Fond: Simple generous gifts par Devinian

Turn It On Again

Une fiction écrite par inglobwetrust.

Chapitre 4: Toe/Torch

« Deux billets pour Canterlot, s’il vous plaît. »

« Ça fera quinze pièces », répondit mécaniquement le guichetier derrière son comptoir.

« On va à Canterlot ? Super ! » s’écria de joie Sweetie, qui jusqu’ici n'était pas au courant de la destination du voyage qu’elle allait faire avec sa sœur, se contenant simplement de la suivre jusqu’à la gare, comme elle le lui avait demandé. Elle se mit à bondir sur place, presque aussi excitée que Pinkie Pie quand elle se faisait un nouvel ami.

Rarity se retourna vers sa sœur, en la regardant d’un air amusé. « Sweetie, calme-toi, allons. Ce n’est pas comme si tu ne connaissais pas la ville », sourit-elle avant d’aller attendre sur le quai, suivie par sa sœur.

« Oui, mais ça fait tellement longtemps qu’on n’y a pas été toutes les deux ensemble ! » lui rappela la jeune licorne. « Où est-ce qu’on va ? Voir un défilé de mode ? Faire les boutiques ? Au palais royal voir les Princesses ? » Chaque question était posée avec un peu plus d’entrain dans sa voix.

Rarity sourit et donna sa réponse. « L’Abreuvoir. »

Sweetie s’arrêta net et son enthousiasme se changea en un ton interrogateur. « L’Abreuvoir ? C’est quoi ? Ça me dit quelque chose… » Elle creusa dans les tréfonds de sa mémoire, essayant désespérément de retrouver le fil qui la mènerait à un souvenir lié à ce mot, le sabot posé sous son menton pour aider les souvenirs à remonter du puits de sa mémoire.

« Allons Sweetie, tu devrais quand même t’en rappeler. Après tout, c’est un peu là que tout a commencé… », ajouta-t-elle, mystérieuse. Sa sœur se prit la tête entre les sabots, se répétant le mot et fermant les yeux pour se concentrer, avant que les liens se fassent dans son cerveau, rouvrant ses paupières et se tournant vers sa sœur.

« Mais oui ! C’est là où j’ai chanté pour la première fois à Canterlot ! » se souvint-elle. « C’était le premier concert de ma première tournée hors de Poneyville ! Comment est-ce que j’ai pu oublier ça ? » se demanda-t-elle, un peu gênée d’avoir mis autant de temps à se rappeler. Les souvenirs remontèrent peu à peu, jusqu’à ce qu’une question ne pénètre dans son esprit.

« Mais pourquoi on y va ? » demanda-t-elle en tournant la tête vers sa sœur, tandis que le train à destination de Canterlot arrivait en gare.

« J’ai lu que deux ex-membres des Ponytones s’y produisaient ce soir. Les deux derniers à convaincre », annonça Rarity, sans que Sweetie puisse entendre la suite, couverte par le bruit du train entrant en gare.

Quand le train laissa descendre les passagers, la cadette des deux sœurs put enfin reprendre la parole. « Mais c’est une toute petite salle, et même pas une vraie salle de concert ! » expliqua-t-elle. « Pourquoi ils jouent là ? Ils devraient chanter dans des grandes salles, comme ils le faisaient avec le groupe ! » se révolta la licorne.

« Justement, sans le groupe, ils ne sont plus rien. Tu crois que je ne l’ai pas appris moi-même ? » demanda Rarity, demandant à sa sœur de se souvenir de ses mésaventures.

« Oui, je sais… » marmonna Sweetie après quelques secondes de réflexion. « Mais quand même… chanter là… Ça doit leur changer », compatit la jument. « Pourtant, ils ont fait quelques bons disques. »

Rarity sembla un peu offensée. « Que veux-tu, nous sommes indissociables du groupe. Mais je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou m’en désespérer. Allez, viens », dit-elle avant de grimper dans un compartiment du train, Sweetie la suivant de près.

Le train se mit lentement en marche, Sweetie et Rarity se faisant face dans le wagon, chacune avec de quoi s’occuper pendant le voyage : un baladeur contenant les enregistrements des Ponytones en plus de quelques autres chansons pour la plus jeune des deux licornes et des magazines de mode pour la plus âgée afin que le trajet passe plus rapidement.

