Fond: Simple generous gifts par Devinian

Turn It On Again

Une fiction écrite par inglobwetrust.

Chapitre 7: San Franciscolt, Part I

Une semaine plus tard…

« Je peux vraiment pas partir avec toi ? »

Sur le quai de la gare de Poneyville, un train en partance pour San Franciscolt s’apprêtait à partir avec des invités très spéciaux à bord.

« Désolée ma puce, mais tu ne peux pas rater un mois d’école pour venir avec moi. Et puis, papa s’occupera de toi et tu pourras faire plein de choses amusantes avec lui », dit doucement Fluttershy à sa fille qui semblait bouder.

« Ta maman à raison, Rosie. J’ai prévu des tas d’activités très chaotiques pour que nous passions du bon temps entre père et fille ! » dit Discord pour essayer de débloquer les sourcils froncés de sa fille, qui regardait ailleurs en croisant ses petits bras. Il la prit dans ses mains et releva sa bouche pour la faire sourire. Mais la gravité reprit le dessus et Rose continua à bouder.

« Oh, dois-je utiliser mon arme secrète ? » s’interrogea le draconequus. Lui et sa fille se fixèrent pendant de longues secondes, sans baisser le regard. « On dirait bien que oui », déclara-t-il avant de se mettre à chatouiller sa fille avec ses mains.

La petite tenta de résister, mais s’avoua vite vaincue en se mettant à rire abondamment, sous le regard amusé de Fluttershy, qui regarda tendrement les deux amours de sa vie.

« HAHAHA !!! D’a… d’accord, t’as gagné papa !! HAHAHA !!!! » rit la petite, avant de faire un câlin à son papa.

Discord la fit ensuite redescendre pour que mère et fille soient à la même hauteur. « Tu vas me manquer, maman », dit la petite, le cœur lourd, avant de serrer très fort sa maman dans ses petits bras.

Fluttershy retourna l’étreinte et berça tendrement sa fille, avant de lui murmurer à l’oreille : « tu verras, ça passera vite. Et puis, à Poneyville, je chanterais pour toi, comme je te l’ai promis. Tu vas beaucoup me manquer, Rose. » Elle finit en lui embrassant tendrement la joue, avant que Discord ne s’avance vers elle.

Rose recula pour laisser son papa dire au revoir à sa maman. Discord se pencha, la regarda dans les yeux et passa sa serre d’aigle sur sa joue et dans ses cheveux roses.

« Tu es absolument certaine de vouloir le faire ? », demanda-t-il, toujours un peu inquiet.

Fluttershy acquiesça et posa un de ses sabots dans sa serre. « Oui. Je veux vraiment pouvoir le faire, surtout pour Rose. Elle a tellement envie de me voir chanter. Je ne veux pas la décevoir », dit-elle en ajoutant son traditionnel sourire pour le convaincre.

Discord tourna les yeux vers sa fille, qui était occupée à chasser un papillon, et sourit aussi. Il se retourna vers sa femme. « Si quelque chose ne va pas, tu as juste à m’appeler et je débarque dans la seconde », proposa-t-il.

La pégase lâcha un petit rire. « Tu es gentil, mais… c’est moi et moi seule qui doit m’occuper de ça, d’accord ? », précisa-t-elle, en essayant de se montrer un peu ferme dans ses propos. « Tu me promets de rester en dehors de ça et de rester à la maison pour t’occuper de Rose ? »

Discord ne dit rien pendant quelques secondes, avant de soupirer. « Croix de bois, croix de fer, si je mens, je mange mon fer », jura-t-il en faisant les gestes correspondants. Fluttershy sourit et l’embrassa amoureusement sur les lèvres.

« Merci, mon cœur », dit-elle, avant de faire signe à Rose de venir pour un long câlin d’adieu qu’ils firent durer jusqu’à ce que le train se prépare à partir.

De l’autre côté du quai, Sweetie ne put s’empêcher de sourire devant le tendre spectacle offert par cette drôle de famille.

« Hé, attention ! C’est extrêmement fragile ! » hurla sa sœur derrière elle.

Rarity hurlait sur le pauvre poney chargé de faire rentrer les multiples valises de la jument, dans un wagon entier occupé par ses bagages. Sweetie s’avança vers elle.

