Fond: Simple generous gifts par Devinian

Toutes les publications

Moonrise 9 370

Comment devenir le maître de son propre monde, ou comment aller au-delà de la simple fiction. (partie 1)

Ici est la première fiche d'une série d'articles méthodologiques que je compte rédiger pour aider les jeunes auteurs comme moi. Le comble, c'est que moi aussi je ne suis qu'un débutant. Mais je pense pouvoir vous aider ne serait-ce qu'un peu.
Cependant, je tiens à préciser que si vous n'êtes pas vraiment motivé, il ne vous sert à rien de lire cette fiche, car la suivre vous amènerait à faire bien des choses ingrates et désagréables. Néanmoins, si vous en avez le cœur et le courage, je vais commencer sans plus attendre.
Rechercher l'inspiration:
Bon, ben voilà. Impressionné par ces demi-dieux comme J.R.R Tolkien, Philip Pullman ou C-S Lewis, j'ai envie d'écrire quelque chose d'incroyablement complet et épique.
Mouais.
Autant m'arrêter-là.
Écrire sur un coup de tête, ça peut marcher pour les One-Shot, à la rigueur la Poésie ou les Contes, et encore... Mais certainement pas pour une fiction aussi importante. Du moins pas dans l'immédiat. Si vous commencez à écrire, de toutes les manières, vous aurez besoin d'une première idée, un fil conducteur. Ici, vous vous lancez peut-être pour un texte de plus de 100 000 mots. Il vous en faut du contenu, pour y arriver, qui plus est en faisant en sorte que tout soit lié. Heureusement, vous pouvez chercher partout autour de vous, dans vos livres, dans les lieux que vous fréquentez souvent,ou encore dans des discussions, dans une glace à la menthe. En tant qu'artiste vous pouvez partir d'une simple courbe, et bien sûr partir du show sur lequel vous voulez écrire. Cela peut s'avérer extrêmement ardu, et sera toujours très long. tout comme la rédaction de votre texte.
Bon, Ok je suis mauvaise langue. Vous pouvez très bien partir sur une fiction plutôt courte, à peine plus longue qu'un One-shot. Vous pouvez aussi écrire divers textes, en maintenant un lien entre tous. C'est comme vous le sentez, cela diverge selon les auteurs, et ce que vous voulez vraiment faire. Partons alors sur une chose que tout auteur se fait mentalement, et parfois malheureusement se contente de faire, la base de tout texte légèrement recherché. C'est bien beau d'avoir cherché, puis d'avoir trouvé. Mais après ? Comment que j'fais ?
D'abord, ne vous réjouissez pas trop vite. Si vous tenez peut-être votre histoire, votre monde, il ne faut pas se précipiter à écrire au risque de tout faire foirer. Vous prenez le temps de poser vos idées, sur un brouillon par exemple, et à voir si tout est bien agencé. Ce ne sera certainement pas le cas. Il faut dès ce moment là ORGANISER votre brouillon. Vous aurez alors l'ébauche du meilleur outil pour un écrivain : le Story-board.
Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un story-board, c'est une sorte de méga-brouillon, ou vous avez pris le temps de classer vos idées dans un tableau. Généralement, le Story-board est composé d'un détaillé des différents éléments d'un récit. Comme une frise chronologique il y aura un certain ordre :
- Situation initiale( S.I)
- Élément perturbateur( E.P)
-Péripéties/Action( P/ Act)
-Dénouement(D)
-Situation finale(S.F)
Je ne reviendrai pas sur ce que sont ces différents éléments, car beaucoup d'auteurs en parlent déjà et que ce n'est pas une chose très intéressante à expliquer, et plutôt un thème redondant.
Dans le genre de fiction que l'on souhaite écrire, celui d'un monde qui nous est propre, la phase la plus importante sera certainement la phase (ou situation) initiale. Ici, je vais partir de l'idée que je souhaite rédiger une fiction sans aucun support à part mon inspiration que j'ai calmement reporté sur papier.
La première chose à faire, c'est de se poser l'ambiance. Selon si vous rédigez de la S-F, du Medieval fantasy ou encore un roman réaliste, cet univers aura une ambiance plus ou moins précise. Dans la Science-Fiction, on cherchera à instaurer une certaine technologie ainsi qu'un certain système( comme les limites frontalières se situent par rapport aux planètes et pas aux pays), dans le Medieval fantasy, on instaurera soit une entité spirituelle supérieure, soit la magie, dans des royaumes plus que dans des républiques, et pour le roman réaliste, quelque chose de plus proche de ce que nous vivons actuellement.
L'ambiance est primordiale. Sans elle, vous ne saurez pas vers quoi vous tourner, et vous vous perdrez à la première difficulté.
Ensuite, je cherche à approfondir ma documentation. Vous l'avez déjà fait certainement lorsque vous cherchiez l'inspiration, et vous vous êtes du coup tourné vers la chose sur laquelle vous êtes le ou la plus réceptive. Mais c'est toujours mieux d'aller chercher un peu plus loin. Je dirais même, que plus vous allez loin, mieux cela sera. Ainsi vous aurez plus de chance de faire quelque chose de censé, et donc quelque chose de canonique.
Je reviendrais sur le canon, mais ici je vais vous donner certaines choses que vous devez faire en même temps que votre documentation, quand lesdits documents sont sous votre nez. Les voici :
Les Personnages: il faut faire extrêmement attention à ce point là. Votre personnage, ou vos personnages, seront ce en quoi vos lecteurs se reconnaîtront. Il faut doser le moindre de ses caractères, car il ne faut ni qu'il soit trop parfait, ni bourré de défauts. Vous devez faire des personnages, dont votre héro, des personnages qui peuvent changer. Sinon la magie n’opérera pas, et les gens perdront tout intérêt pour votre histoire, car ce en quoi ils se reconnaîtront sera dépourvu de profondeur. L'histoire leur semblera alors trop plate. L'idée est de partir sur le modèle de la progression. Faites de votre personnage le fantassin semblable à tous les autres, mais avec quelque chose en plus. Je ne sais pas moi, à vous de trouver, c'est votre propre monde que vous façonnez. Puis d'embûche en embûche, faites le évoluer, pas forcément vers le progrès d’ailleurs. Pensez cependant à rédiger une feuille supplémentaire sur leurs diverses relations les uns par rapport aux autres( romance, haine, rivalité, amitié, fraternité, Etc ...)
Le Bestiaire : cette partie là est à séparer complètement de la première. Par bestiaire, ou l'on trouve aisément le fait de l'existence de diverses races, je veux parler des êtres que vos personnages rencontreront dans leur aventure. Nain, gobelin,lapin, martien, chien, lutin, assassin, autant de pistes qui vous mèneront sur le droit chemin. Créez à partir de vos documents les diverses qualifications des uns ou des autres. Comme vous pouvez partir de rien, vous pouvez aussi partir de l'effet stéréotype. Les nains, on les retrouve presque toujours dans les montagnes, on les voit trapus, frustres, grossiers et cupides autant que l'on voit les elfes dans les forêts, grands et élancés,raffinés et imberbes. Mais tout l'intérêt pour moi, dans le bestiaire, est de créer des animaux à partir de ceux existants, comme la ''Salamandra'' dans l'un de mes textes. Je n'ai rien changé du mythe de la salamandre finalement, mise à part le nom et que j'ai fait en sorte qu'il sécrète un venin. Cependant, ces légères modifications font déjà que la Salamandra n'est pas salamandre au sens propre du terme. Mais ça suffit, c'est simple et on voit immédiatement de quoi il s'agit. C'est toujours mieux de savoir de quoi il en retourne. C'est pour ça que maints inventeurs ( tel Reflets d'acide avec son DobbleGanger et son fienteur pinson) précisent les traits de ces bêtes dans leurs oeuvres, ce qui développe considérablement la structure du texte et enrichit le récit.
La Carte : Une fois que vous avez posé(et j'espère sur feuille de façon logique quoique brouillonne) les personnages, le bestiaire et le squelette de votre histoire( la frise chronologique, souvenez-vous en) vous pouvez aussi, si vous vous sentez d'attaque,dessiner la carte du monde que vous imaginez. Alors, pas la carte du monde entier, ce serait très ardu( quoique possible) mais les lieux où l'intrigue principale se trame. Terre, mer, ciel, galaxie, peut-importe. Posez une ville de façon automatique, sans grande réflexion. Vous verrez alors que pour le bon déroulement de votre histoire, vous devrez faire quelques modifications. Mais à défaut de les faire par rapport aux personnages, faites le par rapport à la carte. Les héros doivent accomplir une quête dont même le destin ne saurait deviner l'issue ? Faites les partir d'un petit bourg à l’extrémité de la carte vers un point éloigné, à défaut d'être à l'opposé. Ok. Je peux mettre tout ce que je souhaite( gasp, ne me prenez pas au mot) entre ces deux points distants. Et ainsi développer mon intrigue en travaillant les Pe/Act( péripétie/action). Intéressant non ?
Voilà. N'hésitez pas à mettre le plus de choses possibles dans votre Story-Board( des fois on se demande si le Story ne l'emporte pas sur le Board). Tout détail pourrait vous être utile lorsque vous perdez du souffle. Puis, si vous êtes sur ce site et que vous écrivez, c'est sur un show bien précis. Par précis, je veux dire qui apporte des précisions, sur le ''canon'' original. Ainsi, personnages, carte et bestiaire existent déjà. Cherchez à l'enrichir de façon personnelle en le respectant, MLP FiM le permet et l'encourage beaucoup. Bat-ponies, Alicornes, Royaume inconnu... Il y a beaucoup de place pour y ajouter ce que l'on souhaite, tout ça de façon canonique.
C'est là que je termine cette première fiche. Il ne faut pas perdre de vue le canon. Si l'on devait le définir, c'est tous les éléments présents dans une création fictive ( voire réelle) qui font que l'intrigue se joue d'une certaine façon.
Petit exemple :
Luna fut exilée pendant mille ans sur la lune par sa sœur. Lorsqu'elle revient sur terre, elle est en colère contre sa sœur, et son éloquence est quelque peu dépassée( je suis désolé, mais c'est vrai.). Dans Equestria, il y a la magie. Magie blanche, magie noire, positif et négatif, perpétuelle dualité, le jour et la nuit, colère forte,sentiment négatif, possession de Luna par les forces noires, les ténèbres, elle lui obéit et attaque sa sœur. Par son attaque, l'élève de Célestia, la sœur hait, cherche à sauver son professeur auquel elle est dévouée. Recherche d'un moyen, rencontre de protagonistes, rencontre d'antagonistes( positif/négatif) épreuve renforçant les liens entre les protagonistes( et les antagonistes aussi, même si c'est bizarre)jusqu'à l'amitié, forte relation positive, magie, découverte des éléments d'Harmonie, lumineux, et utilisation desdits éléments contre Luna pour la faire sortir de sa colère noire et la faire réapparaître sous son vrai jour.
Ce paratextes vous a semblé répétitif ? C'est normal. On est parti de la dualité originelle( positif/négatif, Bien/Mal) pour y revenir à chaque décisions des protagonistes. Cette dualité fait partie du canon qui permet de faire suivre à la narration un fil logique. Alors oui, c'est une boucle sans fin, le serpent qui se mord la queue( Arrête, Trichelieu!), et oui ça peut sembler c**, mais c'est ça le canon. Et une fois que le canon de base engendre de nouvelles relations, ces nouvelles relations deviennent elle-même canon. Plus on va loin, plus on est contraint, dans la limite du canonique. Si ce n'est pas clair, d'autres auteurs y ont dédiés leurs articles.
Mais vous devez garder en tête ce canon, qui est primordial pour la rédaction de fanfictions. C'est lui qui vous permettra d'éviter, si vous le suivez, les OOC ou autres fautes qui pourraient vous pénaliser. Lorsqu'on rédige sa fiction, ce qui est possible si l'on suit la méthode au-dessus, il n'y a qu'un canon, celui que vous choisissez, mais une fois que vous êtes partis d'une base, d'une S.I ( Situation Initiale) dont l'un des rôles est justement de poser le canon, vous devrez vous y tenir et ne jamais le contredire, sous peine de vous faire occire!
Ce sera le sujet de ma seconde fiche, entre autre. Le thème sera : L'inspiration trouvée, comment faire pour l' affronter ? Les écrivains expérimentés comprendront de quoi je parle, même si j'ai déjà commencé à traiter le sujet. En attendant, je vous laisse la surprise, et j'espère que cette fiche vous aura aidée ne serait-ce qu'un peu.
Sinon, encore un petit détails. je suis pas un expert en orthographe, et je m'en navre. Mais la méthodologie, déjà, ça me botte plus!^^
 
Allez, salut, et préparez-vous à plumer !

 

Argos76 5 342

De nouvelles idées de fictions...pour ce que ça intéresse, bien entendu.

Salut, tout le monde,
Je suis Argos et je viens proposé de nouvelles idées de fictions, par peur que certains manque d'idées. Il s'agit de quelques traductions que je demande à écrire en version françaises.
Moi, personnellement, mon anglais est un peu rouillé et j'ai des problèmes de publication actuellement. Alors je vous donne les liens:
http://www.fimfiction.net/story/239502/the-sleeping-princess
http://www.fimfiction.net/story/247102/my-little-maleficent
http://www.fimfiction.net/story/189395/i-am-fire-i-am-death
http://www.fimfiction.net/story/174242/king-of-monsters
http://www.fimfiction.net/story/16372/godzilla-king-of-equestria
http://www.fimfiction.net/story/194631/equestrias-tyrannosaurus-rex
http://www.fimfiction.net/story/200819/godzilla-in-equestria
http://www.fimfiction.net/story/191813/summoning-the-king-of-monsters
http://www.fimfiction.net/story/230090/godzilla-juniors-secret
http://www.fimfiction.net/story/258884/prophecies-of-a-dragon
http://www.fimfiction.net/story/86263/the-power-of-the-dragon
http://www.fimfiction.net/story/52596/legend-of-spyro-friendship-is-magic
http://www.fimfiction.net/story/159648/under-the-stars
http://www.fimfiction.net/story/125653/daughter-of-discord
http://www.fimfiction.net/story/216212/ancient-power
http://www.fimfiction.net/story/192072/a-new-dragon-in-ponyville
http://www.fimfiction.net/story/180084/flutterdragon
http://www.fimfiction.net/story/108101/love-is-blind
http://www.fimfiction.net/story/199318/beat-it
http://www.fimfiction.net/story/239757/the-beast-of-war
http://www.fimfiction.net/story/151816/element-pony-rangers
http://www.fimfiction.net/story/5584/avatar-the-last-alicorn-book-1-pegasus
http://www.fimfiction.net/story/156784/avatar-the-last-alicorn-book-2-earth-pony
http://www.fimfiction.net/story/196883/avatar-the-last-alicorn-book-3-unicorn
http://www.fimfiction.net/story/249908/avatar-the-last-alicorn-book-4-alicorn
http://www.fimfiction.net/story/214480/go-go-megaforce
 
PS: Je sais que certaines sont encore en cours mais j'espère que vous nous les publiés afin que tous le monde les lise.
 
Sur ce, merci d'avance.
 
