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Blackhoof 10 498

Test : votre méchant d'un autre point de vue

Niak les ficolts.
 
Aaaaah ! Shitstorm is coming ! Un nouveau test !
 
Nope nope nope. De un, ce test est subjectif et n'est pas infaillible, et de deux, je le poste pour éventuellement aider les jeunes ficers. Pas les vétérans littéraires.
 
Ensuite, ce test vous servira non pas à déterminer le classicisme, mais plutôt à voir vos méchants d'un autre point de vue. 
 
Pour finir, j'ajoute que j'ai développé ce test à partir celui de Rainbow Knight, étant donné qu'il ne voulait pas intégrer trop de questions sur les vilains. D'où certaines "ressemblances". Evidemment, il est au courant de la création de cet article "similaire".
 
Bon voilà. Je vous laisse avec le test.
 
EDIT : même après une dizaine d'essais, le texte grbl comme un porc. Sincèrement désolé de la mise en page immonde qui ne veut pas se mettre comme il le faut.
 

 
1. Votre méchant est-il baptisé d’après vous ?
2. Le méchant a-t-il un nom « super cool » type « dark » ? 
3. Le méchant a-t-il plus d’un nom ? (un surnom ou pseudonyme) 
4. Le méchant est-il un héritier d’un trône quelconque ?                                                                    
5. Le méchant a-t-il seulement une enfance ? Est-il le fils déchu d’un personnage canonique ? Ou bien même le père d’un personnage canonique ?
6. Le méchant est-il un poney surpuissant aux origines mystérieuses ?
7. Avez-vous créé une race juste pour votre méchant ?
8. Votre méchant dispose-t-il au moins d'une qualité ?‏
9. Votre méchant a-t-il seulement une vie derrière son masque de vilain ?
10. Est-ce que votre méchant est conçu pour être détesté de tous ?
11. S’il s’agit d’un adulte, est-il particulièrement jeune pour la position qu’il occupe dans l’organigramme du Mal ?
12. Votre méchant pratique-t-il la nécromancie ? Ou tout autre art interdit depuis des générations ?
13. Passe-t-il son temps assis sur son trône ?                                                                                  
14. Si oui, passe-t-il son temps à ruminer ses échecs et/ou à construire son plan machiavélique ?                                    
15. Si oui, lorsqu’il parle de son plan à d’autres personnes, utilise-t-il un langage codé qui remplace des noms par des déterminants, et ce, d’une manière abusive ?                                                              
16. Ou bien même un langage codé sensé apporter du suspens/mystère à l’histoire ?                           
17. Le méchant est-il omniscient ? Sait-il plein de choses sans raison ?
18. Sera-t-il ramené du côté lumineux ? Si oui, cela le vaut-il vraiment pour lui ?
19. Si le méchant est ramené du bon côté, aidera-t-il le héros principal à combattre un vilain encore plus puissant ?
20. Est-ce que votre histoire narre une quête pour un objet magique qui va sauver le monde ?
21. Votre méchant affronte-t-il directement le personnage principal dès les premiers chapitres ?
22. Est-ce que votre méchant recherche le héros principal depuis sa naissance ?
23. Est-ce que le méchant punit les erreurs insignifiantes par la mort ?                                              
24. Votre méchant sacrifie-t-il des légions de soldats comme des pions ?                                          
25. Est-ce que le grand vilain est aussi retors qu'habile au combat, plus que ses troupes surentraînées de sa garde personnelle, et ce, sans raison ?"                                                                                       
26. Est-ce que le(s) personnage(s) gentil(s) est/sont au courant des plans du grand méchant et ce, dès les premiers chapitres ?"                                                                                                                
27. Le grand méchant a-t-il une raison de s'acharner continuellement sur le personnage principal, surtout s'il ne représente pas une menace significative ?‏                                                                              
28. Avant d’envoyer son armée contre eux, le grand méchant est-il au courant de l'existence du héros principal et de sa bande ?                                                                                                               
29. Si oui, n’a-t-il pas des problèmes plus importants à régler ?                                                        
30. Votre grand méchant a-t-il une famille ? Des amis ? Ou même un lieutenant fidèle ?                                                                                                                                        
31. Sinon, pourquoi se priver de ces outils pouvant enrichir la personnalité/histoire de votre grand méchant ?                  
32. Votre méchant est-il un méchant parce qu'il faut un méchant ?                                                           
33. Votre méchant est-il un ancien gentil tombé du côté obscur de la Force ?‏                                     
34. Votre méchant a-t-il une raison de voir le monde brûler à ses sabots ?‏                                        
35. Votre méchant fait-il autre chose de sa vie que de fomenter des complots ?                                  
36. Votre méchant est-il en possession d'un artefact magique surpuissant qui l'a corrompu ?              
37. Votre méchant est-il le supérieur d'un méchant canonique ?                                                        
38. Votre méchant est-il un ancien élève du maître de votre personnage principal ?                            
39. Votre méchant se considère-t-il comme mauvais ?                                                                      
40. Lors de la confrontation finale, le méchant rate-t-il tous les coups qu’il veut infliger au gentil ?                                                                                                                                         
41. Si oui, savez-vous à quel point cela décrédibilise votre vilain ?                                                     
42. Si le méchant est laissé pour-mort, sera-t-il alors la cible d’un power-up le rendant plus gros, musclé, et pas content ?                                    

REX 4 296

Commençons par la fin voyons !

  C'est encore bibi qui va vous parler de ces découvertes pour vous aidez à écrire LA fiction de vos rêves ! (bon c'est peut-être pas nouveaux mais sa me tenais à cœur de partagez ça avec vous !)
   Je vais donc reprendre mon titre: "Commençons par la fin !"
   Pourquoi par la fin ? Et surtout pourquoi commencé ? (je m'explique)
   Je vais prendre le cas général:
-Vous venez d'avoir une idée qui vous semble "lumineuse" et qui vous en êtes certains, va vous transportez dans le monde de la fiction avec vos lecteurs !
-Casse la tienne, vous vous ruez sur votre ordinateur et écrivez le début sans même penser à la suite tellement cette idée vous a inspirer.
  Sauf que voilà ! Juste après avoir fini votre court récit le MONSTRE de la page blanche toque à votre porte et compte bien s'installer chez vous !
  Car en réalité, vous avez écrit une idée sans même penser à la suite ! Vous savez le courant principale de l'histoire, vous savez faire un court résumé, mais vous n'arrivez pas à la mettre en forme dans votre tête ! (Oh misère !)
   Vous décidez donc de vous creusez la tête jusqu’à faire exploser votre boite crânienne, mais après 24h, vous êtes toujours en colocation avec le monstre de la page blanche, qui commence même à ramener des amis ! Je veux bien parler de l'angoisse et du stress !
   Après encore 48h, vous commencer à ne plus en pouvoir, et décider de jetez l'éponge... vous vous déconnectez de votre histoire, et vous pensez à COMMENT elle aurait pu finir. Et c'est alors que... MIRACLE ! APOTHÉOSE ! EURÊKA !
   Vous voilà à refaire en SENS INVERSE votre histoire ! Commençant de la fin, et remontant le temps ! Chaque idée s'imbrique petit à petit et vous voilà avec la colonne vertébrale de votre histoire ! Il ne vous manque plus que les muscles, la peau et un cœur ! (félicitations aux petits chirurgien !)
 
   C'est là où je veux en venir, j'ai moi même été confronter à cette histoire ! Ne pouvant plus me sortir du crâne mon histoire tellement je voulais avoir la suite ! Et je remercie donc ma prof de français (non pas car elle m'a aidée, mais parce que ces cours sont assommant et que j'ai pu laisser vagabonder mes idées pendant plus de deux heures !)
   Donc je vous encourage à commencer par la fin voyons !
 
À toute tout le monde ! Écrivez bien !
R.B

REX 14 368

Comment trouver l'inspiration ?

   J'écris surement ce qu'on écrit beaucoup d'autres avant moi !
   Je vais pas vous bassiner avec tout mes méthodes les plus extraordinaire et incroyable, car je ne suis ni médecin, ni psychologue ! (et de plus, tout le monde ne peux pas faire comme tout le monde !)
    1) La page blanche !
Qu'est-ce que la page blanche ? He bien.... c'est un GIGANTESQUE BLANC sur l'écran de votre ordinateur ! (rassuré vous ce n'est pas parce qu'il à planté !)
    C'est ce que redoute tout les écrivains en herbe (et les vrais écrivains d'ailleurs !), ce sentiment de "non-inventiviter", de ne pas savoir où aller où de ne pas savoir comment continuer (et parfois même d'être décourager d'écrire ! (expérience personnel))
    2) Comment y remédier et surtout comment trouver l'inspiration !
    "Inspiration" Un mot inconnue pour certains et précieux pour d'autres. Mais avant tout une "clé" pour tout auteur qui se respecte !
     Pour remédier à la page blanche et donc trouver l'inspiration, je préconise:
-LA MUSIQUEEEEEEEE !(forcément en tant que musicien, je n'y coupe pas !) Mais attention ! Pas n'importe lesquelles ! (je m'explique)
Le type de musique que j’emploie le plus souvent sont relier à des sentiments:
Par exemple ! Pour ma part, j'aime écouter Exile Vilify de The National pour trouver des histoires triste ou avec une pointe d'espoir.
C'est comme ça avec les autres, chaque musique est pour ma part, une histoire à proprement parler (pas forcément grâce aux paroles ! mais plutôt grâce à la mélodie). Donc amateur de musique, cette carte est très bonne à jouer ! Installer vous sur un banc, dans votre lit. Lâchez votre portable et tout le reste. Dites "Merde" et laisser vous porter par votre playlist !!!
 