Au bout d’une demi-heure, Sweetie détourna la tête du paysage défilant par la fenêtre et vit sa sœur qui avait mis ses magazines de côté, un sabot appuyé sur son menton, avec un air qui semblait inquiet sur son visage. La licorne retira son casque et demanda à sa sœur : « Rarity, est-ce que ça va ? »

« Hein ? » Rarity reprit une position plus détendue et bafouilla. « Oui… oui… ne t’inquiète pas… Moi, inquiète ? Peuh, pourquoi serais-je inquiète ? Ce n’est pas comme si… »

Le sourcil levé de sa sœur et son regard qui lui faisait dire ‘tu ne m’auras pas à ce petit jeu’ sans avoir à le prononcer la fit comprendre que c’était peine perdue, encore plus face à celle qui la connaissait sans doute le mieux.

« Quand tu commences à parler comme ça, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. » Elle se leva de son siège et vint s’installer à côté de sa sœur pour la rassurer, en passant un sabot autour de son épaule, prenant une fois encore le rôle de la grande sœur. « Dis-moi ce qui te tracasses. »

Rarity sourit devant l’attitude qu’avait sa sœur, se rappelant avoir été à sa place maintes et maintes fois avant. « Oh… c’est… », commença-t-elle, « je sais qu’ils seront les plus faciles à convaincre, vu leur situation et dans ma tête, c’est comme si tout allait recommencer pour de bon cette fois… » Elle cherchait ses mots. « Je suis de moins en moins sûre de vouloir y retourner. J’ai les mauvais souvenirs qui remontent de plus en plus et… » Elle avala une boule dans sa gorge. « Je me demande si je ne fais pas une grosse erreur. »

« Rarity… » souffla Sweetie, resserrant son étreinte. « Si tu recules encore, tu ne seras jamais capable de le faire. C’est toi qui l’as voulu et pour le moment, tout le monde est partant. Alors, pourquoi ça ne se passerait pas différemment maintenant que vous savez tous pourquoi ça s’est mal fini ? » demanda-t-elle.

« Justement », Rarity tourna la tête vers sa sœur. « Pourquoi ça ne se repasserait pas de la même façon ? En tournée, la vie est différente. La promiscuité, les hôtels, passer plus de temps avec le groupe qu’avec sa famille ou ses amis. C’est ça le problème. On ne peut pas savoir comment ça va se passer avant d’y aller pour de bon », expliqua la licorne au regard toujours soucieux.

Sweetie laissa le silence s’installer entre elles deux, avec le bruit des conversations comme seul son audible, ainsi que la machinerie du train. La plus jeune licorne passa son sabot droit dans le dos de sa sœur pour mieux la rassurer. Elle finit par parler après quelques instants.

« Mais cette fois, je serais là. Si ça se passe mal, on arrangera les choses. Je serais ta ‘grande petite sœur’ », sourit Sweetie.

Rarity sourit aussi et passa son sabot gauche autour de l’épaule de sa sœur, restant dans cette position quelques minutes avant de dire : « Qu’est-ce que je ferais sans toi, Sweetie ? »

Plutôt que de répondre, la licorne profita simplement de l’instant, elle aussi, avant d’allumer sa corne et de sortir un second casque de son sac de selle.

« J’ai les albums de Toe et Torch sur mon baladeur. Tu veux les écouter ? Tu sais, histoire de te mettre un peu dans l’ambiance avant leur concert », proposa-t-elle en tendant le casque audio devant elle.

Rarity le prit dans son aura violette et le posa sur ses oreilles, écoutant les chansons jusqu’à la fin du trajet, sans prononcer un mot.