 

Ivory 9 514

Ecrire avec pas grand chose ou presque

Bonjour ou bonsoir,
Vous avez une idée de fiction, mais pour le reste, ça coince ? Pas de problèmes, il est possible aisément de se charger de ceci avec quelques méthodes simples.
Le Voyage du Héros
Ce principe est utilisable assez facilement (sauf peut-être dans le Tranche de Vie) : il indique que toutes les oeuvres ou presque incluent les mêmes éléments, exploités de manière différente. Créé par Campbell dans le Héros aux Mille Visages, il prouve une corrélation entre Harry Potter, Indiana Jones, les nouvelles d'Asimov, et pourquoi pas votre future fiction...
Ils sont notés comme tels :
- Le monde ordinaire : On montre le héros dans sa vie de tout les jours, afin de montrer une opposition avec ce qui va suivre.
- L'appel de l'aventure : L'élément introducteur à l'aventure arrive interférer avec le monde ordinaire...
- Le refus de l'aventure : ...Sauf que le Héros n'a pas forcément envie de suivre l'aventure. Dans ce cas, soit il y sera poussé (le meurtre de l'Oncle Ben dans Spiderman), soit il va vouloir la suivre après y avoir réfléchi.
- Le mentor : On ne se lance pas dans l'Aventure sans précautions. En général, il faudra l'aide de quelqu'un s'y connaissant mieux pour aider le héros à se lancer. Ce mentor peut donner des conseils, des aides matérielles, voire même des informations capitales à l'aventure.
- Le seuil : C'est là que les difficultés commencent. Celle-ci prendra en général la forme d'un gardien empêchant la sortie du monde ordinaire pour le héros, physiquement ou non.
- Les alliés et les ennemis : Sans oppositions, l'Aventure est souvent fadasse. Mais si le monde entier en veut à votre héros, il risque de passer un sale quart d'heure. Il faudra donc définir ce qui va entraver le héros sur sa route, et ce qui va l'aider.
- La caverne : Ce lieu est là où tout doit se finir. Le lieu où l'épreuve la plus importante sera effectuée. Pensez à préparer une Caverne en rapport avec l'ambiance : ce sera un champ de bataille sur une fiction de Guerre, le repaire du criminel dans un Polar, le lieu d'habitation de l'être aimé dans une Romance...
- L'épreuve suprême : Voilà, la consécration de toute cette aventure, ce qui va sceller tout ceci ! En reprenant les exemples précédents, on peut obtenir ces épreuves : un combat de masse, la course poursuite du criminel, trouver les mots justes pour déclarer sa flamme à l'être aimé... A la fin de l'épreuve, il y a une récompense adaptée pour le héros : ici, les honneurs militaires, la paix, l'amour...
- Le chemin du retour : Cette étape est optionnelle, elle montre tout simplement comment le héros revient à son monde ordinaire.
- Le monde presque ordinaire : On retourne dans la situation du Monde Ordinaire, mais elle est légèrement différente : le héros sera changé par ce qu'il a vécu, et doit se servir de sa récompense pour changer ce monde ordinaire, en général à son avantage.
 
En vous servant de ce moule, vous pouvez créer des récits intéressants et utiles. Néanmoins, il faut faire attention à deux choses :
- On ne doit pas voir trop facilement l'utilisation du Voyage du Héros
- Il faut que vous apportiez votre propre patte à tout ceci, sous peine d'obtenir une fiction ennuyeuse !
Si vous n'arrivez toujours pas à trouver, vous pouvez éventuellement vous servir du hasard. Par exemple, vous n'avez que le personnage principal (et, par extension, le Monde Ordinaire) et une idée de l'Aventure (donc de la caverne, de l'épreuve et sa récompense, et éventuellement des alliés ou des ennemis) : prenez un livre au hasard et une page au hasard, trouvez un élément adapté dans la page pour votre élément du Voyage, et intégrez-en le concept pour ensuite triturer ceci. Par exemple, je viens de sortir les Misérables et la page parle de Gavroche pour le Mentor : on peut donc avoir un gamin des rues donnant des informations, mais aussi un poulain capable de donner des éléments essentiels pour le Héros, ou bien un révolutionnaire qui sait bien ce que va subir le héros.
 
Ce principe est bon pour la plupart des fictions, mais parfois d'autres choses sont nécessaires :
L'écriture naturaliste
Selon Zola, l'écrivain naturaliste avait deux facettes : l'observateur et l'expérimentateur. Vous allez ici incarner les deux, l'Observateur pour placer le décor et faire réagir le tout de manière réaliste, et l'Expérimentateur pour rajouter de quoi pimenter l'action.
Ce type d'écriture sera privilégie pour les Tranches de Vie où on improvisera du tout du long : tout d'abord, prenez vos personnages principaux et couchez sur papier tout ce que vous estimez important sur eux, y compris les lieux qu'ils fréquentent. Par exemple, je vais faire quelque chose sur Applejack : je note donc "Cowgirl, accent texan, famille gigantesque, garçon manqué, cultivatrice de pomme, élément de l'honnêteté. Lieux fréquentés : maison des Mane 6, Sweet Apple Acres, marchés".
Une fois ceci fait, placez le décor : on va faire commencer la Terrestre chez elle. Puis, rajoutez des choses petit à petit, et servez-vous de la logique (et de votre fiche) pour faire interagir les personnages avec les situations.
Exemple : Alors qu'elle observe les vergers, elle découvre qu'il y a des parasites nuisant à l'arbre. En tant que "cultivatrice de pommes", elle va donc au plus vite trouver comment retirer ce fléau : Applejack cherchera donc ce qu'est ce genre de parasites avant de prendre un remède approprié. Et, d'après ses lieux fréquentés, elle a une bibliothèque à proximité : c'est le moment de prendre une autre feuille et de noter le tout pour Twilight, même si elle ne restera que pour donner l'espèce de parasites. Pareil pour tout les OC qui pourraient avoir une chance d'interagir avec Applejack, même si cela peut considérablement augmenter votre réserve de papier.
Notez que cela peut l'avantager comme la désavantager : imaginez que je trouve la situation trop plate alors qu'elle discute avec Fluttershy du meilleur moyen de se débarrasser des parasites. Applejack a sur sa feuille "accent texan" ? Je vais l'exacerber au maximum, Fluttershy n'y comprendra pas forcément grand chose et pourra donc se tromper dans les moyens utilisés. Et hop, on a relancé une intrigue qui devenait molle.
Il faut cependant faire attention à l'OOC, et beaucoup plus que d'ordinaire : aussi, je conseille l'écriture naturaliste uniquement si vous connaissez les personnages que vous avez prévu de faire apparaître sur le bout des doigts.
 
Néanmoins... Vous avez tout fait et vous voulez du neuf ? Alors secouez vos habitudes. Littéralement.
Orangina : Secouez, c'est gagné !
Tout d'abord, créez grâce au Voyage du Héros une histoire très rapidement esquissée pour chaque catégorie.Ensuite, prenez ce que vous maîtrisez le mieux, par exemple, la comédie. Et ensuite, trouvez un moyen pour que votre histoire destinée à un autre genre rentre dans celui-ci : si je transforme Cupcakes en comédie, je peux par exemple en faire le tournage d'un film à petit budget auquel participe les Mane 6, où les scènes d'horreur des fictions connues sont parodiées.
Pas convaincu ? Secouez plus cette ébauche, et faites contraster au maximum les personnages et leur environnement immédiat, en rapport avec le thème principal de la fiction. Puis prenez une situation réservée à un personnage, mettez-en un autre pas adapté à la place, et servez-vous de l'écriture naturaliste pour arriver à vos fins.Ainsi, au lieu d'envoyer Twilight, la plus intelligente des Mane 6, résoudre un mystère... Pourquoi ne pas envoyer Big Mac ? Ou mieux... Angel, le lapin de Fluttershy ?
 
Il y a plusieurs autres moyens, si vous le souhaitez, d'écrire à partir de peu. Mais c'est principalement à vous de les trouver, bien que ceux que j'ai présenté soient très faciles d'utilisation.
 
Prochain article: les clichés des personnages types (grands méchants, grand amour, héros, péon de base) , quelques règles à respecter lors des enquêtes et différents éléments d'inspirations.

Vuld 5 349

Jouer avec les mots.

Hi'.
En 1906-1910 un certain Ferdinand de Saussure inventa le mot. Puis il mourut. Puis il y eut une guerre mondiale. Puis une seconde. Et bon d'accord il a pas causé tout ça mais il a quand même causé la linguistique moderne donc ça compte. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que je l'ai ponifié en Pferdinand de Spur et j'ai jamais su où le placer.
Non plus sérieusement c'est parce que la définition du mot est fondamentale. Et elle est essentielle à vos textes :
1) Khorzal était un tueur apprécié par le peuple.
Navré pour l'exemple pas trop équin mais là spontanément si c'était un début de texte il serait très intéressant. On a un peuple qui valorise les tueurs, mh pas mal : peuple barbare ? Peuple d'intrigues ? Une critique moderne peut-être, à la Kira. Nope, rien de tout ça. L'auteur a dit "tueur" pour dire "guerrier", Khorzal est un héros classique dans un peuple classique, ça ou alors un nain dans Warhammer.
Que s'est-il passé ?
 
1Sens et signification
Quand on parle de mots, de lexique, de vocabulaire, les gens se figurent un dictionnaire avec la liste des mots et leur définition. Cette, ou ces définitions, ce sont les "significations" du mot. Dans l'absolu, le mot il veut dire ça. Par exemple si je dis "poney", la signification c'est :
subst.masc. Cheval de petite taille, à crinière épaisse, trapu et vigoureux, appartenant à diverses races et utilisé pour l'équitation, l'attelage ou le sport (notamment le polo).
C'est le tlf qui le dit alors c'est la vérité vraie.
Laissons les poneys un instant et retournons à notre mot, "tueur", qui signifie tantôt le banal fait de tuer et tantôt un m'sieur très pas bô. Où est la signification du mot ? Par réflexe, on pensera que la définition est un dénominateur commun, c'est le point commun entre tous ceux qui parlent le français : le sens serait la "valeur ajoutée". Donc la signification de "tueur" serait le banal fait de tuer.
Euuuuh... c'est vrai pour le verbe, par exemple "tuer un insecte" ou "tuer le temps", mais ce n'est pas vrai pour le nom. Le héros "tua son ennemi" mais n'est pas un tueur. Le bourreau tue les condamnés mais n'est pas un tueur. Le soldat est entraîné à tuer mais n'est ni un tueur ni un assassin. Tout ce beau monde peut être un tueur, mais ça signifie qu'on ne les aime pas, qu'on les désapprouve et qu'on leur pisse dessus. Yup, par défaut un "tueur" désigne un méchant pas bô. Et ce n'est pas tout :
2) Le tueur s'approcha de sa victime.
Qu'est-ce que vous voyez ? Un couteau qui s'approche d'une dame qui prend sa douche ? Le tout en noir et blanc ? Combien d'entre vous ont pensé qu'on parlait ici d'un loup s'approchant d'un mouton ?
Laissez-moi expliquer le problème autrement. Quand on parle de poneys, ici, la première chose qui vous vient en tête c'est des choupinettes en sucre guimauve sous bad trip et licence commerciale. C'est la première chose à laquelle vous pensez -- je me promène en forêt, je vois des traces de sabot sur le sentier, je me mets à rire bêtement -- c'est ce que, pour vous, le mot signifie par défaut.
(D'ailleurs, le tlf nous dit que "poney" est un emprunt de l'anglais qui a lui-même emprunté à l'ancien français *poulenet, dérivé hypothétique de poulain, aka "petit du cheval" pour dire "petit cheval", on en apprend tous les jours...)
On l'a observé scientifiquement, et l'exemple canonique est l'oiseau. Quand on dit "oiseau", les gens ont tous l'idée d'un oiseau qui leur vient en tête. Mais TOUS ont un oiseau différent. Pour certains c'est l'aigle, pour d'autres le pigeon, pour d'autres le moineau ou le perroquet... ce sont les oiseaux qu'ils connaissent le mieux, les plus représentatifs, les premiers qui leur viennent en tête ! Vous en avez tous un et chez chacun il est différent. Et pourtant, cet oiseau-là est ce que, pour vous personnellement, le mot oiseau "signifie". Ce cas particulier est sa "signification", au même titre que le couteau en noir et blanc sous la douche.
Vous voulez un dernier exemple ? Allez, retour à l'époque où j'étais haut comme trois pommes sur les bancs d'école :
3a) Il versa un verre de liquide.3b) Le liquide pétillait dans son verre.
Ouais donc là en l'occurrence on parle de vin. Hein. C'est utile de préciser parce que normalement en (3a) vous avez dû faire une sacrée tête. Pourtant le même mot, "liquide", passe très bien en (3b). Pourquoi ?! Enfant, pour moi ça n'avait pas le moindre sens. Adulte... c'est difficile à expliquer.
Le "sens" d'un mot est le sens qu'il prend selon les emplois réels. Il y a donc autant de sens qu'il y a d'emplois d'un mot, et cela pour les 400'000+ mots du langage. Et on ne peut même pas se fier à la "signification", qui est censé être le point de repère commun puisque ce point de repère n'est qu'un emploi par défaut, particulier à chacun. Solution ? Apprendre la liste par coeur. Ça prend des années mais eh, je suis sûûûûr que votre texte peut attendre.
Ou alors on comprend comment tout ça fonctionne.
 
