour du jeu de rôle Cthulhu, il a pour but de donner des troubles mentaux aussi précis que possibles. Et pour cela, il y a de nombreuses explications bien documentées, que je vais utiliser ici.
 
La peur et l'horreur
L'une des bases essentielles des fictions d'horreur est de faire peur, ou du moins de faire impression durable. Néanmoins, je peux vous assurer qu'une bonne peur, se changeant vite en terreur, bien dosée fait beaucoup plus d'effets qu'un screamer. Surtout à l'écrit, en fait.
Pour commencer, je ne peux que vous conseiller de lire des auteurs considérés comme des maîtres en la matière, comme Stephen King, H.P. Lovecraft et Edgar Allan Poe. En tout cas, je considère que ce sont mes maîtres à moi, faites comme vous voulez. Observez leur style, et leur moyen de mettre en place une ambiance oppressante : chacun a son moyen différent, de même qu'il y a plusieurs styles de peur (le glauque, le gore, l'exotisme, l'absurde, Si vous souhaitez créer une fiction qui a pour but de faire peur, n'oubliez pas la règle des trois I : Indicible, Inattendu, Inconnu.
1. L'Indicible
La peur se base essentiellement sur ce que l'on ignore. Regardez comme la peur du noir, chez les simples humains, peut être une véritable panique dans certaines conditions : si on force un être intelligent à ne faire que des suppositions, il va instinctivement penser au pire et avoir très peur. Si vous vous contentez de faire par exemple une description sordide, mais très réaliste, des boyaux d'un de vos héros qui se font aspirer par un tueur depuis son oreille, alors félicitations, vous avez un mauvais goût phénoménal, et en plus ça ne fera pas peur. Tout au plus, vous ferez vomir ou vous mettrez mal à l'aise. Ainsi, plutôt que de montrer la cause, montrez la conséquence, en faisant monter la sauce progressivement.
A cause de l'interdiction du NSFW dans les blogs, je ne peux pas donner d'exemple comme je le souhaiterais. Mais je pense que si, devant votre ordinateur, vous voyiez d'un seul coup vos doigts se faire faire tordre et briser sans raison, vous finiriez par faire des actes en apparence totalement insensés, mais vous seriez poussés par votre instinct de survie : tenter de vous protéger, fuir, chercher partout où se trouve ce qui a mutilé vos doigts... Pour au final rester replié sur vous-même contre un point à prier : une menace que l'on ne peut pas voir fait toujours peur.
2. L'Inattendu
Après... C'est bien beau de mettre une fiction où on ne voit pas ce qui se passe, mais si vous mettez trop de temps à préparer l'ambiance, votre lecteur va se dire "Ah, là, il va chercher à faire peur, je devrais faire attention" : vous venez de rater votre ambiance. Évitez donc de mettre des balancements trop évidents, de type "un chapitre pour faire peur, un chapitre pour se reposer des émotions", surtout si vous appliquez le premier conseil : le principe de la menace indicible et invisible est qu'elle peut frapper n'importe quand. Plus particulièrement dans les One-shot où l'action est condensée, le lecteur doit avoir peur en même temps que le personnage. Peur de ce qui peut se passer, peur de ce qui se passe réellement : ces deux peurs sont susceptibles de rester n'importe quand si vous souhaitez une ambiance pesante.
Par exemple, reprenons l'exemple avec vos doigts. Après avoir passé du temps à prier pour votre survie, rien ne se passe malgré votre état d'esprit qui, actuellement, a tendance à prendre n'importe quel stimulus pour une menace. Vous vous relevez calmement, disant à voix haute pour vous rassurer que la chose qui a brisé vos doigts est partie... Et paf, c'est le meilleur moment pour passer à la vitesse supérieure : celle-ci brise le bras en le tordant d'un seul coup dans un sens contraire à l'habitude. Mais pour éviter d'habituer trop longtemps, il faut doser, et parfois laisser passer de longs moments où la seule menace est dans votre tête.
3. L'Inconnu
Prolongement naturel de l'Indicible, ce troisième I doit non seulement ne pas montrer la menace, mais également, si elle est montrée (par accident ou non), ne pas la faire comprendre. Dans La Peau sur les Os de Stephen King, on ignore jusqu'au climax de quoi souffre réellement le héros ; dans Dôme du même Stephen King, on montre le dôme sans donner aucune explication sur ce qu'il fait là, comment il est venu là, qui l'a mis là, de quoi il est fait... Ce qui laisse au lecteur comme aux personnages leurs propres interprétations. Et n'hésitez pas à changer de temps en temps les règles, comme le demande la règle de l'Inattendu : si vous assimilez une étrangeté dans la vie quotidienne, aussi étrange qu'elle soit, elle devient banale et perd son potentiel effrayant ; si vous montrez que personne n'a compris réellement son principe et qu'il y a encore raison de craindre cette chose, c'est mieux. Et n'oubliez pas que si vous brisez d'un seul coup l'un des principes fondamentaux d'un esprit, il est très susceptible de devenir fou, de manière faible ou forte.
Retour à l'exemple du briseur de bras invisible. Supposons que, dans la précipitation et un moyen de vous protéger, vous ayez pris un couteau pour vous défendre : poignardant au hasard, vous vous rendez compte que vous venez de blesser une créature invisible, et que divers moyens peuvent être utilisés (comme la farine, par exemple) pour se rendre compte de leur existence. Néanmoins, si celle-ci était invisible, il y en a peut-être d'autres partout, et potentiellement aussi violentes... C'est pourquoi vous allez, par précaution, toujours vous balader avec un couteau ou un sac de farine, et vous sentir très mal si vous en êtes séparés. Grâce à ce moyen de découvrir ces créatures, vous en avez banalisé l'existence et ainsi vous en avez tué la peur. Mais changeons un peu les règles du jeu... A présent, vous venez de découvrir que lesdites créatures peuvent se rendre intangibles à volonté. Et hop, on repart à la case départ, à se prostrer dans un coin...
 
La folie doit-elle être banalisée ?
Je vous ai parlé plus haut des gens que je hais avec leur manie de qualifier de psychopathe à outrance : c'est parfaitement normal. Une folie, ce n'est pas qu'un seul trait de caractère, qui peut en plus varier selon l'individu. Ce n'est pas parce que quelqu'un est psychopathe qu'il va tailler à la hache n'importe quelle personnalité le contrariant. D'ailleurs, une autre catégorie de personne que je hais est celle qui se dit "folle" parce que c'est à la mode ou parce qu'elle trouve le sujet amusant, comme j'ai pu voir dans l'un des commentaires de "Hosto Story", où un des commentateurs disait être interné dans un asile et "qu'il devait y aller parce que c'était l'heure des pilules". 
Vous l'aurez donc compris, j'ai donc horreur des personnages qui endossent le rôle de psychopathe à outrance, comme c'est le cas pour plusieurs versions de Pinkie Pie ou, dans un autre ordre d'idée, Gasai Yuno de Mirai Nikki. C'est typiquement le genre de personnage que j'ai envie de voir, au même titre que ses fanboys ou fangirls, découpés jusqu'à ce qu'ils puissent passer au taille-crayon. Et ensuite je les passe au taille-crayon. Avant de disperser leurs restes aux quatre vents.
1. Quelques généralités sur la folie
Déjà... Ce n'est pas parce qu'un gros problème arrive que d'un seul coup, votre personnage aura un trouble mental. Ca, c'est faux. Il n'y a pas de "Oh, un monstre impossible dans cette réalité... Bon, ben je suis schizophrène". Cela demande quelques temps d'adaptation : plus le traumatisme est gros, moins ce temps d'adaptation sera long, mais en aucun cas il ne sera instantané.Sans compter que le plus souvent, les troubles mentaux sont, je le rappelle, adaptés aux traumatismes reçus : je ne vois pas comment John Doe ou Mary Moe, personnage de fiction, pourrait devenir schizophrène simplement parce qu'il ou elle a subi des tortures dans sa jeunesse : tout au plus, ces troubles seraient des amnésies, des douleurs fantômes et des phobies d'objets de torture ; éventuellement, la perte des émotions si John ou Mary se convainc lui-même que c'est la faute de la douleur, donc des émotions, si cette torture fut si douloureuse (et encore, c'est tiré par les cheveux). Mais pas entendre des voix.
2. La psychopathie : stop aux clichés !
Un psychopathe n'est pas quelqu'un qui aime tuer les gens. Répétez-le. Allez-y, plus fort. Plus fort. Chantez-le, maintenant. Parfait, vous avez fini par être globalement convaincu.
Déjà, il faut dire que le terme "psychopathe", au sens médical, n'est plus utilisé depuis quelques décennies : de nos jours, on parle de "trouble de la personnalité antisocial". Et cela parle d'une personne n'ayant qu'un sens très peu développé, voire inexistant, de l'empathie, et qui donc globalement n'en a rien à faire des dommages collatéraux ou des impacts que ses actes peuvent avoir sur les autres. En bref, un psychopathe n'a, quel que soit le moment, aucun sentiment, et ne peut donc pas avoir de relations sociales. Vous comprenez enfin pourquoi j'ai tant horreur que l'on parle de Pinkie Pie comme d'une psychopathe ? Parce que c'est tout ce qu'il y a de plus faux ! D'ailleurs, c'est l'occasion pour moi de parler des différentes "versions" de la psychopathie selon les gens.
Allez, un petit test pour voir, avec des personnages tirés de trois catégories d'oeuvres de fiction (dessin animé, manga et télévision) : psychopathe ou pas psychopathe ?
Pinkamena Diane Pie :

Pas psychopathe pour deux sous, vu qu'elle a au moins cinq amies proches. Ici, on est éventuellement dans une psychose, où toutes les émotions sont exacerbées au maximum : rien que le fait de tenir la porte à un psychotique lui fait pleurer des larmes de gratitude. Enfin, j'exagère, mais vous devriez comprendre le principe.
 
Gasai Yuno (Mirai Nikki) :
Le premier qui me dit que celle-ci est psychopathe, je l'enferme dans un four et il pourra tout juste dire bonjour à quelques morceaux de charbon incandescents dans la bouche. Elle souffre plutôt d'un trouble de la personnalité bordeline, qui consiste à faire d'une petite contrariété toute un plat. Et encore, j'en suis pas sûr, parce que ce n'est que de simples crises de violence.
 
Sherlock Holmes, par Benedict Cumberbatch (Sherlock) :

Psychopa... Eh ben non, perdu. Sherlock se présente lui-même comme sociopathe de haut niveau, ce qui est, si vous préférez, l'équivalent d'un psychopathe mais dont le trouble vient de la jeunesse et pas d'un problème mental inné. Le problème, c'est qu'il montre souvent faire preuve de sentiments forts dans cette série : ce n'est donc pas un sociopathe, éventuellement un autiste de haut niveau, mais ça c'est encore autre chose. Pour l'exemple du sociopathe, j'aurais aussi pu parler de Hannibal Lecter, mais Sherlock me semblait plus approprié pour la raison ci-dessus.
3. Les schizophrènes ne parlent pas qu'à des voix !
Encore un cliché sur les fous que je dois m'empresser de détruire. Les schizophrènes sont des personnages haut en couleur lorsqu'il faut un fou (Iron Gear, si tu te reconnais ici, grand bien te fasse), puisqu'on les voit dans l'imaginaire commun comme des personnes se parlant à elles-mêmes. Pourtant... Ce n'est pas forcément le cas. Du point de vue pathologique, les schizophrènes se rangent dans les psychotiques ; et il est à noter qu'une certaine partie de la population (4 % si je m'en souviens bien) présente des troubles susceptibles de dégénérer en schizophrénie. Les hallucinations ne peuvent être entendues ou vues (oui, ils ne font pas qu'entendre des voix, ils voient des choses aussi) que dans les stades les plus graves de la maladie, ce qui signifie qu'en général il ne s'agit que de psychoses pouvant dégénérer à tout instant.
Lorsque quelqu'un est atteint de ce trouble, si je me souviens bien, il a environ 25 % de chance de guérir sans séquelles, 25 % de chance d'avoir des rechutes occasionnelles mais pas trop dérangeantes, 25 % de chance d'avoir des rechutes plus dangereuses nécessitant une assistance, et 25 % sombrent sans espoir de guérison. Devenir schizophrène n'est donc pas forcément être condamné à rester à vie avec des voix dans la tête dans un asile.
 