Quand le train arriva enfin en gare de Canterlot, Rarity retira le casque et livra son verdict. « Peuh. De la folk. Ça ne m’étonne pas qu’ils aient eu des envies d’ailleurs. Ils ne voulaient plus faire la pop qui faisait notre succès. »

Sweetie leva un sourcil et se leva de son siège. « C’est vraiment pour ça qu’ils ont voulu quitter le groupe ? »

« Ce n’est pas une raison suffisante ? » demanda à son tour sa sœur. « Il y a bien un moment où, quand tu ne peux pas faire ce que tu veux, tu finis par voler de tes propres ailes… Enfin, façon de parler », ajouta-t-elle quand un des passagers du train, un pégase, la regarda avec un air étrange. « Je suis sûre que tu peux comprendre. »

Sweetie n’eut pas à chercher bien loin dans ses souvenirs pour comprendre. Elle se contenta de hocher la tête avant de se diriger vers la sortie du train, essayant de retracer le chemin vers la petite salle de concert, une parmi les centaines dans lesquelles elle avait chanté au cours de sa carrière. Le trajet lui revint peu à peu en tête et, alors que L’Abreuvoir commençait à se faire voir, deux cris aigus se firent entendre dans la rue.

« C’est elle ! Je t’avais dit que c’était elle ! »

« T’as raison ! Hiiiii ! »

Deux adolescentes licornes accoururent vers Sweetie et s’arrêtèrent devant elle. D’un coup, leur joie semblait avoir disparu derrière une énorme timidité, chacune attendant que l’autre parle, sous les regards confus de Rarity et Sweetie.

« Euh…. Miss Sweetie... est-ce... » bredouilla l’une d’elles.

« On…. On est trop fans ! » finit par crier l’autre, ne parvenant plus à contenir son enthousiasme.

« Ouais…. On vous adore ! » reprit la première. « On peut avoir votre autographe ? » supplia-t-elle presque en sortant un stylo et un carnet de son sac de selle.

« Et une photo aussi ? S’il vous plaît, s’il vous plaît, s’il vous plaît !! » renchérit son amie, qui faisait des bonds sur place.

Sweetie sourit et s’exécuta. « Bien sûr. N’importe quoi pour mes fans. » Et sur ce, elle signa deux autographes, avec les noms des deux ados, avant que l’une d’elles ne sorte un appareil photo de son sac.

Elle tendit l’appareil à Rarity. « S’il vous plaît, madame, vous pouvez nous prendre en photo ? » demanda-t-elle, ne reconnaissant pas la chanteuse des Ponytones.

Rarity sembla un peu surprise, mais accepta et prit l’appareil dans son aura magique. Sweetie prit la pose avec une de ses fans de chaque côté et toutes sourirent à pleines dents avant qu’un flash ne se déclenche pour sceller l'instant.

« Merci, m’dame ! » dirent-elles à l’unisson en reprenant l’appareil, avant de remercier Sweetie et de s’éloigner tout aussi rapidement qu’elles étaient venues. Quand elles furent parties, Rarity poussa un petit rire.

« Tu as vu ? Elles ne m’ont même pas reconnu. Alors que je fais… euh, que j’ai fait partie d’un des plus grands groupes de tout Equestria ! » s’offusqua-t-elle, semble-t-il pour de faux. Sweetie sauta sur l’occasion.

« Oh, qu’est-ce qu’il y a Rarity, tu es jalouse ? » demanda-t-elle en prenant la pose. « Je n’y peux rien si je suis plus connue que toi maintenant. »

La phrase sembla attrister sa sœur, au moins un tout petit peu. Comme un rappel de sa célébrité perdue et des années difficiles qui suivirent la séparation. Et ses propres rêves de gloire qui se refusaient à elle.

Sweetie remarqua rapidement son erreur et se précipita auprès de sa grande sœur, relevant son menton du sabot. « Mais tu sais, je serais toujours ta plus grande fan », lui murmura-t-elle.

Rarity sourit et prit sa petite sœur dans ses sabots pour lui donner un gros câlin. « Sweetie, tu vaux tous les fans du monde », dit-elle, avant de reprendre ses esprits et la route vers leur destination toute proche.

L’Abreuvoir : un petit pub coincé entre deux bâtiments beaucoup plus clinquants et dignes de Canterlot que ce lieu qui semblait être là depuis un millénaire. Les murs avaient perdu leurs couleurs vives et l’intérieur semblait être l’inverse de tout ce que l’on pouvait trouver de luxueux dans cette ville. Les tables et chaises étaient d’un autre temps, la petite scène accusait le poids des années avec son plancher grinçant, et les lumières jaunâtres censées donner une atmosphère intime servaient plus de repoussoir qu’autre chose. L’odeur d’alcool traînant dans l’air finissait de convaincre tous ceux qui y posaient le sabot de faire demi-tour.