2Le champ sémantique
Jusqu'à présent on a tourné le couteau dans la plaie : on a des mots, ils prennent différents sens, on sait pas comment ni pourquoi et ça pourrit nos textes.
Comme je nous ai abandonnés sur les bancs d'école bah restons-y et voyons ce que nos cours de français nous disent. Déjà ils vous disent de suivre les cours, désolé c'était la seconde de morale de papy Edone. Redevenons sérieux : parmi la boîte à outils de la littérature, il y a ce truc appelé "champ sémantique". Je résumerai ça par : "une suite de mots qui évoquent la même idée". Application :
4a) Pinkie sautillait et chantonnait sous le beau soleil de Ponyville, avec un sourire pour les autres passantes.
Quelle est l'idée évoquée ? Oh je ne sais pas...
4b) Pinkie traînait la patte parmi les ombres des maisons et baissait la tête sous les regards des passantes.
Là c'est un peu plus clair comme principe ? Dans les deux cas on a une jument qui se déplace dans le village, mais curieusement y a comme un genre de, je sais pas, différence. Alors que nous dit le champ sémantique ? Que c'est une suite de mots qui est en cause. On peut les lister.
4c) "sautillait" ; "chantonnait" ; "beau" ; "soleil" ; "sourire"4d) "traînait" ; "ombres" ; "baissait"
Le point commun entre ces mots ? Une idée de "joie", contre une idée de "tristesse". C'est ce que moi j'appelle la "saturation" : à force de répéter la même idée le lecteur finit par la remarquer. Donc je fais en sorte que touuuuus les mots de la phrase quasiment répètent la même idée en filigrane et en général le message passe. Alors pourquoi le faire comme ça plutôt que de dire immédiatement "Pinkie était triste" ou "Pinkie était joyeuse" ?
Il y a d'autres raisons mais et si nous voulions dire "Pinkie était une tueuse" ?
Aaaaaah là ça devient intéressant ! Un mot seul, on n'est jamais sûr de ce qu'il veut vraiment dire. Même si on avait un certificat de l'Académie, on ne sait jamais comment notre lecteur le comprendra. Alors, pour éviter les malentendus : on le place parmi d'autres mots évoquant la même idée.
4e) Pinkie apaisait les poulains trop malades ; elle était tueuse à l'hôpital, responsable des euthanasies.
Trois manières de dire la même chose : la version édulcorée "elle apaise les malades", la version technique "elle est responsable de tuer les patients" pour ceux qui n'étaient pas encore allé voir 'euthanasie' sur le wiki', et la version qu'on veut que le lecteur apprenne, "tueuse". On a insisté très fort pour que quand on dit "Pinkie était une tueuse", le lecteur comprenne "employée à l'hôpital... à tuer des gosses".
Petit remarque -- pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je grave "après c'est trop tard" sur tous les fronts que je croise -- on peut se demander à quel moment mettre le mot qu'on sait pas comment le lecteur va le comprendre :
4f) Pinkie apaisait les poulains trop malades ; responsable des euthanasies, elle était tueuse à l'hôpital.4g) Pinkie était tueuse à l'hôpital ; responsable des euthanasies, elle apaisait les poulains trop malades.4h) Pinkie était une tueuse. Elle apaisait les poulains trop malades à l'hôpital, à l'aide d'injections.
Un champ sémantique peut s'étendre sur plusieurs phrases, voire plusieurs paragraphes, mais là on n'a qu'une phrase alors faisons preuve d'imagination : en (4f) le lecteur a été graduellement préparé à l'idée que Pinkie tue. Le terme est bizarre mais au moins il est honnête. En (4g) la première réaction devrait être "euh wat" et ensuite "à l'hôpital" aaaah d'accord, j'ai pu me tromper, j'ai cru que tu disais que ma petite fêtarde toute gentille avait des cadavres sous son tapis. L'explication vient (très) vite mais la surprise demeure.
J'ai rajouté (4h) pour montrer un cas où elle tue toujours des poulains à l'hôpital, de la même manière mais va savoir pourquoi c'est pas la même ambiance. C'était déjà assez triste avant mais là c'est carrément criminel. Pourquoi ? Parce que "responsable" sous-entend qu'on le sait, qu'on l'y autorise voire que c'est son boulot. Ce que sous-entend également "tueuse à l'hôpital", un peu comme on dirait "mangeur de fromage à la cour de Celestia", soudain la passion pour le fromage devient un métier, en l'occurrence "goûteur". Ou autre.
Une fois encore, ça se joue à quelques mots. 
Le champ sémantique n'est donc déjà pas sûr à cent pour cent, on peut croire avoir clarifié les choses alors qu'on a utilisé d'autres mots qui posent problème. De plus, à moins d'avoir l'habitude, il faut penser à utiliser un champ lexical (aka utiliser d'autres mots) et du coup soit on le fait partout, avec un texte qui gonfle comme une baudruche, soit il faut savoir par avance quels mots peuvent poser problème. Si on le savait on se contenterait d'utiliser un autre mot.
Aussi, le champ sémantique ne repose pas que sur les mots. Si on reprend l'exemple (4b), on a aussi des expressions :
4b) Pinkie traînait la patte parmi les ombres des maisons et baissait la tête sous les regards des passantes.4i) "traîner la patte" ; "dans l'ombre", "baisser la tête" (ou les bras), "subir les regards"
Et il est également possible d'évoquer une idée sans même utiliser d'expressions ou de mots, mais à l'aide de la seule grammaire :
4j) Il faisait beau. Les enfants jouaient. Les murs se coloraient de dessins. Sur le tableau, on avait dessiné un soleil qui souriait.
Phrase courte, ponctuation au niveau de la mort clinique, y a un cadavre dans le placard c'est pas possible prends tes antidépresseurs ! Et pourtant, tous les mots sont positifs. Petit exercice pour vous, il est possible de faire la même chose avec notre Pinkie tueuse/euthanasi-quelque-chose. Pour les autres, on avance.
 
3La définition du mot
Le champ sémantique est une jambe de bois pratique quand on est désespéré : on entoure un mot d'autres mots pour qu'on comprenne de quoi on parle. Mais la majorité du temps soit on n'a pas la liberté de le faire, soit on n'y pense pas -- parce que "tueur" ça veut dire "tueur", pourquoi je me fatiguerais...
Ou alors c'est juste qu'on ne comprend toujours pas comment ça fonctionne.
Ouais on n'y coupera pas.
Je vais donc vous donner la définition du mot et vous allez me faire le plaisir de, étape un, faire semblant de la lire ; étape deux, hocher la tête avec un grand sourire et ; étape trois, l'oublier dans les trois secondes. Non mais attendez que je la donne aussi...
Déf. : Le mot est le rapport entre un objet formel, ensemble de symboles, et un objet conceptuel, ensemble de concepts.
À l'écrit -- parce qu'on va en rester à l'écrit si vous voulez bien -- l'objet formel (ou "graphique) c'est la chaîne de lettres de l'alphabet et autres ponctuations. "Patate" est un objet dont l'ensemble est {"p", "a", "t", "a", "t", "e"} ou quelque chose comme ça, jusque-là c'est pas compliqué ça correspond à l'intuition.
Okay, comment on sait où le mot commence et où il s'arrête ?
Intuitivement on dit que le mot se trouve entre deux blancs. Sauf qu'on a "pomme de terre" qui, à moins de défier le bon sens, ne fait qu'un mot ; et on a le Moyen Âge qui écrivait toutattachéetoncomprenaitquandmême. Moins pratique mais ça passait et on gagnait de la place sur le papier kikoutaichèr. Donc si c'est pas le blanc c'est quoi ?
Eh bien c'est le second objet, que moi j'appellerai "objet mental" et on s'en fiche du nom, ça correspond à l'idée qu'évoque le mot. C'est cet objet mental qui nous permet de retrouver l'objet graphique, et inversement c'est l'objet graphique qui nous permet de retrouver l'objet mental. Exemple ?
5) Rarity avait reçu une pomme de...
Une pomme de quoi ? Vous pouvez décider que l'objet graphique est "pomme", et donc l'objet mental est, ben, une pomme. Mais si l'objet mental est une pomme de pin alors l'objet graphique est "pomme de pin" et vous vous êtes planté. À ce stade vous n'êtes pas sûr de l'objet mental et du coup vous ne pouvez pas être sûr de l'objet graphique, quand bien même il est potentiellement écrit à 100% noir sur blanc sous vos yeux. Yup.
C'est pour ça qu'on dit que le mot n'existe pas. Le mot n'est pas un objet, c'est un "rapport", c'est la relation qui unit l'objet graphique et l'objet mental, qui sont alors indivisibles, inséparables l'un de l'autre.
Au passage, vous savez à quoi ça fait penser ça ? Un objet formel en rapport à un contenu ? Bah au rapport "forme" et "fond" voyons ! Une distinction fondamentale dans l'analyse de texte.
Quand je vous disais que tout ça était fondamental.
Maintenant qu'on sait que l'objet graphique permet d'accéder à l'objet mental et inversement, et qu'on sait ce qu'est l'objet graphique, demandons-nous ce qu'est l'objet mental. On a dit que c'était un ensemble de concepts, d'idées ou, comme les barbares dans mon genre les appelle, de "sèmes". "Sème" comme dans "sémantique", comme dans "champ sémantique", aaaaaah tout s'explique ! Ouais, vous auriez dû vous demander comment le champ sémantique faisait pour, à partir d'une série de mots, évoquer une idée commune. La réponse ? Les sèmes.
Pour le comprendre, laissez-moi vous montrer un autre truc.
L'objet graphique est un ensemble de lettres. Qu'est-ce qui est un ensemble de lettre ? La phrase. Le texte. Ouais, le texte est techniquement un mot. Il fonctionne comme un mot, en tout cas. Il a donc aussi un objet mental, créé ad hoc (sur le moment, pour les besoins de la cause), il a donc un ensemble de sèmes. Ouais, comprendre comment le mot fonctionne, c'est comprendre comment fonctionne le texte.
Ce qui se passe avec le champ sémantique est donc que les mots qui composent le passage de texte lui fournissent une partie de leurs sèmes ; et de même, le passage de texte en retour fournit une partie de ses sèmes aux mots. C'est normal : ce sont ces sèmes qui nous permettent de retrouver l'objet mental, donc de découper les mots, donc de lire le texte. C'est un mécanisme inhérent à la lecture. Et c'est pour ça qu'on n'aime pas évoquer le clop en même temps que les bronies : le mot "brony" va activer le mot "clop" et inversement. Ce qui est paaaas forcément optimal.
Si je dis "Rarity", à quoi vous pensez ? Test de Rohrschach simple : c'est une jument, elle est belle (dixit Spike), c'est une artiste, elle vend des robes... Donc si j'écris :
6a) Rarity était une...
Comment vous faites pour compléter la phrase ? Le mot "Rarity" vous a fourni un tas de sèmes qui vous donnent le mot le plus probable. Le mot "tueuse" n'en fait pas partie, parce qu'il n'a pas de sèmes associés. Sauf si vous considérez le meurtre comme artistique. Ou au sens qu'elle faisait des ravages dans la gente masculine, je sais pas, on peut changer de sujet ?
J'ai besoin d'un adulte. D'urgence.
Inversement, comme dit, le "champ sémantique", la situation en gros, va fournir des sèmes pour le mot Rarity :
6b) La jument se tenait face à sa victime, le couteau en bouche. Rarity...
Est-ce que la première chose qui vous vient en tête est qu'elle vend des robes ? Non. "Victime", "couteau", les sèmes sont ceux d'une agression, d'un meurtre, y a un tueur ! Il ne vous reste plus qu'à choisir si Rarity est la "jument" ou la "victime".
6c) La jument se tenait face à sa victime, le couteau en bouche. Rarity était belle même dans la moooo- haine.
 
4La valeur du mot
Je sais que ce qui précède est un gros morceau. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'un mot est un paquet de sèmes, que ce mot fait partie d'un mot plus grand (le passage de texte) auquel il fournit des sèmes et dont, en retour, il en reçoit. C'est important à comprendre pour comprendre l'histoire du liquide :
3a) Il versa un verre de liquide.3b) Le liquide pétillait dans son verre.
La question n'est pas "quelle est la signification de 'liquide'" mais "quels sèmes le mot 'liquide' transmet" et reçoit. "Il versa un verre de..." nous dit déjà que c'est une boisson. En contexte on sait même que c'est du vin. Les sèmes du "champ sémantique" c'est ça, l'idée de boisson, l'idée de vin, avec le geste du serveur et tout. Est-ce que ces sèmes se retrouvent dans le mot "liquide" ?
Oui et non. Oui, il peut correspondre à une boisson raffinée là où le mot "parapluie" le pourra difficilement. Mais non, il peut désigner un tas d'autres choses et, du coup, il brise le champ sémantique. En fait, le mot "liquide" est en train d'ajouter ses propres sèmes qui ne sont pas ceux déjà présents : demandez-vous à quoi vous pensez par défaut quand on vous dit "liquide", moi vous allez rire mais j'ai des éprouvettes chimiques.
7) Il versa le liquide dans l'éprouvette.
Inversement, en (3b) c'est le mot "liquide" qui arrive en premier. On s'intéresse donc au liquide, à la matière même du vin, et en effet cette matière "pétille" : inversement, le pétillement nous confirme que c'est bien du vin. Et juste pour être sûr, le mot "verre" confirme qu'on parle bien d'une boisson. Même si au mot "liquide" j'avais pensé au slime de Ghostbuster, le reste de la phrase corrige le tir.
Autrement dit.
Le mot n'a pas de valeur par lui-même. Le sens qu'on lui donne dépend de l'emploi qui en est fait : il vaut "la valeur du passage moins la valeur de tous les autres mots", c'est ce qu'on appelle une valeur oppositive et j'espère que vous applaudissez mes efforts pour éviter tout langage logique.
Cela signifie qu'on peut contrôler le sens des mots. Ou à défaut mettre des filets de sécurité.
On va, pour tester ça, inventer un mot : "ga". Pour plus de difficulté, je décide que je dois faire apparaître ce mot dans mon prochain texte. Pour moi le sens est clair et je ne soupçonne pas un instant que vous n'en compreniez pas le sens.
8) Pinkie alla ga chez Twilight.
Semi-échec : vous avez compris que "ga" était un adverbe, parce que voilà vous connaissez la grammaire, mais c'est tout. Vous pouvez supposer, ouais, qu'elle alla "vite" ou "droit" ou peu importe, mais vous n'en savez rien.
Cet échec est dû au fait que je n'ai pas appliqué ce qui était écrit ci-dessus.
Ce mot fait partie d'un passage plus large. Ce passage plus large a des sèmes. Le mot, tout comme "liquide", doit donc partager les mêmes sèmes. Il doit pouvoir recevoir ces sèmes, il doit pouvoir en donner. Si j'écris :
8a) Pinkie se glissa ga chez Twilight.
Je n'ai ajouté aucun mot, "ga" est toujours autant dérangeant mais le simple changement de verbe vous permet de déduire ce que j'ai pu vouloir dire : pourquoi elle se "glisse" chez Twilight ? En cachette ? Discrètement ?
8b) Pinkie se ga discrètement chez Twilight.8c) Pinkie ga la boîte à biscuits.8d) Ga, Pinkie secoua la tête.8e) Pinkie rendit un ga navré en retour à Twilight.
Je pourrais multiplier les exemples, et les smileys apparemment... mais le principe reste le même. Il y a un mot que vous ne comprenez pas, mais ce n'est qu'un mot : le reste de la phrase vous donne l'idée générale, les sèmes qui importent et que vous appliquez au mot mystère pour au moins en deviner le sens.
Corollaire : moins il y a de "mots", plus chaque mot a de poids.
C'est pour cela qu'on vous dit aussi de ne pas utiliser les verbes "être/avoir" ou les mots génériques de type "aller", ou encore de juste dire le nom du personnage. Plus vous spécialisez les mots, plus ces mots ont de chances d'être mal employés mais plus, aussi, vous contribuez au "champ sémantique" et plus il y a de chances que votre lecteur repère les bons sèmes. C'est ce qui différencie l'accident :
9a) Daring Do évapora son adversaire.
Où le lecteur corrige le tir pour vous parce que voilà ; et la catastrophe :
9b) Notre héroïne brisa la nuque sec et laissa- non regarda sa victime s'effondrer à ses sabots.
Je sais qu'elle vient de tuer un pas bô, maaaaaais... je sais pas, psychopathe ? C'est pas possible de s'être trompé sur autant de mots, là c'est volontaire. Après, vous pouvez penser que ça la rend "badass" et donc admirable ? Mais ça en fait juste une grosse tarée qui se douche avec le sang des cad- okay j'arrête.
 