Dernier point
Ce n'est pas parce que j'ai dit tout ceci que vous êtes obligés de faire des troubles réalistes. Mais sachez que ce sera bien plus crédible, et qu'en plus comme ça je n'aurais pas à vous poursuivre avec un épluche-légumes pour "blasphème" à la folie. Vous êtes prévenus.
Les systèmes de création
J'utilise occasionnellement ces systèmes lorsque j'ai besoin de créer quelque chose de complexe : ceux que je vais vous présenter en détail me permettent de créer des religions, des sociétés et des armées. Après, je répond à ce questionnaire lorsque je veux créer un personnage bien détaillé. A l'origine c'est prévu pour les jeux de rôle, mais ça marche bien pour toute sorte de fiction. Pensez quand même à adapter deux ou trois trucs, c'est fait pour des personnages humanoïdes, pas des poneys.
1. La création d'armée : le système FLEUR
Pour ce qui est des armées, comme on peut en voir dans les fictions [Guerre], je procède par étapes. Elles ne sont pas dans l'ordre pour que je puisse faire le jeu de mot avec FLEUR, mais ça ne fait rien.
F pour Forces Spéciales
Si vous voulez un concept d'armée, il vous faut des forces spéciales si vous voulez être plus réaliste. Ces forces spéciales sont des groupes d'élite assimilés à l'armée : l'équivalent des shinobis ou des samouraïs au Japon féodal, ou, si vous préférez, le GIGN pour notre pays. Il peut paraître intéressant de mettre des forces spéciales à outrance dans votre armée : mais rappelez-vous que pour ceci, il faut :
- Des soldats d'élite
- Des instructeurs pour leur nouvelle affectation
- Du nouvel équipement
- Des remplaçants potentiels
- Un entraînement différent. Et tout cela coûte cher, en logistique et en argent.
L pour Leader
Le chef de votre armée doit basiquement être charismatique, pour que des gens le suivent (et ne le trahissent pas) : ainsi, j'ai du mal à voir Fluttershy, qui a du mal à s'imposer, en tant que générale d'une armée. Celui-ci va déterminer beaucoup de choses : selon ses priorités, il peut faire le jour ou la nuit dans l'armée. C'est quelqu'un de cruel ? Il va sacrifier escadrons après escadrons, dans le seul but d'affaiblir l'ennemi. Il est au contraire très à l'écoute des soldats ? Le budget va alors être consacré principalement pour les aider dans leur vie quotidienne, pour les départs en retraite...
E pour Equipement
Plus un objet est utile ou décoré, plus il est coûteux. Ainsi, n'imaginez pas une armée immense équipée de plastrons très détaillés : sauf si les commanditaires de l'armée est la première fortune mondiale, n'y pensez même pas. Et puis, si un équipement rare (donc cher), comme des armures d'ailes pour Pégases, tombe entre les mains de l'ennemi, ça peut non seulement saper le moral de vos troupes, mais en plus permettre à l'autre camp de mieux vivre, et aux frais de votre armée en plus. Vous imaginez la honte ?
U pour Unités
Les unités sont basiquement les différentes "parties" de votre armée, en se basant sur vos tactiques. Cette armée a tendance à foncer dans le tas, formant un mur d'acier ? Alors elle aura une immense unité de fantassins. Elle utilise des machines de guerre ? Une minorité des soldats devraient former une unité d'artilleurs. Chaque unité "basique" peut aussi être coupée en plusieurs : c'est bien beau d'avoir des médecins, mais on peut encore les rentabiliser davantage en les spécialisant, disons une moitié dans la chirurgie et une moitié dans les premiers soins.
R comme Rangs
Oui, parce que c'est bien beau d'avoir des unités militaires variées... Mais si, en dehors de votre Leader, il n'y a aucune hiérarchie, c'est assez bête. Essayez de faire une hiérarchie dans chaque unité, puis de remettre cela à un tronc global dans lequel se trouve le Leader (avec lieutenants, sergents...).
Précision de Vuld Evone : 
Comme Vuld l'a dit en commentaires, une grande partie de l'armée n'est pas combattante : elle est soit civile, soit logistique. Ce qui signifie que vous devez également penser à tout les besoins dont vos soldats (nourriture, courrier, logis...) et y affecter des postes ; lors d'un voyage à Verdun, j'ai vu des gens s'étonner du fait qu'il y ait une unité affectée à la boulangerie dans un fort, alors que c'est pourtant l'une des bases pour des soldats (et leur moral) que de manger du pain frais. Pensez-y, sérieusement. D'autant plus que dans les situations de crise, même les civils sont obligés de prendre les armes.
Parlons-en, d'ailleurs : au Moyen-Âge, il n'y avait pas que les chevaliers qui se battaient : ceux-ci, généralement nobles, amenaient aussi des levées de paysans volontaires, se battant certes avec des faux, mais très meurtrières. Par conséquent, lorsqu'un suzerain appelle à la guerre, ses vassaux amènent eux aussi leurs vassaux, et forment en général des petites sociétés itinérantes, très prolifiques.
2. La création de religion : le système PADPOD
Ce cas de figure peut venir dans n'importe quel type de fiction ou presque : après tout, on sait qu'il y a une religion qui gravite autour de Celestia et Luna, mais on en ignore le type... C'est le moment d'utiliser le système PADPOD !
P pour Prophète :
Oui, car c'est bien beau d'avoir une divinité, mais si personne ne va prêcher la bonne parole, tout puissant qu'il est, votre dieu sera limité à faire des apparitions épisodiques. C'est le prophète qui aura reçu le message de la divinité, directement ou non, et qui va le transmettre. Attention toutefois si le message est indirect, des confusions sont alors possibles : "Bon, alors, trois corbeaux et un aigle qui tournent dans le ciel, ça veut dire quoi déjà ?"
Pour le cas de Celestia et Luna, je pense que leur message fut direct, voire même qu'elles ont été leurs propres prophètes : c'est le côté pratique d'avoir une forme tangible  et persistante.
A pour Adeptes :
Ensuite, observons le genre de personnes qui vient adhérer à votre culte. En général, ce sont des personnes appréciant ce que défend votre divinité, ici le jour et la nuit. N'oubliez pas que plus votre symbole sera universel, plus il attirera de monde: c'est sans doute l'une des raisons qui font que la religion Equestrienne est une religion d'Etat.
D pour Divinité :
Cette étape est optionnelle pour Luna et Celestia, mais indispensable pour des religions créées (comme celle des Zèbres si elle existe). Votre divinité est-elle seule maître à bord (monothéiste), ou bien est-ce qu'il y en a plusieurs (polythéiste) ? Et si oui, quels sont les liens entre chaque divinité ? Sur quoi se base votre divinité ? Quelles sont les choses qu'elle aime, et ce qu'elle n'aime pas ? Ce qu'elle récompense ?
P pour Pouvoirs :
Sur quoi se base votre divinité ? A-t-elle des pouvoirs ? Et peut-elle récompenser des personnes ayant bien agi ? Pour Celestia, la réponse est claire à chaque fois : elle est la déesse du jour, peut contrôler le soleil, et peut transformer en Alicorne. Mais la réponse est plus complexe pour Luna : elle est la déesse de la nuit, mais contrôle-t-elle les étoiles ? Peut-elle transformer en Alicorne ? Peut-elle décider de créer une éclipse de lune à gré ? Plusieurs idées sur lesquelles se baser, donc.
O pour Offices :
Une religion sans rites est souvent condamnée à périr. Mais ces rites peuvent être plus ou moins complexes : si la religion prend peu de place, ce peut être par exemple un peu d'eau à laisser évaporer au soleil, ou une prière rapide avant de s'endormir ; si elle est au cœur de la société, on peut aller plus loin, comme imaginer un impôt pour le clergé, des messes organisées... Oubliez les sacrifices d'animaux en Equestria, mais vous pouvez toujours imaginer faire brûler une partie soigneusement choisie des récoltes, par exemple. Et n'oubliez pas qu'en général, c'est le prophète qui a déterminé les offices.
D pour Dogme :
Sur quelles bases se pose votre religion ? Y a-t-il des règles ? Des tabous, des obligations ? En Equestria, il y a fort à parier que l'un de ces tabous est le meurtre. Mais il y a peut-être d'autres choses : un pèlerinage ? Le fait de devoir rester au moins une heure dehors, même si on peut lire un livre ? Ou d'autres choses ? Basez-vous sur tout le reste pour créer votre dogme.
3. La création de société : le système TRLALCH
Bon, là, je l'admet : je n'ai pas réussi à trouver un jeu de mot ou de nom sonnant bien avec ces lettres. Si vous en avez, je suis preneur. Toutefois, ce système permet la création efficace d'une société, ce qui est particulièrement efficace lorsqu'il faut détailler tout un mode de vie, et donc broder là dessus.
T pour Traditions :
Est-ce que vous avez des fêtes ayant un impact dans votre société ? Si oui, il peut être intéressant de se dire pourquoi elles sont là, et d'en présenter une ou deux dans votre fiction. C'est pour cela qu'il y a autant de passages spécial Noël ou Halloween dans des séries , par exemple. Si non, vous devriez tout de même penser à en mettre une ou deux, en rapport avec des événements passés. La défaite de Nightmare Moon, le lendemain de la Célébration d'Eté, est-elle devenue une nouvelle fête ? Quelles sont les spécificités ? Porte-t-on des masques de Nightmare Moon ? Pensez à nos propres fêtes, comme le Nouvel An, la Toussaint ou le 14 Juillet.
R pour Religions :
Votre société dispose-t-elle d'une religion ou non ? Que pense-t-elle du blasphème ? Et des autres religions possibles ? Est-ce que ladite religion est une religion d'Etat ? Pour créer ladite religion, regardez quelques lignes plus haut, j'ai mis le nécessaire.
L pour Loisirs :
Comment se distraient les personnes de votre société ? La réponse peut paraître inutile, mais c'est en réalité une partie colossale de votre société que vous érigez. Si vous mettez la danse au coeur de celle-ci, on peut extrapoler en se disant qu'une Cutie Mark en rapport avec la danse peut servir pour l'ascension sociale.
A pour Arts :
De même que pour les loisirs, l'art se charge d'éclaircir beaucoup de choses. Par exemple, à l'époque où on ne connaissait pas encore l'écriture, l'art du conte était très en vogue, puisque cela permettait en plus d'exercer le métier de conteur itinérant, pour relayer les informations d'un village à un autre. Existe-t-il des mécénats ? Privés ou publics ? Y a-t-il des artistes engagés pour votre société ?
L pour Lois :
Quelles sont les lois promulguées par votre société ? Les sanctions infligées pour les contrevenants ? Qui s'occupe de faire respecter la loi, des fonctionnaires ou bien les citoyens eux-même ? Quel est le taux de criminalité ? De corruption ? L'écart entre riche et pauvre est-il important ? Pensez-y, ça peut être important.
C pour Castes :
Cette partie-là est un peu particulière : en effet, vous devez définir les différentes castes qu'il y a dans votre société, que ce soit simple (noblesse, clergé, tiers-Etat) ou plus diffus (très riches, riches, classe moyenne, pas très riches, pauvres, indigents) et répétez toutes les étapes au dessus pour chaque caste. Chacune a ses différences : par exemple, au XVIIIe siècle, les moyens de se distraire étaient très différents entre la noblesse et la haute bourgeoisie.
N'oubliez pas également de dire la journée quotidienne moyenne dans chaque caste pour :
- Une jument adulte
- Un étalon adulte
- Une pouliche enfant ou adolescente
- Un poulain enfant ou adolescent.
H pour Histoire :
Qu'est-ce qui a formé votre société ? Qu'est-ce qui a laissé des marques encore visibles aujourd'hui ? Cela peut être des choses fortes, comme chez nous la Révolution qui a transformé la monarchie en république, mais également des choses plus diffuses comme la seconde guerre mondiale, ayant mis dans les bouches le fameux "Encore un que les boches auront pas" lorsqu'on termine une bouteille de vin. Faites une frise chronologique expliquant les éléments marquants, et leur effet sur la vie contemporaine de vos héros : si tout le monde s'en moque de la mort d'un souverain obscur il y a plusieurs millénaires, alors ce n'est pas forcément la peine de s'en occuper.
 
Exercices :
J'ai vu sur le précédent article que mes quelques pistes semblaient plaire. Aussi, j'en remet sur cet article, avec un format (deux exercices simples et un plus dur) par partie :
La peur
- Croyances : Faites un one-shot où votre personnage se fait littéralement pulvériser ses croyances et en a peur.
- Bouh ! : Ecrivez une scène de vie quotidienne pour un personnage phobique, de manière à ce que l'on finisse par avoir réellement peur du sujet de sa phobie. N'hésitez pas à prendre des sujets complexes à traiter (la photophobie, peur de la lumière) ou ridicules (la péladophobie, peur des chauves), ça ne sera que plus intéressants.
- Qui est l'apeuré ? : Faites un one-shot où le narrateur observe le héros, mais n'a pas de nom ou d'identité et ne peut agir. C'est lui qui aura peur de ce qui va arriver au héros, quitte à parfois bouleverser la narration.
La folie
- Que vois-je ? : Ecrivez une fiction parfaitement normale, mais avec le point de vue du narrateur altéré par une folie / des hallucinations.
- Seconde version : Réécrivez une fiction que vous appréciez, avec le point de vue du narrateur troublé par une folie ou une hallucination.
- Crédibilité d'emprunt : Réécrivez une fiction qualifiée comme mauvaise et gore (Cupcakes, Sweet Apple Massacre, Trixie's Funhouse, vous avez le choix des armes) avec des troubles crédibles pouvant réellement faire peur. N'hésitez pas à rajouter des choses afin de crédibiliser le trouble, c'est même encouragé.
Les organisations
- Le trône de Crins : Ecrivez une version MLP de Game of Thrones.
- HoC, House of Celestia : Ecrivez une version MLP de House of Cards
- Le Châtiment ! : Lorsque Nightmare Moon fut exilée sur la Lune, un poney traversa les routes pour prévenir les masses de sa vengeance lorsqu'elle parviendra à partir. Cet homme est le prophète d'un nouveau culte dont vous allez écrire l'histoire.

Et voilà, cet article est terminé. La suite devrait s'appeler Le Guide du Bourlingueur avisé . Je vous remercie encore une fois d'avoir lu cet article, bonne chance à tous !

Vuld 8 1217

Le défi de la nuit.

Hi'.
Je m'étais dit que je n'écrirais pas plus d'un article par semaine, et ce que je vais dire ici tient plus de la chronique d'écriture, mais... déjà vous ne savez pas ce que sont les Chroniques d'écriture et surtout, eh bien, pour moi c'est une question d'actualité. Un de ces problèmes auxquels on se retrouve confronté, que ce soit sur ses propres textes ou sur ceux des autres. J'aimerais en parler et c'est ça, une Chronique d'écriture. Même si ici je vais plutôt me contenter d'esquisser le sujet sans trop l'approfondir.
On va parler ici un peu de description, un peu de motivation mais pas au sens de s'encourager à écrire, au sens de donner du sens et de l'intérêt au texte.
Autant que possible.
J'ai eu par deux fois à expliquer aux gens pourquoi il fallait décrire. Et déjà auparavant j'avais dit à Raincloud que tous les écoliers de l'univers (plus ou moins) haïssaient les descriptions vues à l'école, dans les gros bouquins ch- ennuyeux qu'on nous faisait lire. Comment convaincre les gens d'essayer de décrire alors que la description fait grimper le taux de mortalité parmi les lecteurs ?
Pour y répondre, les petites têtes de quinze ans que nous étions avions discuté, et surtout pas mal écrit, et comparé les "techniques" des différentes plumes présentes alors. Et on avait remarqué que toutes les descriptions n'étaient pas les mêmes. C'est de là que vient notamment la "description-liste" ou la description "dynamique", des notions construites ad hoc pour décrire ce qu'on constatait.
Mais cette fois, plutôt que de dire comment décrire, je vais vous dire pourquoi. Ce qui revient un peu au même. Je vais vous proposer une piste en suggérant que la description peut être, tenez-vous bien... utile.
Oui je sais c'est fou.
Le défi de la nuit consiste à écrire une scène qui se passe la nuit. J'avais d'abord pensé à prendre la pluie comme exemple, et il y a beaucoup de situations comme ça, mais étrangement c'est avec les scènes de nuit que le problème se révèle le plus. En général, face à ce genre de scène, on a tendance à écrire "il faisait nuit" puis, cette information posée... on écrit la scène comme s'il faisait jour. Les personnages ne semblent pas y voir moins bien... pas de rumeurs nocturnes... pas de mention du ciel étoilé -- là vous êtes vraiment en train de défier la nuit -- et bref, la même scène aurait pu avoir lieu en plein jour, ça aurait été pareil.
Face à ce genre de situation, je dis aux gens 1) d'exploiter la nuit et 2) de réactualiser l'information, c'est-à-dire de répéter à intervalles plus ou moins réguliers le fait qu'il fait nuit. Et dans tous les cas je râle parce que mince il fait nuit ! Merci d'en tenir compte.
Et puis ensuite je me suis retrouvé face à la même situation. Je viens d'écrire un texte qui se passe la nuit, et je me suis retrouvé un peu bête... la nuit ne sert à rien. Du coup, je n'ai aucune raison de rappeler qu'il fait nuit. Du coup, rappeler qu'il fait nuit ne ferait qu'agacer le lecteur. Cela arrive couramment, surtout quand on ne planifie pas le texte à l'avance. On se retrouve pris entre deux extrêmes : entre le besoin de parler de la nuit et la nécessité de ne pas barber le lecteur avec ça. Et comme chaque lecteur réagit différemment, en général c'est la seconde option qui gagne. Aussi parce qu'elle demande moins d'efforts.
Le défi de la nuit est donc de trouver un équilibre entre en faire trop peu et en faire trop. De réussir une ambiance "nocturne" à partir de zéro.
Face à ce problème, mon premier réflexe a été de me demander à quoi pouvait me servir la nuit.
C'est ce que je dis souvent aux auteurs. Si un élément ne sert à rien, il faut le supprimer. Si on ne veut/peut pas le supprimer, alors il faut qu'il serve à quelque chose. Parler d'utilité est risqué parce que ça comprend des choses abstraites comme, justement, l'ambiance. La mousse d'une forêt ne sert à rien pour l'intrigue, mais elle aide à installer l'idée d'une forêt humide et âgée, entre autres choses. Donc, quand on veut faire une forêt millénaire, y mettre beaucoup de mousse est en général une bonne idée. Dire si elle est sèche ou humide aussi. De même, quand on décrit la nuit, la question de la luminosité est vitale pour comprendre la scène : c'est la pleine lune, il y a des nuages ? Bon c'est toujours la "pleine lune" avec Luna mais passons.
La première utilité de la nuit est de pouvoir cacher les choses. La seconde utilité, bien connue des textes "sombres" (ah ah), est de déformer la réalité, le jeu des ombres. On lui fait jouer des tas d'autres rôles mais mine de rien la nuit est bien utile. Elle a du potentiel, et ce serait bête de se contenter de dire "il fait nuit" sans rien en faire.
Dans mon cas, tout le texte reposait sur les retrouvailles, et sur le problème de reconnaître quelqu'un. J'ai donc choisi la lumière qu'il me fallait -- j'aurais pu fermer les volets pour une obscurité totale, ou allumer la lumière dès le départ -- juste assez pour qu'on puisse y voir, pour qu'on devine. La nuit devient une barrière fictive entre les personnages. Je n'allume la lumière qu'une fois que la panique, proche d'un cauchemar, est passée.
Tout cela me donne une raison de mentionner la nuit, encore et encore, sans (trop) lasser le lecteur. J'ai une raison de la mentionner. J'ai une motivation à en parler, et le lecteur une motivation pour la retenir.
Elle est donc "motivée".
Chaque texte et chaque scène a ses propres buts. Dans le cas d'Oeil de Braise, le défi de la nuit se produit lors d'une bataille. L'utilité de la nuit devrait alors aussitôt apparaître. Bêtement : pour rendre le combat confus et chaotique. Mais aussi : pour les effets pyrotechniques. Les joueurs de FPS ou les fans de films de guerre penseront aux balles traçantes et aux explosions magnifiées par le contraste de l'obscurité. La nuit permet de décrire et d'intensifier les combats. Elle peut servir à bien d'autres choses encore, comme marquer les sentiments de chaque camp avant la charge. Ou simplement, la nuit il fait plus froid... c'est dommage de s'en passer.
De fait, et trop souvent, on me dit qu'un objet dans le texte "ne sert à rien". Il est juste là, il fallait le mettre pour quelque raison et on n'en fait rien. C'est du potentiel perdu !
Le défi de la nuit est d'écrire une scène se passant de nuit, où la nuit sert à quelque chose. Il faut motiver la nuit comme il faut motiver la présence de n'importe quel élément de l'histoire. Oui, les descriptions doivent être motivées, sans quoi elles sont formidablement barbantes. On se moque du nombre de poutres d'une chapelle, on est là pour un mariage ! On se moque du nombre d'étoiles dans le ciel... jusqu'à ce que celles-ci retrouvent leur lien avec l'histoire.
Je figure cela en général par une addition.
S'il n'y a que la nuit, le calcul est "nuit = nuit" et on dira juste "il faisait nuit", plus éventuellement une description générique d'une nuit générique et puissamment pas intéressante. C'est d'ailleurs le problème du "c'était une belle journée à Ponyville", merci on sait.
Mais si je commence mon texte par "Les nuages se dissipaient doucement au-dessus de Ponyville", qu'est-ce qui a changé ? J'ai dit, techniquement, la même chose. Il fait beau. Le ciel se dissipe. Le soleil est de retour. Tout va toujours bien les oiseaux tout ça. Ce que j'ai fait, c'est une addition. Par exemple : "nuit + nuages". Pourquoi parler des nuages ? Peut-être que je vais faire une histoire de pégases. Dans ce cas, moi auteur je fais l'addition "nuit + pégases = nuages" là où le lecteur fera lui l'addition "nuit + nuages = ?". Il se pose une question. Il est "intéressé". Vous avez installé, sans même y penser, un début de tension. Ne serait-ce que pour lui faire lever les yeux vers le ciel.
"La nuit les nuages revenaient se hasarder dans le ciel."
Je n'ai dit nulle part qu'on parlerait de pégases : l'addition se passe dans les coulisses, cachée du lecteur. Ce qui est important d'ailleurs : à ce stade il ne sait pas encore pourquoi on lui parle de nuages. Et si on se met soudain à parler d'autre chose sans lien, on sera passé du coq à l'âne et nos nuages seront apparus en vain.
Autre remarque d'importance : ces nuages sont liés à la nuit. Si on oublie cela, on se retrouve avec deux calculs séparés, "nuages = nuages" et "nuit = nuit"... Ces nuages ne nous intéressent que parce qu'ils sont liés à la nuit. Ce sont des nuages nocturnes et il faut le souligner. En l'occurrence, ici, j'ai en tête que la nuit les nuages de l'Everfree reviennent plus facilement sur Ponyville, ce qui jouera probablement un rôle dans l'intrigue. Ou pas. Je peux simplement suggérer qu'une tempête se prépare, et cette tempête peut être émotionnelle. Les nuages nocturnes vont servir, tout au long du texte, à figurer les émotions de mes poneys.
Tant que les nuages jouent un rôle, ils sont motivés et à travers eux j'aurai une raison de revenir encore et encore sur le fait qu'il fait nuit. La nuit permet de faire quelque chose qui n'est pas possible le jour, c'est aussi simple que ça.
Le défi de la nuit est donc un exercice scolaire.
Dans le cas du texte que j'ai eu à écrire, l'addition était quelque chose comme "nuit + retrouvailles + humain = lit, lampadaires, fatigue, ..." J'ai résumé les principaux éléments de ma scène avec un mot par élément, puis je les ai additionnés pour déterminer quels détails intégrer (et utiliser) dans ma scène. L'addition est en fait bien plus longue, pour expliquer par exemple pourquoi la retrouvaille se passe au lit et pas à la cuisine, lors du repas du soir, ou lors d'une veillée devant l'écran d'ordinateur... mais ça se résume bien à ça.
Expliquer ce qu'est une "bonne" (ah ah) description est difficile tant ça dépend du contexte, c'est-à-dire que ça change de texte en texte : mais le principe derrière, la "motivation", reste le même. Liez la nuit à ce qui se passe et vous aurez une raison de la détailler, de répéter qu'elle est là. Vous y serez presque forcé par les circonstances. Ne faites pas de lien et alors soit vous forcerez sa présence (et agacerez le lecteur), soit vous ferez l'impasse dessus et il y aura un renard pour râler que vous avez mal exploité votre texte.
Mais le défi de la nuit, ce n'est pas juste de décrire une scène nocturne. Le défi de la nuit, c'est de partir du principe que tout dans votre texte a son importance. Que ce que vous négligez peut-être plus important que ce que vous pensez. C'est de donner à chaque élément sa chance, de lui donner une place dans le texte et un rôle, de le faire briller, d'ajouter sa lueur, aussi infime soit-elle, à toutes celles de votre histoire. Accepter de prendre du temps pour ces détails, de leur donner un rôle alors qu'on veut avancer dans l'histoire, alors qu'ils nous gênent... c'est un défi.
Je vous défie donc, et je vous invite à relever ce défi, à vous fanficers,à vos plumes !