-L'AIR PUREEEEEEE ! Faites un tour ! Marchez dans votre quartier, au bords d'une rivière, dans une forêt ! Et laissez vous transporter par vos pas et par l’environnement ! Marcher à toujours été un moyen de réfléchir (pour ma part), parler vous à voie haute ! (quand vous êtes tout seul bien entendu)
 
-LES FILMS ET LES LIVREEEESSS ! Amateur de littérature et de bon films, ne mettez pas cette option de côté !
(Bien sûr, n'aller pas relire votre bouquin de 500pages !) Prenez les meilleurs passages ! Ceux qui vous fait: rire, pleurer, stresser, etc... De manière à retrouver cette sensation et à s'en inspirer ! (Et même à partir de là !)
 
-LES SITUATIONS QUOTIDIENNEEEEES !
(je prends un exemple des plus banals)
"Maman ! Je veux pas ranger ma chambre !!!
-Si ! Où tu es priver de dessert !"
 Ah ma mère, toujours à me faire des reproches !! Ben tiens en voilà une bonne source d'inspiration !
 
"Alors que Riki était dans son labo top secret, la diabolique Malake, une méchante de renommer et manique du rangement déboula à l'intérieur avec un cris de fureur:
-Tu vas périr pour ne pas avoir ranger ton laboratoire !!!
   Riki prit sur lui, et tout en sortant deux fusils plasmique se mit à couvert et dit avant d'ouvrir le feux:
-Jamais vous n'aurez mon territoire !!! Et encore moins mes fringues !!!"
 
Ok c'est complètement nul.... (ne me frapper pas !) Mais, voilà comment partir ! Changer les phrases, les situations ! Rendez les dures ! Explosives ! Intensives ! Dramatique... Post-Apocalyptique ! Humoristique !!
 
-C'EST FINIIIIIIII !!! En espérant vous avoir réconforter et donner des idées ! Et surtout n'oubliez pas ! "La dernière chose qui se trouve dans la boite de Pandore est "l'espoir" et c'est ce qui fait vivre l'Homme"
Aller ! A tout le monde !!
R.B
                                                                                            

DarkWater 14 359

Vous écrivez-où?

 Je me pose une question chaque soir de week-end. Lors de l'écriture de ma fiction, où donc écrivez vous?
 
Pour ma part j'écris sur vieux pouf noir à la lumière de lune via me fenêtre accompagnée par mon mac (gloire à toi) 
Et vous vous écrivez-où?

REX 2 269

Avoir "l'étincelle" ! Et aussi, qu'est-ce que "écrire"

Bon ! Je vais vous raconter comme MOI j'ai eu le "déclic" comme diraient certains pour écrire, et surtout qu'est-ce que c'est "d'écrire" pour MOI.
     C'était une chaude journée d'été, et.... Bon d'accord pour faire clair, j'ai eu cette idée en cours de Physique-Chimie ! (endroit improbable non ?)
      D'autant plus, que rien ne me prédestiner à aimer écrire. Je m'explique: Le Français n'a jamais été mon truc, et pour couronner le tout, je suis Dyslexique (problèmes de syntaxes, fautes de grammaire, fautes d'orthographe). Donc bon, si quelqu'un m'avait dit un jour: "Pourquoi tu te mettrais pas à écrire ?" je lui aurais ris  au nez !
       Pour en revenir à mon déclic, étant un grand rêveur, je passais pas mal de temps à vivre des aventures dans ma tête plutôt qu'a écouter en cours, et puis alors que mon professeur nous enseignait les "Masses Molaires" (c'est du cours de première S ;) ), j'eus comme toujours une nouvelle idée d'histoire, je l'ai donc nourris pendant plusieurs minutes, mais arriver à un moment, je me suis dit: "Mais M**** ! Si je l'a mettais sur papier ?". Car le truc c'était que je la trouvais plutôt pas mal et que j'avais envie de voir mon rêve achevé sur papier (ou plutôt sur Microsoft Word). Au bout d'une semaine je l'avais finit, et auprès de mon entourage ( et même de mon prof de français ainsi que de la Documentaliste), j'eus de très bonne critique !
       C'est là où je veux en venir ! Écrire, n'est pas un métier, ni un moyen de gagner de l'argent et encore moins une corvée ! Écrire, c'est avant tout un moyen de s'exprimer, mais aussi une envie, "une pulsion". Comme je l'ai dit plus haut, ça m'a pris comme une envie d'aller aux toilettes ! Et c'est justement ça qui est fou ! Car depuis, je ne peux pas passer trois semaines sans écrire quelques pages sur tel où tel films et histoire.
       Donc vous l'aurez compris, écrire est une envie soudaine et incontrôlable ! "Une drogue", mais une bonne drogue quand on sait comment s'en servir ! Je vous encourage donc à ne pas laisser vos aventures personnels au fond de votre boite crânienne, mais plutôt à les laisser aller sur quelques pages d'un logiciel de traitement de texte, et peut-être dans un cours de Physique-Chimie, vous aussi aurez cette envie d'aller aux toilettes !
 
Aller à toute !
R.B

Vuld 5 313

La lourdeur.