5tl;dr
Chaque mot de votre texte compte. Mais ce qui compte ce ne sont pas les mots, c'est l'idée générale que vous voulez en voir ressortir. Une sorte d'idée générale qui, au niveau du texte, s'appelle le "thème".
Si tous vos mots contribuent à cette idée générale alors peu importe qu'il soit faux, le lecteur sera capable de corriger pour vous. Le lecteur interprète vos mots, en trouve le sens grâce à cette idée générale, tout passe par ce filtre et donc tant que ce filtre, ce tamis de "sèmes" est actif, un mot mal employé ne sera qu'une petite bosse sur la route.
Ce qu'il faut maîtriser, donc, ce ne sont pas les mots, vous ne pourrez jamais vraiment prédire leur effet.
Ce qu'il faut maîtriser, c'est cette idée générale.
Voyez-le, si vous voulez, comme un filet de sécurité, mais c'est plutôt la grille de lecture de base dont le lecteur inconsciemment se sert pour comprendre votre texte. C'est quasiment le moteur qui fait tourner le texte ! Alors je sais que "tous les mots doivent correspondre au thème" peut sembler extrême, et ce l'est, que "votre texte doit dire la même chose tout du long" semble absurde, et ce le serait, mais c'est le principe.
10) Pour Pinkie Pie, la maternité de l'hôpital de Ponyville était synonyme de joie. Elle pouvait y côtoyer les toutes petites, les faire rire, voir les parents et les rassurer. Elle y allait le coeur léger les jours où on l'appelait, comme si on ne l'appelait jamais pour rien d'autre. Elle réconfortait les petits qui toussaient ou qui pleuraient sans cesse. Elle parlait avec le père, la mère, le père surtout. On la voyait souvent joyeuse avec son thermomètre. On voyait parfois la petite jument, bravement, quand toutes à part elle s'y étaient résolu, se rendre à la pharmacie pour y prendre une seringue et rejoindre à l'écart le poulain ou la pouliche endormie. Là, avec des larmes, elle restait un temps au côté du lit, à se rassurer elle-même, puis elle lui murmurait qu'on l'aimait quand même, et elle regardait la souffrance partir.
Une fois encore, je pourrais le dire plus directement, plus clairement, "Pinkie Pie tuait les bébés malades" mais va savoir pourquoi, ça peut potentiellement ne pas avoir le même impact.
L'important n'est pas d'utiliser des tas de mots compliqués : l'important est que le plus possible de vos "mots", de tout dans le texte en fait, dise la même chose, contribue à la même idée. Faites ça et vous pourrez vous autoriser toutes les anses de la victoire qu'il vous plaira.

Iguanofolie 8 339

La musique dans les fictions, important ou accessoire ?

Bonsoir, je suis Iguanofolie et ... vous ne me connaissez probablement pas car je n'ai pas encore plongé dans l'abyme de l'écrivain ( même si je suis en ce moment en train de préparer le plongeoir ). 
Si j'écris cet article c'est notamment pour poser une question ( lisez le titre ) a propos des fictions.
Comme justement je vais commencer à en écrire je me demandais une certaine chose. Etant donné que j'écoute énormément de musique ( de jeux vidéos ) et que c'est dans ces moment que mon cerveau tourne à plein régime pour créer les détails de ma fic. Et pour moi ces scènes que je crée en écoutant de la musique sont, pour moi, directement associés aux scènes. Certains passages sont même écris pour une musique précise.
C'est donc là qu’interviennent les articles : pour s'exprimer  et pour vous demander votre avis : que pensez vous des musiques insérées dans les fics' par l'intermédiaire des liens. 
Pour moi mettre des musiques, mélodies et autres ouvrent une nouvelle voie aux fictions et surtout aux atmosphères. Je vous demandes donc conseil Ôh grands écrivains. Certaines musique me donnent des frissons si ce sont des musiques appropriées à par exemple des scènes d'actions ou de dialogues. 
 
Voila donc j'ai exposé mon problème j’espère maintenant que vous serez nombreux à m'aider et à me conseiller, voila .
Allez ciao bonsoir !!!
 
 

TrinklePony 16 1288

Question: Comment écrire une Fiction ou un One-Shot ?


Bonjour ou Bonsoir tous, je me posais une question bebête qui m'a mené à écrire cet article, qui est mon tout premier, d'ailleurs. Cette question toute bête est: Comment écrire une Fanfiction [Fiction] ou One-Shot ? Pouvez-vous me donner des conseils qui m'aideront à m'améliorer ?
Merci beaucoup d'avance à ce qui le feront. 
 
-Trinkle Pony
 

Vuld 3 293

Les sons.

Hi'.
Cela fait un moment déjà que je déroge à une règle pourtant fondamentale dans la critique d'un texte : ne pas juger le fond. Le principe est simple, "toutes les histoires sont bonnes" et si vous voulez raconter l'histoire d'Éolienne l'alicorne cochon-zèbre venue de l'interdimension Terra... ça peut être une histoire énorme !
Maintenant, faire la différence entre "fond" et "forme" n'est pas évident. Intuitivement, quand on juge un personnage l'auteur est en droit de se dire "mince, mais le perso' fait partie de mon histoire !" Inversement, quand quelqu'un te dit que dans ta phrase il y a beaucoup de /r/ tu te dis "euh ouais okay si ça te chante". Ça change rien à la chevrotine que se mange AJ.
Mon point de vue de littéraire est que la "forme" doit de toute manière "être adaptée au fond", donc séparer l'un et l'autre n'a pas beaucoup de sens. Juger le fond tout seul est stupide, et juger la forme pour elle-même est... tout autant dépourvu de sens.
Vous voulez savoir pourquoi ?
 
1Mimer les sons
Quand j'étais à l'école et que je commençais enfin à m'intéresser à la manière de comment qu'on fait des textes, la poésie faisait partie des trucs les plus incompréhensibles de l'univers. Il fallait que ça fasse "super compliqué" pour être bien, mais quand toi tu faisais super compliqué c'était nul. Logique.
Et là un jour le prof' s'est installé devant la classe et a accepté de nous dévoiler les arcanes des sons. En gros il nous a dit "le 's' permet de mimer le sifflement du serpent" et donc quand il y a plein de "s" c'est qu'il y a un serpent qui siffle.
...
Ta mère l'alicorne.
Sérieux ?! Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse avec ça ! Mais oui, ma première approche des sons dans les textes était "mimétique" : il y a un bruit dans la réalité que tu vas tenter de reproduire dans ton texte. Par exemple dans "métal contre métal" on va essayer de mimer... ben le bruit du métal... contre le métal... ouais. Quand on tire des lasers on dira que les lasers "fusent" parce que /f/ et /z/ ça donne "fzzzzz" et ça fait très laser. Je ne plaisante pas ! Tu veux un un feu qui ronfle ?
1) La braise à chaud chargeait l'air de cendre rêche.
Ça veut dire quoi "rêche" ? J'en sais rien ! Je peux juste affirmer avec 67% de certitude que ce mot n'a rien à faire là. On l'a juste ajouté pour ses /r/ et ses /ch/ parce que "rrrrsssshhhh". C'est pas une blague c'est scolaire.
Alors sur le papier "mimer les sons" c'est bien mais dans la pratique ça marche moyen, le lecteur passe en général complètement à côté -- n'essayez pas de lui faire deviner un son par ce biais il y arrivera pas -- et ça vous pousse à utiliser des mots qui peuvent n'avoir rien à faire là. Alors okay "cendre rêche" c'est pas trop grave, mais c'est comme une faute d'orthographe, pour ceux qui la remarquent bah c'est un peu ridicule. D'autant qu'ici on aurait pu dire "cendre âcre". Ce qui nous amène à un second risque : "en faire trop". Vous savez le nombre de fois qu'il faut répéter un son pour que le lecteur le retienne ? Vous imaginez si on fait ça partout ?
Mon conseil : c'est bien d'expérimenter mais à terme, mieux vaut privilégier "le mot juste". Mais expérimenter c'est bien.
 
2Des rimes en prose
Bon, "mimer les sons" c'est bien gentil mais ça ne nous mène pas très loin. Qu'est-ce que l'école nous a dit d'autre à propos des sons ? Je veux dire, à part la poésie ? Ouais, les histoires de rimes et tout ça ?
Bon vu que tous les poètes sont en train de faire de grands gestes avec les bras on va quand même parler des rimes. Pourquoi ? Parce qu'avoir deux fois le même son en fin de de vers c'est bien gentil mais ça sert à rien. Ce qu'on veut c'est que ce lien formel, ce rapport de son, soit suivi d'un lien sur le fond, un rapport de sens. On ne fait pas rimer "rose" et "arthrose" à moins d'avoir un point de vue super négatif sur les plantes.
Donc pour ceux qui ont lu/fait de la poésie, vous savez le plus grand crime : faire la rime pour la rime.
Fort heureusement la "prose", aka le texte "normal" de tout les jours de comment que les gens y parlent, ce texte-là n'a pas de rimes. Sauf que c'est dans le sous-titre, on va proposer le contraire. Et si on appliquait les rimes à nos textes pas-trop-poétiques ? Oui oui, des procédés poétiques dans l'histoire de Kiwi l'héroïne zèbre amnésique et orpheline. Tombée des étoiles. Et semi-démon- bref ! Prenons un passage au hasard.
2) Kiwi regarda les étoiles. Elles brillaient de mille feux. Peut-être que la nuit n'était pas si effrayante après tout, et sur cette pensée notre héroïne alla trotter dans les champs.
Et maintenant, essayons de faire rimer.
2a) Kiwi regarda les mille feux des étoiles, et leur lueurs la rendirent confiante. Peut-être qu'après tout la nuit n'était pas si redoutable, se dit-elle avant de gagner les champs.
Okay ça rime pas mais on est en prose, on n'est pas à ça près : "étoiles / redoutables" ont des sons qui se ressemblent et là, plusieurs observations. Déjà, la rime est pertinente en ce que Kiwi juge la menace de la nuit aux étoiles, donc oui les étoiles sont liées à ce qu'elle redoute. Ensuite, même si on a réorganisé les phrases, ça reste du langage "naturel", loin du "super compliqué" qu'on ne devrait jamais faire en poésie mais que par préjugé on s'attend à trouver là-bas.
Ce qui nous amène à la plus importante de toutes les observations : les mots censés rimer se trouvent au même endroit. Plus ou moins "en fin de phrase". Et ça, vous allez voir, c'est la clé de tout.
 
3Lier les mots entre eux
Mais avant d'en venir à la clé de tout, intéressons-nous (tavu) à une/deux notions de littérature à propos des sons. Je veux parler du "consonantisme" et de "l'allitération". Ce qui se résume à "une suite de sons qui se ressemblent".
Je m'explique.
Jusqu'à présent on a vu que les sons pouvaient servir à "mimer un son réel" et on a vu qu'avec les sons on pouvait faire des rimes pour lier deux mots, en supposant qu'il y a un sens à le faire. La littérature, elle, donne un outil plus vaste : une simple suite de sons, consonnes ou voyelles, qui parce qu'on le retrouve souvent en peu de temps devient remarquable. Notre feu qui ronfle est un exemple mais sinon...
3) Toute les tentations de la terre n'étaient rien sans cet étalon spartiate.
Alors ? Quel est le son qui revient le plus souvent ? Okay et maintenant question subsidiaire, il sert à quoi ? Si vous cherchez un son réel qu'il mimerait, euh... moi perso' je ne vois pas.
On dira souvent que cette suite de sons ne cherche plus, alors, à mimer un son réel, mais plutôt un état d'esprit. Là, par exemple... euh... euh... Euh c'est une consonne "sourde" et plutôt "agressive" donc on peut spéculer que c'est pour mimer le... conflit ? L'émotion irrationnelle ? Non okay soyons sérieux, j'ai juste commencé par "toutes" et comme il y avait /t/ dedans j'ai aligné une phrase avec plein de /t/, c'est tout.
Cela dit, ces suites de sons ont un rôle beaucoup plus simple : découper le texte.
À partir de là je vous préviens on va devoir jouer aux grammairiens en herbes mais oui, la logique des sons suit celle du découpage du texte. Par exemple :
4) Si la tentation était grande, l'attente l'était encore plus.
Où sont les /t/ ? Bon on a les "était" qui sont des verbes, woohoo, mais sinon ? "Tentation" et "attente" sont des substantifs, des noms communs. Plus important ? Ce sont des sujets. Et juste question de bien attirer l'attention dessus, regardez les voyelles : /en/-/a/ pour le premier, /a/-/en/ pour le second, c'est comme si on avait passé ces deux mots au stabylo. Là le texte vous hurle de porter votre attention sur ces deux mots.
D'ailleurs cette structure /en/-/a/ puis /a/-/en/ vous la reconnaissez ? Okay les poètes, donnez la réponse, c'est la structure ABBA, yup ! Encore une technique de versification applicable à nos textes communs.
Et allons plus loin.
Si on peut lier les mots entre eux, pourquoi ne pourrait-on pas faire l'inverse ? Bien séparer deux mots ou groupes de mots, créer une frontière de sons pour bien dire que c'est plus du tout la même chose ?
5) La porte à peine refermée sa peine s'envola et la jeune jument alla se joindre aux nuages.
Qu'est-ce qui se passe ? Au début on a des /p/, (porte, peine puis encore peine) et soudain, paf... plus rien. Plus un seul "p". Exemple un peu extrême mais oui, ce son est clairement concentré au départ. Et ensuite ? On a du /l/, on a du /j/... deux sons qui n'apparaissaient pas avant. On voit même où a lieu la transition : "sa peine s'envola".
Et là j'ai besoin que vous prêtiez bien attention à ce qui se passe : "la porte à peine refermée" est un groupe, "sa peine s'envola" un second groupe et "la jument alla..." un troisième. Premier groupe ? /p/. Second groupe ? Transition. Troisième groupe ? /l/-/j/. Oui, les sons ont été répartis selon les groupes dans la phrase, selon le découpage. Et au passage les sons correspondent à ce qui se passe : premier groupe on est encore dans la douleur, second groupe on dit littéralement qu'on passe à autre chose et troisième groupe on est en mode ranaf'.
Donc la clé elle est là depuis le départ.
 