« Rarity, tu as vraiment besoin de tout ça juste pour un mois ? » demanda-t-elle.

Sa sœur réfléchit quelques secondes avant de répondre. « Certainement pas, mais une dame n’est jamais trop prudente quand il s’agit de mode. En plus, il faut bien que quelqu’un s’occupe des tenues de scène, non ? Tu verras, elles sont tout simplement fa-bu-leuses ! » s’exclama-t-elle. « Je ne vous avais pas dit que c’était fragile !?! » ajouta-t-elle en criant sur le pauvre bagagiste qui manqua de trébucher sur l’un des cartons.

Sweetie laissa Rarity à son jeu de rangement et vit Mac arriver devant le train, avec juste une petite valise avec lui, en plus de son sac de selle.

« Bonjour Mac », l’accueilla-t-elle. « Comment va ta voix ? »

« Mieux. C’était un peu difficile de s’y remettre, mais j’ai retrouvé ma tonalité. Tant mieux car je pourrais pas faire ça encore dix ans », grommela-t-il en essayant d’en rire. Il jeta un œil vers Rarity en pleine bagarre avec ses bagages. L’image le fit lever les yeux au ciel. « Toujours la même celle-là. »

« De quoi tu te plains ? Ce n’est pas toi qui l’as comme sœur », rit Sweetie. « Mais tu sais aussi qu’elle n’est pas l’élément de la générosité pour rien. »

A ces mots, le visage de Mac s’assombrit et son regard sembla se remplir d’une certaine tristesse, chose inhabituelle chez lui. « Mouais… », marmonna-t-il timidement, l’air peiné.

Sweetie leva un sourcil, mais n’eût pas le temps de lui en demander plus quand il monta dans le train sans ajouter un mot.

Toe et Torch arrivèrent peu après, heureusement sans trop de bagages, et grimpèrent dans le wagon où devait se retrouver le groupe au complet.

« Le train en direction de San Franciscolt va partir, en voiture ! » cria le chef de gare peu après que la dernière valise soit rentrée (avec difficulté) dans le wagon attenant. Fluttershy fut la dernière à pénétrer dans le train, relâchant avec réticence sa famille, embrassant son époux et lui disant un « Je t’aime » qu’il répéta avant de monter dans le wagon.

Alors que le sifflet annonçant le départ se fit entendre, Fluttershy s’approcha de la fenêtre et colla son sabot contre la vitre, Discord portant Rose pour qu’elle pose sa serre d’aigle sur la vitre, jusqu’à ce que le train ne finisse par s’éloigner.

Et c’est ainsi que Discord et Rose se retrouvèrent seuls sur le quai, agitant leurs mains en direction du train qui finit par n’être qu’un simple point à l’horizon. La petite entendit son papa renifler, alors qu’il la portait toujours dans ses bras. Elle se retourna et vit ses yeux humides.

« Papa, tu pleures ? » demanda-t-elle naïvement, proche elle aussi de faire de même.

Discord la reposa au sol et sortit un énorme mouchoir dans lequel il se moucha bruyamment. « Et ? Un draconequus n’a pas le droit de pleurer ? Et toi, tu ne pleures pas maintenant que maman est parti pour un mois en nous laissant tous seuls pour affronter ce monde cruel ? » demanda-t-il en amenant sa serre sur son front pour prendre une pose dramatique.

La petite secoua la tête. « Maman veut que je sois forte, alors je pleure intérieurement comme tata Applejack. »

« Alors c’est que je ne suis pas aussi fort que ma petite fille. Je… je suis si faible… Je… je défaille », dit Discord en s’écroulant au sol, une fleur dans ses mains, tirant la langue comme un cadavre prêt à être enterré. Il entendit sa fille rire derrière lui.

« Aww, moi aussi je suis triste, mais on va bien s’amuser tous les deux en l’attendant. Hein, papa ? Tu pourras faire plein de trucs chaotiques ! » tenta de le réconforter Rose en se penchant au-dessus de son visage. Il rouvrit ses yeux dorés.

« Sans maman, ça ne sera pas aussi amusant… », gémit-il, avant de refermer ses paupières et de refaire le mort.

Rose commençait à être à court d’idées pour lui remonter le moral. Une ampoule venue d’on ne sait où arriva au-dessus de sa tête et s’alluma.