Hi'.
Bronify est lourd. Si vous n'avez pas lu Bronify vous avez désormais une excellente raison de ne pas le faire. Et même si c'est un autre texte qui me pousse à parler du sujet, j'ai choisi un de mes propres récits parce que la lourdeur est l'un des pires crimes de l'écrit du web.
Donc comme d'hab', qu'est-ce que la lourdeur ?
En général quand on parle de "lourdeur" dans un texte on fait référence à la mise en page. La taille des paragraphes. Quand j'écris mes articles, dans l'éditeur de texte je fais en sorte de tourner autour de 4-5 lignes par paragraphe, et même si ça change d'une résolution d'écran à l'autre, ça reste une bonne mesure pour vous éviter, d'une part, de vous manger un pavé, une énorme brique visuelle dans les yeux, d'autre part de n'avoir qu'un truc squelettique modèle "est-ce que t'as seulement essayé ?"
C'est d'ailleurs une raison qui fait que je n'aime pas les dialogues aux nombreuses répliques courtes : c'est squelettique. Et ça donne une mauvaise impression.
J'aime aussi séparer les parties de mon article par des paragraphes plus courts. Yup c'est volontaire.
Autre anecdote amusante : quand j'écris mes paragraphes, surtout sous GoogleDoc où la taille du texte est fixe, je fais en sorte de ne jamais finir le paragraphe sur une ligne qui ne contiendrait qu'un seul mot. En général je fais en sorte de finir la ligne vers le milieu, et de varier un peu (un quart, trois quarts...) pour ne pas lasser l'oeil du lecteur. C'est bête mais je le fais.
Vala'.
Nous ici on va parler d'un autre type de "lourdeur". Car oui, un texte peut être lourd même si les paragraphes sont "allégés", "découpés" ou "aérés". Cette lourdeur vient du contenu, ou de la manière dont on écrit les phrases.
... Okay soyons plus concrets. Est-ce que vous connaissez l'expression "étaler la confiture" ? Les profs' de français le disent parfois à leurs élèves. Ça signifie que la personne n'a presque rien à dire mais le dit avec beaucoup de mots. Le résultat est un texte très lourd et pénible car... ben... on parle beaucoup pour ne rien dire. C'est typiquement ce qu'on fait lors d'une dissertation, parce qu'on nous a dit "fais cinq pages" alors tu fais cinq pages, même si tu pourrais tout dire en deux.
Avant de vous donner un exemple, laissez-moi souligner que cela vaut pour le plan du texte. Vous avez un chapitre où je sais pas moi, Sombra revient pour la x'ième fois envahir Equestria. Au début du chapitre Sombra apparaît, à la fin du chapitre Sombra est sur le trône. Okay. Comment rendre ça lourd ?
Eh bien, par exemple, en répétant cent fois le même schéma. Il rencontre Luna, il la bat. Il rencontre Discord, il la bat. Il rencontre Celestia, il la bat. Il rencontre Discord, il la bat. Il rencontre Twilight, il la bat. Il rencontre un grille-pain, il le bat. Il rencontre ta mère, il la bat... dlgkdsah IL SE PASSE RIEN LÀ ! C'est bon, on a compris, il a gagné ! Pas besoin d'insister, insister c'est lourd.
Autre exemple, en faisant qu'il accède directement au trône. Genre il vient d'arriver, il déglingue tous les poneys en une demi-page, s'assoit sur le trône et passe SEPT PAGES à admirer sa victoire. IL SE PASSE RIEN LÀ ! Ses pensées sont sûrement formidables mais passe à la suite !
L'impression qu'il se passe des trucs n'est pas non plus l'assurance d'éviter la lourdeur. J'avais écrit un texte qui se résumait à "Spike et Rarity se battent" en mode épique. Tout le texte c'était juste ça, ils se bastonnent. Eh bien, même si j'ai fait en sorte de varier les attaques, de changer le décor et ainsi de suite... ben c'était juste du "ils se battent", donc le lecteur s'ennuie. Il ne se passait rien (d'important).
La lourdeur d'un texte peut donc être un contenu trop faible par rapport à sa taille.
Et bien sûr cela vaut pour les phrases.
Oui, une phrase peut être lourde. Même principe, si on met deux lignes à dire "elle se réveille", bah non, non ça ne passe pas.
1) Fluttershy s'arracha à la torpeur languissante de son inconscient, passant d'une sorte de morne somnolence à un soudain enthousiasme vif et spontané à mesure que les pensées se chamboulant dans sa tête frétillaient sous ses paupières encore un peu lourdes.
Okay ouais donc elle se réveille. Je sais pas si on a essayé de dire autre chose, moi passé la première virgule ça a fait "blablabla banalités machin truc plus de blablabla" dans ma tête et j'ai arrêté de suivre. La phrase est un vrai brouillon pour un truc qui se résume à trois mots.
Cela dit :
2) Fluttershy se réveilla. Elle se leva. Elle alla à la fenêtre. Dehors il faisait beau.
C'est... ce n'est pas lourd, mais c'est très pénible. Ici le texte est squelettique. Yup ! On l'a dit au départ, "en faire trop" rend le texte lourd mais ne pas en faire assez rend le texte... basique ? Flemmard ?
Peu importe. L'important est qu'une phrase peut être lourde, faute de contenu pour justifier sa longueur. Mais même si le contenu était au rendez-vous, la phrase peut toujours être lourde. Et cela vaut pour le texte entier, d'ailleurs.
3) Fluttershy saisit au léger bruissement les premiers rayons du soleil grignotant sa patte le poil or et crème s'enfonçant sous le drap, elle frissonna, un grincement, son coeur bondit et l'arracha à l'inconscience.
Riez pas, pendant une période j'avais l'habitude d'écrire de telles phrases. Et encore, celle-là est simple, plus loin on se fera plaisir, avec des "qui" et des participes présents dans tous les sens. Ici en l'occurrence on essaie de dire qu'Angel vient réveiller Fluttershy, mais du point de vue de Flutty', dans le flou du réveil. Ce serait super artistique si on y comprenait quelque chose...
Mais la structure d'une phrase n'est pas forcément l'exemple le plus clair que je puisse trouver. Il y a mieux. Il y a le registre.
4) Fluttershy recouvra l'état d'éveil.
Recouvra ? État d'éveil ? Non là en oubliant les broutilles, la phrase elle fait quatre mots. Quatre. Mots. Mais parce qu'on utilise des termes complètement barrés, bah c'est comme si on venait de me balancer une brique. Non mais sérieux, l'état d'éveil ?!
Je suis forcé d'insister parce que là mine de rien on vient de passer en revue trois manières de rendre un texte lourd :1) Parler beaucoup pour ne rien dire2) Faire des phrases compliquées pour des trucs simples3) Utiliser des mots compliqués pour des trucs simples
Compliquer les choses rend le texte lourd. C'est parfois nécessaire, par exemple pour rendre la scène solennelle et carrément impressionnante, mais la plupart du temps c'est surtout incroyablement hors de propos et ça donne envie de fermer l'onglet et d'aller manger des chips. Ouais j'avais plus d'imagination alors chips.
Compliquer les choses c'est donc, par exemple, utiliser des "périphrases" : utiliser plein de mots pour décrire quelque chose de commun. C'est ce qu'entre chroniqueurs on appelle le "syndrome du pistolet". Parce que quelqu'un avait décrit un pistolet en disant : "Il sortit un étrange objet formé d'un tube de métal blablabla..." et le lecteur est là "non mais c'est un pistolet, on sait." Alors oui rendre l'objet étrange était bien pensé mais un paragraphe pour nous décrire chaque partie du pistolet, non, c'est lourd.
Compliquer les choses c'est aussi utiliser un registre soutenu pour des choses familières.
5) Fluttershy manda son léporidé afin de maniérer la livrée du susdit.
Elle a appelé Angel pour le brosser ! Non, jeter des termes "élevés" ne rend pas ton texte plus cool ! Alors oui, il faut expérimenter, tester les termes qui passent dans tel ou tel contexte, c'est excellent. Mais à moins d'avoir un style particulièrement cynique, ça là, l'exemple (5), c'est une horreur. Et c'est gonflant.
Bon.
Bon.
Reprenons.
Si vous avez suivi, jusqu'à présent on essayait de définir ce qu'était la lourdeur. Au niveau du texte, de la phrase, des mots...
Mais on n'a pas dit comment faire pour repérer la lourdeur. Ni pour l'éviter.
Repérer la lourdeur dans nos propres textes n'est pas évident. Loin s'en faut. Bah oui, si on l'écrit c'est qu'on pense que c'est bien. Et la relecture à chaud n'aide pas. En fait, je ne me rends vraiment compte de la lourdeur qu'après une bonne nuit de sommeil. Le meilleur indice étant si je décroche de mon propre texte.
Un bon plan va en général permettre de voir où la lourdeur va arriver ("étaler la confiture") mais il ne peut rien pour votre style, pour la forme de vos phrases ou le choix de vos mots. Et si vous pensez que "plus c'est compliqué plus c'est artistique" alors vous allez droit dans le mur.
Donc disons que vous soyez comme moi, vos plans sont foireux et vous ne prenez pas le temps de vous relire. Que faire ?
Ma réponse : la paraphrase.
J'en avais déjà parlé à une autre occasion mais lorsque j'analyse un texte, j'ai tendance à d'abord la résumer. C'est ce qu'on a fait pour les exemples (1) à (5) : on a à chaque fois fait une variation de "Fluttershy se réveilla". Cette paraphrase minimaliste, qui tente de simplifier la phrase jusqu'à l'os, offre un repère pratique pour voir ce qui a été fait.
On teste ?
6) Apparemment, Strawberry n'était pas tellement d'accord, alors que Sweetie Belle et Derpy commençaient à sourire, pensant que leurs problèmes pourraient être réglés. (Le règne de la nuit, chapitre 3)
Non, ce texte n'est pas lourd, j'ai juste pris une phrase au hasard dans une fic' au hasard. Bon la phrase est un brin trop longue mais tant mieux, on verra comment la paraphrase nous permet de détecter ça. Donc paraphrasons, vous voulez bien ?
6a) Strawberry n'est pas d'accord alors que Sweetie Belle et Derpy sourient en pensant que leurs problèmes sont réglés.
Comme dit, on essaie de ne conserver que le minimal vital. Toutes les nuances genre "apparemment", "commençaient" ou "pourraient" giclent par la fenêtre.
Oui je sais il faudrait un article entier pour expliquer comment faire ce genre de paraphrase, mais passons.
À partir de l'exemple (6a), qui nous sert de repère, que dire de (6) ? Eh bien, déjà, le vocabulaire est simple. Et effectivement, le vocabulaire devrait être simple. Il y a beaucoup d'atténuateurs un peu partout (toutes les nuances précédemment citées) qui font de cette phrase un gros euphémisme... okay on a vu un effet de style, mais quid de la lourdeur ?
La paraphrase se doit d'être la plus simple possible. Ici, il y a deux parties compliquées : "alors que" et "en pensant". On note pour ce dernier qu'on a rajouté un "en". Pourquoi ? Parce que sa suppression est un effet de style. Croyez-moi sur parole.
La paraphrase nous dit où regarder et en regardant bien on verrait que la phrase mélange deux "propositions". Le problème se produit à "pensant", avec un lecteur qui croit qu'on parle à nouveau de Strawberry. Problème de structure, phrase trop compliquée, il faut clarifier les choses :
6b) Apparemment, Strawberry n'était pas tellement d'accord, alors que Sweetie Belle et Derpy (pour leur part) commençaient à sourire en pensant que leurs problèmes pourraient être réglés.
Mais même alors, le participe présent reste quelque chose d'assez "complexe". Simplifions encore plus :
6c) Apparemment, Strawberry n'était pas tellement d'accord, contrairement à Sweetie Belle et Derpy qui commençaient à sourire à l'idée que leurs problèmes pourraient être réglés.
Notez qu'ici la lourdeur venait de la structure de la phrase. Pour régler le problème, on a rajouté des mots, on a allongé la phrase. La lourdeur n'est donc vraiment pas une question de nombre de mots. Pour le lecteur, la "lourdeur" c'est quand le texte ne lui parle plus.
Là on a eu un exemple de paraphrase mais retentons l'expérience, cette fois avec un cas qu'on a déjà vu, celui de Fluttershy au réveil. Je vous propose le cas (1) :
1) Fluttershy s'arracha à la torpeur languissante de son inconscient, passant d'une sorte de morne somnolence à un soudain enthousiasme vif et spontané à mesure que les pensées se chamboulant dans sa tête frétillaient sous ses paupières encore un peu lourdes.
Paraphrase :
1a) Fluttershy s'arrache à la torpeur de l'inconscient et passe de la somnolence à l'enthousiasme alors que ses pensées frétillent sous ses paupières.
Et maintenant imagine que quelqu'un a lu ta phrase et te demande d'en faire un résumé. Tu lui dirais ça ? Non, tu lui dirais "Fluttershy reprend conscience, ce qui l'enthousiasme et la fait frétiller." Quelque chose comme ça. Ici les termes sont trop compliqués ("torpeur de l'inconscient" est un monstre en soi) et on nous met des adjectifs un peu partout. Autant d'indices qu'on se complique la vie pour rien.
Là je montre une paraphrase assez basique mais le travail de paraphrase va toujours plus loin : je l'ai dit, on veut le minimum vital. Là, en (1a), ce n'est pas le minimum vital. Mais passons.
Et corrigeons.
Face à la lourdeur, le premier réflexe est de supprimer. Couper. Retirer des mots. Genre ici l'auteur frustré qui ne voit pas comment corriger son torchon décide que "tout est nul" et ne laissera que "Fluttershy s'arracha à la torpeur languissante de son inconscient." Point. Voilà, on a supprimé environ deux lignes, problème réglé ? Nope, c'est toujours lourd. Stade auquel l'auteur vous insulte en grec.
De fait, ce que la paraphrase peut nous dire, c'est ce que la phrase contient. En l'occurrence, on veut dire que Fluttershy reprend conscience et que ça l'enthousiasme. Alors plutôt que de vouloir couper dans le lard ou autres pansements sur une jambe de bois...
Pourquoi ne pas réécrire carrément la phrase ?
Maintenant qu'on sait ce qu'on veut dire, essayons de le dire de façon plus fluide, plus légère.
1b) Fluttershy frétilla à la foule de pensées qui venaient de bousculer son inconscient.
Ici plus besoin de mentionner l'enthousiasme de l'éveil : la forme l'évoque pour nous. Phrase dynamique, frétillement, bousculade, etc... Le côté "morne" est lui moins accentué mais le simple emploi du mot "inconscient" contraste avec le ton plus enjoué. Car yup, les termes élevés ont tendance à être assez graves et... pesants. Bref.
La paraphrase, bien appliquée, nous dit ce que la phrase est censée faire. On en dégage les idées principales, puis on reformule. Encore. Et encore. Et encore. Et encore. Et bien sûr on fait avec ce qu'on a, je ne vous demanderai pas d'avoir fait l'université (surtout pas, restez spontanés, pitié) mais corriger la lourdeur ne se fait pas juste en supprimant ou en changeant des mots. En général, la meilleure solution est de reformuler.
Et oui, il faudrait aussi tout un article sur la reformulation, punaise on n'en a jamais fini...
 