4La grammaire des sons
Je ne vais pas jouer mon linguiste ici pour vous expliquer à quel point la grammaire qu'on apprend à l'école est foireuse. la plupart d'entre vous avez dû vous en apercevoir par vous-mêmes de toute manière. À défaut de mieux, on en restera à la notion intuitive de "groupes de mots" et on ne cherchera pas à expliquer pourquoi ces mots vont ensemble. Observons juste que :
6) Lorsque la superbe jument blanche entra dans la pièce emplie de poneys, tous se retournèrent et ceux qui ne bavaient pas, extasiés quand même, en oublièrent les tables couvertes de mets.
Là on a une phrase, il faut la découper. Alors...
6a) lorsque [ la superbe jument blanche entra dans la pièce emplie de poneys ] [ tous se retournèrent ] et [ ceux qui ne bavaient pas en oublièrent les tables couvertes de mets ] [ extasiés quand même ]
On a un premier découpage en ce qu'on appellerait intuitivement des "phrases". Notons surtout le "extasiés quand même" qui est mis de côté parce que oui, c'est en fait une phrase en soi : "ceux qui ne bavaient pas étaient extasiés quand même".
Maintenant est-ce que ce premier découpage suffit ? Non.
6b) lorsque [ (la superbe jument blanche) (entra dans la pièce (emplie de poneys) ) ] [ (tous) (se retournèrent) ] et [ (ceux (qui ne bavaient pas) ) (en oublièrent les tables (couvertes de mets) ) ] [ (extasiés quand même) ]
Je ne peux pas promettre que ce soit le bon découpage mais yup, là on commence à avoir un découpage un tant soit peu plus précis et exploitable, en "groupes de mots" du type "sujet" et "verbe/complément".
Maintenant qu'on connaît le découpage, on veut pouvoir l'exploiter. En d'autres termes, savoir où mettre les sons. Alors commençons par poser la question la plus bête : qu'est-ce qu'on veut mettre en avant ? Qu'est-ce qu'on veut stabylobosser dans notre longue phrase, là ? Suivant la réponse, on ne placera pas du tout les sons au même endroit.
Déjà, observons ce que j'ai fait sans même y réfléchir.
6c) "entra dans la pièce emplie de poneys"
Vous ne remarquez rien ? Yup, trois /p/ (pièce / emplie / poneys). Vous allez me dire que c'est normal, c'est la langue qui veut ça, mais ça c'est une logique médiévale. Non non, avec l'habitude on sélectionne volontairement des sons proches dans le même groupe de mots. "Tous se retournèrent", deux /t/. Cela dit, pourquoi j'ai vraiment mis plein de /p/ dans (6c) ? Parce que... parce que regardez les parenthèses, il y a un complément à "pièce" et j'avais besoin de dire "non mais c'est pas la jument blanche qui est emplie de quoi que ce soit".
6d) "ceux qui ne bavaient pas... en oublièrent les tables"
Okay, comptez le nombre de /b/ dans toute la phrase. Il y en a cinq. Deux au départ, (superbe / blanche) et trois en (6d). Les /b/ du départ c'est la même logique qu'en (6c), privilégier les mêmes sons pour le même groupe. Mais ici, pourquoi ? Ce ne sont pas les mêmes groupes, non ?
Regardez le découpage. Il y a "extasiés quand même" qui s'invite au beau milieu, et j'ai besoin de dire au lecteur "okay, fin de la parenthèse, on reprend depuis là". Je mets donc un /b/ avant la parenthèse, et un /b/ après. Et vous me direz qu'il y a déjà les virgules mais c'est super facile de manquer une virgule à la lecture, mieux vaut être sûr.
Ce n'est pas fini :
6e) "superbe" "pièce", "poneys", "retournèrent", "et", "bavaient", "extasiés", "même", "oublièrent", "couvertes", "mets"
Je viens de vous lister tous les mots avec le son /e/, et ça en fait quand même un paquet. Alors okay, c'est un son assez fréquent en français mais avec une telle fréquence ? Non, même si c'est involontaire, y a quelque chose là. À titre de comparaison, le premier groupe c'est "la superbe jument blanche", le son /e/ n'apparaît qu'une fois.
Regardez les mots concernés : sur 11 mots, 5 sont des verbes. Okay, "extasiés" et "couvertes" sont des participes passés mais la logique est la même. En fait, ce sont toutes les terminaisons de verbes. Mais regardez aussi : les autres mots apparaissent à côté : "retournèrent et", "couvertes de mets" par exemple. La terminaison du verbe me pousse à répéter ce son. Parce que j'aurais pu faire autrement :
6f) "tous se retournèrent. Ceux qui ne bavaient pas, ravis pour autant, en oublièrent les tables avec leurs plats."
Ici, soudain, le /a/ est beaucoup plus fréquent, fin de la suprématie du /e/. Pourquoi j'ai préféré l'un à l'autre ? Aucune raison ! J'ai pris le premier son venu et je l'ai exploité sans même y réfléchir pour que la phrase se ressemble du début à la fin. On a l'impression d'entendre la même chose et donc, de parler de la même chose, ce qui est bien vu qu'on est toujours dans la même phrase. D'où, donc, ces rajouts un peu partout et ces choix de mots pour faire gonfler le nombre de /e/ que le lecteur rencontrera.
Enfin...
6g) "emplie de poneys... extasiés quand même..."
Pourquoi est-ce que j'isole ces deux passages ? Parce que si vous regardez où sont les virgules, il y a trois pauses successives : "emplie de poneys... qui ne bavaient pas... quand même..." et la fin avec "couverte de mets". Vous ne remarquez rien ? Non, vraiment ?
"Poneys / mets" riment.
Mais entre ce "poneys" et la fin de la phrase il y a quand même une sacrée flopée de mots, sans parler des pauses comme dit, et "ne bavaient pas" ça rime pas vraiment. Donc qu'est-ce que j'ai fait ? À la seconde pause, "ne bavaient pas", je me suis rendu compte que ça ne rimait pas et du coup j'ai créé encore une pause avec cette fois un mot à la sonorité proche, "quand même".
Le rapport entre des poneys, des mets et des memes ? Aucun. Ces rimes-là n'ont pas pour but de produire du sens mais de signaler au lecteur chaque "phrase" à l'intérieur de notre méga-phrase.
 
5tl;dr ?
Je sais que c'est assez technique mais reprenons.
Au départ, on utilisait des sons pour mimer les sons "réels", et on le faisait en mettant autant de fois un même son que possible à la suite.
Ensuite, on utilisait des sons pour lier des mots ensemble, comme des "rimes", et on voulait au contraire que leurs sons se distinguent de tout le reste.
Enfin, on a observé que les sons pouvaient servir à indiquer le découpage du texte : de façon générale, regrouper les mots entre eux ou au contraire séparer ces groupes le plus clairement possible.
 
On a donc découpé une phrase en "phrases" simples et dans ces phrases on a découpé des "groupes de mots". Puis je me suis amusé à analyser ce que j'avais fait sans même réfléchir.
Et là on a vu que :a) À l'intérieur d'un même groupe de mots, j'essaie d'utiliser toujours les mêmes sons ("pièce emplie de poneys" -> /p/)b) À la frontière entre deux groupes, j'essaie de répéter un même son pour la transition ("blanche entra" -> /en/)c) Je fais "rimer" des mots en fin de groupes, ou aux mêmes places (sujets, verbes...)
Bien sûr, c'est mieux s'il y a une motivation aux sons qu'on rencontre (/p/ pour la "peine", /j/-/l/ pour la légèreté, l'insouciance) mais, et c'est l'observation qui motive cet article, il me semble que les sons servent et peuvent servir surtout à découper le texte, à indiquer clairement au lecteur les différentes parties d'une phrase, les mots qui vont ensemble, les parenthèses, les changements de sujet et tout ce que la grammaire peut faire pour vous.
-- à noter que ce n'est qu'une observation, elle peut être fausse et tout ça... --
 
Je trouvais la réflexion intéressante. J'ai personnellement cette réaction très positive quand je vois qu'un texte prend la peine de travailler les "sons" et même si pour beaucoup ça peut encore paraître un luxe, un ornement, je vous invite encore à expérimenter, à y réfléchir et, fanficers,à vos plumes !

Brocco 13 498

Faire des fautes, est-ce si grave que ça?

Faire des fautes, est-ce si grave que ça ?
 
Que ce soit dans le cadre de MLPfictions ou dans d’autres contextes, il m’est souvent arrivé de discuter plus ou moins cordialement de l’importance d’une bonne écriture. Et en général, je voyais généralement une expression revenir de façon redondante : « c’est pas si grave (ndlr : de mal écrire) ». Comme si au final, une écriture incorrecte ne porte finalement que peu à conséquence et que bon, on pourrait quand même passer à autre chose.
Sauf que cette phrase, c’est pour moi un peu l’équivalent du crissement des ongles sur un tableau noir.
Je n’irai pas jusqu’à dire que « mal » écrire est une abomination aux yeux de Dieu mais ce n’est pas pour autant que je considère la chose comme anodine. Au contraire même.
C’est en réfléchissant à cette question que j’ai alors réalisé quelque chose. Nous sommes plusieurs, et moi le premier, à rappeler l’importance de l’orthographe, de la grammaire, de la syntaxe, etc., quand, à la lecture d’une fiction, nous considérons qu’ils ne sont pas d’un niveau satisfaisant. Mais par contre avons-nous auparavant expliqué en quoi bien écrire est important ?
Cette interrogation n’est pas anodine. Si l’on revient un bon paquet d’années en arrière, j’étais le premier à n’en avoir rien à faire des cours de français, ne comprenant pas trop pourquoi on s’emmerdait à ce point avec des règles à la mords-moi-le-nœud et n’ayant pour toute réponse à mes doutes qu’un « parce que » définitif. Sauf que cela ne répondait en rien à mes interrogations et donc je n’écoutais pas plus.
D’une certaine manière, il ne serait pas étonnant que nos remarques soient perçues de la même façon, particulièrement par la frange la plus jeune du site (« jeune » signifiant grossièrement pour moi « né après 1999 », soit après la sortie française de Pokémon version Rouge & Bleu ; je me prends un coup de vieux à chaque fois que je réalise ça chez quelqu’un).
Je ne serais donc pas surpris si certain voient nos remarques uniquement comme les caquètements d’une organisation crypto-fasciste qui considèrent la maîtrise de la langue comme quelque chose de sacré sans aucune autre justification derrière. « Il faut faire comme ça parce qu’il le faut » en somme.
Sauf que non, les erreurs orthographiques, grammaticales, syntaxiques et j’en passe ont des conséquences, chose qu’il est absolument nécessaire de comprendre. C’est pour cela que je me suis décidé à essayer de pondre un article sur ce sujet :
Pourquoi il est important de bien écrire.
J’espère que cela permettra de sensibiliser une partie du lectorat et des écrivains du site, de faire comprendre pourquoi on peut se montrer aussi emmerdant avec ça. En tant que relecteur, cela me donnera aussi un support qui m’évitera de répéter trop régulièrement pourquoi je peux être à ce point tatillon.
Et pour ceux qui sont trop fainéants pour lire, vous pouvez sauter directement à la conclusion, voir à la toute dernière phrase. Ce serait quand même dommage parce que dans cet article vous aurez droit à des anecdotes cocasses, des dinosaures qui tirent des lasers et même à des explosions.
 
Avant-propos
Le but de cet article n’a pas pour but de se défouler ou de se moquer de ceux qui peinent avec la langue française, bien au contraire. L'objectif est réellement d’apporter un éclaircissement nécessaire sur l’importance d’une bonne écriture.
A un moment, il devient toutefois important d’appeler un chat un chat. Je vais donc souvent parler de « mal écrire » voir « d’écriture pauvre » quand celle-ci est remplie d’erreurs (aussi bien d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, etc.), tout simplement parce que jouer la diplomatie excessive n’aurait eu pour seule conséquence que d’opacifier mon propos.
A noter que je me concentre sur le plan purement technique. Une fiction bien écrite, c'est-à-dire respectant les règles de la langue française, ne sera pas forcément une « bonne » fiction mais nous entrons là sur un autre terrain bien plus complexe que je n’aborderai donc pas. De même, quand je dis « faire des fautes », ce n’est pas une coquille par-ci par-là, c’est faire une ou plusieurs erreurs de façon récurrente qui démontrent la non-maîtrise d’une ou plusieurs règles de la langue française.
Je tiens aussi à rappeler que par cet article, je n’ai pas la prétention de me placer au-dessus de la masse sur mon trône d’airain et pour aller plus loin dans certains détails, d’autres seront bien plus compétents que moi. D’ailleurs il ne sera pas impossible de croiser quelques fautes dans cet article, comme quoi. Enfin, tout cela n'est que mon seul avis.
Il n’en reste pas moins que je pense qu’il est important de discuter de cette problématique fondamentale et si cela peut ouvrir le débat ou la réflexion, c’est tant mieux.
 
La langue française, cette vieille catin vérolée
Une première chose qu’il faut bien admettre, c’est qu’aussi belle et intéressante soit la langue française, elle est aussi affreusement compliquée. Ecartelée entre ses racines latines et germaniques, remplies de règles et d’autant d’exceptions, avec en sus une logique aléatoire, il n’est pas tous les jours facile de bien la comprendre.
En petit exemple de règle purement arbitraire, nous pouvons ainsi citer le masculin qui l’emporte toujours sur le féminin. Jusqu’au XVIIIème siècle, elle n’existait pourtant pas, l’accord en genre se faisant selon le donneur le plus proche. Puis l’on décida un jour de changer les choses en se basant sur l’idée, somme toute bien dans son époque, que le masculin est supérieur au féminin, et que par conséquent le premier doit toujours prédominer. Et pif pouf, voici une nouvelle règle dont la pertinence est toute relative mais qu’il va falloir appliquer.
Certes il existe d’autres dialectes bien plus compliqués que le français mais on peut sans problème comprendre pourquoi certains ont des difficultés avec la langue du pays du camembert et des ronchons.
Il ne faut pas non plus oublier l’influence de facteurs extérieurs et bien moins clairement définis. Après tout, cela fait de nombreuses années que l’on observe un inquiétant déclin de la maîtrise de la langue française. Il y existe plusieurs hypothèses pour tenter d’expliquer cela (dégradation de la qualité de l’enseignement, effet délétère de la télévision sur le développement neuronal, conséquence de la culture « texto », complot des reptilien, etc.) sans qu’aucune ne soit apparue comme étant le facteur clé.
Pour résumer, il y a tout un ensemble de raisons qui peuvent en partie justifier les difficultés de certains avec l’écriture, il ne faut pas nous mentir. Mais est-ce que cela est une raison suffisante pour accepter placidement cette situation ? Je réponds niet tovaritch !
 
Ecrire pour soi mais aussi pour les autres
Pourquoi écrivons-nous des fictions ? « Pour les putes et pour la coke » me répondront certains et je serais bien obligé d’acquiescer. Non plus sérieusement, pourquoi ?
A mon avis, la réponse est simple : parce que nous avons non seulement besoin d’extérioriser quelque chose mais surtout envie de le partager avec d’autres. Si ce désir de partage était inexistant, quel serait l’intérêt de publier ses écrits sur ce site sinon ?
Et c’est là que va intervenir le premier problème d’une mauvaise maîtrise du français, à savoir que cela va d’entrée poser une barrière entre toi (l’auteur) et certains lecteurs, notamment ceux qui ont un bon niveau de langue. Cette réaction ne sera toutefois en rien du snobisme, attention. Si je ne fais presque jamais l’effort de lire une fiction mal écrite, ce n’est pas parce que je suis un connard hautain doublé d’une grosse feignasse (quoique) mais parce que c’est tout simplement désagréable.
Certains pourront rétorquer que ces fics sont pourtant lues et ce n’est pas faux mais elle le seront le plus souvent par un lectorat qui aura un niveau de français équivalent. En effet, pour ces personnes, lire une fic bien écrite et une fic mal écrite, c’est à peu près la même chose pour la simple et bonne raison qu’eux même ne voient pas les erreurs qui en feraient hurler certains. Par contre la réciproque n’est pas vraie.
A titre personnel, une fiction mal écrite c’est pour moi l’équivalent d’une ballade champêtre ou je me prends les pieds dans des racines toutes les 30 secondes et où je me vautre régulièrement dans des ronciers. Je bute sur chaque faute, me perd dans une mauvaise syntaxe et au final je n’arrive pas du tout à me concentrer sur la fic.
Et c’est quand même dommage. Toi, auteur, tu viens ici pour partager tes écrits mais ne serait-ce qu’en raison de leur forme, et sans même que le fond soit un seul instant pris en compte, tu fais déjà fuir un bon paquet de lecteurs potentiels.
Il ne sera alors pas rare de recevoir en commentaires des remarques sur la qualité de ton écriture ou dans certains cas voir la publication de ta fiction carrément refusée. Cela peut être dur, je l’appréhende très bien mais il te faut comprendre ceci : une fiction mal écrite c’est de fait une fiction désagréable à lire.
 