« Je sais quoi faire pour te refaire sourire ! » annonça-t-elle d’un air triomphant. Elle se pencha et donna un bisou sur le front de son père, qui rouvrit ses yeux et se releva d’un bond, en la prenant dans ses bras.

« Merci, princesse Rose ! Vous m’avez sauvé d’une mort certaine ! Je suis maintenant à votre service, vos désirs sont des ordres », déclara le draconequus en reposant la petite à terre et en faisant une révérence, tandis qu’une robe à frous-frous apparut sur la petite et une armure de chevalier sur lui.

« Je peux pas être le chevalier plutôt ? Les robes, c’est nul », suggéra Rose en essayant de se défaire des habits roses qui semblaient très inconfortables pour elle.

« Comme vous le désirez, milady », déclara Discord, claquant des doigts, inversant les rôles et se retrouvant avec la robe de princesse, ce qui fit beaucoup rire sa fille.

Rose vola jusqu’à sa tête et posa ses serres sur chacune des… Cornes ? Bois ? Antennes ? Toujours est-il que, fermement agrippé aux deux appendices, elle ordonna :

« Et maintenant, direction le Sugarcube Corner, mon fidèle destrier ! Sus aux cupcakes ! »

Discord hennit et se transforma en poney pour se lancer au galop vers la pâtisserie, surprenant l’ensemble des passants qui se trouvaient dans la ville. Rose le dirigea comme si elle conduisait un volant, oubliant presque complètement la tristesse ressentie quelques minutes auparavant.

Dans le train, l’ambiance était moins joyeuse. Pas tendue, mais étrange dans le coin où étaient rassemblés les Ponytones pour les cinq à six heures de trajet prévus. Fluttershy, logiquement, semblait avoir le plus de mal à digérer le départ et continuait à fixer la fenêtre et la photo de famille qu’elle tenait dans ses sabots.

Rarity s’approcha d’elle et sourit en voyant la photo : Fluttershy au centre, et Discord la tête à l’envers qui tenait une Rose rieuse dans ses mains.

« Tu as vraiment de la chance d’avoir une famille aussi… unique », dit doucement Rarity, pour ne pas surprendre la pégase.

Fluttershy releva sa tête et la tourna vers Rarity. « Je ne sais pas ce que je serais sans eux. Ils sont tout pour moi », répondit-elle. « Avoir un enfant est la chose la plus merveilleuse qui me soit arrivée, après avoir épousé Discord », ajouta-t-elle.

« A qui le dis-tu… », soupira Rarity, prenant un air plus sombre. « J’espère que ma famille finira par arriver un jour… Le temps joue contre moi, tu sais. Je ne suis plus toute jeune maintenant », rit-elle, d’un ton forcé.

Fluttershy tendit une aile et, cette fois, ce fut elle qui réconforta son amie. « Ne t’inquiète pas. Je suis sûre que tu sauras ce que sais d’être maman un jour. Mais il ne faut pas brusquer les choses. On ne sait jamais quand cela arrive. » Elle replongea dans ses souvenirs. « Un an avant qu’on me dise que j’étais enceinte, tu croyais vraiment que j’aurais pu m’imaginer maman d’une petite qui est à moitié draconequus ? », sourit-elle.

Rarity sourit à son tour et fit un petit câlin à son amie, profitant de l’instant de complicité.

« Aaaaaahhhhhh !!!!!!!!! »

Pas loin, Toe faisait répéter des parties vocales à Mac pour s’assurer du retour de sa bonne tonalité de voix. Le résultat était satisfaisant, tellement qu’il faisait bourdonner quelques têtes avec sa voix de baryton.

« C’est beaucoup mieux, Mac ! Content de voir que ta voix est toujours là ! » le complimenta Toe.

« Merci, Toe », répondit Mac en échangeant un hoof-bump avec le poney terrestre.

Fluttershy et Rarity se rapprochèrent du coin où Sweetie discutait avec Torch, Mac et Toe étant occupés à faire des essais de voix.

En observant le spectacle des poneys discutant, Torch ne put s’empêcher de lâcher : « Je ne sais pas vous, mais ça fait vraiment bizarre d’être à nouveau là, tous ensemble. Pour être franche, je pensais que ça n’arriverait jamais. »

« Et… c’est une bonne chose, non ? » demanda Sweetie.