 
C'est le moment pour un tl;dr ?
 
 
La "lourdeur" d'un texte ne se résume pas à son nombre de mots. Ça joue au niveau du texte, de la phrase, du mot... et ce peut être son contenu, sa structure, son registre... Essentiellement, on dit qu'un texte est "lourd" quand il complique les choses pour rien.
C'est souvent un signe de manque de maîtrise mais qui indique des efforts (pour étoffer, développer). Donc on pardonne, mais ça rend la lecture pénible.
Parfois, c'est juste de la flemme, ou "pour faire genre", et là on grogne.
Le meilleur moyen, à part la relecture (pour voir quand nous-mêmes on décroche), est encore la "paraphrase". Résumer le passage le plus possible et, à partir de ce repère, voir si la complication se justifie vraiment. Et si on découvre que c'est lourd, le mieux est encore de "reformuler".
J'ai l'impression de n'avoir toujours qu'esquissé le sujet, notamment parce qu'il faudrait à l'inverse parler de la "fluidité" mais en l'état c'est tout ce que j'ai à dire et je suis super-duper-fatigué donc je vais vous laisser juges et donner comme d'habitude le dernier mot, fanficers,à vos plumes !

LordAngelos 8 327

De l'art de faire de chouettes dialogues.

Ouep, c’est peut être un des seuls articles que je ferais, mais le sujet me tâte trop pour que je la laisse de coté. Et puis ce sujet n’est pas exempt de choses à dire.
Bon un dialogue, vous savez tous ce que c’est, sinon vous vous êtes juste trompé de site. Mais histoire d’être sûr, un dialogue, concrètement c’est ça :
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- Bonjour Fluttershy.
- Bonjour Twilight.
- Tu vas bien ?
- Oui, et toi ?
- Très bien, la journée est belle.
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Voilà un dialogue. Banal, voir inintéressant, mais un dialogue quand même. L’idée de base est de faire parler et interagir au moins deux personnages. Au moins deux parce que sinon c’est un monologue, dont l’utilisation est différente et moins fréquente.
Alors, pour la forme, je ne vais pas revenir sur certains points essentiels détaillés dans ces deux articles ici et là , je considérerais que la suite de cet article est lue en connaissance de ces bases.
Le but de cet article est un peu différent, car personnellement, ce qui me gêne souvent dans des dialogue que je juge insatisfaisant voir mauvais, ce n’est pas l’absence de guillemet, les tirets pas au bon endroit ou autre chose du même style. Non, ce qui me pose vraiment problème, c’est leur contenue. Alors oui, je crée ce sujet car j’ai assez souvent lut des fanfics composés de dialogues qui m’ont fait grincer des dents. Il y a pas mal de raison, rarement tous ensemble (heureusement, mes pauvres yeux sinon), mais on va se concentrer sur quelques unes.
Attention ! Cet article est en bonne partie subjectif, beaucoup d’avis sont basé sur mes ressentis, mes opinions. Pourtant, j’espère que mon avis pourra au moins faire réfléchir, voir donner d’autres avis qui pourrais changer les miens.
On va d’abord parler de la pertinence d’un dialogue.
Oui, ça reprend un peu un article de Vuld. Bon, honnêtement, ça ne me semble pas être le point le plus pénalisant, ce serait même le plus abstrait, notamment parce que la pertinence (ou l’intérêt dit de façon plus barbare) dépend de beaucoup de paramètres, que ce soit le texte qui l’habille ou le jugement du lecteur. Néanmoins, je vais pousser un exemple au ridicule pour que vous compreniez à quoi je veux en venir avec ce point.
La pertinence d’un dialogue, je le résumerai par cette question : qu’est ce qui peut justifier l’écriture d’un dialogue ?
Typiquement, mon petit dialogue plus haut fait partie de ceux qui ne font pas intervenir grand chose, il renseigne juste que Twilight dit bonjour à Fluttershy, et se demande mutuellement s’ils vont bien de la façon la plus basique possible, le tout avec un beau temps. Alors oui, prit comme ça, sans contexte, ça ne sert effectivement à rien. Seulement, même remis dans un contexte, genre Twilight qui va faire ses courses et croise la pégase, ben … honnêtement, ça reste du meublage, son intérêt dans la narration n’y est pas, il n’est pas pertinent. Et encore plus s’ils ne font que se croiser pour se séparer à la fin de ce dialogue. On pourrait ne pas le lire que l’histoire n’en serait pas chamboulée.
Qu’est ce qui pourrait arranger les choses ?
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- Bonjour Fluttershy.
- Bonjour Twilight. - Tu vas bien ? Ce n’est pas habituel de te voir en ville si tôt le matin
- Oui, mais aujourd’hui c’est la saison des amours, et je ne voudrais pas les déranger pendant leur parade de séduction, mais heureusement Rarity m’a proposé une séance au SPA avec elle. Et toi ?
- Je vais très bien, j’étais partie pour acheter de l’encre. C’est sur le chemin, je t’accompagne si tu veux ?
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Voilà, déjà on a du mieux. Là, concrètement, on a la raison du dialogue, à savoir Twilight qui s’étonne de voir Fluttershy dans la matinée, et celle-ci qui lui donne la raison, et en prime une petite perturbation dans le fil conducteur « Twilight va faire ses courses ». Sans ce détail, rien n’aurait pu sortir de ce dialogue, On l’aurait lu et c’est tout, on serait passé à autre chose. Il aurait alors suffit d’écrire qu’elles se croisaient et se saluaient dans la narration et basta, le résultat aurait été le même.
Et justement, cette narration, elle est où ? Car là, on a le dialogue seul. Hors un dialogue, c’est (presque) toujours précédé d’une narration pour l’amorcer. C’est de cette manière que l’on plante le décor, tout comme dans un théâtre. Et c’est grâce à ça que l’on évite des lourdeurs inutiles dans un dialogue, voir éviter carrément des dialogues. Car oui, vous l’aurez peut être compris, c’est les deux phrases de politesse qui me gêne. C’est commun de se dire bonjour, ça allonge inutilement le dialogue, et ça fait une répétition pas très belle à la lecture. On peut très largement s’en passer. Bon en fait non, ne nous en passons pas, ça éviterait de transformer nos ponettes en robot, replaçons les plutôt dans la narration.
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En profitant du ciel bleu, Twilight Sparkle passa par le centre de Ponyville, où elle vit son amie amoureuse des animaux qui semblait venir de son cottage. Elle vint alors la saluer pour ensuite prendre des nouvelles.
- Tu vas bien Fluttershy ? Ce n’est pas habituel de te voir en ville si tôt le matin.
- Oui, mais aujourd’hui c’est la saison des amours, et je ne voudrais pas les déranger pendant leur parade de séduction, mais heureusement Rarity m’a proposé une séance au SPA avec elle. Et toi ?
- Je vais très bien, j’étais partie pour acheter de l’encre. C’est sur le chemin, je t’accompagne si tu veux ?
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Bon, ce n’est pas de la grande littérature, mais avouez que c’est plus sympa à lire, ça dynamise le dialogue qui entre directement dans le vif du sujet.
C’est un exemple parmi tant d’autre, et c’est volontairement caricaturé pour vous faire comprendre le fond de l’idée. D’autres événements peuvent préférer un texte descriptif plutôt qu’un dialogue, par exemple lorsque deux personnages subissent une situation répétitif, un dialogue relatant leurs réactions finira pas devenir lassant. Alors qu’il suffirait simplement de décrire les changements entre les situations qui s’opèrent au fur et à mesure dans un paragraphe, en appuyant au passage sur le ressentit des personnages quand il change, chose plus difficile à rendre si on se contente de les faire parler.
Bien sur, un dialogue ne sert pas qu’à apporter des informations aux événements alentour, ce n’est d’ailleurs que leur rôle le moins courant. Bien plus souvent, on s’en servira pour montrer comment réagit un personnage quand il est confronté à un autre. Cela permet de mettre en avant les sentiments et relations que peut éprouver un personnage A envers un personnage B, et vice versa. Il se peut même que l’ont apprenne beaucoup de ces personnages alors qu’ils ne se disent pas grand-chose de très intéressant dans la forme. Est-ce que ça remet en cause ce que j’ai écrit jusque là ? Non, juste qu’il faut faire la différence entre les dialogues qui se contentent de parler, et ceux qui bougent.
Bref, il faut donner vie à un dialogue.
Oui, c’est peut être bête à dire, mais dans un dialogue, les personnages ne se contentent pas de parler, ils bougent, voient, sentent et ressentent comme tout être vivant. Ne prenez pas en compte ce fait et vous en ferez des robots. C’est à mon sens un des plus gros travaux à apporter à un dialogue.
Et c’est là qu’interviennent les propositions incises. Vous savez, ces petites phrases qui viennent s’incruster en plein dans les dialogues pour nous dirent la plupart du temps qui parle, de quelles manières ils le disent, et de nous renseigner sur plein d’autres détails qui, si vous suivez bien, rendent vivant les personnages.
Illustrons ça en reprenant notre petit texte
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En profitant du ciel bleu, Twilight Sparkle passa par le centre de Ponyville, où elle vit son amie amoureuse des animaux qui semblait venir de son cottage. Elle vint alors la saluer pour ensuite prendre des nouvelles.
- Tu vas bien Fluttershy ? Ce n’est pas habituel de te voir en ville si tôt le matin.
- Oui, mais aujourd’hui c’est la saison des amours, et je ne voudrais pas les déranger pendant leur parade de séduction, mais heureusement Rarity m’a proposé une séance au SPA avec elle. Et toi ?
- Je vais très bien, j’étais partie pour acheter de l’encre. C’est sur le chemin, je t’accompagne si tu veux ?
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Bon, là, pour être honnête, les propositions incises ne sont pas indispensables, on comprend qui parle, qui répond, et si le seul but de ce dialogue est de nous renseigner sur l’activité des ponettes, il le fait très bien.
Pourtant, on aimerait bien savoir ce que ça fait à Twilight de croiser Fluttershy, et inversement ce que ressent la pégase de raconter son histoire à son amie. C’est là que l’on découvre la magie des propositions incises.
(On va zapper la description et se concentrer sur le dialogue, vue que les propositions incises n’interviennent que là)
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- Tu vas bien Fluttershy ? Ce n’est pas habituel de te voir en ville si tôt le matin, demanda la licorne en levant un sourcil d’étonnement.
- Oui, mais aujourd’hui c’est la saison des amours, et je ne voudrais pas les déranger pendant leur parade de séduction, confessa Fluttershy avec un sourire timide caché par son sabot, mais heureusement Rarity m’a proposé une séance au SPA avec elle. Et toi ?
- Je vais très bien, assura Twilight d’un rire amusé, j’étais partie pour acheter de l’encre. C’est sur le chemin, je t’accompagne si tu veux ?
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Simple non ? Grace à nos petites propositions, on obtient une atmosphère enjouée, on voit clairement que ça surprend Twilight de voir son amie (même si sa question l’indiquait implicitement), et on constate que Fluttershy n’est totalement à l’aise avec le sujet (elle confesse, suggérant qu’elle ne le dit pas ouvertement), et l’insertion de petits détails comme le sabot sur la bouche et le rire pour animer les deux personnages, afin de ne pas avoir deux statues qui se parlent.