Wellen 14 1134

L'art d'être un méchant, ou comment créer un bon psychopathe.

 
J'étais avec un ami, sur skype, et on s'est posé une question à la fois idiote et complexe: Comment créer un bon méchant?
Je veux dire, pourquoi adore-t-on Sombra autant qu'on le déteste? Pourquoi on aime la duchesse Ira alors qu'au fond on a qu'une seule envie, c'est de la voir mourir?
C'est ce que nous avons essayés de découvrir, et, avec les quelques points que je vais vous présenter, nous allons découvrir le pourquoi du comment.
 
Attention, cet article contient de légers spoil sur la série et sur Brasier Année Zéro de BroNie, je vous conseil donc de le lire si ça n’est pas déjà fait.
 
Pour commencer, pour ceux qui ont lues le guide de la fanfiction par BroNie, vous devez savoir les erreurs qu’il faut éviter en créant un oc: Ne pas faire un Marye Sue, ne pas lui faire une histoire tragique, ne pas lui mettre des couleurs sombres pour dire “Oh mon dieu il est sombre et mystérieux”
Bah tout ça, vous le mettez à la poubelle.


hop, va rejoindre la bouche à Pinkie.
 
Je m’explique.
Un méchant doit par définition être puissant, puisque votre héros ou héroïne ne doit pas le dégommer en un coup. Le méchant doit surclasser le gentil dès le départ, et pousser notre protagoniste à aller dans ses ultimes ressources pour le vaincre.

Eux, c’est des figurants, pas des méchants.

Ensuite, la motivation. Un méchant n’est pas méchant juste pour être méchant, il doit avoir une raison. Prenons la duchesse Ira. Elle veut être sur le trône pour que sa race soit à une place supérieure dans la société, ce qui est un objectif tout à fait compréhensible. Ce qui la rend “méchante” c’est qu’elle est impitoyable, et qu’elle n’hésite pas à tuer pour atteindre ses objectifs, mais nous y reviendrons plus tard.
 
On est donc au point numéro deux: Le principe du Protagoniste et de l’Antagoniste.
Nous allons reprendre l’exemple de la duchesse Ira et de Celestia
La protagoniste (notre gentille) est une noble qui n’a pas de Cutie Mark. Elle est appelée à devenir une princesse et une future reine à cause de la mort d’un prince, sans laquelle elle n’aurait eu presque aucune chance.
L’antagoniste, quant à elle, est une noble qui n’a pas de Cutie Mark. Elle est appelée à peut être devenir une reine à cause de la mort d’un prince, sans laquelle elle n’aurait eu presque aucune chance.
 
J’aurais limite pu faire du copier coller, mais les faits sont là. Le principe du protagoniste et de l’antagoniste et que sans l’un, l’autre n’existe plus, et qu’ils sont semblables.
Bon, je sais que la duchesse meurt vers la moitié de la fic et que Celestia est toujours là pour en parler, mais c’est parce-que notre ami Discord, après avoir vaincu l’antagoniste, en est devenu un.


Un meilleur exemple?
Une des autres caractéristiques de méchants nous amène au point numéro trois.
Les méchants, ils font quoi de leur temps libre?
C’est ce que, petits, nous nous sommes tous demandés. Eh bien, la réponse est simple.
Un méchant n’a pas de temps libre car être un antagoniste, eh bien c’est un job à plein temps. Il travaille toute sa vie à pourrire la vie au gentil et à essayer d’atteindre son objectif, ce qui le rend généralement furax quand un de ses plans se fait démonter.

Le point quatre, et pas des moindres, consiste en une seule chose.
Le méchant est un salaud.
C’est un connard sans coeur, capable de faire les sales coups les plus tordus juste pour gagner, ce qui peux aller d’une simple lettre pour faire rompre un couple à brûler un village entier et tuer ses habitants en passant par la prise d’otage. Il est prêt à tout, et c’est ce qui fait sa force. Là où le gentil suit un code d’honneur, il est sympa, il évite de tuer les autres. Le méchant, lui, il en a rien à faire, tout ce qu’il veut c’est atteindre son objectif et par tout les moyens.

Ce qui nous amène au point cinq: La motivation
Un méchant, il l’est pas juste pour le fun. Ceux qui se délectent des cris de douleur ne sont généralement pas les méchants “principaux” mais plus des bras droits ou des hommes/poney de main. Le méchant, le vrai, il a un objectif et des raisons pour l’atteindre. Par exemple, Chrysalis veut envahir Canterlot non pas pour en devenir la seule dirigeante, mais bel et bien pour nourrir ses sujets. Discord fait ça pour s’amuser ou, comme dans Brasier Année Zero, pour provoquer assez de chaos pour remonter le temps. Le méchant qui échoue, c’est celui qui n’a pas d’objectif, comme Sombra. Ses motivations sont souvent provoquées par un évènement de son passé.
Ce qui nous amène à notre point six, l’histoire.
Un méchant a une histoire, généralement triste, pour expliquer le pourquoi du comment il devient méchant.

Un jour j’ai mangé des chocapics, puis je suis devenu méchant.

Vous l’aurez compris, un méchant ne se réveille pas un jour en se disant “Oh, tiens, je vais détruire le monde et devenir un enfoiré de première, ouais, ça peux être bien.” Vote méchant a des motivations, et même si elles ne sont pas toujours claires, elles existent.

Le point sept: la supériorité.
Un méchant est supérieur au gentil, du moins au début. Le premier affrontement avec votre méchant doit montrer à quel point il est puissant et fourbe. De plus, il doit être intelligent et avoir un plan pour se protéger ou atteindre son objectif, et il est infaillible. Le seul truc possible est le grain de sable, le protagoniste, qui vient faire son travail et avoir des réactions totalement illogiques ou faire des choses absolument pas prévues. De plus, le méchant ne meurt pas. Si si, un bon méchant, même si il meurt, il sait se sauvegarder et survivre. De plus, il doit surgir là où on ne l’attends pas. D'ailleurs, généralement, le lecteur sait qui est le méchant et il attends avec impatience que le gentille s’en rende compte.
Le point huit et le point final: l’originalité.
Des méchants, il en existe pleins et de tout les types. Le seigneur noire, le savant fou, le politicien, etc. Il y en a à toute les sauces, et on doit toujours plus ou moins rentrer dans un type. Ce qui fait qu’un méchant marche, c’est qu’il a un truc en plus.
 

Il serait pas asthmatique, il serait un seigneur noir comme les autres
 
Le mot de la fin.
Un bon méchant, il est apprécié autant qu’il est haïs, et un il peut parfois rattraper un héros un peux lourd ou mal fait. Le vrais méchant, le bon méchant, c’est quand le lecteur peux, comme le héros, s’identifier à lui.