Mais pas que.
 
Une incompréhension orthographique ? Pif Hiroshima ! Pouf Nagasaki !
Pourquoi un titre aussi étrange ? Et bien pour cela, faisons une courte leçon d’histoire.
Août 1945, le Japon a perdu la grande majorité de ses bases dans le Pacifique et voit son sol être lourdement bombardé par l’aviation US. La défaite est inéluctable et les américains exigent une capitulation sans condition. Le gouvernement japonais tente alors de gagner du temps face à cet ultimatum, espérant qu’une négociation avec les russes leur permettra de sauvegarder l’Empire. Ils rédigent par conséquent une déclaration volontairement ambiguë afin de se laisser un peu de marge. Manque de chance, à cause des nombreux sens que l’on peut donner aux kanji (les idéogrammes japonais), et plus particulièrement à seulement deux d’entre eux, les américains interprètent cela comme un refus ferme et définitif. Quelques jours après et en réponse à ce « refus », deux touristes américains viennent visiter l’archipel nippon, ils s’appellent Fat Man et Little Boy. Leur passage provoquera les deux seules attaques nucléaires ayant existé à ce jour et qui auraient pu sans problème être considérés comme deux des pires crimes de guerre de l’Histoire si les Etats-Unis avaient perdu le conflit.
Alors certes, dans cette histoire nous sommes dans un contexte assez particulier (guerre, traduction, kanji…) mais il y a plusieurs enseignements à en tirer. Celui qui nous intéresse ici est le fait qu’écrire nous sert à nous comprendre.
 
Si, je vous jure !
 
Alors là je peux avoir l’air de défoncer avec grâce des portes ouvertes mais c’est pourtant quelque chose qu’il semble nécessaire de rappeler, même si c’est ici au travers de l’exemple le plus extrême qui soit.
Car une mauvaise écriture ne rend pas non seulement la lecture désagréable mais peut parfois troubler profondément son sens. Certes, dans le cas de MLPfictions, nous n’aurons pas d’extrêmes comme on peut le voir ailleurs avec des phrases absolument incompréhensibles pour la simple et bonne raison qu’ils seront derechef refusés par la validation.
Cependant, et même si le français a son lot de règles à la con, la grande majorité des nuances que l’on peut avoir entre des mots qui paraissent pourtant proches sont souvent très importantes, pour ne pas dire capitales. « Ou » ne veut pas dire « où », « à » ne signifie pas « a », « censé » et « sensé » n’ont pas le même sens, « ghkrsgt » n’est pas un autre mot pour « ornithorynque », etc.
Bref, le problème des fautes, c’est que non seulement elles perturbent la lecture mais en plus demandent le plus souvent au lecteur de réfléchir à ce que l’auteur a voulu vraiment dire. Nous nous retrouvons donc ici dans un travail similaire à de la traduction.
Bon, cela ne provoquera sûrement pas de guerre nucléaire et le lecteur finira sans doute par à peu près vous comprendre. Cependant, avec ce à peu près, vous aurez perdu quelque chose de fondamental.
Pour aller plus loin, je prendrai aussi pour exemple du roman « 1984 » de Georges Orwell où un état fasciste simplifie le vocabulaire pour ainsi simplifier sa pensée. Dans le cas de l’écriture, c’est à mon sens pareil. Une écriture pauvre ne peut mener qu’à un résultat pauvre, c’est malheureux mais c’est comme ça (à noter que la réciproque n’est pas vraie ici non plus).
Car écrire ce n’est pas simplement poser ses idées, sinon il nous suffirait simplement de rédiger un script ou un synopsis et en avant Guingamp. Non, écrire c’est avant tout guider le lecteur dans la façon dont il doit appréhender ladite idée. Vous avez une trame de fond qu’il vous faut suivre, le scénario, mais il vous est indispensable de broder autour, d’étoffer votre récit, pour y impliquer émotionnellement ceux qui vous lisent.
Pour illustrer cette idée, lequel de ces deux choix d’écriture vous semble préférable : Juste faire comprendre à peu près que Rainbow Dash a faim, qu’elle veut manger des crêpes mais que celles que vient de lui vendre le crêpier sont malheureusement froides et que cela la met en colère? Ou plutôt voulez-vous faire ressentir l’appétit dévorant de la pégase, le calvaire qu’est ce trop long périple jusqu’au crêpier alors qu’elle est tiraillée par la faim, sa joie à l’idée d’avoir enfin atteint son objectif, la salive qui s’écoule de ses lèvres à l’idée de goûter ces douces galettes de blé noir puis son amère désillusion quand sa langue découvre avec horreur leur horrible froideur et enfin son inextinguible colère quant à cette abominable traîtrise de la part du crêpier ?
Je pense que vous préférez la seconde solution car, toujours dans cette idée de partage, vous avez envie que votre public vive votre récit. Après tout, n’est-il pas gratifiant de savoir que, par notre prose, nous avons réussi à transmettre les émotions désirées chez autrui ?
Malheureusement, une mauvaise écriture rend l’implication émotionnelle du lecteur très ardue car non seulement il du mal à rentrer dans l’histoire mais aussi, et surtout, à y rester.
 
Les fanfics ne sont pas le seul problème mais peuvent être une solution
Pour ce dernier point, nous allons sortir du domaine des fanfics car bien écrire c’est aussi important pour la vie de tous les jours. Très important même.
Et c’est à partir de là que je vais me rendre compte que je vieillis car mon argumentaire sera le même que celui de mes parents, comme quoi ils avaient raison les bougres.
Pour ceux qui sont encore dans le système scolaire, vous avez déjà pu faire l’expérience de quelques points perdus en raison d’une mauvaise orthographe. C’est rageant mais pas si grave. Si on monte dans les études, les pénalités peuvent par contre devenir plus lourdes et on apprécie rarement de se voir poliment invité à reprendre l’ensemble de sa production, pour les plus chanceux, à cause de ce seul problème.
Mais quand on arrive dans le monde du travail, alors là ça devient la fête du slip. Pas la peine d’espérer décrocher le moindre job avec des fautes dans ta lettre de motivation et dans ton cv. Une seule erreur peut même souvent s’avérer fatale, l’employeur cessant instantanément de regarder ton dossier.
Et encore, rien n’est gagné une fois le boulot décroché. Si tes mails et tes rapports sont bourrés d’erreurs, cela peut remettre en cause la pérennité de ton contrat mais même s’il se maintient, tu risques de subir une ostracisation pas forcément visible et pourtant bien réelle.
Ainsi, il y a quelques temps de ça, j’avais justement vu passer une étude analysant la perception sociale d’un échantillon de personnes en fonction de la qualité de la rédaction de leurs courriels. Les résultats étaient assez édifiants : les fautes d’orthographes donnaient une image particulièrement négative de ceux qui les rédigeaient.
Est-ce que cela signifie que ta vie est foutue ? Non, à condition que tu prennes bien conscience de ce problème et que tu travailles à le résoudre. Et c’est alors là que réapparaissent les fictions.
Je suis tout à fait d’accord pour dire que le fait d’apprendre pour apprendre est chiant et que, justement, il n’y meilleure pédagogie que celle motivée par la passion.
Ainsi, si pour toi écrire est une passion, pourquoi t’améliorer serait une contrainte ? Au contraire, c’est surtout un excellent moyen de s’épanouir dans son écriture, de devenir petit à petit capable d’exprimer des choses de plus en plus complexes et ainsi, à terme, de pouvoir parfaitement coucher sur papier tes idées.
Comme je l’avais dit au point précédent, « une écriture pauvre ne peut donner qu’un résultat pauvre » mais cela ne veut pas dire pour autant que tes idées le sont aussi, au contraire. C’est donc pour toi qu’il doit être le plus rageant de te heurter à un tel mur, d’être incapable de t’exprimer comme tu le voudrais. Imagine un peu alors le plaisir que tu auras quand tu réussiras à franchir cette barrière.
Et cerise sur le gâteau, t’améliorer serait aussi bénéfique pour ton lectorat. Tu aurais ainsi plus de lecteurs et des commentaires bien plus agréables que « Raaaaah l’orthographe bon sang ! », ce qui te fera sans aucun doute énormément plaisir.
 
Conclusionation
En résumé de tout cela, on peut dire que :
- Ecrire, ce n’est pas quelque chose de facile. Cela demande tu temps, de la patience et de l’apprentissage. Cela demande aussi de l’humilité. Quand quelqu’un pointe du doigt des erreurs, ce n’est certes jamais agréable mais cela te sera pourtant bénéfique.
- Un récit plein de faute, c’est un récit désagréable à lire pour une part non négligeable du lectorat. Si tu veux que ta fiction soit lue et ne serait-ce que par simple respect, il faut prendre la peine de faire un effort là-dessus.
- Ecrire, c’est communiquer. Mal écrire, c’est donc mal communiquer. Le premier à être frustré de cette situation, ce sera donc toi car tu n’arriveras pas à faire ressentir ta fiction de la façon dont tu l’aurais voulue. Le lectorat comprendra à peu près ce que tu as voulu dire mais n’y entrera jamais de plain-pied.
- Dans une suite logique, mal communiquer est quelque chose de très handicapant dans une société où par définition la communication est fondamentale. Il est donc important de corriger tes lacunes non seulement pour aujourd’hui mais surtout pour demain. Et quel meilleur moyen d’apprendre qu’au travers d’une passion, ici l’écriture de fanfic ?
Donc voilà, si tu as des problèmes d’orthographe, de syntaxe, de grammaire ou de je ne sais quoi encore, essaye de faire l’effort de t’améliorer. Il y a plein de gens sur ce site qui seront prêts à te donner des conseils ou un coup de main pour peu que tu te montres courtois et humble. N’hésite donc jamais à demander de l’aide, personne ne t’en tiendra rigueur, bien au contraire.
Pour terminer, et pour les plus fainéants d’entre vous, je pense que mon avis pourrait se synthétiser en une phrase :
 
 Faire des fautes, ce n’est pas si grave ; ce qui est vraiment grave, c’est de s’en contenter. 
 

Vuld 7 422

Les caricatures.

Hi'.
J'ai discuté sur Teamspeak avec lnomsim et on se demandait comment éviter des personnages caricaturaux. Notamment dans MAI, comment faire un capitaine convaincant. Allez lire le texte si vous comprenez pas.
Comment souvent quand on me met face à un problème concret en écriture, je me rends vite compte que je n'ai absolument aucune idée de la réponse.
Donc commençons par poser le problème.
 
1Une caricature... c'est quoi ?
Lorsque le Crystal Empire a fini d'agoniser sous nos yeux, parmi la montagne de reproches les bronies en avaient un en particulier : celui que Pinkie Pie avait été réduite à une machine à blagues sur échasses.
Si vous préférez un autre poney, pas de problème : depuis qu'elle a ses ailes, Twilight se résume à une parfaite petite princesse. Et si je vous dis Fluttershy ? Comme un chien de Pavlov, vous devriez me répondre "timide". Flutty' est timide c'est tout ta gueule, si elle est pas timide c'est pas Fluttershy.
Et oui, effectivement, quand on pense à ces personnages ce sont ces choses-là qui nous viennent en premier en tête. On les connaît pour ça, on attend ça d'eux, à part pour Twilight mais ne revenons pas sur le Twilicorn. On veut que Pinkie Pie fasse des blagues et quand elle en fait, on rigole.
Pourtant ce sont des caricatures.
Qu'est-ce qui en fait des caricatures ? Eh bien, Pinkie Pie fait des blagues "pour faire des blagues". Elle fait des blagues parce que c'est Pinkie Pie, et c'est Pinkie Pie parce qu'elle fait des blagues. Tu le sens le raisonnement circulaire ? Les blagues sont arbitraires, elle en fait sur commande comme un automate et c'est tout.
Alors bien sûr, ce peut être un problème d'interprétation. Et j'avoue que je suis plutôt partisan de l'idée que nos ponettes préférées ont toujours un peu de profondeur. Mais ici je me dois de reprendre le propos de FiMFlam qui, à propos de Fluttershy, soulignait les petites piques que la pégase savait envoyer, du type : "j'ai un an de plus que toi". Ça ne semble rien, mais ça montre que la petite n'était pas juste timide, et FiMFlam la résumait plutôt en "la fille qui ne veut pas être là".
Un personnage est caricatural quand il est cantonné à un rôle, à une fonction : c'est le capitaine, c'est la princesse, c'est la machine à blagues.
Et encore une fois, ce n'est pas une mauvaise chose en soi : une caricature est facile à reconnaître et a un fort impact. C'est confortable pour le lecteur et pratique pour l'auteur, insérer ici un OC que vous n'aimez pas pour l'exemple.
Alors posez-vous la question...
 
2La caricature... c'est mal ?
En quoi la caricature ce serait mal ? Pourquoi ne pas faire un perso' caricatural ? Okay ce sont des persos' en carton-pâte et toutes les insultes qu'on trouvera pour les désigner mais du moment que le lecteur accroche, pourquoi réparer ce qui n'est pas cassé ?
Dans MAI, les personnages ne sont pas exactement les plus recherchés. Mais si on y regarde, ils sont expressifs, ils servent l'histoire et bah on lit sans vraiment s'en préoccuper.
Allons plus avant : au départ, tous les persos' sont des caricatures. Je dois créer un garde ? Bah ce sera un garde. Sans rien de plus, ce sera la "caricature" d'un garde, bâti sur ce modèle. Et, à juste titre, on s'attendre un minimum à ce qu'il se comporte en garde. Un capitaine doit faire des trucs de capitaine, une princesse des trucs de princesse, mince quoi. On ne va pas s'interdire de créer des orphelins juste parce que ça ferait "cliché".
Alors en quoi c'est mal ?
Eh bien laissez-moi vous parler de Sonic Boom (la série). À ma surprise, Sonic Boom est... pas si mal ! L'humour me fait rire, le rythme est là (avec des épisodes de 11 minutes, bonheur), les graphismes plutôt sympa', il y a même la référence aux poneys obligatoire (épisode 5) donc eh, si tu as six ans cette série ne te volera pas tes neurones. Dit autrement, c'est débile mais les personnages sont supportables.
Sauf un.
Stix, en plus de se taper l'incruste et de ne servir à rien à part voler le taf' du renard, est une paranoïaque. Et okay, un perso' paranoïaque pourquoi pas -- surtout dans le monde de Sonic -- mais elle ne fait que ça. Mais vraiment que ça. Rien d'autre. Chacune de ses répliques consiste à crier que le monde veut sa mort et je vous jure que c'est très vite lassant.
 
Stix est donc une caricature : c'est la paranoïaque de service. Ce qui m'amène à deux constats.
 