Le choix du verbe, la description d’un détail pour afficher le sentiment d’un personnage, c’est exactement comme décrire un décor, sauf qu’on le fait avec des êtres qui communiquent sous nos yeux, et ça permet aisément au lecteur de s’imaginer la scène, et l’attitude des personnages. On lit le dialogue de l’écrit comme on regarderait le dialogue d’un film. Maintenant nous allons voir un truc amusant. Comme je vous pouvez le constater, les propositions incises nous ont permit d’installer une ambiance, qui s’avère être joyeuse dans notre exemple ci-dessus.
Maintenant, que pourrions-nous faire pour changer cette ambiance en quelque chose d’un peu plus triste ?
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- Tu vas bien Fluttershy ? Ce n’est pas habituel de te voir en ville si tôt le matin, s’inquiéta la licorne du regard peiné de son amie, posant un sabot compatissant sur son épaule gracile.
- Oui, mais aujourd’hui c’est la saison des amours, et je ne voudrais pas les déranger pendant leur parade de séduction, se plaignit Fluttershy avant d’afficher un sourire rassuré, mais heureusement Rarity m’a proposé une séance au SPA avec elle. Et toi ?
- Je vais très bien, avoua une Twilight rassurée que la pégase ne soit pas si mal, j’étais partie pour acheter de l’encre. C’est sur le chemin, je t’accompagne si tu veux ?
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Vous avez remarqué ? J’ai simplement modifié les propositions, et à partir des mêmes paroles, j’ai obtenue deux atmosphères différentes. Bon, vous pourriez me dire que pour rendre la chose encore plus triste, on pourrait changer les paroles, et je vous donnerais entièrement raison. Mais l’idée que je veux véhiculer, c’est l’utilité des propositions, leur rôles dans les dialogues, et leur presque indépendance par rapport à ceux-ci, qui font qu’elles peuvent à elles seules changer drastiquement le fond d’un dialogue. Et leur pertinence. Tiens, vous vous souvenez de notre dialogue inintéressant du début ?
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- Bonjour Fluttershy, lança nonchalamment la licorne à la pégase.
- Bonjour Twilight, couina celle-ci en sachant très bien pourquoi la jument violette l’accostait dans ce coin de rue.
- Tu vas bien ? badina Twilight en tendant un sabot vers la boule grelottante que formait à présent sa victime.
- Oui, et toi ? se força à articuler une Fluttershy qui déposait toutes les pièces qu’elle avait dans le sabot menaçant.
- Très bien, la journée est belle.
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Oui je suis cruel, osef c’est pour l’exemple. Dialogue banal et inintéressant dans la forme, mais pertinent car fait vivre une scène montant en avant Twilight dominant complètement Fluttershy. On aurait plus simplement décrire cette échange dans une narration, mais avouez que ça a plus de poigne d’y assisté en live, non ? Alors bien évidement, il ne faut pas abuser des propositions incises : en mettre une à chaque phrase comme là risque de hacher le dialogue, à le rendre pesant à lire. On n’a pas besoin de détailler le moindre battement cils des protagonistes, seulement les mimiques qui soutiennent les paroles.
Oui, ça remet bien en question ma partie sur la pertinence d’un texte, mais je vous avez dit que ce point était abstrait et dépendant de beaucoup de paramètre. Ce qui fait qu’un dialogue est bon, c’est la symbiose de ces deux éléments.
C’est comme beaucoup de chose dans l’écriture, il faut savoir doser, bien utiliser les mots pour un effet maximal. Le dialogue ne vaut pas grand-chose sans un texte pour l’accompagner, le situer, mais à l’inverse, se baser entièrement sur le texte pour animer le dialogue rend celui-ci fade et monocorde. Un dialogue ce n’est pas juste des paroles, ça se vit. Il ne faut pas seulement entendre les personnages, il faut les voir.
Sur cette dernière phrase, vous être en mesure d’écrire des dialogues sympas à lire. Mais si je peux vous garder encore quelques minutes, on va aborder le point qui est la cause primaire de la création de cet article.
Bon, encore une fois, sujet abstrait, néanmoins, c’est quelque chose qui fait très souvent la différence entre un bon dialogue et un dialogue que l’on oublie. Je veux parler du jeu des personnages.
Qu’est ce que j’entends par « le jeu d’un personnage » ? Tout simplement le fait qu’un personnage, de par son caractère et ses habitudes, influence énormément les paroles qu’il dira, ainsi que la manière de dire. Prenons un exemple tout bête dans un dialogue entre Rarity et Applejack, notre licorne rejoignant la fermière au Sweet Apple Acres.
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- Hey AJ, qu’est ce que tu fais de beau ? brailla presque Rarity pour couvrir le meuglement agité des bêtes.
- Rien d’spécial , tonna tout autant Applejack en relevant le museau des excréments, j’stock les bouses pour l’compost. Ça t’dis de m’aider.
- Pourquoi pas, ça à l’air marrant.
Ravis d’avoir de la compagnie pour cette tache salissante et usante, la fermière fit confiance à son amie et reprit sa part de travail. Elle était alors loin de s’imaginer comment la licorne procèderait quand, après avoir entendue un bruit spongieux peu ragoutant, elle vit Rarity les pattes avants plongés jusqu’aux genoux dans la matière odorante, luttant ensuite pour en extraire un gros morceau.
- Heu, tu veux pas des gants ?
- Pourquoi faire ? s’étonna Rarity comme si Applejack avait dit une bêtise. C’est que des crottes. »
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(S’en va purger ses mains au White spirit et revient après un bon verre de Jack. Se relis et garde la bouteille à ses cotés)
A moins que vous soyez complètement nouveau dans ce fandom, vous avez très sûrement repéré ce qui ne va pas ? Non ? Vraiment ? Bon, juste, remplacez Rarity par Pinkie Pie. Là, ça ne vous parait pas plus approprié comme situation ? Et bien c’est exactement ce dont je veux parler.
Chaque personnage que vous créez (OC, Original Character) ou que vous réutilisez (Personnages tirés de l’univers utilisé) a un mode de pensée qui fait son identité, qui dicte ses actes. Si votre personnage est quelqu’un de tolérant envers ses semblables, il serait plus naturel de le faire se poser des questions sur le pourquoi un autre l’as agressé, plutôt que de le rendre agressif à son tour et vouloir réglé les choses d’une manière plus physique. S’il est un male séducteur, il n’abordera pas la gente féminine de la même manière qu’il le ferrait avec un homme.
A chaque fois que vient le moment de faire parler votre personnage, ne pensez pas « qu’est ce qu’il serait bien qu’il dise » mais plutôt « qu’est ce qu’il dirait/comment il réagirait dans cette situation ». C’est un exercice qui peut s’avérer compliqué à mettre en place pour certaines personnes, car l’idée derrière tout ça est de se mettre dans la peau du personnage, de penser comme lui, d’être lui. C’est un jeu d’acteur en quelque sorte.
Et justement en parlant d’acteur, quelque chose que je fais beaucoup et que je vous conseille. Jouez la scène que vous écrivez, en respectant l’intonation que vous avez décrit et éventuellement les mimiques, exactement comme vous le feriez dans une pièce de théâtre. Quand c’est dit plutôt que simplement lu, certaines évidences ressortent. Vous vous rendrez compte dans un premier temps si la parole est naturelle ou pas, et vous verrez mieux si votre personnage est dans le bon ton ou pas, échappant ainsi au redouté Out Of Chatacter (OOC). N’hésitez pas à la refaire plusieurs fois, quitte à n’avoir à modifier qu’un élément en changeant deux-trois choses au fur est à mesure. Cette méthode est à mon sens un premier pas vers l’écriture de dialogue vivant, et ce avant même de penser aux propositions incises.
Dans le cas d’un OC, c’est plus facile à prendre en main, car quand on le créer, en général (quand on est consciencieux quoi) on le définit entièrement soi même jusque dans sa pensée. Involontairement, on entre dans sa tête, il devient quelqu’un que l’on connait par cœur. Mais attention, l’exercice reste toujours le même : devenir ce personnage pour le faire parler et réagir de la meilleur façon qu’il soit. N’oubliez pas non plus que chaque détail compte, cela inclus le mode de pensée mais aussi les attitudes. Et aussi, pensez aux relations qu’entretien un personnage avec les autres.
Je ne peux pas vraiment montrer d’exemple pour ce coup là, mais seulement vous encourager à travailler vos dialogues autant que vous le feriez sur la narration. Il peut arriver parfois qu’en respectant parfaitement le comportement d’un personnage, vous vous retrouviez à ne pas pouvoir rendre une scène cohérente. Ne tomber pas dans la facilité en violant l’esprit d’un personnage pour l’adapter de force. Réfléchissez et tourner la scène autrement, vous pourriez même y trouver une idée qui vous serait jamais venu autrement. C’est aussi de cette manière qu’on obtient de jolis moments d’inertie littéraire.
J’ouvre une parenthèse sur un point, à savoir qu’un personnage IC (In Character) dépend beaucoup de la vision qu’à chacun de ce personnage.
Prenons Luna, bon exemple de cette divergence. Elle n’est pas un personnage qui a reçu un développement très poussé, néanmoins les apparitions que l’ont voit d’elle dans le show permettent de penser qu’il s’agit de quelqu’un de très sage, de pragmatique et plutôt en retrait, et qui possèdent pourtant un petit coté espiègle (son relâchement à la nuit du cauchemar et ses clins d’œil lors de ses épisodes avec Sweetie Belle et Scootaloo). Nous avons donc la Princesse Luna, Gardienne de la Nuit, protégeant son peuple des cauchemars et montrant l’exemple par ses manières, sans oublier cependant qu’elle n’est pas au dessus des autres.
A coté de ça, nous avons les comics, où Luna est dépeinte d’une toute autre façon, tout du moins à après le premier arc avec Chrysalys. Elle est toujours espiègle, mais beaucoup plus. Sage, beaucoup moins. Elle a l’air de plus d’être moins concernée par les autres, telle une gamine à laquelle on aurait donné des pouvoirs dont elle ne voulait pas.
Peut-on la considéré comme OOC dans les comics ? Pas vraiment, puisque les rares fois où nous ayons pu voir Luna après son intégration à la vie moderne de l’épisode 03 S02 était systématiquement lié à un événement qui demandait du sérieux (retour de Sombra, rôle de gardienne de la nuit, réunion diplomatique). Les comics ont exploité tous les blancs, montrant Luna de façon plus intime.
Fermons la parenthèse en concluant sur ceci : il n’est pas interdit de détourner un personnage pour se permettre d’écrire des dialogues très différent de ce que la pensée collective aurait imaginé, la règle étant de rester cohérent dans son histoire. Si votre personnage doit changer d’attitude en cours de fic, le lecteur doit voir cette évolution, et pas y être confronté comme si on lui avait imposé une nouvelle vérité.
Sur ce je termine ici cet article, et espère avoir éclairé certaine lanterne. Je suis aussi conscient d’être perfectible, alors si on peut discuter sur certains points, je suis tout ouvert.
Allez, à la prochaine !