Un peu surprise de la question, Torch répondit néanmoins. « Oh… oui, bien sûr. J’ai hâte de rechanter avec le groupe. On ne peut pas s’échapper de son passé aussi facilement, pas vrai ? »

Toe finit ses gammes avec Mac et s’immisça dans la conversation. « Chanter avec le groupe, et je pense que tu seras d’accord chérie », dit-il en tournant la tête vers sa femme, « ça nous a un peu manqué par moments. Enfin, ce n’est pas comme si c’était un manque insupportable, mais… enfin, je… je pense que vous comprenez », bégaya-t-il sur la fin.

Les six poneys acquiescèrent, en comprenant très bien que, malgré les embûches, certains instants passés avec le groupe restaient toujours parmi les plus beaux moments de leur vie.

« La semaine dernière, Rose a voulu écouter notre Live au Carneighie Hall. En l’écoutant, il y a des fois où j’ai trouvé cela tellement beau que je me suis demandé comment j’avais fait pour avoir aussi peur avant de chanter sur scène », expliqua Fluttershy, qui replongeait dans les souvenirs.

« On se demande bien pourquoi nous avons arrêté, hein ? » demanda Rarity, assez maladroitement, ce qui laissa planer un silence assez long entre les poneys, qui détournèrent le regard en se rappelant pourquoi, les mines s’assombrissant de concert.

« J’pense qu’on l’sait tous… », dit de sa voix grave Mac, aposant une deuxième couche à la chape de plomb qui était tombée sur le wagon.

Le silence s’installa longuement, seulement interrompu par quelques quintes de toux gênées et le rythme mécanique du train qui avançait en direction de San Franciscolt.

Torch bâilla longuement, et brisa le silence la première. « Je ne sais pas vous, mais je ferais bien une petite sieste en attendant d’arriver », dit-elle. « Toe et moi avons déjà fait quelques heures de voyage pour arriver à Poneyville ce matin. »

Toe acquiesça et accompagna sa femme en quête d’un endroit plus calme dans le train pour se reposer, laissant les Poneyviliens seuls dans le compartiment.

Le silence reprit ses droits pendant quelques longues secondes, avant que quelqu’un ne se décide à parler.

« Il fait beau en ce moment, non ? » demanda Rarity, ne trouvant rien d’autre à dire.

« Oh… oui, c’est tellement plus agréable de prendre le thé dans le jardin quand il y a du soleil », sourit Fluttershy.

« C’est bon pour les pommiers. Mais faudrait un peu de pluie aussi pour éviter qu’ils se dessèchent et meurent », répliqua Mac. « Un arbre pourri et c’est toute la récolte qui est ratée. »

Sweetie comprit que le chemin serait encore long avant que la reformation soit effective ailleurs que sur scène, même s’il y avait déjà de belles promesses d’affichées. Le retour sur les planches aiderait à leur faire comprendre que leurs querelles passées étaient vraiment idiotes. Au moins, ils ne se disputeraient pas sur quoi chanter. Enfin, c’était ce qu’espérait la licorne.

« Fluttershy, tu veux écouter des disques avec moi ? J’ai pris mon baladeur pour passer le temps », proposa Sweetie en faisant léviter deux casques qu’elle venait de sortir de son sac devant elle.

« Oh, pourquoi pas, c’est une merveilleuse idée. Ça fait longtemps que je n’ai pas écouté de disques. Tu sais, je préfère le chant des oiseaux… », dit-elle un peu timidement en prenant le casque.

« Ça tombe bien, je dois avoir quelques morceaux d’un groupe qui utilise le chant des oiseaux comme mélodie ! » annonça Sweetie en mettant le casque sur ses oreilles, laissant seule Mac et Rarity, face-à-face.

En jetant un œil vers lui, elle vit qu’il la fixait. Comme apeurée par son regard et ne voulant pas vraiment échanger avec lui, elle sortit des magazines de mode de son sac de selle et se cacha derrière pendant le reste du trajet.

Mac se contenta de fixer la fenêtre et de voir le paysage défiler, perdu dans ses pensées, sans ajouter un mot pendant de longues heures. Au jeu du silence, il était toujours le champion.