Le maigre public qui s’y pressait n’était plus tout jeune, mais tout de même loin d’être vieux, et quelques spectateurs arboraient des t-shirts des Ponytones, comme pour rappeler à ceux qui allaient monter sur scène qu’ils ne pourraient jamais se défaire de leur encombrant passé. Pour ne pas se faire repérer, Rarity mit un foulard autour de sa crinière et des lunettes de soleil, avant d’aller se mettre dans un coin retiré de la salle avec sa sœur.

Peu après l’heure prévue du début du concert (vous avez déjà vu un concert qui commence à l'heure ?), Toe Tapper et Torch Song entrèrent sur scène, accompagnés de quelques applaudissements polis, plus quelques cris et sifflets venus des fans les plus ardus.

Pas de musiciens pour les accompagner, rien de différent par rapport à une tournée des Ponytones, si ce n’est que Toe avait désormais une guitare acoustique entre ses sabots, le forçant à s’asseoir sur un tabouret pour accompagner sa partenaire sur scène. Ils portaient les stigmates du temps et de la vie usante des tournées non-stop, les rides plus creusées que chez Rarity, qui avait toutefois de plus en plus de mal à masquer ces signes de vieillesse.

« Bonsoir à tous », dirent-ils en chœur, avant que Torch ne s’empare du micro.

« C’est un vrai plaisir de revenir à Canterlot. Et même si vous n’êtes pas aussi nombreux qu’avant, croyez-le, le plaisir est le même », salua-t-elle avec un sourire.

« Ce soir, nous jouerons nos propres compositions, ainsi que quelques-uns de nos succès avec les Ponytones. Bonne soirée », ajouta Toe, faisant pousser quelques cris de joie dans l’assistance et surprenant aussi Rarity, qui suggéra rapidement que c’était sans doute pour contenter les vieux fans présents et aussi remplir un peu plus la salle, comme le fait d’arborer les vieilles tenues des Ponytones qu’ils portaient toujours.

Toe passa un sabot sur les cordes de sa guitare acoustique et compta jusqu’à trois à voix basse avant que les deux voix ne se mêlent ensemble pour le premier morceau de la soirée.

Pendant le reste du concert, Toe et Torch se laissaient mutuellement la scène pour un solo vocal, mais le mélange de leurs harmonies était vraiment ce qui faisait tout l’intérêt du show. Ils aimaient toujours chanter ensemble, c’est ce qui les avait réunis et en faisait un couple sur scène comme à la ville. Et quand vint le tour des chansons des Ponytones, ce qui réveilla quelques spectateurs qui semblaient s’ennuyer, Rarity tendit l’oreille pour écouter ce que pouvait bien donner un duo sur des chansons composées pour quintet.

Are you going to Mareborough fair...

Chacun se répartissait les voix en abaissant d’une octave la musique pour que Toe puisse faire les parties de Big Mac, tandis que Torch se chargeait des voix féminines, plus à sa portée évidemment. Le public se chargea de jouer le rôle de troisième membre en accompagnant de la voix, telle une chorale, les deux poneys sur scène.

Rarity n’osa pas chanter, mais Sweetie s’en moqua et joignit le public. Sa grande sœur constata que presque toute la salle, même le personnel du pub, chantait, marmonnait, ou fredonnait les paroles.

Les Ponytones étaient encore vivants, au moins dans les esprits. Peu à peu, Rarity collectait les preuves de la faisabilité d’un retour, et, elle y pensait depuis peu, les bénéfices éventuels à retirer de cette reformation. Et pas que sur le plan psychologique.

Le concert se termina, non sans un rappel et deux dernières chansons des Ponytones, puis le duo salua les spectateurs, sous des applaudissements un peu plus nombreux qu’à leur entrée sur scène, avant de faire une annonce au micro.

« Merci à tous ! C’était un plaisir de jouer pour vous ! Nous reviendrons dans quelques minutes pour signer les albums, que vous pouvez acheter au comptoir ! À tout de suite ! » dit Toe, quittant la scène pour se diriger vers les loges avec sa compagne, échangeant un discret baiser avant de disparaître derrière les rideaux.