BroNie 8 451

Traduction, ultraduction, et réécriture

La nécessité de ce billet pourra sembler futile. Même pour moi. J'ai l'impression que je vais énoncer de telles évidences que l'idée même ce billet me semble encore un peu saugrenue. Mais à la lumière de récents événements, je pense être obligé de le faire.
 
La traduction est un art difficile. C'est un métier à part entière, et Dieu sait que ce n'est pas simple.
 
En introduction, je me permets de vous renvoyer au très bon guide rédigé par Little Parrot :
 
https://mlpfictions.com/blog/133/guide-de-traduction
 
Touchant un tout petit peu à la traduction, mais bien moins qu'un System, une Parrot ou un Sangohan, je pense qu'il est quand même important que je précise quelque chose.
 
Récemment, nous avons découvert qu'un traducteur du site prenait de larges libertés avec le texte de base.
Au delà de la traduction pure parfois un peu maladroite, ce qui peut tout à fait se comprendre, car après tout, personne ici n'est traducteur professionnel, nous avons été surpris en comparant texte en VO et texte en VF : certains noms propres avaient été traduits, certains passages étaient réécrits, quand d'autre n'étaient pas purement et simplement coupés.
 
Nous avons attiré l'attention du traducteur sur ce nous considérions comme des fautes. Aucune réaction de sa part, il a continué à poursuivre de la même façon. C'est pour cela que je me permets de rédiger ce billet, car je voulais éclairer un problème plus large.
 
Sur la traduction des noms, tout d'abord. Selon moi, un nom propre est un nom propre, et il ne faut pas le changer, pas le traduire. Twilight Sparkle doit rester Twilight Sparkle, Rarity ne doit pas devenir Rareté.
Cela dit, quand c'est possible, on peut traduire une partie d'un nom. Dans le cas de l'Everfree Forest par exemple, on peut tout à fait parler de foret Everfree, ou de la Grande et Toute Puissante Trixie. Ou encore des Croisées de la Cutie Mark.
 
On m'objectera que certains se calquent sur la VF. Mais la VF ne fait pas toujours (jamais?) bien les choses. Honnêtement, quelqu'un utilise sérieusement le terme de Jument Séléniaque ou parle de Volonté de Fer, le minotaure prof de fitness ?
 
Dans le cas de certaines expressions idiomatiques comme la Heart Warming Eve ou la Hearts and Hooves Day, trouvez un équivalent. J'ai opté pour Veillée Chaleureuse et St Galopin, et j'estime qu'elles rendent à merveille.
 
Enfin, s'il le faut, laissez en VO. Je n'ai pas traduit le titre de Kitchen sink, parce que l'idiome n'a aucun équivalent français. Par contre, ayez la correction de vous en expliquer dans les notes de bas de page.
 
Ensuite, sur la réécriture et la coupure. Il est évident qu'on ne peut traduire mot à mot. Ça serait trop laid, il faut reformuler pour que ça passe en français. De fait, on réécrit.
 
Dire « patte » alors que l'auteur utilise « bras » par exemple, ce n'est pas grave. On garde le contexte et on ne dénature pas le texte.
 
Mais même si une blague d'un poney vous donne du mal, vous n'avez aucun droit de l'expédier d'une touche de suppr. Creusez vous la tête, cherchez un équivalent, demandez de l'aide. Mais ne coupez rien.
 
Pour rester dans l'exemple de Kitchen Sink, il y a une scène où Dash lâche un dédaigneux « keep your mane on ! » à Carrot Top avant de s'envoler énervée de la pâtisserie. « Keep your mane on » est une ponyfication de « to keep your hair on », lit. « garde tes cheveux en place », à comprendre comme « ne t'énerve pas, reste cool. » (sous entendu, on fiche le bazar dans sa coiffure quand on s'énerve)
 
J'admets avoir bloqué quelques minutes à trouver un équivalent français. J'ai fini par en trouver en avec « Oh, ça va, pète un coup ! » sans doute un brin trop vulgaire, mais qui au style familier collait à Dash, surtout à bout de nerfs.
 
Je n'ai pas supprimé la phrase. Je l'ai adaptée.
 
Si c'est là, c'est pour une bonne raison, l'auteur estimant que ces mots sont nécessaires pour la compréhension, ou l'immersion dans son texte. Couper ça, c'est lui cracher au visage.
 
Encore une fois, j'ai l'impression de n'avoir rien dit dans ce billet, et devoir rappeler ces simples choses me fait quelque peu halluciner.
 
Je terminerais en vous enjoignant de prendre du temps sur vos traductions. On est pas au pièces, si vous devez passer deux ou trois semaines sur un oneshot, prenez-les, l'important est de bien formuler vos phrases. Où serait le plaisir de lire un Fallout Equestria ou un Snow on her cheek si Vuld et System avaient rushés comme des sagouins ?
 
Bref, easy les gens. La qualité avant la quantité c'est pas si mal.

HortensePony 4 239

Un peu plus de Sirens sur MLPfictions ?

Hellooow ~
 
Bon, c'est la première fois que j'écris un article pour demander un avis général, j'espère que ce sera potable !
La Fanfiction que j'écris en ce moment est presque terminée bien que je ne compte pas m'arrêter là. Groupie hystérique des Dazzlings (AdagioisthebestSiren), j'aimerais écrire une plus ou moins longue fiction qui, tout simplement, reprendra là où les Dazzlings avaient quittées la scène dans le film, huées à n'en plus finir.
Que vont-elles faire ? Quelles seront leurs réactions ?Comment vont-elles se reconstruire sans voix ni manipulations ? Vont-elles apprendre de cette défaite ?Elles sont désormais livrées à elles-mêmes sans aucun artifices pour se permettre de tout avoir, tout contrôler, tout posséder. Les Dazzlings ne sont plus que des adolescentes pas plus puissantes qu'une autre, condamnées à errer dans un monde dans lequel elles ont longtemps cultivée une certaine haine.
Je ne prévois pas un retour en force grâce à X pouvoirs incroyables. Les Dazzlings en temps que Sirens, c'est fini, les pierres ont éclatées. Basta. C'est une fiction humaine, émotive et percutante dans laquelle j'aimerais me lancer. Ou du moins essayer. Est-ce que je prévois une changement de tapisserie pour les Dazzlings comme Sunset Shimmer l'avait fait grâce au "Pouvoir de l'Amitié" ? Oui et non... mais plus non. Mais un peu de oui. Haha !
 
Si vous avez la moindre remarque ou recommandations, vous m'en voyez ravie d'en prendre connaissance.
 
 
HortensePony

Vuld 4 268

La distance.