Enfin, le train approcha de la gare de San Franciscolt, après cinq longues heures de trajet à travers Equestria. Scootaloo revint avec Toe et Torch là où se trouvait le reste du groupe, dont Sweetie et Fluttershy qui retirèrent leurs casques, la seconde un peu secouée.

« Ce remix electro-punk-techno-trash metal du chant des corneilles était vraiment… unique », dit-elle en repassant le casque à Sweetie, qui sourit.

« Et tu n’as pas entendu leur version du chant des geais bleus sur un morceau de rock progressif de vingt-six minutes ! » ajouta la licorne, pleine d’enthousiasme.

« Euh… peut-être une autre fois, d’accord ? Je vais me contenter de la version sans remix, au naturel, sans autres instruments que les oiseaux pendant quelque temps », tempéra la pégase, avant de se lever pour se dégourdir les pattes et étirer ses ailes. Le train arriva en gare et s’arrêta.

« San Franciscolt, dix minutes d’arrêt ! » annonça le chef de gare, laissant le flot de passagers se déverser hors du train. Il va sans dire que Rarity eut bien besoin des dix minutes, même un peu plus, le temps de sortir toutes ses bagages.

Quand toutes les valises et les membres du groupe furent enfin descendus du train, Scootaloo se posa devant eux et annonça :

« Bon, quand je vous dirais foncez, vous baisserez la tête et vous foncerez jusqu’au taxi en face de vous, compris ? »

Les sourcils se levèrent et Sweetie posa la question la première.

« Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ? »

Scootaloo se retourna et marcha vers la sortie de la gare, avant de retourner la tête en arrière et de dire : « Vous le comprendrez vite. »

En effet, ils comprirent vite.

A peine la porte séparant la gare de la rue franchie, ils tombèrent sur une nuée de journalistes leur sautant dessus et faisant crépiter les flashs de tous côtés.

« Une déclaration ! »

« Une photo ! »

« Pourquoi commencer la tournée ici ? »

« Que pensez-vous des rumeurs qui- »

« Qu’allez-vous chanter ? »

« On parle d’une grosse somme à plusieurs zéros par concert, vous confirmez ? »

« Allez-vous refaire un album ? »

Les questions pleuvaient sur les membres, désemparés et surpris, ne s’attendant pas à un tel accueil.

« FONCEZ !!! » cria Scootaloo en survolant la foule et en faisant signe vers un grand taxi tiré par quatre poneys situé à quelques mètres devant.

Fluttershy fut la première à entrer dans le taxi après Scootaloo, complètement terrorisée et se jetant dans les sabots de la pégase orange pour se protéger de la meute de reporters, suivie de près par le reste du groupe : Toe, Torch, Sweetie.

Rarity mit un peu plus de temps à venir à cause de l’excédent de bagages, tandis que Mac fendait la foule en écartant les journalistes avec sa carrure, ne prononçant pas un mot et gardant le regard fixe jusqu’à ce qu’il entre dans le taxi.

La porte se referma et pourtant, les photographes s’accrochaient de tous côtés, collant leurs objectifs à la vitre en espérant avoir une photo exclusive.

« Qu’est-ce que vous attendez devant !?! », s’énerva Scootaloo en ouvrant la fente donnant sur l’extérieur. « GO !! »

Le chariot se mit en route et fonça dans les rues de la ville, semant rapidement les quelques journalistes, sauf quelques pégases qui mirent un peu de temps avant de se faire décrocher par le convoi.

« Et moi qui avait peur qu’on soit ringard… », s’amusa Toe en reprenant ses esprits.

Le reste du trajet se passa plus calmement, le chariot se fondant dans le trafic, jusqu’à l’hôtel, où d’autres cris accueillirent le groupe.

« LES VOILA !!!!! »

Des poneys de tous âges se massaient devant les grilles de l’hôtel 4 étoiles où le groupe devait loger pendant son séjour. Certains avaient en sabots la une du journal local, où une photo du groupe prise lors de la conférence de presse était accompagnée d’un « ILS REVIENNENT » étalé sur cinq colonnes.