Beaucoup de poneys quittèrent les lieux, à part les quelques-uns portant les t-shirts des Ponytones. Sweetie profita du calme pour poser la question qui tue (et qui s’impose après tout concert).

« Alors, tu les as trouvés comment ? »

Rarity réfléchit quelques secondes. « Ils ont toujours de belles voix. Mais à deux, difficile de faire le poids. C’est toujours comme s’il manquait un petit quelque chose, un je-ne-sais-quoi pour faire la différence. » Elle marqua une pause. « Tu as vu comment les gens réagissaient quand ils ont chanté nos chansons ? C’est presque comme s’ils ne venaient que pour ça. Ça sera encore plus facile de les convaincre», sourit-elle de façon mesquine.

Les deux sœurs attendirent le retour du duo et le départ des derniers spectateurs, pour s’approcher de la table où ils avaient signé les quelques albums tendus par les fans. Pour faire bonne figure, Rarity en avait aussi acheté un et c’est toujours avec son foulard et ses lunettes qu’elle arriva en face de Toe et Torch.

« C’est pour ? » demanda l’étalon en souriant, ne reconnaissant toujours pas la licorne en face de lui.

« Oh…. Mettez simplement ‘Pour Rarity’ », répondit la jument en retirant son déguisement.

L’étalon tourna la tête vers sa femme et tous deux levèrent un sourcil interrogateur, avant de reposer leur regard sur la licorne. Silencieux et incapables de prononcer un mot. Tous se regardèrent sans cligner des yeux, presque sous le choc.

Rarity reprit la parole. « Ça faisait… longtemps. »

« Oui... Au moins… dix ans... » continua Toe, toujours incrédule.

« Mais... qu’est-ce que tu fais ici, Rarity ? » demanda Torch.

« Oh, eh bien, je suis venue ici avec Sweetie pour... », Sweetie s’avança et salua les deux d’un signe de tête, « …. vous faire une proposition. »

« Euh… je... » Toe tourna la tête vers Torch, qui acquiesça. « Euh... nous t’écoutons. Mais c’est quand même un peu soudain… »

« Je voudrais reformer le groupe pour une tournée. »

Le duo écarquilla les yeux, incapable de répondre pendant un moment. L’étalon finit par se racler la gorge.

« Ça pour une surprise…. », reprit Torch, avant qu’un silence ne s’installe à nouveau. « Mais pourquoi ? Je ne dis pas non, mais... ça t’a pris comme ça ? » finit-elle par demander.

« Disons que... Sweetie a su me convaincre que l’histoire pourrait mieux se terminer pour nous. Pour le bien de tous. Vous savez, histoire de ne pas avoir de regrets », argumenta Rarity.

« Tu y tiens vraiment après la façon dont ça s’est fini ? » demanda Toe, passant un sabot autour de l’épaule de sa femme pour la rapprocher de lui, tandis qu’elle baissait un peu les yeux. « Est-ce qu’on a vraiment besoin de rechanter ensemble pour essayer de se réconcilier ? »

« Je sais ce que tu penses et j’y ai réfléchi moi aussi. Il n’y a que la musique qui nous a réunis et je pense que rechanter tous les cinq ensemble serait la meilleure façon de finir sur une bonne note », se défendit Rarity, récitant son discours rodé.

« Qu’est-ce qu’on aurait à y gagner, Rarity ? » questionna à son tour Torch. « Nous n’avons pas cessé de chanter depuis la fin du groupe et nous sommes heureux comme ça. Je veux bien comprendre pour le côté ‘réconciliation’ mais je ne sais vraiment pas si nous avons vraiment quelque chose à y gagner…. » expliqua la jument, tournant la tête vers le paquet de vinyles trainant sur la table.

« Justement », poursuivit Rarity. « Jouer tout le reste de votre vie devant quelques dizaines de personnes, c’est vraiment ce que vous voulez ? Même si vous vous dites heureux, et je respecte ça, croyez-moi, je ne pense pas que cela vous suffit pour vivre décemment », grinça-t-elle en lançant son argument majeur.