Hi'.
Quand je suis arrivé sur MLP Fictions, mon premier article était pour dire que commenter sur le site était... compliqué. Je pensais à des questions abstraites mais de façon plus pratique, bêtement, il y a déjà que dans un commentaire on ne peut pas clairement citer des passages de texte.
Du coup, quand AuBe me fait remarquer que "Le Cours du siècle" aurait pu s'arrêter à la réplique de Celestia et que la dernière phrase ne sert à rien, et que pour lui répondre je devrais citer le texte à tout va, bah sans passer par un article ma réponse se résumerait à "oui, c'est vrai, c'est même ce que prévoyait le plan à la base". Autant dire que niveau discussion c'est un peu mort.
Alors qu'en fait, derrière cette question anodine (et la remarque de BroNie que bon, le rapport entre le texte et "le cours des choses" est pas évident), il y a tout un mécanisme littéraire.
Ouais, on va parler de la distance.
La distance c'est quoi ?
Imaginez le dialogue suivant :
"Applejack pense que tu es une tarte.""Tu m'as traitée de tarte ?!""Ah non ! C'est Applejack qui le dit, c'est pas moi !"
On vient de se distancer des propos d'Applejack. Elle dit un truc et on signale bien que "c'est pas moi c'est elle !" La distance en gros c'est ça.
En apparence, la "distance" est l'ennemi juré de "l'identification". L'identification c'est quand le lecteur se met à la place de tel ou tel personnage. Il se met à interpréter l'histoire à travers le point de vue de ce personnage. Mais l'identification ne signifie pas que le lecteur approuve : c'est juste qu'on est en train d'avoir la version de ce personnage. Bêtement :
"Oui c't une tarte ! J'lui explique trois fois comment s'servir du harnais et elle arrive encore à m'l'endommager, j'suis désolée p'tit sucre mais y a pas moyen !"
Durant le court temps de cette réplique, le texte a voulu que vous vous identifiiez à Applejack. Vous la lisez et pour la lire vous devez adopter, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, son point de vue : endommager les harnais est une raison suffisante pour traiter les poneys de tartes. Et ensuite, si vous avez de la sympathie pour je sais pas mettons Dash allez (c'est la mort de l'originalité là) vous vous distancierez la seconde d'après.
En d'autres termes, on peut passer le texte entier à suivre Applejack qui s'entête à être fâchée contre Dash (le texte veut donc qu'on s'identifie à Applejack) tout en désapprouvant son attitude parce que c'est elle la tarte (le texte veut donc qu'on se distancie d'elle, et est totalement de bonne foi). Et si les tartes ne vous suffisent pas, pensez à Sombra : on vous met dans les sabots d'un despote sadique mais, du simple fait qu'on veut choquer, le texte vous dit "t'as vu c'est mal". Prise de distance. C'est la différence entre :
1a) Applejack était furieuse. Toutes ses copines étaient contre elle ! C'étaient toutes des tartes, se dit-elle en remontant le chemin de la ferme, la tête basse.
1b) Applejack était furieuse. Aucune de ses amies ne l'avait soutenue. Elle remontait seule le chemin de la ferme, avec un mauvais goût de trahison.
Dans les deux cas l'identification est la même : on a accès aux pensées d'AJ, on est avec elle sur le même chemin à faire exactement la même chose. Mais en (1a) on dit qu'elle a tort, t'as vu, même qu'elle baisse la tête, si c'est pas une preuve ça... et en (1b) on dit qu'elle a raison, t'as vu comme les autres sont méchantes, si c'est pas une preuve ça...
Oui. Le texte vous dit quoi penser. J'espère que vous vous en étiez rendu compte depuis le temps.
Prenons un exemple concret. Dans "Testing testing 1 2 3", au début on a Twilight qui veut faire la leçon à Rainbow Dash. Au bon sens du terme. La leçon tourne court et Dash se met à accuser Twilight d'être nulle. Twilight se défend et on est un peu d'accord parce que bon, c'est quand même Twilight qui a essayé de l'aider. Ou alors vous êtes du côté de Dash et vous vous dites que c'est Twilight qui sait pas expliquer. Ce que je peux comprendre. Ouais... je peux parfaitement comprendre. Ahem je reprends ! Ce qui m'intéresse, c'est qu'au plus fort de la dispute on a les deux juments face à face, à égale hauteur, à voix égale, et toutes deux interrompues par Fluttershy.
Yup. La mise en scène vous dit "elles ont tort toutes les deux". Et effectivement, à la fin on découvre qu'étudier c'est cool (t'avais tort Dash) mais qu'il faut savoir s'adapter (t'avais tort Twilight). Punaise que cet épisode est bien fait.
Inversement, dans FO:E il n'y a pas de prise de distance. LittlePip a raison ta gueule. Il y a même des poneys qui pleurent tellement qu'elle est gentille (authentique) et chaque fois qu'on la critique, pour les mauvaises raisons, c'est une excuse pour la glorifier. En fait, on lui donne même des états d'âme juste pour qu'elle paraisse encore plus "je poutre ta mère". Et c'est une volonté de l'auteur : que son personnage soit exemplaire. C'est fait exprès. Et c'est super, super, super super super super (...) SUPER énervant.
Bien.
Ce râlage passé, est-ce qu'on a compris ce qu'est la distance ?
La distance, ou "prise de distance", c'est donc ce que le texte vous dit d'approuver ou non. Tout comme Fluttershy vient voir Dash pour lui dire ce qu'a raconté Applejack, le texte vient vous raconter cette histoire et peut vous faire "c'est pas moi c'est l'histoire". C'est ce qu'en logique naturelle on appelle la "prise en charge", à qui on attribue le propos. Bref.
Maintenant qu'on sait ce que c'est, la question c'est : comment on la met en scène ?
Tout d'abord, choisissez qui le lecteur est censé approuver et qui il est censé désapprouver. Par exemple, dans "Le Cours du siècle" on voudra qu'il approuve la classe et qu'il désapprouve Celestia. Notre objectif à partir de désormais est de mettre le maximum de distance entre le lecteur et Celestia.
Pour cela, donc, déjà on abandonne le récit à la première personne. C'est bête mais c'était une option (penser à "Melodrama" par exemple). Mais ce n'est pas suffisant. On va carrément s'interdire d'accéder aux pensées de la princesse. On la regardera faire mais pas une fois, pas une seule fois on ne suggèrera même ce qu'elle pense. Alors que pour le reste des personnages ? Pas de problème !
2a) Cette idée fit rire Celestia. Elle secoua doucement la tête.
2b) « Mais c'est stupide ! » Grogna Ringabell. Elle en voulait moins à la princesse à présent qu'elle ne cherchait à prouver qu'elle avait raison.
Celestia rit. Pourquoi ? Okay elle désapprouve merci on sait, elle secoue la tête. Mais alors pourquoi elle rit ? Le texte ne vous le dira jamais. Jamais. Jamais ! Tu mourras sans jamais avoir la réponse ! Notamment parce que moi-même je ne suis pas bien sûr. Je sais que c'est lié à son vécu mais ce qu'elle a vécu exactement... eh.
Par contre, Ringabell pas de problème. Le grognement est expliqué de long en large, tu lis en elle comme dans un livre ouvert. Que ce soit Nitpick ou les écolières, tout est détaillé et ce sont même les seules pensées détaillées.
Car oui, à ce niveau-là d'autres personnages ont leurs pensées scellées.
Vous ne voyez pas lesquels ? Très bien. Je pense à deux personnages : la maire et la mascotte.
Ce n'est pas tout à fait vrai pour la maire : au départ on dit qu'elle rit de la naïveté de ses concitoyens. Mais on ne dit pas ce qu'elle sait (que Celestia visite fréquemment les poneys) et on ne peut le savoir que si on additionne deux et deux (Celestia connaît déjà Nitpick). Maintenant regardez ce passage :
2c) ... tandis que la maire allait saluer Celestia. Elle regarda la vieille jument plaisanter avec la princesse, supposa que c'était normal puis paniqua en voyant l'alicorne venir vers elle.
Comparez le comportement de la maire et de Nitpick. C'est le jour et la nuit ! La première va rencontrer Celestia et plaisante, la seconde panique quand Celestia vient vers elle. Ça dure tout juste une phrase mais l'opposition est complète. Or, on n'a accès qu'aux pensées de Nitpick. On sait pourquoi elle stresse. On ne sait pas pourquoi la maire, elle, est si détendue. On peut seulement s'en douter.
Mais si la maire est vieille (et sait donc des choses que les habitants ne savent pas), la mascotte (monsieur Kiwi) est une autre paire de manches.
Et là j'ai envie de dire que ça aurait peut-être été plus clair si, au lieu d'un lapin, j'avais utilisé un chat.
2d) Elle regarda du côté de la cage en verre où la mascotte, monsieur Kiwi, continuait de se rouler dans la paille pour faire disparaître l'odeur du savon.
2e) Elle s'arrêta devant la cage de monsieur Kiwi qui grignotait alors, insouciant, et qui cessa pour se tourner face à l'alicorne. Le lapin hésita, s'approcha et regarda le sabot posé contre le verre.
Je passe le moment où le lapin "ronronne". Ici encore, on nous dit qu'il veut faire disparaître l'odeur du savon mais c'est tout. Et quand Celestia vient le voir, le lapin hésite et regarde le sabot : qu'est-ce qu'il pense ? On n'en sait rien. Même Angel est plus facile à décoder.
Il y a donc, dans "Le Cours du siècle", tout un jeu déjà au niveau de l'accès aux pensées. Il y a ceux qu'on peut comprendre et ceux qui sont mis à distance, qui ont leur monde à eux, loin du nôtre, qui sont mis en scène comme des étrangers.
Bien.
C'était une technique pour la mise à distance. Quelle autre technique on pourrait avoir ?
Le discours.
Tout comme le narration peut être à la première ou à la troisième personne, tout comme la narration peut avoir accès à telle pensée et pas à telle autre, la narration vous rapporte le discours des personnages. Et le discours peut être plus ou moins indirect.
Cela signifie que, pour mettre de la distance entre nous et le discours du poney, on pourrait simplement choisir le discours indirect.
2c) ... tandis que la maire allait saluer Celestia. Elle regarda la vieille jument plaisanter avec la princesse, supposa que c'était normal puis paniqua en voyant l'alicorne venir vers elle.
Que se sont dites la maire et la princesse ? Vous ne le saurez jamais. On vous dit juste qu'elles "plaisantent" et c'est tout. Plus indirect, comme discours, c'est difficile. Et donc oui, c'est une mise à distance. Mais pour l'essentiel, "Le Cours du siècle" fait le choix de quasiment tout mettre au discours direct. Du coup, la mise à distance au travers du discours est plus... subtile.