Supernova 11 996

Structure & Personnage

Comme vous devez le savoir, le week-end dernier c’était les Bronydays à Nantes. J’y étais, j’en suis ressorti avec beaucoup trop de porte-clés, des courbatures (à cause du yoga), mais ce qui m’a plu par-dessus tout c’était de rencontrer quelques-uns d’entre vous en personne.
Ce que vous savez peut-être aussi, c’est que si j’étais aux BD c’est parce qu’on m’avait invité à y participer dans le cadre d’un panel sur la fanfiction, aux côtés de Plénitude et Toropicana. À la base, cet article était censé être une “version texte” de ce panel, mais j’ai décide de faire un peu autrement.
La raison à ça, c’est qu’en voulant rédiger un article basé sur notre plan, je me suis rendu compte que ce plan donnait quelque chose de vachement chaotique. Pour le panel, ça n’était pas un problème, puisque l’objectif était plus de discuter autour d’un thème que de présenter un petit exposé bien scolaire. Trois auteurs différents parlent trois langues différentes en écriture…
Bref, à la place j’ai décidé de prendre un seul des points qu’on a décidé d’aborder, celui qui me tient le plus à cœur, et de lui dédier l’article en entier. Le thème du panel était “le personnage” ; notre objectif est de décrire ce qui fait – selon nous – qu’un personnage est bon ou mauvais, de donner peut-être quelques idées pour la caractérisation (la création de personnages), ou encore quelques outils d’analyse pour ceux qui voudraient mieux comprendre ce qu’ils lisent. Dans cet article, je vais aborder ce thème sous l’angle de la structure de l’histoire, concept aussi fondamental que peu débattu, et auquel je me suis pas mal intéressé dernièrement.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je souhaite préciser qu’aucune fic ne sera spoilée dans tout l’article. Cependant, je serai amené à évoquer des points de scénario ; je ferai simplement en sorte de ne rien révéler qui puisse gâcher le plaisir de la première lecture. Je me permettrai d’enfreindre la règle pour My Little Dashie seulement, que j’estime suffisamment connue.
I) Le Schéma dramatique
La veille de la convention, je discutais avec Plénitude, qui m’a dit à un moment quelque chose comme “raconter une histoire, c’est naturel”.
Je n’en suis pas convaincu. Quand j’ai voulu me mettre à écrire des fictions, j’ai au contraire eu l’impression de me lancer dans l’exercice le plus bizarre qui soit. Je ne savais pas comment écrire quelque chose qui “se lit”. Je n’avais aucune idée de la marche à suivre. Résultat, je n’étais jamais content du résultat.
Ma frustration ne s’est pas apaisée de sitôt, car on parle très peu de structure par ici. Tous les auteurs veulent savoir comment faire de jolies phrases, comment décrire, comment écrire des dialogues, comment écrire l’horreur, la romance, la comédie… mais rares sont ceux qui posent les questions fondamentales, comme par exemple, “comment créer une bonne histoire ?”
J’ai au moins deux explications à ça. La première, ce serait que les auteurs ont peur des règles – pour ma part, je les adore. La seconde, ce serait que les auteurs ne soupçonnent même pas l’existence de ces règles, comme c’était mon cas il n’y a pas si longtemps. Il m’a fallu découvrir par hasard le travail de quelques célèbres consultants du scénario pour trouver des réponses aux questions exactes qui m’empêchaient d’avancer.
À ceux qui auraient peur des règles, j’aimerais juste dire qu’il est heureusement toujours possible de les briser. Ça se produit même couramment, sinon raconter des histoires ne serait naturel pour personne… Il est cependant toujours mieux de maîtriser les règles avant de chercher à les briser. C’est ce qui fait la différence entre un auteur chanceux et un auteur de talent.
Ce que j’ai appelé “schéma dramatique” en intitulé est la formule suivante, celle qu’est censée respecter toute forme d’histoire :
“Un personnage part à la poursuite d’un objectif, ce qui génère du conflit dans sa vie.”
Je vous demande de me faire confiance sur ce coup. C’est grosso-modo la formule que n’importe quel théoricien vous sortira, au choix des mots près.
Objectif
L’objectif est l’élément de structure qui guide le personnage dans une direction particulière. Il donne sa raison d’être à l’histoire, sans lui on obtiendrait ce que j’appelle une situation : les personnages évoluent dans un ou plusieurs lieux donnés, il peut se produire des événements, mais tout sentiment de progression est absent. Remarquez qu’il n’est pas interdit d’écrire ce genre de chose ; Les Tréfonds de l’infâmie le fait, mais l’auteur a l’honnêteté d’admettre que son histoire n’en est pas vraiment une.
Beaucoup préfèrent le mot “désir” pour décrire cet élément. Je pense moi aussi qu’il est meilleur, pour une raison très simple : le personnage doit vouloir atteindre son objectif. En d’autres termes, il lui faut une motivation. Un personnage qui met de la mauvaise volonté dans son histoire ne donne pas envie de s’intéresser à lui ; j’ai déjà vu quelques fictions échouer à cause de ça, et c’est notamment pour cette raison que je méfie des histoires qui s’intéressent à des personnages dépressifs… Dans My Little Dashie, le protagoniste décide de s’occuper de Rainbow parce qu’elle lui rappelle les peintures de sa mère défunte (l’auteur a le bon goût de ne pas en rester à “parce que c’est son poney préféré”). La motivation peut n’être absolument pas liée à l’histoire, elle peut même être cachée et faire l’objet d’une révélation. Gardez cependant à l’esprit que cacher des choses sur votre protagoniste met un peu de distance entre lui et vos lecteurs.
Un autre mot que j’aime bien est “quête”. L’information intéressante que celui-là apporte est que le protagoniste doit être actif. Autrement dit, c’est à lui de prendre la série d’actions nécessaires à la poursuite de son objectif. Quand un problème est résolu par un autre personnage, ou par coïncidence, le lecteur apprécie moyennement cette solution de facilité de la part de l’auteur. Lorsque c’est particulièrement criminel, lors du dénouement par exemple, on appelle ça un “Deus Ex Machina”. L’activité peut être très discrète ; dans Background Pony, Lyra est victime d’une malédiction qui condamne tous les poneys qu’elle rencontre à oublier son existence après quelques minutes. Son problème semble quasiment insoluble ; pourtant, Lyra fait des recherches, se rend chez Twilight pour lui parler, conçoit des contre-sorts de plus en plus puissants, explore des pans de sa réalité de plus en plus secrets… Bref, on ne s’ennuie pas. Je reproche quand même à cette fic de faire plus long et lent que nécessaire (le récit entier fait 430.000 mots), personnellement j’ai beaucoup de mal à accrocher pour de vrai.
Précision importante : l’objectif est le plus souvent unique. On parle alors d’unité d’action. Cette règle semble moins vraie en littérature qu’au théâtre ou au cinéma par exemple, mais quand une œuvre se permet de violer l’unité d’action c’est parce qu’elle est très longue en général. À l’échelle d’un personnage et sur une durée assez courte, difficile de se permettre plusieurs quêtes différentes.
Cependant ! pour peu que l’histoire soit assez complexe, l’objectif se divise toujours en sous-objectifs. Eux-mêmes se divisent en sous-sous-objectifs, et ainsi de suite. Les théoriciens ont inventé des mots comme “acte”, “scène” ou encore “arc” pour distinguer les étapes, mais je vais m’en passer. Gardez simplement à l’esprit que ce qui est vrai à l’échelle de l’histoire entière, l’est aussi à l’échelle d’une seule scène par exemple. Autrement dit, chaque partie de l’histoire est une histoire en elle-même.
Conflit
Le conflit est une notion également essentielle, mais aussi plus abstraite. Il m’est plus facile d’en parler en passant par l’élément qui la lie à l’objectif : l’obstacle.
L’obstacle est ce qui se met en travers du chemin du protagoniste dans sa quête. Une grande partie du travail de structure consiste à choisir quels obstacles placer sur la route du protagoniste (la deuxième consiste à décider comment il les surmontera, mais j’y reviendrai.) Il existe toutes sortes d’obstacles, qu’on sépare parfois en externes et internes. Je ne vais pas essayer d’en dresser la liste, il y en a des tonnes, et je pense que tout le monde est capable de reconnaître un obstacle lorsqu’il en voit un, mais il y en a deux types que je pense intéressants par rapport au personnage.
Le premier est l’antagoniste. L’intérêt de l’antagoniste est évident : c’est un personnage ! L’antagoniste a son propre objectif (qui l’amène à s’opposer au protagoniste), ses propres motivations, ses propres obstacles. Bien sûr, il est tout à fait possible de confiner l’antagoniste au rôle du “méchant”, si on ne s’intéresse pas à ses obstacles, mais les histoires qui développent leurs antagonistes marquent les esprits. L’antagoniste n’a absolument pas besoin d’être antipathique ; dans une romance, les deux personnages flirtant ensemble sont typiquement protagoniste et antagoniste l’un de l’autre. En fait, tout personnage, pour peu qu’il s’oppose d’une façon ou d’une autre au protagoniste, devient antagoniste.
L’autre type d’obstacle est la faiblesse. La faiblesse limite le personnage dans ses moyens, elle est donc nécessaire à l’efficacité des obstacles externes. Une autre façon de le voir est : la faiblesse génère de nouveaux obstacles. Des actions aussi banales que parler et sortir ne sont pas des obstacles en soi, mais pour un personnage timide comme Fluttershy, ils deviennent de vrais cauchemars. On dit souvent qu’un personnage doit posséder des faiblesses. C’est vrai, mais ce n’est pas une question d’équilibre comme on a tendance à le croire ; l’important est que la faiblesse freine la quête.
Étant donné ces notions, on peut définir le conflit comme le produit du choc entre le personnage se dirigeant vers son objectif et un obstacle quelconque.
Conflit = Objectif + Obstacle
Voilà comment on crée du conflit. Pour peu que l’objectif soit bien défini et l’obstacle lié à ce dernier, on confond volontiers conflit et obstacle. Avant de passer à la suite, je vais me contenter d’insister sur l’importance du conflit.
Premièrement, le conflit est ce qui maintient l’intérêt du lecteur. Sans lui, l’histoire est ennuyeuse, c’est aussi simple que ça. Beaucoup d’histoires échouent à cette étape, car leurs auteurs ne réalisent pas qu’il faut exploiter les conflits, au maximum. Certains, par facilité, préfèrent même désamorcer leurs conflits ! À moins d’avoir de bonnes raisons (“maîtriser les règles”), c’est bien sûr à éviter.
Deuxièmement, le conflit permet l’identification et l’attachement aux personnages, par le biais de l’empathie ; il joue donc un rôle dans la création de l’émotion. On pourrait croire que l’identification n’est possible qu’avec des personnages moraux et sympathiques. En vérité, il suffit que le personnage semble assez humain pour que le lecteur puisse s’y reconnaître. Et pour ce faire, rien n’est plus efficace que le montrer souffrir, c’est-à-dire vivre du conflit. Cette technique est même assez efficace pour faire s’attacher le lecteur à des personnages immoraux et antipathiques.
Enfin, le conflit véhicule du sens. Si on admet que l’art a pour fonction de représenter des trucs (je laisse les vrais philosophes compléter…), on réalise que les histoires sont des représentations de la vie humaine. Or, la vie est conflictuelle de bout en bout. Vivre n’est rien de plus qu’une succession de quêtes toutes plus difficiles les unes que les autres : se nourrir, apprendre à marcher, lire, compter, se faire des amis, trouver un travail, se marier, etc. Les histoires sans conflit suggèrent que vivre est une partie de plaisir, ce qui est absurde. Celles-là ne sont donc pas seulement ennuyeuses ; elles sont impossibles à croire.
II) Exemples !
J’ai connu un professeur qui avait décidé de ne faire son cours que pendant 20 minutes. Dans le temps restant, il l’illustrait avec des exemples. Il affirmait que l’attention des élèves ne passait pas le cap des 20 minutes. Un chic type.
En rédigeant cet article une première fois, j’avais du mal à jongler entre théorie et exemples efficacement, donc j’ai décidé de faire comme lui. Dans cette partie, je décortique les structures (globales) de quelques fics, que j’ai essayé de piocher parmi les plus connues, pour illustrer les notions de base définies plus haut.
Je n’ai pas fini de raconter des trucs pour autant, en fait j’aborde seulement la caractérisation dans la partie suivante. Voyez cette partie comme une sorte de pause. À la rigueur, vous pouvez ignorer ces exemples ou les réserver pour plus tard, si vous le souhaitez.
Je rappelle qu’il n’y aura aucun spoil important. Néanmoins, vous serez avantagés si vous avez lu les fics en question !
Anthropology
Dans Anthropology, Lyra est persuadée de l’existence des humains, obsédée par l’idée d’un grand complot, et en quête de réponses. Dans la première partie du récit, on la voit enquêter, glaner des infos ici et là, élaborer des théories… jusqu’à une révélation cruciale, au milieu de l’histoire. L’histoire est alors propulsée dans une direction différente ; plusieurs choses changent, dont les motivations de Lyra et sa façon de résoudre son problème, mais ce qu’il faut garder en tête c’est que la quête reste la même : trouver des réponses.
C’est la bonne façon de relancer une intrigue. Assez ironiquement, la mauvaise façon est illustrée dans la même histoire ! Je ne vais pas entrer dans les détails non plus, mais à un certain stade du récit Lyra n’a plus rien à apprendre. L’auteur, pour donner un nouveau souffle à son histoire, doit alors sortir un obstacle de son chapeau. Le problème est que cet obstacle paraît complètement à côté de la plaque dans une histoire qui s’annonçait comme un grand mystère à résoudre ; il y a obstacle, mais pas conflit. Mon intérêt pour l’histoire s’est dissipé avant la fin.
My Little Dashie
Quel est l’objectif du protagoniste dans My Little Dashie ? “Prendre soin de Rainbow Dash”. Je pense que cette simple donnée explique en bonne partie l’efficacité du récit.
La raison à ça est la suivante : cette quête est impossible à terminer. Comment imaginer une situation dans laquelle le protagoniste pourrait estimer qu’il a accompli sa mission ? Comment peut-on finir de “prendre soin de Rainbow Dash” ? Puisque c’est impossible, il ne reste qu’une seule solution pour que l’histoire prenne fin : un abandon de l’objectif, de gré ou de force.
Ce choix de structure autorise l’auteur à briser quelques règles. L’impossibilité d’atteindre l’objectif – la fatalité – est un obstacle en soi, que le lecteur perçoit. Il y a un conflit qui plane sur tout le récit, caché, mais n’attendant que d’éclater. D’une façon ou d’une autre, cela permet à l’auteur de se passer de “vrais” conflits pendant une assez grande partie du récit ; tout va bien dans les premières années, il n’empêche qu’on redoute la suite.
En outre, l’objectif justifie le dénouement, et l’empêche de tomber dans le Deus Ex Machina. L’irruption de Célestia et des ponettes chez le protagoniste peut sembler arbitraire, mais elle est loin d’être imprévisible. Le lecteur savait que ce n’était qu’une question de temps avant que quelque chose vienne tout balancer par la fenêtre, il accepte donc cet événement hasardeux.
La scène finale ne fait qu’exploiter au maximum ce qui a été doucement préparé dans le récit tout entier à travers la structure.
Xenophilia
Je suis vraiment, vraiment navré de mettre cet exemple juste après MLD. J’avais pas envie d’en parler en premier, ni en dernier, donc c’était ça ou juste avant de toute façon.
Bon, bref… Xenophilia a été notre punching-ball préféré au panel (et dans les discussions préliminaires). On pourrait l’attaquer de plein de façons différentes, mais en essence, le seul crime de Xenophilia est de ne pas donner d’obstacles à ses personnages.
J’ai failli dire “pas d’objectif”. Oui et non, disons que l’objectif est atteint si facilement qu’on a cette sensation, mais il y a bien un objectif : “former un couple”, pour Rainbow Dash et Lero. Lero est un humain qui s’est retrouvé à Équestria dans des circonstances dont l’histoire se fiche. Au premier chapitre, Rainbow lui déclare sa flamme, dès lors ils sont en couple, et pour toute la suite rien ne vient remettre en question leur relation.
Je suis encore une fois un peu injuste. Il y a quelques obstacles, mais l’auteur, très soucieux de ne pas trop aller contre ses personnages, les désamorce (Lero soutient Rainbow quand elle croit qu’il la rejette), les résout d’avance (les poneys qui s’en prennent au couple sont montrés comme stupides et méchants, leur intervention nous conforte dans l’idée que Lero et Rainbow ont raison de rester ensemble), ou bien les met complètement à côté de la plaque (Lero a peur des cheveux de Célestia).
The Snow on her Cheek
Les trois fics qui vont suivre sont à la fois très similaires et très différentes. Toutes sont des romances. Toutes ont le même duo de protagonistes : Vinyl et Octavia. Toutes sont construites sur l’objectif “former un couple”. Mais toutes ne sont pas à égalité en termes de qualité de conflit.
La première, The Snow on her Cheek, commet plus ou moins la même erreur que Xenophilia : au début de l’histoire, Vinyl et Octavia se rencontrent, tombent amoureuses, forment un couple… et le restent jusqu’à la fin.
Là où l’analyse se complique, c’est que les personnages sont bombardés d’obstacles pendant tout le récit. Il y a : la corruption, le crime, l’intolérance, la guerre… Hélas, pour que tous ces obstacles soient efficaces (qu’ils créent du conflit), il manque une chose essentielle : un lien avec l’objectif. Les personnages souffrent, mais curieusement leur relation pas du tout. Et les obstacles qui menacent bel et bien la relation sont désamorcés ; je pense par exemple à la famille d’Octavia, hostile à l’homosexualité, qui change subitement de position pour la simple raison que “c’est la famille”.
Allegrezza
Allegrezza s’en sort d’abord mieux puis trébuche. L’histoire est en deux parties. Dans la première, Vinyl et Octavia se rencontrent, et se détestent. Elles se mettent néanmoins à passer du temps ensemble. L’auteur exploite le conflit entre ses deux personnages pour créer de la comédie, ce qui pallie à la lenteur de l’intrigue. Peu importe qu’il ne se passe pas grand-chose pendant presque dix chapitres, tant qu’on se marre.
L’histoire prend une nouvelle direction quand les deux personnages réalisent enfin leurs sentiments, et décident de rester ensemble. À ce stade, l’auteur a besoin de trouver du conflit ailleurs, puisqu’il n’y a plus d’ambiguïté dans la relation. Il se trouve qu’il a à sa disposition un obstacle tout désigné pour relancer l’intrigue, déjà connu du lecteur car préparé dans la première partie, mais… l’auteur préfère désamorcer ce conflit-là. À partir de ce point, les seuls conflits sont très locaux et exploités à travers la comédie. Résultat : on commence à s’ennuyer avant la fin.
University Days
University Days est l’exemple à suivre en termes de structure. Vinyl et Octavia sont deux étudiantes que tout sépare ; il leur faut du temps pour accepter leurs sentiments, entrer dans une relation… et une fois cela fait, la relation est menacée par la mère tyrannique d’Octavia. L’auteur a eu l’intelligence de garder cet obstacle dans sa manche pour le brandir à la toute fin, ce qui lui permet de conclure en beauté avec un final digne de ce nom. J’ai été bien plus marqué par University Days que les deux histoires précédentes, bien qu’elle ne soit ni la plus originale, ni la mieux écrite des trois.
Quand on examine l’ensemble des exemples, on se rend compte que l’erreur la plus courante des auteurs est de faciliter la vie de ses personnages – ce que j’ai appelé “désamorcer le conflit” à plusieurs reprises. On a vu que le conflit est essentiel aux histoires ; quand un auteur n’exploite pas les conflits, le lecteur le perçoit comme une manipulation de sa part, une facilité. Le résultat paraît faux et artificiel.
III) L’Activité est au centre de la caractérisation
J’ai été très, très, très théorique jusque-là. Certains se demandent peut-être en quoi ces notions peuvent leur servir à créer de bons personnages. La réponse tient en un mot : activité.
Comment s’y prend la série pour nous expliquer rapidement et efficacement que Twilight n’est pas sociale ? Le temps d’une scène d’à peine dix secondes, elle lui donne un objectif (étudier), un conflit (trois de ses amies veulent la traîner à l’anniversaire de Moondancer), et la fait prendre une action qui démontre sa personnalité : “Désolée les filles, j’ai du travail”, puis de prendre la fuite au galop. La fonction de cette petite scène est rendue claire par le commentaire de Twinkle Shine : “Je pense qu’elle préfère les livres aux amies”. Mais on s’en serait très bien passé en vérité.
Le grand principe de la caractérisation, qui indique au passage quel est le piège dans lequel tombent beaucoup d’auteurs débutants, peut se résumer en une phrase, que j’ai odieusement volée à Plénitude et modifiée pour cacher les preuves :
La valeur d’un personnage ne se mesure pas à qui il est, mais à ce qu’il fait.
Inspirant, non ? La raison pour laquelle il est important d’assimiler ce principe, c’est que la majorité des auteurs pensent la caractérisation comme une accumulation de traits qui définissent le personnage.
C’est peut-être l’influence des jeux de rôle, c’est peut-être la popularité des fanarts dans notre cas. Or, on ne peut pas réduire le personnage à une liste de traits de personnalité figés, ni à une apparence originale – ce dernier élément est superficiel en fiction, l’écriture n’est pas un art visuel. Toutes ces choses sont utiles, certes, mais pas essentielles en fiction, où les personnages sont définis en action.
En fait, on pourrait résumer la caractérisation en trois questions. Je ne veux pas avoir l’air d’offrir une méthode magique de création, en fait je vous conseille de ne pas la suivre. Au lieu de ça, inspirez-en-vous. Je construis mes méthodes en piochant des bouts d’autres méthodes, mais aussi en en rejetant d’autres. Si vous ne voulez pas de méthode, contentez-vous d’assimiler la théorie, on peut très bien s’en sortir comme ça. Bref, voici les trois questions.
1) Que veut mon personnage ?
Il s’agit de définir l’objectif du personnage. La réponse peut être très simple. Mais se la poser est aussi l’occasion de penser déjà son personnage en profondeur. Mon personnage a-t-il des désirs cachés ? contradictoires ? A-t-il une motivation ? A-t-il des rêves ? De quoi a-t-il peur ?
2) Quels obstacles rencontre-t-il ?
La question est plutôt explicite, mais gardez en tête que les obstacles doivent gêner le personnage dans sa quête pour être pertinentes et créer du conflit. Là aussi, il y a moyen de fouiller le personnage : a-t-il des faiblesses ? un ou plusieurs antagonistes ? Envisagez peut-être de développer ces antagonistes à leur tour.
3) Comment les surmonte-t-il ?
C’est là qu’a lieu le gros de la caractérisation. Deux personnages différents résolvent le même problème de deux façons différentes ; si les actions du vôtre sont trop génériques, c’est qu’il est lui-même générique.
Si la question 1 est assez facile à fixer au début de la conception, tout le reste du travail de structuration consiste à alterner entre les questions 2 et 3. Pour donner une vision assez simpliste, ce qu’on appelle l’événement déclencheur est souvent le premier obstacle (2) ; pour le résoudre, le personnage est amené à prendre une première action (3), qui va déclencher un nouvel obstacle (2), et ainsi de suite. L’absence de lien entre obstacle et action est une solution de facilité ; le lecteur peut la tolérer, mais sa patience a des limites.
En conclusion, si vous parvenez à répondre aux trois questions de façon logique et originale, vous n’aurez pas seulement un bon personnage, vous aurez une histoire qui le met en valeur. (Ou l’inverse, un personnage qui met l’histoire en valeur, c’est mutuel !)
IV) Le Cas du self-insert
Pour l’anectode, j’ai commencé à m’intéresser à la structure à cause d’un film : Adaptation, sorti en 2002. Adaptation est l’histoire de Charlie Kaufman, un scénariste qui a perdu toute estime de lui-même et qui se voit confier la tâche d’adapter un roman en film. Le scénario est de… Charlie Kaufman.
Pourquoi consacrer toute une partie au self-insert ? Parce que le self-insert propose d’utiliser un personnage pré-conçu – l’auteur lui-même –, ce qui amène une question menaçant de réfuter en bloc tout ce que j’ai pu raconter au cours de cet article. À savoir : peut-on se passer de caractérisation ?
Cela dépend de quoi on parle. Qu’on le veuille ou non, les bonnes histoires contiennent du conflit, donc des personnages frustrés de ne pas obtenir ce qu’ils veulent facilement. Mais il ne s’agit pas là de caractérisation, il s’agit de structure. La question est de savoir si on peut utiliser des personnages “tout faits” pour raconter de bonnes histoires.
Il se trouve que la réponse est oui. C’est ce que fait la fanfiction à la base, puisqu’elle utilise les personnages canons pour raconter de nouvelles histoires. Où est donc le problème avec le self-insert ?
Une première chose importante à souligner, c’est que le lecteur connaît déjà les personnages canons, à la différence des self-insert. On peut en déduire que les auteurs de self-insert ont bel et bien un travail supplémentaire à fournir : communiquer au lecteur les informations sur son personnage, de préférence avec l’activité.
NB : On n’est pas dispensé de faire ce travail pour les personnages canons également. Si je n’ai pas l’impression d’avoir affaire aux personnages que je connais, je pourrai me plaindre, et j’aurai raison. Je ne fais que souligner le fait que les exigences sont différentes dans les deux cas.
Ma conclusion est donc la suivante : le self-insert n’est pas interdit, mais il ne doit pas être une excuse pour ne pas travailler son personnage.
J’ai même tendance à penser que le self-insert, s’il doit être bien fait, est plus difficile à réaliser, car il suppose que l’auteur se connaît bien lui-même. Et il est facile de croire qu’on se connaît bien soi-même !
Au-delà de ça, en aucun cas le self-insert ne doit vous dispenser de mettre du conflit dans la vie de votre personnage. Dans Adaptation, Charlie Kaufman n’est pas tendre avec lui-même. Il est lâche, dépressif, asocial, pervers, il collectionne les névroses, il ne sait pas s’exprimer… Je n’ai pas encore vu en fanfiction d’auteur de self-insert prêt à se montrer aussi faible. C’est même la tendance contraire qu’on observe : il faut que le lecteur aime mon personnage, donc il faut que ce dernier ait des valeurs positives. Or, on sait que l’empathie ne fonctionne pas comme ça.
V) Conclusion
Je n’ai pas peur de me répéter : faire des histoires et des personnages sera toujours naturel pour certains. Ces petits veinards se passeront peut-être très bien d’articles comme celui-là, et c’est tant mieux pour eux.
J’ai essayé d’aborder des notions qui mériteraient peut-être chacune un article tout entier. Comme j’ai conscience que c’est beaucoup à avaler, je vais tenter de résumer l’ensemble en un seul paragraphe.
Toute histoire est l’histoire d’un personnage auquel on a donné un objectif. Dans sa quête, ce personnage est amené à vivre des conflits, et c’est à travers le conflit que le lecteur s’intéresse et s’identifie au personnage. Pour bien représenter ce personnage, il faut le représenter en action, c’est-à-dire mettre en avant les moyens qu’il déploie pour résoudre ses problèmes.
C’est le schéma dramatique. Heureusement, il en existe une infinité de variations en pratique. À vous de voir quand il est bon de suivre les règles et quand il est possible d’innover. Questionnez ce modèle, cherchez où il s’applique, voyez dans quel mesure on peut le déformer sans se planter, mais quoi qu’il arrive posez-vous des questions, c’est le meilleur moyen de ne pas dire des bêtises.