Toe baissa la tête, prit un air sérieux et marmonna. « Même si ça me fait mal de l’admettre, tu n’as pas tort. »

Rarity sourit d’un air entendu en voyant son coup viser juste. « Une seule tournée, quelques concerts, on se quitte -je l’espère- bons amis, avec une notoriété retrouvée et comme ça, vous pourrez être tranquilles jusqu’à la fin de vos jours en rejouant dans des salles pleines. Pourquoi dire non ? » proposa-t-elle à nouveau.

Un frisson traversa le corps de Sweetie en entendant sa sœur parler de façon aussi sèche, telle une businessmare prête à tout pour vendre le dernier objet à la mode.

« Si c’était seulement une question d’argent, nous n’aurions pas fait splitter le groupe ! » s’énerva légèrement Toe. « Je veux bien qu’on se revoie pour essayer de recoller les morceaux… et pourquoi pas faire une tournée, mais... je... » Il cherchait ses mots et sa femme vint à son secours.

« Ce que Toe essaie de dire, c’est qu’on ne veut pas repartir dans le cirque qui nous a amené là où nous étions il y a dix ans. Faisons en sorte que ça se passe bien et après, ça ne sera plus seulement une question de musique. Je... je crois qu’on veut aussi que l’on soit à nouveau amis tous les cinq », précisa Torch.

« Nous sommes d’accord. Hors de question de répéter les mêmes erreurs. Je veux juste que... cette fois, ça se finisse bien. Boucler la boucle de façon positive », finit Rarity. Sweetie s’avança près d’eux.

« Et je m’assurerai que ça se passe bien. Je pense que c’est ce que tout le monde veut », rassura Sweetie, en prenant le sabot gauche de Rarity dans son sabot droit, offrant des gages de bonne volonté aux deux ex-membres du groupe.

Toe et Torch se regardèrent. Toe murmura à sa femme : « Tu en as vraiment envie ? »

« Je... je pense que le moment est venu, oui », murmura-t-elle à son tour. « Je savais que ça finirait éventuellement par arriver. Alors… autant le faire dès que possible », sourit-elle.

Toe sourit à son tour et se retourna vers Rarity. « C’est d’accord. Tu peux compter sur nous. »

Le visage de Rarity s’illumina. « Fabuleux ! Je vous recontacterai rapidement pour fixer une date pour les répétitions. Ça ne devrait pas être très long. Mais surtout, n’en parlez à personne d’autre. Nous n’avons pas besoin des médias pour faire capoter notre retour », les avertit-elle.

Toe et Torch hochèrent la tête et les trois membres du groupe désormais officieusement reformé se firent leurs adieux, en sachant que ceux-ci seront moins longs que les précédents.

Rarity et Sweetie sortirent du pub, dans la nuit de Canterlot, afin de reprendre la route vers la gare et le train à destination de Poneyville. Après avoir effectué quelques pas, la licorne à la crinière bouclée se rappela de quelque chose.

« J’ai oublié le vinyle qu’on a acheté ! Attends-moi ici Rarity ! » s’écria-t-elle avant de repartir en trottant vers la petite salle, tandis que Rarity levait les yeux au ciel et profitait de cette pause fortuite pour s’asseoir sur un banc et se remaquiller.

Finalement, cet oubli était bien tombé pour Sweetie, qui voulait se retrouver seule avec Toe et Torch, afin de poser la même question qu’aux autres membres. Les deux étaient encore là, en train de ranger le merchandising. Toe lui tendit le vinyle.

« Je crois que tu as oublié ça, Sweetie. Pour un peu, c’est comme si Rarity n’en voulait pas... » grinça-t-il en lâchant un petit rire sarcastique. La jument reprit son souffle.

« Je… Je voulais vous demander quelque chose. Pourquoi vous avez quittés le groupe à l’époque ? » demanda-t-elle, prenant le disque dans son aura magique.

« À cause de Rarity », Torch répondit sans hésitation. « Elle tirait la couverture à elle. Elle devenait insupportable à la fin. Tu le sens sur le dernier disque, c’était elle qui avait le contrôle de notre son. Et pour des chanteurs comme nous, c’était de trop. »

« Oui », acquiesça Toe. « Elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même. J’espère que dix ans ont suffi pour qu’elle le comprenne. »

« J’espère aussi. Au revoir », conclut Sweetie en accompagnant son départ d’un sourire bienveillant, que renvoya le couple.