3a) « Les bébés naissent dans les choux. Le chou cherche ce qu'il y a de meilleur dans la terre et l'accumule en son coeur… »Un poids de déception s'abattit sur la pouliche...
Ici on entend parler Celestia, puis soudain points de suspension et vous ne saurez jamais la suite. Naturellement vous vous êtes dit "ouais mais non c'était juste que son discours était trop long" et il y a de ça, mais c'est aussi que la pouliche a arrêté d'écouter. Et vous aussi, par la même occasion. Si vous regardez bien, plus tard on n'a pas peur des pavés.
Autre exemple ?
3b) « Je crois qu'il serait temp- »Elle fut coupée.La princesse l'avait arrêtée et lui offrait un regard à l'amabilité infinie.
La technique est la même. Nitpick dit quelque chose et se fait couper par Celestia. Traduction : Celestia désapprouve. Et comme le texte a laissé Nitpick se faire couper, le texte désapprouve également.
Disons les choses autrement : il y a un temps de parole, et en règle général celui qui parle le plus est celui qu'on favorise. Repensez aux débats minutés. Cela dit, on peut inverser la technique, et c'est ce que fait "Le Cours du siècle" : noyer la parole pour rendre le propos inintelligible. Vous ne voyez pas ? Le "tl;dr" ("too long; didn't read" -> "trop long ; pas lu"). Le personnage est libre de parler abondamment, un peu comme un poisson est libre de se débattre dans son filet. On le regarde s'enfoncer un peu plus.
3c) C'était tellement insensé que les petites ne savaient plus quoi dire.
C'est comme dans un débat, quand l'autre a tellement tort que c'est même plus la peine d'argumenter. Le type te fait un pavé de trois pages et toi tu te facehoof parce que la quantité changera rien au fait qu'il a tort. Parce qu'il a tort, hein, précisons-le. C'est mon exemple je fais ce que je veux.
Donc.
D'un côté on ne donne accès qu'aux pensées de la classe.
De l'autre on joue sur le discours pour décrédibiliser la parole de Celestia.
Si on additionnait les deux ?
Dit autrement, qui approuve Celestia ? Pour Nitpick c'est clair et net : jusqu'au dernier mot elle ne l'envisage même pas. Pour la classe ce l'est relativement aussi : on passe la majorité du texte à démontrer qu'elle a tort. Mais un mouvement se fait à la fin où elles jouent le jeu de la princesse, et où le discours offre des répliques égales, qui s'enchaînent, jusqu'à ce que la question de Ringabell fasse tout dérailler. Même alors, le raisonnement du texte est le suivant : ce sont des écolières, des petites. Elles sont naïves. Pas pour rien que Punchline est là.
Il n'y a, en fait, qu'un seul personnage qui approuve vraiment, et c'est le seul personnage dont on peut supposer qu'il se fiche complètement de la discussion. C'est monsieur Kiwi. De "circonspect", on pourrait dire, tête penchée, le lapin passe soudainement à un ronronnement improbable sous les caresses de Celestia. C'est la seule fois de tout le texte où le texte prendra le parti de Celestia.
Le reste du temps, le schéma c'est : "Celestia parle", "la narration désapprouve". À chaque fois que Celestia dit quelque chose, la narration qui suit est censée dire à quel point c'est absurde. Je vous rapporte à (3c), mais l'exemple le plus parlant est... la dernière phrase.
Si vous avez suivi ce qui précède, un enjeu du texte est le droit à la parole. Pas seulement la possibilité pour les personnages de parler, mais le crédit qu'on apporte à leur discours.
Si le texte s'arrêtait à la dernière réplique alors cette réplique aurait du poids. On serait obligé d'écouter Celestia parce que rien ne viendrait contrecarrer son discours. Elle aurait, littéralement, "le dernier mot". Et, on l'a vu, le texte s'acharne à faire exactement le contraire. Donc on répète le schéma. Celestia dit quelque chose ? On va narrer à quel point non c'est faux, et suggérer que la toiture a du mou. Avec du discours indirect, question de bien dire qu'on a arrêté d'écouter. Le dernier mot, c'est Nitpick qui l'a, et c'est "sénile".
Vala'.
Je te laisse imaginer de répondre ça dans un commentaire, sans la mise en page d'un article. Bonne chance.
"Le Cours du siècle" prend parti contre Celestia. Tout vous dit de ne pas la croire, toute la mise en scène est faite pour la discréditer, à commencer par la réponse elle-même. C'est ce qui a cours dans ce texte. C'est comme ça qu'il fonctionne. Et pour la discréditer il y a tout un enjeu quant au droit de parole. À la fin, désolé de reformuler, Nitpick lui dit "ta gueule", de façon très polie mais en gros c'est ça. Et si vous regardez bien, même Celestia a ses moments de silence :
4) Les poneys n'en mangent pas assez pour atteindre la petite. Et puis… »Elle se tut.
Qu'est-ce qu'elle allait ajouter. Eh bien, en gros, que s'il y a trop de feuilles, la petite en grandissant va manquer d'oxygène. Et que donc, dans les choux trop gros, il y a des petites pouliches mortes. Je te laisse imaginer l'ambiance si elle avait expliqué ça.
Ce qui m'intéresse, dans ce texte, c'est qu'il n'y a pas de censure. Si Celestia veut dire un truc, c'est la dirigeante d'Equestria, elle peut. Mais quoi qu'elle dise, on ne l'écoutera pas. Et c'est elle-même qui, à la fin, au lieu de maintenir sa position cède soudain et avoue avoir raconté nawak. Oublions même de savoir qui a tort ou raison (rappelez-vous : Celestia a tort). Ça n'a jamais empêché celui qui avait tort de s'entêter, bien au contraire. Alors pourquoi Celestia cède ?
Pourquoi est-ce qu'elle ne cède pas dès le départ ?
Et là, il faut revenir à (2c) :
2c) ... tandis que la maire allait saluer Celestia. Elle regarda la vieille jument plaisanter avec la princesse, supposa que c'était normal puis paniqua en voyant l'alicorne venir vers elle.
Cet article parle de distance, alors quelle est la distance entre Celestia et la vieille jument ? La maire vient la saluer, elles plaisantent, bonnes copines ! Quelle est la distance entre Celestia et Nitpick ? C'est carrément la panique quand elle essaie de l'approcher. C'est dû au stress, c'est dû au rang, Nitpick met de la distance entre la princesse et elle, "simple professeure de bourgade paumée". Comparez :
5a) Elle lui sourit, enchantée.« Nitpick, c'est un plaisir de te revoir. » Se réjouit la princesse.
5b) Celestia sourit aimablement et hocha la tête...
Celestia arrive en mode keupine, elle tutoie, elle retrouve une vieille jeune amie, c'est limite si elle n'apporte pas le pack de bières avec elle. Nitpick lui impose une fin de non-recevoir et on passe à (5b) : Celestia se tait, se contente de hocher la tête et reprend son rôle de princesse.
Ce n'est pas la seule fois dans le texte où Celestia joue à ça. Dès qu'elle entre dans la classe, elle parle aux écolières, et le texte insiste maladroitement là-dessus :
5c) Demanda-t-elle, amicale, mais vraiment amicale, avec le même ton qu'elle employait auprès de la professeure.
Ce que le texte cherche à dire, ici, est qu'elle s'adresse aux écolières comme à des égales. Elle cherche, là encore, à abattre la distance, à "se rapprocher" d'elles, quitte à se promener parmi les bancs. Et rebelote avec monsieur Kiwi. Elle passe la moitié du texte à vouloir gagner la cage pour aller caresser le lapin. C'est une lecture assez littérale de la "distance" : c'est la Celestia de "Melodrama", elle veut être proche des poneys. Elle est programmée génétiquement pour ça.
C'est pour ça qu'elle va voir les poneys dans leurs villages, c'est pour ça qu'elle accepte de dire ce qu'elle pense devant une classe et que quand Ringabell, qui se sent trahie par une amie, lui dit qu'elle a tort, elle a cette réaction :
5d) Celestia s'arrêta, surprise, presque choquée, et se renfrogna. Pour la classe, pour l'enseignante, pour la petite foule dehors qui essayait de guigner aux fenêtres, ce froncement ne signifiait pas grand-chose...
Qu'elle ait raison ou tort, Celestia est en train de se confier. Pourquoi est-ce que la réaction de Ringabell ne s'appliquerait pas à la princesse ? Parce que c'est une princesse ? Parce que c'est une adulte ? Ce n'est pas parce que le texte ne donne pas accès aux sentiments de Celestia que cette dernière n'en a pas !
Derrière l'histoire absurde, derrière la question du préjugé (au sens de "juger avant d'avoir entendu l'autre"), derrière les luttes pour la parole il y a simplement l'enjeu d'une alicorne qui essaie de se rapprocher des poneys, mode "Grand Galloping Gala" et qui supporte que ceux-ci la confinent dans un palais (premier paragraphe du texte) mais qui pète soudain un câble quand une pouliche lui refuse un répit. C'est l'histoire d'une jument qui n'est qu'une jument.
Et à ce titre, si le texte se finissait sur sa réplique, alors le lecteur finirait tellement proche de Celestia qu'elle serait quasiment en train de lui parler dans le creux de l'oreille. Une phrase plus tard, non seulement elle est partie (comme son absence au départ) et remise dans le moule du "les princesses vivent dans les palais" mais surtout elle repart seule. Ouais vous vous êtiez en train d'écouter Nitpick alors vous avez raté ce détail banal, normal : elle repart seule.
Donc.
Je résume parce que tl;dr.
La (mise à) distance c'est le texte qui dit au lecteur "untel a raison, untel a tort" et qui le pousse dans ce sens. C'est le texte qui se distancie de tel ou tel personnage, de ce qu'il fait, dit, pense.
Il y a une tonne de manières de mettre en scène la (mise à) distance. Le type de narration, le type de discours... qui on laisse parler, qui on écoute... il y a juste trop de techniques pour toutes les passer en revue.
Mais la (mise à) distance couvre beaucoup d'autres aspects, dont la distance entre les personnages, leurs relations. Et parfois, un texte peut s'intéresser à la façon dont les poneys mettent à l'écart une jument (et son discours), pas par méchanceté, juste parce que c'est ainsi que vont les choses.
Je sais, c'est un pavé, mais quitte à faire un article autant être aussi complet que possible. J'espère avoir répondu à la question et que ce soit le cas ou non, fanficers,à vos plumes !

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