3Créer la variation
Premier constat : comment qu'c'est bon quand elle ferme sa grande gu- J'ai pu apprécier toutes les rares occasions où la série donnait à Stix un comportement différent. Par exemple, épisode 3, elle se détend sur la plage et même si c'est juste pour faire la blague, elle te dit "ça fait du bien d'être détendue". Ouais, ça fait du bien de voir qu'elle sait se détendre.
Fort de ce constat, logiquement, on se dirait que pour éviter la caricature il suffit d'étendre le panel des réactions.
Par exemple, Pinkie ne fait pas juste des blagues. Elle sait aussi être super snif, genre avec les clones et tout ça. Twilight n'est pas juste une princesse, elle est aussi... euh... ah ben non en fait c'est vraiment juste une buckin' princesse. Fluttershy a "Flutterrage" par exemple, pour rappeler qu'au fond d'elle-même y a une jument qui a envie de crier.
Le problème ? On ne fait qu'empiler les caricatures.
Mais si, comparez : dans Dragonshy, Flutty' se met en colère contre le dragon. Elle refait pareil contre la cockatrice bien plus tard, et enfin elle pète les plombs au gala. Maintenant prenez les Power Ponies et arrêtez de râler sur l'épisode, on se concentre. Si je vous dis que dans les Power Ponies le flutterrage est une caricature, et pas dans les autres cas, vous arrivez à me croire ?
Pinkamena, inspirée notamment de Party of One, est une autre facette de Pinkie Pie, mais une caricature quand même : Pinkie pète les plombs parce qu'elle est Pinkamena, et elle est Pinkamena parce qu'elle pète les plombs.
Alors est-ce qu'avec ce constat on se serait planté ?
Pas vraiment.
Quand on commence en écriture, on fait par défaut des persos' caricaturaux. Le héros, le méchant, etc... des rôles simples et reconnaissables. Mais ensuite on se met à complexifier, à étoffer les personnages, et pour ça effectivement on fait varier leurs réactions.
Par exemple, le capitaine peut aussi être un père. On lui donnera donc tantôt des réactions de capitaine et tantôt des réactions de père. Ça reste caricatural, mais ça élargit son champ de réaction et ça évite donc la répétition vite gonflante qu'on a vue plus tôt avec Sonic Boom.
 
4Donner une raison d'être
Varier les réactions est donc la piste la plus simple et la plus sûre pour améliorer une caricature et travailler le personnage, mais j'ai beau faire, tout me ramène à ce constat : pour éviter la caricature, pour vraiment donner de la profondeur au personnage, il faut donner une raison à ses actes.
Et là je reprends Stix.
Dans l'épisode 5 (j'ai arrêté là, la série est sympa' mais 'faut pas déconner), après avoir paranoïaqué sur une foutue enveloppe, Stix nous décrit son agent : "je suis surchargée, je dois fouiller les poubelles, puis fouiller les poubelles, puis rappel antitétanos, puis fouiller les poubelles..." Et là tu comprends que Stix est en "situation de précarité", soit elle est folle soit elle est pauvre soit je sais pas mais en tout cas ça va pas super bien dans sa vie.
Pour être honnête, au départ je croyais qu'elle était parano' parce qu'Eggman attaquait tous les quatre matins. Mais comme elle est la seule à stresser et que tout le monde à côté est super tranquille, bah ça collait pas. À l'épisode 4 on lui balance même un robot-chien débile et la série décrète qu'elle l'aime, comme ça, en mode gratuit, et tu dois le subir.
Mais soudain, si tu tiens compte du fait qu'elle est euh fauchée, bah ça explique son stress. Yup, pour ceux qui ont vécu ce genre de situation, ça s'appelle "vivre au jour le jour", on est inquiet en permanence, plutôt agressif parce que sous pression et bref, le comportement parano' fait soudain sens. D'autant que, dans ce même épisode, elle montre qu'elle se soucie du regard des autres, donc elle est pas juste décérébrée.
De même, je l'ai dit, elle récupère un robot-chien débile, une véritable poubelle rouillée. Remets en contexte, elle est elle-même plutôt mal mise et plutôt mal vue, forcément qu'elle se retrouve en ce truc, et donc qu'elle s'y attache. Soudain son comportement fait sens.
Si seulement la série avait pris la peine d'introduire ça plus tôt.
Punaise.
Vous vous rappelez ce que je disais sur le Flutterrage ? Dans Dragonshy, elle passe en mode berzerk pour protéger ses amies. Face à la cockatrice, pour protéger les petites. Au gala elle pète les plombs parce que ses rêves sont brisés. Dans Power Ponies ? Un foutu papillon. Ses amies vont mourir ? Ranaf'. La ville est condamnée ? Ranaf'. Mais un foutu papillon ? T'es mort biaaat- non mais sérieusement c'est drôle ah ah deux secondes mais c'est con comme une poêle.
Une caricature c'est "je fais ce truc parce que je fais ce truc".
Un personnage travaillé c'est "je fais ce truc pour une raison".
 
5Pas d'excuses
À ce stade vous avez dû vous dire deux choses. La première : "ça y est ! Question réglée !" La seconde : "Ouf ! Mon personnage n'est pas caricatural !" Et comme vous avez pu le déduire, la première idée est fausse.
Exemple.
Pour quelle raison Pinkie Pie, dans Castle-mane-ia, va jouer de l'orgue ?
Bon déjà rien qu'au fait que je pose la question (et que c'est la S4), vous avez deviné qu'on est face, à mes yeux, à une caricature. Et donc, pour me faire plaisir, vous direz "pour jouer de l'orgue" ou "parce que c'est Pinkie Pie".
Mais maintenant, disons que vous vouliez défendre l'épisode et sa logique béton -- et j'aime bien cet épisode, moi, perso'. Pourquoi Pinkie Pie va jouer de l'orgue ? En général on dira "pour s'amuser" ou "par curiosité" ou "pour jouer avec ses amies" ou tout ce que vous voudrez. On peut trouver mille excuses à son comportement, genre "parce qu'elle l'avait lu dans un livre" ou "pour prouver qu'il n'y a rien à craindre", etc... jusqu'au plus cynique "parce que c'est écrit dans le script".
Et maintenant, disons que vous ayez carrément écrit l'épisode. Déjà toutes mes félicitations, c'est un chouette épisode. Ensuite, à quoi servaient les astraraignées ? Enfin : pour quelle raison Pinkie Pie va jouer de l'orgue ? Vous aurez toujours mille excuses mais parce que vous aurez écrit l'épisode, vous serez persuadé que ces excuses sont les bonnes. Vu que ce sont les vôtres.
 
C'est là toute la difficulté : juger entre une "vraie" raison ou une simple excuse.
Dans le même registre, est-ce que le Flutterrage dans Power Ponies est justifié ? Bah oui, y a un papillon qui est blessé. Et puis pourquoi elle défendrait ses keupines, elles ont l'air parfaitement capables de s'en sortir sans elles... une fois encore, si on veut trouver des excuses alors il n'y a rien de plus facile, vous en aurez par camions entiers.
Cela dit.
Si on reprend le cas de Stix (la parano'), on aura constaté que :1) Il faut que la raison soit donnée avant ou pendant l'acte. Après c'est trop tard.2) Il faut que ça "dise quelque chose".
Dans le cas de Stix, donc, la paranoïa servirait surtout à cacher un malaise vis-à-vis de sa situation difficile. Mais délaissons définitivement l'univers de Sonic pour les poneys, et là je vais reprendre FiMFlam : dans la saison 1, on voit Rainbow Dash jouer les bravaches et se vanter à tout va. Jusque-là, elle remplit le stéréotype du garçon manqué, mais lors de l'épisode du Rainboom on découvre qu'elle doute en fait sérieusement d'elle. C'est cet épisode qui, plus qu'aucune fadaise qu'on a pu nous balancer jusque-là, donne vraiment une raison d'être aux bravades de Dash. Un manque d'assurance.
À noter qu'ici on est vraiment dans l'interprétation de fan, comme dit, celle de FiMFlam. Mais au final c'est le lecteur qui détermine s'il s'agit d'une caricature ou non. Si la raison ne le convainc pas, on retombe dans l'excuse et il ne verra qu'un personnage en carton. S'il n'est pas difficile, alors un papillon peut le persuader qu'on a affaire à de la grande psychologie.
 
6Un exemple
Jusqu'ici, qu'est-ce qu'on a dit ? Qu'un personnage était, de base, une caricature ou un ensemble de caricatures, et que pour lui donner de la profondeur il fallait donner des raisons à ses actes.
Mettons ça en pratique.
Disons que je veuille créer une alicorne. Qui tire des lasers. Elle serait tombée d'une comète et aurait pour destinée de sauver Equestria. Vous me suivez jusqu'ici ? Très bien.
Alors, c'est entendu, là on est en mode hardcore, mais je suis aussi partisan de l'idée que toutes les histoires sont bonnes, et que donc notre alicornes cométo-lasers peut être cool si on essaie. On va donc faire les choses dans l'ordre et voir à sauver ce radeau de la méduse.
Pour résumer, c'est une alicorne. On a donc notre caricature.
La première chose qu'on peut faire est de lui coller d'autres caricatures. En général on veut lui donner un côté comique, donc... maladroite ? Ou paresseuse ? C'est la technique bête des JdR où on donne des défauts au personnage pour le rendre plus équ- plus humain.
Moi, je décide que c'est une ancienne générale (donc autoritaire) et une scientifique, et euh... Oh ouais elle avait un mari et un enfant mais ils sont morts je sais pas comment. Et le mari a ressuscité. En méchant. Amnésique.
Première étape de faite, notre alicorne a désormais quatre caricatures empilées, et oui je sais que j'utilise le terme de façon générique mais bref :1) C'est une alicorne2) C'est une générale3) C'est une scientifique4) C'est une veuveÀ quoi j'ajoute bien sûre l'héroïne tout ça....
Et maintenant, on veut lui donner une raison d'être. Plus précisément, elle est destinée à sauver le monde, alors... pourquoi ?
Si je regarde dans la liste qu'on a, elle est veuve, donc elle veut peut-être faire honneur à la mémoire de ses proches ? Elle est scientifique, elle a peut-être vu quelque chose que personne d'autre ne peut/veut voir ? Elle est générale, est-ce qu'elle mène un combat d'arrière-garde ? Est-ce qu'elle obéit aveuglément ? C'est une alicorne, et si elle se sentait forcée de le faire ? À contrecoeur ? Au contraire avec foi ?
Ça fait quand même un paquet de possibilités.
Et là vous reconnaîtrez facilement l'équation que j'utilise :
[caricature] + ??? = [acte]alicorne + ??? = sauver le monde
Disons que mon alicorne rencontre Twilight Sparkle juste après une bataille contre son ancien mari mort ressuscité méchant. Comment mon alicorne va réagir ? Elle pourrait, bien sûr, agir en alicorne, être noble et expliquer les choses de la façon la moins informative possible... ou agir en veuve et en vouloir à l'univers d'avoir dû affronter son mari. Ou agir en générale et se cacher derrière son devoir -- en donnant des ordres à tout va -- pour éviter le chagrin.
[caricature] + bataille = [acte]
Tout dépend alors de ce que l'histoire veut mettre en avant, la façon dont on veut valoriser le personnage. En se rappelant, comme dit plus haut, qu'il faut varier un minimum, mais là c'est encore une autre histoire.
Pour finir, testons avec Fluttershy.
Flutterrage + papillon = ???
Si votre réponse est :
Flutterrage + papillon = Flutterrage
Félicitations, vous êtes retombé dans la caricature. Pourtant, l'équation est toujours valide. Et si le papillon était la "goutte d'eau" qui déclenchait le raz-de-marée ? Le truc qui lui fait enfin remarquer que oui des poneys sont blessés... Et si, plutôt que de venger le papillon, elle agissait purement pour se sauver elle-même ? En se voyant broyée comme l'a été le nanimal ?
Flutterrage + papillon = réveilFlutterrage + papillon = instinct
Il y a là encore un tas de manières de tourner la chose et je tiens à souligner que le résultat est, quelque part, le même : on a toujours Fluttershy qui passe en mode Hulk. Mais les raisons qui la motivent sont très différentes et ces raisons donnent une toute autre profondeur à la scène, et de toutes autres possibilités d'interprétations, et donc d'émotions, au lecteur.
Et c'est ça l'intérêt d'aller au-delà de la caricature.
 
7tl;dr
Je suis obligé de répondre ici à un autre propos : oui, c'est vrai, parfois se prendre la tête est d'une stupidité sans nom. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Les caricatures sont efficaces et font de très bons personnages pour de très bonnes histoires... ou en tout cas des personnages qui plaisent pour des histoires qui plaisent, mais je ne veux pas faire mon râleur.
Mais donner de la profondeur au personnage, c'est réfléchir aux raisons qui le motivent, c'est lui donner une vie (et donc vie). C'est donner de l'intérêt à ses actes et donc une raison au lecteur de s'y intéresser.
Une caricature est ce qu'autrefois j'appelais un "personnage-fonction", ou "personnage-outil", qui est juste là pour les besoins du texte, type le héros ou le forgeron.
Lui donner de la profondeur ne l'empêchera pas de toujours remplir sa fonction, mais permettra de développer, dans le texte, tant le personnage que l'action même.
Et ça, ça signifie que le lecteur a plus de mou à broyer quand il lit. Et c'est cool.
 
Un capitaine criera toujours sur ses recrues, mais d'une telle manière -- et aidé par le texte -- que derrière on sente le père ou l'amant.

Vuld 4 412

Le synopsis.

Hi'.
J'ai un mythe personnel, le mythe de la première phrase, qui veut que la première phrase d'un texte doit contenir l'ensemble de l'histoire en germe. Il y a pas mal de raisons à ce mythe et j'en donnerai deux.
La première est le "syndrome de la page blanche" : quand tu te mets devant ton écran, avec ta super idée de fic', et que tu n'arrives pas à aligner deux mots. Dans ces conditions, la première phrase du texte devient incroyablement importante, parce que si elle est ratée, en général tu cales et le syndrome continue.
La seconde est que ce mythe existait avant moi, et ne concerne pas la première phrase du texte, mais le titre. Un littéraire fait de l'analyse de texte : on te donne un passage du texte et tu l'analyses. En général, on n'analyse pas le quart de couverture d'un livre, mais on considère que le titre fait partie du texte. Et l'attente est alors que le titre contienne à lui tout seul l'ensemble du texte.
Allons plus loin.
En littérature, on n'analyse JAMAIS l'image. Vous savez, l'image sur le livre, l'image qui illustre votre fanfic'. Normal : on fauche ces images sur internet, on les met après coup et elles n'ont pas plus été pensées pour le texte que le texte n'a été pensé pour elles. Mais si l'image était pensée pour le texte, qu'attendrait-on d'elle ? Que l'image résume le texte.
Maintenant qu'on a expédié l'introduction, passons au synopsis.
Tout comme le titre, tout comme l'illustration, en général un littéraire n'analyse pas le synopsis : il a été écrit après-coup, il ne fait pas "partie du texte". Mais s'il devait servir à quelque chose, alors le synopsis devrait résumer le texte ? Non ?
 