La jument ressortit dans la nuit et vit Rarity sur un banc à quelques mètres du pub. En la voyant, elle se releva et suivit sa sœur en direction de la gare, en pressant un peu le pas pour ne pas rater le train de nuit vers Poneyville. La route se fit en silence, comme pour se coordonner avec le calme qui enveloppait peu à peu la ville. Sweetie attendit d’être dans le wagon du train pour questionner Rarity.

« Alors, qu’est-ce que ça fait de reformer le groupe ? »

Sa sœur posa un sabot sur son menton et continua à regarder la fenêtre. « C’est... bizarre. Je savais que ça arriverait un jour, mais maintenant que c’est fait... » Elle marqua une pause. « Je ne sais pas vraiment. Quand nous chanterons à nouveau tous les cinq, je le saurai. J’ai... hâte ? » tenta-t-elle en adressant un sourire à sa sœur par le reflet de la vitre, qu’elle renvoya à son tour.

Sweetie ne poussa pas plus et laissa sa sœur s’assoupir sur la banquette du train, en se laissant bercer par les à-coups de la machine. Un autre style de musique pour finir la journée. Quand les doux ronflements de sa sœur se firent entendre, elle activa sa corne et sortit le vinyle de son sac de selle, observant la signature laissée par Toe et Torch.

« Pour Rarity. En souvenir des bons moments. »

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Note de l'auteur

Voilà, le groupe est ensemble, enfin!

Encore un chapitre d'installation. On arrive lentement à la mise en place de la tournée...

Bon, sinon côté fics, j'espère en commencer l'écriture d'une très vite. Non, ce n'est pas Night and Day 2, que je ne commencerai sûrement pas avant février. J'ai des histoires à publier toutefois, dont une que je pourrais sortir la semaine prochaine. Après.... que puis-je vous dire d'autre? J'étais à Leeds il y a une dizaine de jours pour voir Duran Duran en concert, je continues le boulot....

Des choses excitantes sont prévues à mon calendrier: des conventions brony (dont je reparlerai ici) et... et.... oh, c'est tellement énorme pour moi que ce qui se passera en mars aura droit à un post à part sur ce site.

Suspense? Oui, suspense! Stay tuned!

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inglobwetrust
inglobwetrust : #31358
PhoenixBleu09 décembre 2015 - #31355
Nouveau chapitre, nouveaux protagonistes face à Rarity et Sweety Belle. Un bon chapitre, personnellement je n'ai rien à en redire. L'histoire continue son petit bonhomme de chemin et tout se met en place peu à peu. Mais maintenant que le groupe s'est reformé, les choses devraient s'accélérer. Enfin je pense, après tout, je ne suis pas dans le secret des Dieux ! ^^

Je suis curieux de voir ta prochaine fic. Tant qu'à Night and Day 2, t'inquiète, comme je te l'ai déjà dit, l'attente augmente le plaisir des retrouvailles.

Duran Duran ? Sympa ! C'est pas moi qui vais te dire que je connais pas ! ^^

Et bien, ça m'a l'air effectivement supra important pour toi ! On peut dire que tu as piquer au vif ma curiosité !

Enfin bref,
Please, please tell me now...
There's something you all should know...
Il y a 1 an · Répondre
PhoenixBleu
PhoenixBleu : #31355
Nouveau chapitre, nouveaux protagonistes face à Rarity et Sweety Belle. Un bon chapitre, personnellement je n'ai rien à en redire. L'histoire continue son petit bonhomme de chemin et tout se met en place peu à peu. Mais maintenant que le groupe s'est reformé, les choses devraient s'accélérer. Enfin je pense, après tout, je ne suis pas dans le secret des Dieux ! ^^

Je suis curieux de voir ta prochaine fic. Tant qu'à Night and Day 2, t'inquiète, comme je te l'ai déjà dit, l'attente augmente le plaisir des retrouvailles.

Duran Duran ? Sympa ! C'est pas moi qui vais te dire que je connais pas ! ^^

Et bien, ça m'a l'air effectivement supra important pour toi ! On peut dire que tu as piquer au vif ma curiosité !

Enfin bref,
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Il y a 1 an · Répondre

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