System 14 952

Faisons le point sur la ponctuation

Faisons le point sur la ponctuation.
(Et autres spécificités typographiques.)
Aujourd’hui, nous allons essayer d’approfondir une composante que j’ai toujours qualifiée de centrale en écriture et en traduction : la ponctuation. J’ai longtemps réfléchi à un article sur le sujet et à la portée qu’il pourrait avoir ; devais-je écrire de manière didactique et illustrée ? devais-je faire un récapitulatif technique aux mille et une subtilités ?
Faute de réponse pertinente ou satisfaisante, j’ai décidé de faire un mélange des deux en alliant pragmatisme et exactitude. Bien que la ponctuation soit globalement normée et simplifiée au mieux pour un usage à la fois facile d’accès (pour encourager l’usage d’un code unique) et précis (pour permettre à chacun d’exprimer sans limites les émotions ou les intonations qu’il souhaite retranscrire), il est avéré que l’évolution permanente de la langue et de ses utilisateurs rend l’expression de tendances nouvelles compliquée ; la faute à des normes qui tendent à rester figées dans le temps.
C’est pourquoi il ne faut pas prendre mes explications ou mes énoncés comme des commandements indéniables et sans équivoque ; tout ce que je dis se basera sur des avis personnels issus d’une expérience de passionné. Je traiterai donc de ce qui doit être fait selon moi et selon les ouvrages de référence (ou les deux), mais aussi de ce qui doit être évité. Lorsque cela sera nécessaire, j’aborderai les pratiques que l’on croise régulièrement dans des textes débutants comme professionnels, et que vous devriez faire en sorte de tenir à l’écart de vos textes ; je n’oublierai bien sûr pas de parler des habitudes typographiques de nos chers amis anglophones afin de fournir un comparatif net et concis à destination de tous.
Étant donné que je ne suis pas le premier à avoir eu l’idée d’un tel article et que je ne suis pas non plus la personne la plus éclairée concernant tout ce qui entre dans la définition de « ponctuation », je me référerai souvent à des sources externes et je renverrai, le cas échéant, à des articles déjà présents sur le site.
Je vous conseille, si vous avez oublié votre popcorn et de fermer la porte à clef, d’utiliser la fonction de recherche de votre navigateur (par défaut Ctrl + F) afin d’aller à l’essentiel si seule une partie du contenu vous intéresse. Pour les plus curieux d’entre vous, Word estime que l’article contient environ 10 000 mots et 60 000 caractères pour un total de 32 heures d’édition.

1 – LE POINT, LA VIRGULE, ET LE POINT-VIRGULE
       – Le point
       – La virgule
       – Le point-virgule
2 – LE POINT D’INTERROGATION, LE POINT D’EXCLAMATION, ET HYBRIDES DIVERS
       – Le point d’interrogation
       – Le point d’exclamation
       – Hybrides divers
3 – LE TRAIT D’UNION ET LES TIRETS
       – Le trait d’union
       – Le tiret demi-cadratin
       – Le tiret cadratin
4 – LE DEUX-POINTS ET LES POINTS DE SUSPENSION
       – Le deux-points
       – Les points de suspension
5 – LES PARENTHÈSES ET LES GUILLEMETS
       – Les parenthèses
       – Les guillemets
6 – LES ESPACES
       – Les types d’espaces
       – Les règles
7 – AUTRES PRATIQUES ET « NÉOLOGISMES »

Tout d’abord, il serait utile de définir la ponctuation. D’après le Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, ce serait « l’art de ponctuer ». C’est donc du côté du verbe « ponctuer » que nous allons obtenir une définition digne de ce nom : « Mettre des points, des virgules et d'autres signes de ponctuation dans un discours écrit, pour distinguer les phrases et les différents membres dont elles sont composées. »
Édifiant. La ponctuation ne servirait donc qu’un aspect fonctionnel et n’aurait, en soit, aucun pouvoir sur le lecteur et la dynamique d’un récit. Pourtant, lorsque je vois un point d’exclamation, j’y vois plus qu’un simple point agrémenté d’une barre séparant deux idées ; j’y interprète de la colère, de la surprise, de l’étonnement… de l’exclamation.
La ponctuation apporte une réelle dimension à votre écrit, elle dynamise votre texte, sert le suspens ou la trame et peut faire tourner votre lecteur en bourrique ou le tenir en haleine lorsqu’elle est appliquée d’une main de maître. Plus qu’une composante graphique, c’est un véritable vecteur d’émotions et d’intonations qu’aucun autre caractère ne saurait divulguer. C’est pour cette raison que vous devez comprendre comment fonctionnent les virgules, comment gérer vos majuscules ou vos points, quels qu’ils soient. Bien sûr, un point normal reste un signe neutre et un guillemet ne sert qu’un aspect pratique, mais il faut que vous arriviez à utiliser la ponctuation avec précision afin d’apporter une cohésion à votre texte qui saura ravir les plus exigeants et captiver les plus oisifs.
Mal employée, la ponctuation irritera dans un premier temps avant de finalement rebuter si elle ne suit pas au moins un modèle fixe ; pire, elle pourrait même véhiculer une idée différente, voire opposée à celle voulue. C’est pourquoi, sans ressentir le besoin de devenir un virtuose de la ponctuation, vous devez au moins en maîtriser les bases et apprendre à établir un code auquel vous vous tiendrez.
Pour le petit complément, la typographie au sens propre tient de l’art d’agencer des textes à l’aide de caractères en imprimerie, ce n’est pas une entité ou une discipline dont dépend la ponctuation ; ainsi, lorsque l’on vous parle de typographie, c’est comme si l’on vous parlait de grammaire en lieu et place de « fautes » ou de « règles ». De simples abus de langages et raccourcis dus aux spécialistes mêmes de ces domaines lorsqu’ils s’expriment dans leur jargon – n’y voyez rien de plus qu’un terme technique.
Bon, c’est pas que je commence à vous perdre, mais c’est que c’est pratiquement le cas. Il est grand temps que nous rentrions dans le vif du sujet.

LE POINT, LA VIRGULE, ET LE POINT-VIRGULE

LE POINT (.)



Commençons par le plus banal et à la fois le plus complexe des signes de ponctuation : le point. Nous le connaissons tous depuis l’enfance (combien de fois nous a-t-on répété : « Une phrase commence par une majuscule et finit par un point ») ; il exprime la neutralité et ne saurait par conséquent être plus difficile à expliquer. Sous son apparence classique et malgré sa fonction basique – achever une ou séparer deux phrases –, il peut être, dans un récit, le « signe » avant-coureur d’une colère encore dissimulée, le témoin d’une personne brisée réduite à l’apathie la plus totale ou bien simplement ponctuer la plus anodine des phrases dans une carte postale ou une recette de cassoulet.
Cependant, faut-il encore savoir le placer. Avec ses deux comparses « la virgule » et « le point-virgule », il forme un trio de choc quasi inséparable qui devient vite un casse-tête même pour les écrivains les plus chevronnés. Il faut savoir à quel moment ponctuer vos phrases d’une séparation, et laquelle utiliser.
Il n’y a pas tellement de façons de faire qui soient correctes. Vous devez décider de la longueur de votre phrase et la ponctuer en adéquation. Ainsi, vous pouvez décider de formuler une phrase longue en énumérant une suite de faits, de descriptions, etc., afin de donner un rythme effréné qui essoufflera artificiellement votre lecteur, ou bien vous pouvez décider d’écrire les mêmes idées et les mêmes mots dans un cadre plus lent et insistant à l’aide de diverses phrases courtes.
Un point sert à séparer deux idées différentes. Vous voulez décrire un sac rouge alors que vous parliez de la jument assise en face de votre protagoniste ? Difficile de mêler ces deux idées sans embrouiller le lecteur, surtout si le sac est à l’autre bout de la pièce ou qu’aucune transition justifiée n’est apportée (le sac tombe, la jument regarde le sac, etc.) C’est pourquoi, dans un cadre normal, vous devez vous contenter de mettre un point à chaque fois que vous changez d’idée, de lieu, etc. C’est un repère qui sert grosso modo à dire à votre lecteur : « Attention, on change d’idée. » Ainsi, si vous décidez de décomposer votre phrase à rallonge en une série de petites phrases, le lecteur prendra le temps de s’attarder sur chaque élément mis en exergue et vous marquerez inconsciemment son esprit.
Il reste à noter qu’une suite de phrases « sujet-verbe-complément » tendra à agacer votre lecteur de par le manque de prise de risques et de par le manque d’éléments pertinents ou de variations rythmiques apportés à votre histoire. De même, une phrase longue d’un paragraphe aura pour effet de forcer le lecteur à la survoler ou, dans le meilleur des cas, à devoir la relire plusieurs fois pour en comprendre le sens et traiter toutes les informations données. Il faut donc que vous arriviez vous-mêmes à trouver les longueurs de phrase qui correspondent à ce que vous avez besoin d’exprimer, mais aussi au rythme et à tout autre facteur présent à l’instant que votre phrase décrit. En résumé, une phrase courte peut être pertinente, tout autant qu’une phrase à rallonge, mais il faut vous assurer qu’elle est en adéquation avec l’idée que vous aviez et le ton du moment.
Pour marquer une abréviation, on utilise également un point. Celui-ci doit être placé après le mot abrévié s’il ne finit pas par la dernière lettre du mot d’origine. Exemple :

(1) : « quelque chose » donne « qqc. »
(2) : « quelqu’un » donne « qqn »

Au sujet des sigles et acronymes, la grande majorité ne doit comporter aucun point (MLP, etc.), mais il se peut que certains – notamment les titres honorifiques – en prennent ; dans le doute référez-vous à un site ou à un ouvrage de confiance.
Il faut également retenir que, à moins de faire office de point final, le point d’abréviation n’appelle pas la majuscule. Pour ce qui est de la ponctuation, le point et les points de suspension doivent être confondus avec le point d’abréviation (« .. » et « …. » n’existent pas) ; quant aux autres signes, ils doivent être placés comme s’ils suivaient un mot ordinaire. Par exemple, « etc. » peut sans problème être suivi d’une virgule.