1Le rôle du synopsis
C'était ma supposition jusqu'à ce qu'on me pose la question. Et la réponse, surprenamment... est non. Et pour le comprendre, un peu de littérature de bac à sable s'il vous plait, parce qu'on va devoir reprendre les bases du "plan" d'un texte.
Le plan de base qu'on nous apprend à l'école, c'est :
Situation initiale -- Problème -- Développement -- Résolution -- Situation finale
La situation au départ c'est ça, soudain paf un problème, du coup il se passe un tas de choses puis on arrive à résoudre le problème et on se retrouve dans telle situation à la fin.
Quand on dit que le titre doit résumer l'ensemble du texte, on veut dire qu'il doit contenir le texte depuis la situation initiale jusqu'à la situation finale. Chaque chapitre, chaque paragraphe, chaque fichu signe de ponctuation du texte doit être concentré, compressé, comprimé dans les quelques mots mis en gras centré police quatorze Times de votre fanfiction.
Le synopsis, lui, suit une autre logique. Il ne doit contenir que la situation initiale et la problématique :
[ Situation initiale -- Problème ] -- Dével...
En termes littéraires, le synopsis va dire au lecteur quel problème va se produire, et rien de plus.
Pour le comprendre, supposons un texte lambda. Par exemple, mettons que Derpy Hooves se fasse enlever par des dragons. Le mane6 doit aller la secourir mais en cours de route Spike découvre qu'il est un prince en exil et ensuite Tirek revient et il se passe un tas d'autres trucs mais à la fin les gentils gagnent. À quoi devrait ressembler le synopsis, par défaut ?
1) Derpy Hooves s'est fait enlever. Le mane6 doit aller la secourir, et pour cela elles devront s'aventurer dans le territoire des dragons.
Comme dit, le synopsis va donner au lecteur le problème posé dans le texte. Définir le problème n'est pas évident : si on délivre Derpy au chapitre 3, alors que des chapitres il y en a 26, y a des chances que ce problème n'en soit pas un. Pensez au cochon dans le film des simpsons, cochon qui disparaît après le premier tiers du film ; ou pensez au sauvetage de princesse au tout début du jeu Final Fantasy 1, quête quasi-anecdotique face au reste du jeu.
Si on décide que le problème n'est pas Derpy (c'était juste une excuse pour aller chez les dragons) mais Spike, alors le synopsis sera plutôt :
2) Parti avec le mane6 sauver Derpy Hooves, Spike découvre qu'il est un prince exilé.
On a donc la situation initiale, à savoir l'enlèvement de Derpy, mais surtout on nous donne le "vrai" problème du texte, c'est-à-dire que Spike est en fait un prince exilé et blablabla... et si on décide que le vrai problème du texte c'est le retour de Tirek ? Même si ça n'arrivera qu'au chapitre 6 ? Même chose : on réduit tout ce qui précède au rang de situation initiale et on se concentre sur le retour de machin.
Pour la littérature, de base, un synopsis c'est ça.
Mais pour la littérature le synopsis c'est surtout un outil commercial fait pour attirer le lecteur.
 
2La forme du synopsis
À force de se répéter qu'MLP est une publicité pour jouets, on doit être le fandom le plus cynique d'internet. Ce qui serait en soi un exploit. Mais oui, MLP Fictions est une vitrine pour mettre le texte en valeur et le fameux synopsis y participe.
Un synopsis est donc fait pour vendre et doit être aussi accrocheur qu'un "titre kiklak".
En termes littéraires, on doit créer une tension. En gros, on va créer une attente qui poussera le lecteur à aller lire. Quelle est cette attente ? Eh bien, par exemple, la réponse à une question :
3) Derpy Hooves s'est fait enlever. Le mane6 parviendra-t-il à la délivrer ?
Au risque de vous spoiler, oui, elles vont y arriver. Je n'ai vu ni tag "sombre" ni "grimdark" donc c'est un peu dans le contrat. Mais on a posé une question et vous voudrez au moins vérifier que vous aviez raison. Ou à la place d'une question, le synopsis vous cache de l'information :
4) Derpy Hooves s'est fait enlever. Le mane6 doit aller la délivrer, mais devront compter sur un certain dragon pour réussir.
Là encore au risque de vous spoiler, je crois que potentiellement ça risque d'être Spike. Mais idem, dans le doute ça donnera envie d'aller voir. C'est ce qu'on appelle du "faux suspense", c'est artificiel mais quand on est désespéré ça fonctionne.
Bon, mais est-ce qu'on a des techniques plus avancées pour rendre le synopsis alléchant ?
Oui... et non.
La réponse littéraire, une fois encore, est compliquée. En gros, à défaut de concentrer toute l'histoire dans un seul paragraphe, on va concentrer toute l'atmosphère. Et c'est là qu'on retombe sur le mythe de la première phrase : le synopsis va donner une idée au lecteur du genre de texte qu'il va lire pendant... quoi, dix, cent pages ?
L'idée est alors que le synopsis "mime" à son échelle l'écriture qu'on retrouvera tout au long du texte. Les paragraphes sont plutôt longs ? Le synopsis sera long également. On veut de la bonne humeur et de la simplicité ? Le synopsis sera direct et plein de points d'exclamations. On veut réfléchir au sens de la vie et torturer les persos' avec des conflits de whatever ? Le synopsis va accumuler les périphrases et broyer du noir.
5a) Derpy s'est fait enlever... par des dragons ! Twilight et ses amies pourront-elles la sauver ? C'était sans compter sur Spike !
5b) Parfois, la vie est rude. Parfois on n'a rien demandé. Mais quand le début du commencement se produit alors il faut accepter la puissance draconique qui est en soi.
En gros, imaginez que vous avez 1'000 tableaux à exposer dans un musée, et que vous pouvez en mettre un seul devant la porte pour attirer les gens. Ce tableau va dire "vous allez en trouver mille autres des comme ça à l'intérieur". Ce qu'on veut, c'est que ce tableau, ce paragraphe de texte, soit représentatif du texte qu'on trouvera en tournant la page.
Il faut alors envisager le synopsis, effectivement, comme un paragraphe supplémentaire du texte, écrit de la même manière : quelque chose qui pourrait apparaître dans le texte, qui pourrait y être dit.
5c) Spike fronça les sourcils : "Et pourquoi ce ne serait pas MON tour d'être le héros, hein ?" Et sur ces mots il se détourna de la cellule et de ses amies.
Bon là c'est un peu extrême mais on a un synopsis qui reprend littéralement la narration du texte (avec un mot tout en majuscules, ce qui est le mal absolu je le rappelle). Que ce passage existe ou non importe peu : on a là un échantillon de ce qui nous attend, et qui en plus nous donne une bonne idée du problème.
Donc...
En définitive, peut-on envisager le synopsis comme un travail littéraire ? Un synopsis peut-il... avoir du style ?
 
3L'effet du synopsis
Personnellement, je suis flemmard. Et avant de considérer seulement cet article, j'avais effectivement tendance à reprendre un passage emblématique du texte et à le coller comme synopsis sans réfléchir plus loin. C'est d'ailleurs ce que je fais aussi avec les illustrations de textes : je dessine un moment marquant du texte, ou avec des éléments marquants question d'évoquer un peu l'histoire. J'avais même pris l'habitude, durant quelques mois, de débuter tous mes textes par une phrase pour me donner une idée de l'ambiance du texte.
Mais le synopsis peut être beaucoup plus travaillé que cela.
Et pour cela on doit considérer encore deux "notions" littéraires. La première est cette idée d'attente du lecteur. La seconde est celle de la problématique, ou plus précisément, du thème.
Lorsque vous lisez un texte, vous avez des attentes. Par exemple vous voulez lire une romance : vous vous attendez donc à ce que le texte colle ensemble deux poneys ou plus si affinités. Mais si vous imposez certaines attentes au texte, avant même de le découvrir, inversement le texte va créer des attentes à mesure que vous le lisez. Typiquement, si on apprend que le tonton d'Applejack va venir visiter, on s'attend à... bah à la visite du tonton d'Applejack.
On a donc les attentes du lecteur, genre "aujourd'hui je veux lire un texte SF sombre avec Discord dedans", et on a les attentes que peut créer le texte, genre "attends-toi à voir des dragons".
Tout ce qui compose la fanfic' va alors jouer sur les attentes. Le titre va accrocher le lecteur s'il correspond à ses attentes : "La légende d'autrefois" n'est pas très SF, le lecteur va passer son chemin. "Technowave Pulsar AD" fait assez SF, le lecteur va s'arrêter. Mais le titre va également créer ses propres attentes : "Comme un coq en pâte", on ne s'attendra pas à un sauvetage du monde par l'énième héros alicorne amnésique tombé des étoiles. Moi ce titre m'évoquerait plutôt une "tranche de vie" un peu comique.
Le synopsis va faire pareil.
6a) Rainbow Dash va rendre visite à Fluttershy. Que va-t-elle trouver dans la maison de son amie ?
Coup d'oeil aux tags : si c'est [NSFW] je préfère ne pas connaître la réponse. Si c'est [romance], je crois deviner que c'est de l'amour. Si c'est [triste], on aura droit à une révélation whatever. Si c'est [grimdark] bon bah un cupcake-like.
6b) Rainbow Dash va rendre visite à Fluttershy. Y trouvera-t-elle enfin le réconfort ?
Avant même de jeter un coup d'oeil aux tags, cette fois, à quoi s'attendre ? "Réconfort", donc on suppose que Dash est triste, on peut donc s'attendre à un peu de drama et tout ça. Mais "réconfort" c'est aussi la présence chaleureuse, et ça en général ça signifie de la romance. Parce que.
Okay je jette un coup d'oeil aux tags et ooookay [grimdark]. Vous êtes sérieux ?!
6c) Rainbow Dash va rendre visite à Fluttershy. Avec une truelle et un yoyo.
Okay, premier réflexe, c'est soit de la comédie soit du wtf. Pourquoi ? Parce qu'on me sort deux objets qui n'ont aucun rapport avec une visite amicale. Et c'est ce que je veux souligner : le synopsis a un effet sur le lecteur, un effet comique, justement parce qu'on ne voit pas le rapport, que ça sort de nulle part comme un diable en boîte. C'est si absurde que ça fait rire, et c'est le but d'un texte comique / wtf. Donc on s'attendra à trouver un texte comique / wt- comment ça [triste][sombre][guerre/violence] ?! Mais bon sang les gens c'est quoi votre problème !
La forme du synopsis va donc créer l'attente, ce qu'on s'attend à trouver dans le texte.
Mais le synopsis fait autre chose également.
Si vous vous rappelez de ce qu'on a dit au départ, le synopsis résume le problème posé par le texte. Et on ne savait pas, par exemple, si le problème était la capture de Derpy ou Spike qui est un prince exilé. Et faut-il évoquer le retour de Tirek ?
Allons plus loin : imaginez un texte qui mélange six intrigues à la fois. Ce qui serait typique d'Icorne, d'ailleurs. Comment tu veux faire le synopsis d'une histoire où il se passe six trucs à la fois ?
La réponse, c'est le "thème". Il y a un tas d'autres mots pour ça mais ne compliquons pas les choses. Le thème, c'est en gros l'idée centrale du texte, la raison même pour laquelle on l'écrit. Ce n'est pas le retour de Tirek, la capture de Derpy ou Rarity qui n'a plus de peigne : c'est une idée, abstraite, présente partout, visible nulle part... disons-le autrement. Quand je demande à quelqu'un "ça parle de quoi ce texte ?" En général on me répondra :
7a) Ah ce texte c'est Derpy qui se fait enlever alors le mane6 doit aller la sauver mais elle est chez les dragons alors elles y vont et là Spike découvre qu'il est un prince exilé et blablabla...
Ça, ce n'est pas le thème de l'histoire. Ça c'est juste une suite d'événements et personnellement j'en ai ranafiche. Ce qui m'intéresse c'est le thème. Quand je demande à quelqu'un "ça parle de quoi ce texte ?" j'aimerais entendre une réponse du genre :
7b) Ah ce texte ça parle de férocité, avec des dragons qui se tapent dessus pour le pouvoir.
7c) Ah ce texte ça parle d'ambition, avec Spike qui se sent freiné et empêché par ses amies
7d) Ah ce texte ça parle de papier toilette. Ou comment le papier toilette c'est la réponse à tout.
L'idée centrale du texte est une chose assez abstraite et franchement difficile à concevoir, et c'est pour ça que le synopsis peut aider en essayant de la résumer en un paragraphe ou moins -- en général une à deux lignes. Le synopsis va dire au lecteur : "C'est ça le thème, c'est de ça dont on va parler pendant 100 pages, t'es prévenu". C'est censé créer cette attente, c'est censé le mettre en condition pour que, justement, quand il arrive à la première page, il sache à quoi s'attendre.
8a) Je m'en veux d'avoir emmené Spike avec nous. Je pensais qu'il nous aiderait à sauver Derpy des griffes des dragons. Au lieu de ça, je l'ai exposé à la haine et au sang.Je ne laisserai personne lui faire du mal.
8b) Spike fronça les sourcils : "Et pourquoi ce ne serait pas MON tour d'être le héros, hein ?" Et sur ces mots il se détourna de la cellule et de ses amies.
8c) Chers dragons, suite à la capture de Derpy Hooves et du colis qu'elle portait, à savoir mon papier toilette, je vous déclare amicalement la guerre. Veuillez agréer blablabla, Twilight Sparkle
 
4tl;dr
Un synopsis est donc censé faire trois choses :1) Résumer le problème2) Accrocher le lecteur3) Donner le thème
Il doit, dans un premier temps, informer. Le but n'est pas de spoiler l'ensemble du texte mais d'en dire suffisamment pour savoir de quoi le texte va parler. En gros, faire le boulot des tags, avec plus de précision.
Il doit, dans un second temps, intéresser. Le but n'est pas de faire de la publicité mensongère, mais plutôt de donner du style, un "échantillon" de ce que le texte a en réserve.
Il doit, dans un troisième temps, préparer. Le but n'est pas de "faire stylé" mais d'engager à l'avance la discussion avec le lecteur, sur le thème de la fic'.
Donc...
Qu'est-ce qu'un bon synopsis ? Pas la moindre idée. Ou plutôt, comme on dit lâchement : "tout dépend du texte". Et de l'auteur. Et du contexte. Et bref, pour beaucoup le synopsis sera toujours cette corvée à faire après coup, un peu comme trouver une image pour la fic'. La littérature s'en désintéresse.
Mais si on veut traiter le synopsis de façon littéraire, alors la technique de base que je conseillerais serait de prendre un moment marquant du texte et de l'adapter en synopsis. C'est ce que je fais avec les images. C'est ce que j'ai fait avec Melodrama.
Et si vous voulez vraiment travailler ce truc, alors considérez le synopsis comme le trailer d'un film : essayez d'y rendre la même atmosphère, essayez d'y évoquer le thème du texte. C'est ce que je fais avec plus ou moins tous mes synopsis, PonyCell en tête.
Après, je suis fan du laconisme, aka de dire le plus possible avec le moins de mots, et c'est pour ça que je résumerais par, fanficers,à vos plumes !

Nouveau message privé