LA VIRGULE (,)

Lorsque le point ne suffit plus, la virgule intervient. Vous avez besoin de séparer des idées ou d’isoler une remarque mais cela ne vaut pas une phrase complète ? Alors les virgules sont vos amies si vous savez les employer avec finesse.
Souvent, pour ne pas dire toujours, je vois les écrivains placer leurs virgules aléatoirement autour de leurs conjonctions de coordination (mais, où, est, donc, or, ni, car). Mais, à l’origine, la virgule a été introduite afin d’indiquer où faire des pauses lors de l’énonciation d’un texte écrit, il faut donc savoir la placer correctement afin d’éviter des pauses d’apparence impromptue ; si cela peut vous guider, essayez de lire votre texte à haute voix et de repérer les virgules qui vous semblent douteuses : c’est un début d’autocorrection tant que les automatismes ne sont pas acquis.
Allons-y pas à pas. Prenez la première phrase du premier paragraphe de cette section : une seule virgule est présente et elle ne sert qu’à séparer l’idée liée au point et l’idée liée à la virgule ; essayez de lire sans faire la pause impliquée par cette dernière, vous trouverez peut-être que cela sonne faux. Jusque-là, rien de compliqué, c’est une phrase banale qui illustre ce que je viens d’expliquer.
Maintenant, reprenez la première phrase du deuxième paragraphe et essayez de la lire en omettant ce qui se trouve entre les deux premières virgules. Est-ce que cela sonne juste ? Oui. Est-ce que la phrase aurait un sens sans cette « parenthèse » ? Oui. Voilà les questions que vous devez vous poser lorsque vous utilisez plusieurs virgules.

(1) : Phrase typique : « La jument n’était pas très douée, mais dans son malheur, elle restait heureuse. »
(2) : Phrase correcte : « La jument n’était pas très douée mais, dans son malheur, elle restait heureuse. »
(3) : Phrase également acceptée suivant le degré de séparation des éléments que vous voulez donner : « La jument n’était pas très douée, mais, dans son malheur, elle restait heureuse. »

La phrase (1) devrait maintenant vous sembler erronée si vous avez bien suivi le petit exercice que je vous ai donné juste avant.
La phrase (2) est la plus vraisemblable en l’absence d’un besoin plus poussé de séparation ou d’insistance.
La phrase (3) est bien moins commune et demande plus de réflexion avant d’être mise en œuvre ; vous devez y voir une « virgule dans une virgule ». Ainsi, pour la décomposer de la manière que je vous ai donnée, vous devez la lire non pas comme un mille-feuille mais comme si la première virgule devait être conservée : « La jument n’était pas très douée, mais elle restait heureuse. » La séparation des deux idées est avérée et sonne un peu comme : elle n’est pas très douée, c’est certain, mais bon, au moins elle garde le sourire. Tandis que la phrase (2) ne cache rien d’implicite et ne veut rien dire de plus que ce que les mots peuvent exprimer.
Admirez la toute-puissance de la ponctuation ! Le simple ajout d’une troisième virgule judicieusement placée procure à votre phrase tout un tas de termes et d’idées que seul le lecteur interprète ; avouez, c’est plus subtil que de l’écrire directement avec des mots, vous laissez place à l’imagination de votre lecteur et seul un esprit plongé dans votre récit saisira toute la profondeur de votre texte.
Il est important de retenir qu’une virgule ne doit pas se situer entre un sujet et un verbe, un verbe et un complètement d’objet direct ou bien entre un nom et un adjectif. Ce ne sont pas les seuls exemples, mais, à moins de lister plusieurs sujets se rapportant à un même verbe, plusieurs adjectifs se rapportant à un même nom, ou d’ajouter une proposition, vous ne trouverez jamais de virgule directement apposée entre ce genre d’éléments indissociables. Le sujet est lié à son verbe, tout comme le nom est lié à son adjectif ; les seules virgules tolérées doivent introduire un élément.
Enfin, la virgule peut aussi tenir un rôle d’énumération dans un cadre littéraire. Lorsqu’il s’agit d’une liste à tirets ou à caractère scientifique, on préférera employer les points-virgules. Dans le premier cas : car une liste à tirets ne contient qu’une majuscule au début ; l’ensemble des tirets est considéré comme une seule et unique phrase que l’on divise en plusieurs propositions à l’aide des points-virgules et non comme une liste de phrases indépendantes. Dans le second cas : pour éviter toute confusion avec les virgules utilisées dans les nombres décimaux, par exemple.

LE POINT-VIRGULE (;)

Une fois que vous en arrivez à un tel niveau de compréhension, vous commencez certainement à soupçonner le besoin d’un troisième signe de ponctuation. Tenez, soyons fainéants, pourquoi ne pas le nommer… le point-virgule ? On empile les deux signes ; emballé, c’est pesé !
Le point-virgule peut avoir deux utilités bien distinctes à mes yeux : soit il sert à séparer deux grandes idées, syntaxiquement indépendantes, dans une longue phrase déjà parsemées de virgules destinées à distinguer des « sous-idées », soit il sert à « décomplexifier » une phrase où un trop grand nombre de virgules ou de paliers de virgules se côtoient.
Ainsi, il vous permet de « remettre à zéro » le souffle de votre lecteur et toute la ponctuation que vous avez pu utiliser dans la première partie de votre phrase ; en somme, c’est comme mettre un point, sauf que votre lecteur comprend que les deux idées entretiennent un rapport suffisamment important pour exiger l’intervention d’un signe peu usité et plus nuancé que le point. Une sorte d’entre-deux qui manque malheureusement de popularité, faute de clarté quant aux termes de son utilisation, et qui, pourtant, est d’un intérêt capital si vous tenez à proposer un récit millimétré.
Alternativement, cela peut au contraire vous permettre de rassembler deux idées sommaires dans une seule phrase afin d’éviter de donner trop d’importance à une proposition isolée via l’octroiement du statut de phrase à part entière.
Ainsi, notez la différence entre :

(1) : La jument rose, ainsi humiliée par mes propos, se mit à fixer avec insistance le sac qui se trouvait à mes côtés, lorsqu’un bruit sourd se fit entendre ; le sac venait de chuter.
(2) : La jument rose, ainsi humiliée par mes propos, se mit à fixer avec insistance le sac qui se trouvait à mes côtés, lorsqu’un bruit sourd se fit entendre. Le sac venait de chuter.

Dans l’exemple (1), la chute de l’objet ne se révèle pas être un élément capital et n’est pas soulignée par l’ajout d’une phrase dédiée au sac et à son rôle. On se concentre principalement sur ce que la jument fait et ce qui gravite autour de son action.
Dans l’exemple (2), la chute de l’objet est annoncée seulement après le léger suspens imposé par le point qui conclut la phrase où le sac est introduit. Ainsi, vous accordez deux phrases au sac dont une pour l’introduire sans expliquer son rôle et une pour souligner sa chute, éclipsant donc momentanément les personnages présents. En voilà des manières de choyer un objet !
Il y aurait beaucoup trop de possibilités en ajoutant les points et les virgules à l’équation pour que je vous les illustre toutes avec un exemple, mais je pense avoir réussi à vous faire passer l’essentiel de mon interprétation au sujet des points-virgules.
Retenez également que le point-virgule reste un signe « fort » et qu’il doit donc être employé avec parcimonie. Son rôle étant de distinguer deux propositions suffisamment complexes pour être des phrases à part entière, il faut éviter d’avoir plusieurs fois recours au point-virgule dans une même phrase afin de ne pas perturber le lecteur.

LE POINT D’INTERROGATION, LE POINT D’EXCLAMATION, ET HYBRIDES DIVERS

LE POINT D’INTERROGATION (?)



Nous entrons dans un domaine bien plus pratique d’usage : les points que je qualifie d’intonation. Un point pour marquer la fin d’une phrase, surmonté de ce qui fut autrefois un tilde pour marquer le ton ? Ce n’est autre que le point d’interrogation. Dès lors que vous souhaitez poser une question, qu’elle soit rhétorique ou non, l’usage est clair et unanime : un point d’interrogation ponctue la phrase.
Mais il serait injuste de le faire paraître comme ennuyeux et sans subtilités. En effet, bien que ce signe de ponctuation passe le plus clair de son temps dans les dialogues, il peut apporter un tout autre style de narration s’il interroge directement le lecteur et non un personnage du récit. Utilisez-le avec prudence, au risque d’aller à l’encontre des usages ; un narrateur passif qui s’exprime avec neutralité durant plusieurs chapitres ne peut tout à coup devenir intrusif « parce que la question morale pour faire réfléchir le lecteur en fin d’histoire, c’est cool ». Néanmoins, dans le cadre d’une phrase écrite en discours indirect libre (pensées du personnage rapportées par la narration), les usages en matière de ponctuation sont plus souples.
Bien que le point d’interrogation fasse généralement office de point terminal, il est possible qu’il joue le rôle d’une virgule et ne soit donc pas suivi d’une majuscule systématique. En effet, si votre personnage pose une série de petites questions, ou énumère un groupe d’éléments ou de possibilités, il est tout à fait possible d’exiger la pause moindre d’une virgule au lieu de celle d’un point afin de ne pas gâcher l’effet pressant d’un groupe d’idées rassemblées dans une seule et même proposition.
Observez la différence :

(1) : Qui suis-je ? Où suis-je ? Que fais-je ? Qui êtes-vous ? s’enquit le poney, encore sonné.
(2) : Qui suis-je ? où suis-je ? que fais-je ? qui êtes-vous ? s’enquit le poney, encore sonné.

La phrase (1) donne l’impression que le personnage prend le temps de réfléchir à chaque question avant de toutes les poser et qu’il accorde de l’importance à chacune d’entre elles. Dans la phrase (2), un rythme erratique et presque désordonné est attribué au questionnement du poney, attestant de son état bancal. Ajoutez à cela un verbe de parole correspondant au champ lexical de la peur ou une incise bien calibrée décrivant ses pupilles dilatées et l’effet est garanti.
J’ajoute à cela que les incises commencent toujours par une minuscule ; ainsi, quelle que soit la nature du point qui conclut un dialogue, ce n’est qu’à la fin de la phrase complète (le morceau de dialogue suivi de l’incise) qu’un point à valeur « finale » est attribué et exige de ce fait une majuscule.
À noter qu’il est fortement déconseillé de doubler le signe interrogatif pour marquer l’insistance. J’en profite pour faire une brève parenthèse sur les points d’interrogation et d’exclamation culbutés (¿) et (¡) : ils sont essentiellement croisés dans la culture hispanique et n’existent donc pas en français. Cependant, ayant déjà eu à faire à une citation espagnole, je vous conseille de garder ces points culbutés en début de phrase tout en appliquant les règles d’espacement que j’aborderai un peu plus loin dans cet article.

LE POINT D’EXCLAMATION (!)

Difficile de ne pas être exhaustif en ce qui le concerne. C’est l’histoire d’un « L » minuscule qui tombe amoureux d’un point, et puis ça fait des bébés colériques. Le point d’exclamation peut marquer différentes intonations, c’est pourquoi il faut toujours penser à le suppléer d’un verbe de parole ou d’une incise en rapport avec la nature de l’exclamation de votre personnage lorsqu’il ponctue une réplique. Qu’il soit en colère, surpris, ravi, menaçant ou convaincu, le point d’exclamation saura vous fournir une base suffisante pour alerter votre lecteur et lui dire : « Attention, le ton change ! », mais vous devez vous assurer de le compléter avec justesse afin que le lecteur interprète précisément la réaction que vous imaginiez.
Néanmoins, veillez à ne pas abuser de celui qui fut un temps appelé « point d’admiration » car vous risquez de distraire votre lecteur et, le cas échéant, de l’exaspérer plus que votre personnage ne saurait l’être. N’importe quelle phrase non exclamative ou ne relevant pas de l’interjection pourrait être suivie d’un point d’exclamation dans le simple but de créer de l’emphase, mais il est de votre devoir d’utiliser ce signe avec autant de précaution que ses pairs afin de donner une valeur unique à chacune de ses apparitions.
Au même titre que le point d’interrogation, il est possible de formuler une suite d’interjections ou de propositions exclamatives sans imposer une majuscule à chaque fois. Un temps, la virgule exclamative fut proposée et même brevetée, mais, comme elle n’a pas rencontré son public, il faudra vous contenter du point d’exclamation commun et l’admettre comme une virgule en le faisant suivre d’une minuscule si telle est votre intention. Naturellement, il ne doit pas être doublé pour marquer une gradation dans le type d’émotion exprimé si vous souhaitez suivre les normes admises. Bien qu’il soit possible de le croiser dans une narration intrusive – très intrusive –, je vous conseille de l’éviter autant que faire se peut compte tenu de sa valeur généralement plus forte et explicite que celle d’un point d’interrogation.

HYBRIDES DIVERS

J’ai tout d’abord pensé m’exprimer sur les points d’exclamation et les points d’interrogation culbutés dans une sous-section dédiée, mais, à la suite de recherches approfondies, j’ai découvert qu’il existait des variantes de nos points d’intonation standards ; ce que j’ai pensé digne d’intérêt pour une raison culturelle, mais aussi pour me permettre d’illustrer le manque de signes standardisés permettant d’exprimer certaines tonalités à l’aide de cas concrets. Certains de ces signes ne sont plus, ou n’ont jamais été, et d’autres conservent une existence éparse, au gré des tendances et des besoins à travers la littérature, la presse, ou encore le marketing.
La grande limite de tous les signes présentés ici, c’est la difficulté à les standardiser et à les diffuser de manière à ce que tous les ordinateurs puissent les interpréter ; cela implique que ces signes soient ajoutés aux tables de caractères de tous les ordinateurs du monde pour une diffusion optimale, chose qui paraît totalement invraisemblable même de nos jours.
L’un des signes les plus en vogue mais qui reste assez peu utilisé par le commun des mortels est le point exclarrogatif. « Qu’es aquò ? », me diriez-vous. C’est tout simplement le regroupement du point d’exclamation et du point d’interrogation, afin d’éviter la pratique fautive issue des bandes dessinées qui consiste à mettre les deux signes d’affilée : (?!) ou (!?). Le défaut majeur de ce signe, c’est son incapacité à différencier (?!) de (!?) ; d’après les quelques conventions bancales établies au sujet de cette pratique, le premier (?!) marquerait un réel questionnement tandis que le second (!?) relèverait plus de la question rhétorique. Personnellement, j’encouragerais l’usage du point exclarrogatif s’il était supporté par le site et les appareils moins récents, mais, dans le doute, essayez de ne pas avoir trop recours au point d’interrogation et d’exclamation accolés.
Un autre de ces signes – que j’ai brièvement abordé plus tôt – est la virgule exclamative, mais il existe aussi son homologue interrogatif : la virgule interrogative. Comment se présentent donc ces deux bestiaux ? Rien de plus simple : remplacez le point du point d’interrogation et d’exclamation par une virgule, et voilà vos nouveaux signes. J’ai un moment trouvé que cette invention demeurait futile et ne pouvait que tomber dans l’oubli, mais, en y réfléchissant plus sérieusement, je trouve que ce signe aurait vraiment eu sa place pour éviter les confusions au sujet des majuscules et des minuscules à la suite d’une question ou d’une exclamation. Allons donc lancer une pétition, c’est au goût du jour !
Il existe encore beaucoup d’autres signes liés aux intonations, comme le point d’ironie, ou toute la panoplie de points mise en place par Hervé Bazin dans un de ses livres afin d’apporter une dimension encore plus réaliste aux intonations, mais la majorité de ces signes est vouée à tomber en désuétude. Pour plus de détails, je vous invite notamment à visiter cette page d’où je tiens une partie de mes informations.

LE TRAIT D’UNION ET LES TIRETS

LE TRAIT D’UNION (-)



Je vois qu’il ne reste plus grand monde dans la salle, tiens donc, quel dommage, nous commencions tout juste à nous amuser ! Nous allons à présent parler de tout ce qui touche de près ou de loin aux diverses barres horizontales qui agrémentent nos récits. À commencer par le trait d’union, le plus accessible de toute la catégorie étant donné qu’il a eu droit à une place définitive sur tout bon clavier – rien d’étonnant à ce qu’il se substitue aux tirets d’usage dans la langue française.
Par abus de langage, il est très souvent appelé « tiret », et c’est là que réside tout le problème : c’est un trait d’union. Comme son vrai nom l’indique, son seul et unique but est d’unir visuellement deux éléments, c’est-à-dire former des mots composés lorsque l’on parle écriture. Que ce soit dans des expressions toutes faites (M. Je-Sais-Tout, c’est-à-dire, etc.), des inversions sujet-verbe (plaît-il, veux-je, etc.), lors d’une césure en bout de ligne, ou encore pour réunir un préfixe avec un mot (non-paiement, quasi-certitude, etc.), le trait d’union unit des mots ou des syllabes et c’est le seul usage pour lequel il est homologué.
En dehors de ces utilisations, il est régulièrement aperçu en lieu et place des tirets demi-cadratins, voire des tirets cadratins dans les dialogues. Il est également beaucoup utilisé lors de la composition d’une liste à tirets ou pour symboliser un « et » ou un « ou » en fonction du contexte. Tous ces usages vont à l’encontre de la norme et sont donc à proscrire si vous souhaitez, d’une part, éviter d’éventuelles confusions et, d’autre part, vous éviter les railleries des personnes qui se conforment aux normes admises.
Dans le cas absolu où vous ne souhaiteriez vous embêter d’aucune manière pour utiliser les caractères exacts mais où vous tiendriez à visuellement éviter les confusions, vous pouvez former vos tirets cadratins et demi-cadratins à l’aide de deux ou trois traits d’union comme ceci : « -- » pour le tiret demi-cadratin (–) ou « --- » pour le tiret cadratin (—).
Cela dit, le trait d’union connaît aussi son lot de difficultés, notamment en ce qui concerne les préfixes. En effet, tous les préfixes ne doivent pas être systématiquement rattachés à un mot via un trait d’union et certains préfixes n’admettent le trait d’union qu’à certaines conditions. Pour plus d’informations et une liste complète des préfixes et de leurs règles, cette page saura vous ravir.

LE TIRET DEMI-CADRATIN (–)

Attention, voici la première bête dont vous ne connaissiez peut-être pas le nom, j’ai nommé : le tiret demi-cadratin. (Vous noterez que j’ai choisi de progresser par ordre croissant de taille de tiret, c’est fascinant.) Le tiret demi-cadratin a plusieurs utilités : entre autres, il peut jouer le rôle de « parenthèses » en isolant un mot ou un groupe de mots à l’intérieur même d’une phrase ; cependant, contrairement aux parenthèses, le contenu des tirets aura tendance à être intégré à la syntaxe de la phrase dont il dépend. Les parenthèses sont plutôt admises pour donner une indication, commenter, expliciter ; ce qui peut donc n’avoir aucun rapport direct avec le reste de la phrase et n’aura généralement pas de lien syntaxique avec celle-ci (il est par exemple possible d’écrire une phrase entière entre parenthèses mais pas entre tirets). Voyez les tirets comme le niveau inférieur aux parenthèses, si ce que je viens d’expliquer semble trop flou.
En ce qui concerne les règles qui régissent ces tirets, le tiret ouvrant ne peut être précédé a priori que d’un mot. Quant au tiret fermant, il peut être suivi d’un mot, d’une virgule, ou d’un point-virgule, cependant, il ne peut pas être suivi d’un point et devra donc être omis si vous souhaitez terminer votre phrase après votre proposition entre tirets. À ma connaissance, il doit également être omis lorsqu’il précède les deux points ou tout autre signe de ponctuation.
Une autre de ses fonctions est celle que j’ai abordée un peu plus haut : servir de puce dans une liste à tirets. Observez :

(1) : Liste en énumération classique : Le poney avait réclamé sans condition : la libération des otages, des provisions pour tenir le reste de l’hiver, un arsenal correctement fourni, et l’assistance de douze prisonniers.
(2) : Liste à tirets (ne se trouve jamais en littérature, préférez l’énumération) : Le poney avait réclamé sans condition :

– la libération des otages ;
– des provisions pour tenir le reste de l’hiver ;
– un arsenal correctement fourni ;
– l’assistance de douze prisonniers.
Remarquez que la liste (2) forme une phrase si on la lit d’une traite. La majuscule se trouvant avant les deux points, la liste fait bien partie de cette même phrase et s’achève donc à la dernière occurrence de cette liste – ne pas oublier le point final. Notez aussi que le tiret fait lui-même office de « et », il n’est donc pas utile de le répéter.
Le tiret demi-cadratin a également des fonctions de désambiguïsation dans le cas où l’on voudrait lier des mots déjà eux-mêmes composés. Par exemple, il est admis de parler de « la frontière Mexique – États-Unis » pour éviter toute confusion. Ce cas reste relativement isolé et vous ne devriez avoir aucun mal à le contourner en reformulant votre phrase si jamais vous doutez.
Enfin, les autres fonctions que le tiret demi-cadratin peut avoir sont celles du tiret cadratin (insertion de répliques de dialogue, etc.) ; en effet, avant que les personnes ne se rabattent sur le trait d’union, quelques originaux remplaçaient déjà les tirets cadratins par des demi-cadratins. Cependant, je déconseille cet usage pour des raisons évidentes de clarté et d’homogénéité, mais aussi car il reste très marginal.

LE TIRET CADRATIN (—)

La plus grand bête noire des apprentis écrivains avec les guillemets français, la seconde composante de notre système de dialogue tant boudé : Sa Majesté le tiret cadratin. Et pourtant, dans l’usage répandu, il n’a guère d’autre fonction que celle d’introduire les répliques d’un dialogue. Sa présence signale simplement le changement d’interlocuteur et, par conséquent, de réplique.
Dans certaines traductions, il est gardé à tort comme délimiteur d’incises – incises que nous marquons habituellement, en France, par les tirets demi-cadratins comme dit plus haut. En effet, même si les écrivains anglophones ont la possibilité de délimiter leurs incises et « parenthèses » de la même façon que nous, il est plus courant de croiser des incises marquées par deux tirets cadratins sans espaces, comme ceci : texte—incise—texte.
Pour ce qui est des règles du dialogue, je vous renvoie à la section dédiée aux guillemets qui se trouve un peu plus loin.

LE DEUX-POINTS ET LES POINTS DE SUSPENSION

LE DEUX-POINTS (:)



Le deux-points, ou double point, est un proche parent du point-virgule ; en effet, il a pour but de séparer deux idées ou propositions tout en les conservant dans une même phrase. La coupure instaurée par le double point est souvent plus franche que celle d’un point-virgule car la première partie de la phrase sert généralement d’amorce pour introduire la deuxième partie : une énumération, une conséquence, une affirmation, une explication, une citation, etc. Ainsi, le deux-points a plus un aspect didactique ou pratique que littéraire, mais il peut tout de même servir à introduire un dialogue ou une citation dans la narration. À noter que seul le deux-points peut introduire une réplique directement ; l’usage des virgules ou de tout autre signe étant réservé à l’anglais.
Parfois, le deux-points peut être remplacé par un autre signe tel qu’un point-virgule, une virgule, ou un point, et il peut même être remplacé par un mot, mais il conserve tout de même un aspect unique lorsque la première proposition ne saurait exister sans la présence de la seconde. Le double point ne doit être suivi d’une majuscule que s’il introduit une citation ; dans tous les autres cas, il n’appelle pas la majuscule.
Retenez également que, tout comme le point-virgule, il faut éviter de l’utiliser plusieurs fois dans une même phrase. En effet, la deuxième proposition étant liée à la première, le lecteur pourrait être dans l’incapacité de déterminer de quelle(s) proposition(s) dépendent les suivantes.

LES POINTS DE SUSPENSION (…)

Par où commencer… ? Les points de suspension, ou « trois petits points » pour les intimes, sont souvent l’apanage de l’écrivain qui débute. En effet, de par leurs multiples significations possibles et de par leur nature équivoque, ils sont l’expédient idéal pour tout auteur en manque d’inspiration ou de courage. Les points de suspension peuvent marquer une hésitation, une coupure – volontaire ou non –, de la dissimulation, un sous-entendu, le silence, une continuité, etc.
Autant dire qu’il vaut mieux apprendre à s’en servir et à les associer avec les bons verbes de parole et les bonnes incises si vous voulez convaincre votre lecteur de leur nécessité. Leur utilisation paraîtra vite abusive et démotivera probablement plus d’un lecteur si vous ne cherchez pas à les justifier ; soyez absolument certains que c’est votre seule alternative ou qu’ils sont plus que nécessaires lorsque vous les employez. Leur emploi dans la narration est toléré, mais il doit également rester limité.
Ce signe de ponctuation comporte plus d’une particularité : c’est le seul signe – à ma connaissance – composé de trois parties, il peut s’utiliser pratiquement partout et pour des dizaines de motifs variés, et il a un équivalent en toutes lettres – le fameux « et cetera », ou « etc. » dans la langue commune. Il faut savoir que cette abréviation de la locution latine ne doit jamais être suivie de points de suspension, mais elle doit toujours être agrémentée d’un point comme toute abréviation ne finissant pas par la lettre finale du mot d’origine.
Dans le cas d’une énumération, voici comment ponctuer votre phrase de manière adéquate :

(1) : Nous avons déjà abordé : les points, les virgules, les tirets, etc.
(2) : Nous avons déjà abordé : les points, les virgules, les tirets…

Généralement, la phrase qui suit commencera par une majuscule. Néanmoins, les points de suspension et son équivalent en toutes lettres ne l’exigent pas toujours. En effet, le choix vous appartient ; si vous souhaitez insister sur le temps de la pause ou montrer que les deux propositions n’entretiennent pas de lien, vous pouvez user d’une majuscule. Si, au contraire, vous voulez montrer que votre personnage n’hésite qu’un quart de seconde ou se reprend de suite, vous pouvez choisir de reprendre avec une minuscule.
Pour ce qui est de la ponctuation supplémentaire, il est également possible de faire suivre vos points de suspension d’un point d’exclamation ou d’interrogation (afin de marquer une exclamation réprimée ou encore une question sous-entendue). Les points d’intonation ne doivent en aucun cas remplacer le troisième point de suspension et doivent s’ajouter en suivant. Exemple :

(1) : N’étiez-vous pas… ?
(2) : Ce n’est pas vrai… !

Le dernier cas qui me vient à l’esprit est celui des points de suspension en début de phrase. Contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, les points de suspension peuvent bel et bien s’y trouver. Cependant, ils demandent quelques précautions : vous devez toujours terminer la phrase qui précède par des points de suspension et vous devez reprendre avec une minuscule. Observez :
« Je parie que tu ne… commença l’étalon, un air de défi dans sa posture.
— … peux pas nettoyer le ciel en moins de dix secondes », intervint la pégase.
Cette pratique reste limitée à des conditions bien particulières ; ici, la pégase coupe la parole de l’étalon pour terminer une réplique qui semble être sa devise. Son emploi est donc justifié, mais vous ne devriez pas être souvent confrontés à ce genre de cas.
À noter que, chez les anglophones, les points de suspension ne peuvent signifier qu’une interruption volontaire de la parole ; si le personnage se fait interrompre par quelqu’un ou quelque chose, les tirets cadratins ou demi-cadratins sont utilisés.

LES PARENTHÈSES ET LES GUILLEMETS

LES PARENTHÈSES ()



Les parenthèses sont d’une utilisation assez simple, comparable à celle des crochets ou des accolades, et fonctionnent toujours par deux. Leur utilisation reste relativement limitée dans un récit à caractère littéraire et elles ne se rencontrent a priori jamais dans un dialogue ; la seule possibilité étant l’intervention d’un narrateur intrusif.
Le but des parenthèses est de permettre l’isolation complète d’une proposition du reste de la phrase ou même du texte ; ce serait l’équivalent d’un sous-titre affiché à l’écran lors d’un film. Cela procure souvent une impression de confidence vis-à-vis du lecteur qui se retrouve en possession d’éléments qui seraient capitaux pour les personnages mais qu’il est le seul à connaître. Bien évidemment, cela peut aussi faire office d’incise ou donner une précision que l’auteur estime utile d’apporter, mais c’est un aspect moins reluisant des parenthèses à mon goût.
Les parenthèses demeurent relativement peu esthétiques et compliquent souvent la lecture d’une phrase, c’est pour cela que vous devez les éviter au maximum. Néanmoins, si vous deviez vous trouver dans une situation où vous jugez utile d’apporter une parenthèse dans une autre parenthèse, je vous conseille d’utiliser les tirets demi-cadratins comme deuxième palier et non d’échelonner à l’aide de crochets comme il est coutume de faire en sciences.
Pour ce qui est de la ponctuation dans et autour des parenthèses, une grande partie sera détaillée dans la section dédiée aux espaces mais vous devez déjà retenir ceci concernant le point final : si votre parenthèse fait partie d’une phrase et la finit, le premier mot commence par une minuscule et le point est placé après la parenthèse fermante. Si, au contraire, votre parenthèse commence directement après un point, elle doit rester une phrase entièrement entre parenthèses et commencera donc par une majuscule et contiendra le point final. Observez :

(1) : Une phrase commence par une majuscule (et finit par un point). C’est la règle.
(2) : Une phrase commence par une majuscule. (Mais elle finit aussi par un point.) C’est la règle.

Vous avez à présent une idée globale de la ponctuation à adopter en fonction de votre parenthèse.
L’autre usage des parenthèses qui me vient à l’esprit est celui d’une indication de variation en genre et en nombre. Cet usage déroge ponctuellement aux règles d’espacement lorsque les parenthèses abritent une lettre devant être accolée au mot qui précède. Par exemple :

(1) : Le (les) poney(s).
(2) : Le (la) poney (jument).

Ces parenthèses ne doivent pas être employées en littérature ; préférez une formulation de type : « Le ou les poneys. »

LES GUILLEMETS («»)

Pas de panique, ne fuyez pas, cette sous-section restera relativement courte étant donné que je compte faire appel à l’excellent article de mon petit perroquet pour détailler le plus gros du contenu. Pour autant, je vais tout de même traiter quelques points qui tiennent du pinaillage, ou de la culture, selon le point de vue que vous adoptez.
Il existe différentes sortes de guillemets, parmi lesquels les francophones (« »), les anglophones (“ ”) ou (‘ ’), et les germanophones („ “) ou (» «) ; beaucoup d’autres guillemets existent, notamment dans les langues asiatiques, mais la plupart des pays d’Europe utilisent des variantes de ceux présentés ci-dessus – la deuxième variante germanique en est la parfaite illustration.
Je suis absolument contre l’usage du système de dialogue anglophone et défends donc l’usage de nos guillemets nationaux. Cependant, je ne suis pas non plus buté à un point ridicule et sais reconnaître quand les normes en place misent sur le mauvais cheval. Ainsi, d’après les normes, lorsque nous introduisons une citation à l’intérieur d’une réplique, il faudrait faire une deuxième fois appel aux guillemets français, chose qui semble des plus maladroites et absurdes. C’est dans ce genre de situations que j’utilise les guillemets doubles anglophones et que j’encourage le recours à ceux-ci. Notez la différence :

(1) : « Dès l’instant où j’ai franchi la porte, un poney m’a dévisagé et a prétendu être « le maître de ces lieux » », dit l’étalon.
(2) : « Dès l’instant où j’ai franchi la porte, un poney m’a dévisagé et a prétendu être “le maître de ces lieux” », dit l’étalon.

La différence est flagrante. Dans l’exemple (1), la confusion est aisée pour un lecteur inattentif et il y a un grand risque de faute de la part de l’auteur (oubli de guillemets, mauvais placement de ponctuation annexe, etc.). Tandis que l’exemple (2) se veut plus fluide et sépare avec clarté la citation du reste de la réplique.
Au sujet de la ponctuation (hors dialogue), cela fonctionne globalement comme des parenthèses : dans le cas d’une phrase complète entre guillemets (citation introduite par le deux-points, etc.), la ponctuation finale est aussi dans les guillemets, dans le cas d’un mot ou d’une citation partielle entre guillemets en fin de phrase, la ponctuation finale est placée à la suite et non à l’intérieur.
Notez également que, malgré le respect des règles typographiques françaises, nous conservons les règles d’espacement anglophones pour ce qui est de leurs guillemets. Si vous voulez en savoir plus concernant les règles du dialogue et les usages des guillemets et des tirets cadratins, faites-un tour sur l’article exhaustif de LittleParrot.

LES ESPACES

LES TYPES D’ESPACES



Alors, on va se mettre d’accord tout de suite avant d’entamer cette section que vous attendiez certainement avec impatience. Le terme « espace » en typographie est féminin : une espace fine, une espace insécable, etc. C’est un sujet très intéressant et à la fois compliqué, mais je préfère vous mettre en garde tout de suite : MLPFictions ne tolère que les espaces ordinaires ; les insécables et autres folies sont systématiquement remplacées par une espace normale. D'ailleurs, j’ai tendance à oublier l’existence et les modalités d’utilisation de certaines espaces. Mais, puisque je pars du principe que ce guide peut servir dans n’importe quelle situation, je vais essayer d’être aussi exhaustif que possible sans pour autant aborder les usages totalement désuets.
L’espace commune, ou « demi-cadratin », est tout ce qu’il a de plus classique ; dès lors que vous appuyez sur votre touche « espace », c’est elle qui est sollicitée ; elle sert à séparer tous les mots. Jusque-là, rien de plus banal à expliquer.
Le deuxième genre d’espaces répandu est l’espace fine ou « quart de cadratin ». Elle commence à être oubliée et a déjà été admise comme obsolète outre-Atlantique, cependant, elle se rencontre encore occasionnellement lorsqu’il s’agit de séparer des groupes de trois chiffres pour les nombres supérieurs au millier. Elle a été un temps considérée comme l’espace à placer devant les signes de ponctuation en deux parties (sauf guillemets et deux-points), mais face à l’incommodité de cette norme et à son non-respect général, elle a été délaissée.
Là où toute l’histoire se complique, c’est lorsque l’on commence à parler d’espaces insécables. Pour faire court, c’est une espace normale, sauf qu’elle est virtuellement incassable ; si vous la placez entre deux mots ou deux caractères, il sera impossible de séparer ces deux mots sur deux lignes distinctes. L’utilité de cette espace vient du fait que, bien avant l’avènement de l’informatique, il était déjà de rigueur de ne pas commencer une ligne par un signe de ponctuation (hors guillemets, tirets cadratins, etc.). Par conséquent, il est habituellement recommandé d’entourer toute votre ponctuation d’espaces insécables. Dans la pratique, c’est bien trop compliqué en mettre en œuvre puisqu’il n’existe pas de touche dédiée à cette commande. Vous pouvez donc utiliser des espaces traditionnelles et n’avoir recours à l’espace insécable que lorsqu’un de vos signes de ponctuation se trouve renvoyé à la ligne.
Visuellement, il n’y a aucune différence entre une espace normale et une espace insécable, et cela vaut pour toutes les autres variantes. Dès lors que l’adjectif « insécable » se trouve accolé à un type d’espaces, cela veut dire que c’est le même type d’espace mais dans sa version indissociable. Ainsi, ne paniquez pas en voyant toutes les sortes d’espaces qui existent (une quinzaine), dites-vous que la moitié ne sont que des doublons aux propriétés différentes.

LES RÈGLES

Nous en arrivons certainement au point avec lequel j’ai le plus longtemps bataillé moi-même et avec lequel je bataille encore lorsque je lis ou relis les textes d’autres auteurs. Il n’est pas rare que, d’un écrivain à l’autre, vous remarquiez des façons de faire toutes plus différentes les unes que les autres ; « c’est comme ça que je fais », que l’on vous répondrait. À cela, une raison cachée : les règles d’espacement en français semblent totalement arbitraires, encourageant de nouveau à se rabattre sur les règles pratiquement uniformes de l’anglais. Pourtant, il n’en est rien.
Les règles du français suivent également une logique, elles ne demandent qu’un peu plus de rigueur et de patience avant d’être maîtrisées. Pour vous simplifier l’approche des espaces françaises, je vais vous donner des astuces toutes bêtes qui, si vous les retenez, vous permettront de savoir où mettre vos espaces même avec un signe que vous n’auriez encore jamais utilisé !
Dans la ponctuation littéraire française, il existe quatre grands types de signes de ponctuation : les signes en une partie (virgule, point, etc.), les signes en deux parties (point-virgule, point d’exclamation, etc.), les signes en une partie qui marchent par deux (parenthèses – idem pour les crochets ou accolades en sciences), et enfin les signes en deux parties qui marchent par deux (guillemets français). Notez :

(1) : Pour les signes en une seule partie, c’est très simple : jamais d’espace avant, toujours une espace après. Exemple : Il fait beau aujourd’hui.
(2) : Pour les signes en deux parties, on double naturellement le quota d’espaces : une espace avant, une espace après. Exemple : Le deux-points précédant cette phrase est un exemple.
(3) : Pour les signes en une partie marchant par deux, il faut être un peu plus prudent : le signe ouvrant est précédé d’une espace mais est collé au caractère qui le suit, le signe fermant est collé au caractère qui le précède mais est suivi d’une espace. Exemple : Je vous assure (c’est promis) que nous sommes presque au bout.
(4) : Pour les signes en deux parties marchant par deux, il suffit également de doubler le quota : une espace avant et après le signe ouvrant et le signe fermant. Exemple : « Cette citation est très spacieuse. »

Bien évidemment, il reste quelques cas particuliers, sinon je ne rédigerais pas cet article et je ne vous parlerais pas français. Parmi les exceptions se trouvent certains signes empruntés à d’autres langues comme les guillemets anglais qui conservent leurs règles d’espacement ; a contrario, le point d’interrogation culbuté s’adapte aux règles qui régissent nos points d’interrogation.
Sont également de la partie tous les tirets et traits : le trait d’union n’est jamais entouré d’espaces tandis que les autres tirets sont toujours entourés de deux espaces s’ils délimitent une incise – à moins d’être suivis d’une virgule – ; dans le cas où ils se trouveraient en début de ligne (notamment dans une liste à tirets), une seule espace en suivant est de mise.
Mais il ne faut pas non plus oublier les points de suspension, uniques représentants de la catégorie des signes en trois parties. Étant donné qu’ils jouent essentiellement le rôle d’un point ou d’une virgule et qu’ils sont composés de points, suivez la règle qui régit les signes en une partie : jamais d’espace avant, une espace après.
Le dernier cas particulier d’espacement concerne le contenu des parenthèses. C’est relativement simple mais encore faut-il y penser : la règle des parenthèses prévaut sur toutes les autres. Ainsi, si le dernier caractère avant la parenthèse fermante est un guillemet, ce dernier doit être collé à la parenthèse. Gardez simplement à l’esprit qu’une parenthèse ouvrante ne doit jamais être suivie d’une espace et qu’une parenthèse fermante ne peut être précédée d’une espace.

AUTRES PRATIQUES ET « NÉOLOGISMES »

Je pense que c’est l’un des phénomènes que je trouve les plus fascinants en écriture : non contents de me faire quotidiennement sauter au plafond de par les fautes de ponctuation qu’ils commettent, les auteurs débutants ont tendance à employer une forme de ponctuation propre à internet. En effet, combien de fois ai-je vu – notamment dans la partie anglophone du fandom – des astérisques (*), des tildes (~), des esperluettes (&), ou encore des barres obliques (/) et (\) pour signifier une intonation ou trouver des raccourcis visuels. Je n’aborderai bien sûr pas le thème des émoticônes, pratique qui se limite plus souvent à une plaisanterie isolée qu’à une technique inconsciente.
Il est difficile de juger ce genre de pratiques et de savoir comment s’y prendre lorsque l’on se trouve face à un texte qui a recours à ce type de signes. Respecter le travail de l’auteur en utilisant des signes qui dépendent d’autres domaines que la ponctuation ou standardiser le texte au risque d’affecter la portée qu’avait la « ponctuation » choisie par l’auteur ? Au tout début, je privilégiais la première solution, mais, avec le temps, j’ai décidé de m’approcher le plus possible de ce qui est admis.
J’y ai déjà fait référence un peu plus tôt dans l’article : le dédoublement de signes de ponctuation ou l’entassement de signes est très mal vu et sera généralement indiqué comme fautif. Évitez autant que faire se peut les doubles points d’exclamation, les quatre points de suspension, etc., voués à ajouter de l’emphase ou marquer une insistance. Les seuls points pouvant être éventuellement couplés sont le point d’interrogation avec le point d’exclamation ou encore les points de suspension avec un de ces deux-là.
Tant que j’aborde le sujet de l’emphase, j’aimerais brièvement parler de l’emploi excessif de la majuscule pour exprimer la colère. C’est maladroit, c’est envahissant, c’est agressif ; bref, c’est à éviter si vous le pouvez. Je suis le premier à les garder dans mes traductions dès lors qu’il n’y en a pas à chaque réplique, mais je vous conseille de privilégier les minuscules, quitte à les associer à des verbes de parole comme « hurler » ou « insister ».
Au niveau des caractères que l’on croise, il y a donc les astérisques qui, généralement, représentent une pensée, un aparté, ou une onomatopée. Le moyen le plus adéquat et rapide de remplacer ces astérisques se fait par le biais de l’italique ; rien ne vaut une bonne mise en forme sur les sites qui le permettent, cela évite le recours à de la ponctuation superflue. Les astérisques peuvent ponctuellement être remplacés par des parenthèses ou des tirets dans le cas d’un aparté ou d’une pensée à part. Une autre fonction de l’astérisque est celle de « note d’auteur » ; ainsi, lorsque vous n’avez pas la possibilité d’ajouter des nombres entre parenthèses en exposant pour laisser une note à vos lecteurs, vous pouvez employer l’astérisque en le plaçant après un mot (ou groupe de mots). Il faudra ensuite placer un deuxième astérisque en bas de page où vous détaillerez votre note.
Les tildes sont un peu plus mystérieux. Généralement, ils représentent une intonation enjôleuse ou mélodieuse et se placent en fin de phrase au détriment de toute autre ponctuation. Ainsi, cela devient déjà un peu plus problématique car cela brise la règle fondamentale qui impose à une phrase de commencer par une majuscule et de terminer par un point. Difficile de retranscrire cette facilité typographique autrement ; suivant le contexte, je vous conseille de jouer avec les points de suspension et d’accoler une incise ambiguë – vous pouvez également appliquer de l’italique sur un mot ou groupe de mots pour accentuer l’effet désiré. Dans le cas où vous souhaiteriez le garder lors d’une traduction par peur de reformuler le texte original, appliquez les règles d’espacement des tirets en incise.
L’esperluette a souvent pour but de signifier « et », inutile de rappeler en quoi elle est tout à fait dispensable. Je ne l’ai croisée qu’une seule fois, et j’espère ne jamais avoir à la recroiser.
Les crochets ont aussi une certaine utilité en écriture – notamment pour les journalistes et les didacticiens. En effet, bien qu’ils ne puissent pas être directement trouvés dans la littérature, il est possible de les croiser lorsque des citations sont employées. Ils permettent à l’auteur qui cite d’apporter des corrections, de clarifier le texte ou de formuler des remarques. Pour plus de détails, je vous renvoie sur ce site.
Le croisillon (#), souvent appelé « dièse » à tort, peut quant à lui indiquer une numérotation – abus tiré de l’anglais américain – ou signaler un hashtag. Dans le cas d’une numérotation, le croisillon comme la forme abréviée de « numéro » sont à proscrire et doivent laisser place au mot complet ; à noter que c’est un o en exposant qui doit suivre le n, non le signe degré, et que le signe « No » ne s’utilise pas en français. Dans le cas d’un hashtag, à moins d’écrire dans un univers alternatif, il est à proscrire – c’est très peu esthétique. (Pardonnez le manque d'illustrations, le site ne permet pas une mise en forme aussi poussée que les exposants et des signes aussi obscurs que le vrai dièse – voici le lien de l'article sur Google Documents, cherchez simplement « numéro » pour trouver le paragraphe correctement mis en forme.)
Les barres obliques sont assez peu utilisées, surtout la barre oblique inversée ou backslash, mais il arrive de croiser des expressions de type « et/ou ». Dans l’absolu, les règles d’espacement sont respectées étant donné qu’il ne faut mettre aucune espace autour d’une barre oblique. Néanmoins, il va falloir trouver une autre façon d’écrire ce genre d’expressions puisque les slashes ne font pas partie de la ponctuation conventionnelle. À noter que « et/ou » est souvent un pléonasme.
Le tiret bas (_), ou underscore pour les intimes, est un signe relativement ancien qui servait de soulignement du temps des machines à écrire et qui sert toujours d’espace en informatique lorsque des restrictions techniques ne les autorisent pas. Il ne remplace aucun tiret et n’a donc pas sa place dans un texte littéraire, n’en déplaise aux plus anciens.
Le signe du pourcent (%) semble être la solution toute trouvée lorsque l’on ne sait pas écrire correctement le mot. Il existe effectivement beaucoup de variantes, mais l’une des plus courantes – qui se trouve être la plus simple – est « pourcent », au singulier comme au pluriel. Exemple : un pourcent, dix pourcent (bien que fautif, « pourcents » est accepté). Alors ne cherchez plus une facilité qui n’en est pas une, vous savez désormais orthographier le terme exact ! À noter que, dans les contextes où ce signe est accepté, il doit être précédé et suivi d’une espace.
Le degré (°) est un peu plus compliqué. Il peut servir pour la mesure d’un angle, d’une température, etc. Le plus simple reste d’écrire votre mesure en toutes lettres, vous vous épargnerez ainsi la tentation de rajouter un « ° ». Exemple : douze degrés Celsius. Il est important de noter que, jusqu’à « 16 », il est obligatoire d’écrire votre nombre en toutes lettres dans un contexte littéraire. Les nombres supérieurs et les siècles peuvent s’écrire en chiffres – respectivement arabes et romains.
Les signes mathématiques tels que le signe moins, le signe plus, le signe égal, etc., sont à écrire en toutes lettres en toutes circonstances. Que vous énonciez oralement un calcul ou que ce soit un adverbe, la règle est la même.
Les symboles de devises et unités de mesure – que vous parliez d’un prix ou d’une distance –, c’est encore la même règle : vous écrivez en toutes lettres et vous respectez les majuscules s’il y a lieu. Ainsi : « douze degrés Celsius » mais « douze euros ».
Comme vous l’aurez remarqué, bon nombre de ces énoncés semblent tout à fait évidents et restent brefs, mais, si j’en viens à les aborder, c’est bien que j’en ai croisé une partie. Pour rester exhaustif jusqu’au bout de l’article, j’ai préféré présenter tous les doutes auxquels un auteur pourrait un jour se trouver confronté et je réponds donc avant même qu’il ne se pose la question : « Ai-je le droit ? »
Avant de vous laisser tranquilles pour de bon, je souhaiterais aborder un dernier point de mise en forme qui est important à mes yeux : l’italique. Comme vous l’avez vu, il peut avoir de multiples fonctions, et l’une d’entre elles est de signaler les mots empruntés à d’autres langues. Que vous employiez une locution latine (ex aequo, a priori, etc.) ou le dernier terme anglais à la mode (hashtag, fashionista, etc.), vous devez mettre de l’italique afin d’indiquer le néologisme dans votre langue.
Quelques mots échappent à cette règle tels que « parking » ou « sandwich », certainement grâce à leur longue présence dans nos dictionnaires et notre quotidien. De même, les termes étrangers francisés (à priori, chaman, etc.) ne sont pas mis en forme car ils présentent une graphie normalisée et officielle. Les noms propres (prénoms, villes, etc.) ne sont jamais mis en italique – hors italique voué à marquer une intonation ; seuls les titres d’œuvres doivent subir cette mise en forme en toutes circonstances. L’italique est également utilisé en littérature pour les didascalies et les paratextes.
Il existe aussi quelques cas où l’emploi de l’italique est requis pour de simples raisons de clarté. Ainsi, les notes de musique (do, ré, mi, fa, sol, la, si) et les autonymes (mot ou caractère se désignant lui-même) prennent l’italique plutôt que des guillemets ; pour les autonymes, cela peut donner : « mettre les points sur les i » ou encore « le mot mot ».

Ç’a été aussi loin à rédiger que c’en a l’air, mais je suis persuadé que cela peut avoir un intérêt pour quiconque cherche des réponses à des questions que je me suis un jour posées. Il y a autant d’anecdotes historiques que d’exemples ou d’explications sur les règles et les modalités de ponctuation, et je pense que c’était nécessaire afin de faire le tour de la question une bonne fois pour toutes.
J’avais un temps pensé à publier sous la forme d’une série d’articles en mettant une section en ligne par semaine, puis je me suis ravisé en me disant que j’y perdrais certainement autant de lecteurs qu’en publiant directement la totalité. Au moins, si vous avez un doute concernant la typographie, vous n’aurez qu’un seul article à chercher.
Une fois encore, je suis loin d’être le plus éminent passionné de typographie et j’ai probablement fait des erreurs. C’est pour cela que je vous encourage à me faire remarquer toute faute grossière qui se serait faufilée dans un moment de faiblesse ; par « grossière », j’entends une faute absolue et non une différence d’interprétation des normes. S’il s’agit d’une différence de vision, je suis tout à fait prêt à l’entendre dans les commentaires et à en discuter en toute neutralité. De même pour d’éventuels oublis ; j’ai fait en sorte d’aborder tous les cas de figure possibles et j’ai sollicité l’aide de personnes plus douées que moi au sujet des virgules et des guillemets, mais il se peut que j’ai oublié d’entrer dans le détail de certaines situations.
Sur ce, je vous laisse avec la fonction de recherche de votre navigateur et vous souhaite bien du courage pour maîtriser le chapitre qui vous fait aujourd’hui envie.
Amicalement vôtre, System.

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