« S’il vous plaît, un autographe ! »

« Une photo, je suis votre plus grand fan ! »

« Rarity, je vous adore ! »

« Mac, épouse-moi ! »

Les cris étaient d’une autre tonalité, mais remplis d’amour pour le groupe, qui décida cette fois de prendre le temps de signer quelques autographes et de poser pour des photos. Pour profiter de cette gloire qui revenait et qui était encore l’une des rares choses qui avait manqué à (presque) tout le groupe. Même Mac souriait pour l’occasion et signait quelques autographes sans broncher, en devant toutefois repousser certaines juments (très) entreprenantes derrière les barrières le protégeant de leur enthousiasme.

Seule Fluttershy entra directement dans le hall de l’hôtel, escortée par Sweetie. Elle respirait avec difficulté et mit quelques minutes à s’en remettre, avec la licorne à ses côtés.

« C’est… ça fait beaucoup à digérer… », souffla-t-elle. « Mais ne t’inquiète pas… Ça… ça ira mieux pour le concert », ajouta-t-elle pour tenter de rassurer Sweetie, qui n’insista pas plus pour ne pas la blesser davantage.

Après quelques minutes, le groupe finit par rejoindre les deux juments dans le hall, avec des sourires retrouvés sur leurs visages. Toe et Torch semblaient les plus surpris de cet enthousiasme, après des années passés à jouer dans des salles vides. Rarity souriait tout autant, ravie de cette attention retrouvée, gonflant d’un coup son ego déjà imposant.

Scootaloo arriva avec les clés des chambres : une pour Rarity et Sweetie, une pour Toe et Torch, une pour Fluttershy et une pour Mac.

« Tenez », dit-elle en donnant les clés. « Allez déposer vos bagages et revenez-ici dans une demi-heure pour que vous puissiez aller voir le stade où vous jouez demain. »

Des regards interrogateurs et des sourcils levés furent la seule réaction que recueillit Scootaloo.

« Un stade ? » répéta Torch.

« Oui, c’est ce que j’ai dit. Quoi, il y a un problème ? » demanda Scootaloo, surprise et levant à son tour un sourcil derrière ses lunettes noires.

« Je croyais que nous devions jouer dans des salles, pas dans des stades », expliqua Torch. « C’était écrit dans le contrat. »

« Oh. » Scootaloo se rendit compte de son oubli. « Oui, c’était ce qui était prévu au départ. Mais… la demande de billets a été tellement forte qu’on a décidé de faire la tournée dans des stades. Pas de souci, on gère la sono et puis… Plus de tickets égal plus d’argent, n’est-ce pas ? » finit-elle en se cachant derrière son sourire de businessmare.

« Des… stades ? » répéta Fluttershy en avalant une grosse boule dans sa gorge.

« Oh ouais, ça va être énorme », répliqua Scootaloo.

La pégase pâlit. « Je….j’ai besoin de m’asseoir… », parvint-elle à dire en manquant de s’évanouir. « Ce sera plus dur que je le pensais », souffla-t-elle en se faisant soutenir par Sweetie, qui l’aida ensuite à monter dans sa chambre.

« Bon, on se retrouve ici dans trente minutes. Et ne traînez pas ! » ordonna la manageuse.

Tous montèrent dans leurs chambres et revinrent à l’heure prévue dans le hall de l’hôtel. Rarity arriva à la dernière minute, en se plaignant de ne pas avoir eu assez de temps pour défaire ses bagages. Fluttershy avait repris quelques couleurs depuis l’arrivée à l’hôtel. Le groupe sortit par une porte dérobée pour se diriger vers le stade et éviter photographes et fans toujours massés devant l’entrée.

Le trajet se fit dans un silence total, comme si une tension qui ne disait pas son nom s’était installée dans l’habitacle du taxi qui les menait vers le lieu de leur premier concert à cinq depuis dix ans. Fluttershy cherchait du soutien et s’agrippait au bras gauche de Rarity, qui la laissa faire. Et le reste du groupe sentait aussi une certaine boule se former dans leur ventre. Même Mac semblait mal à l’aise.

Le chariot arriva au stade, le Coltstick Park, où les enceintes étaient en pleine installation en vue du concert du lendemain. Le groupe suivit Scootaloo et l’organisateur du concert qui les guidèrent vers la scène, qui semblait si petite face au gigantisme du stade encore vide.

« Il… il y aura combien de personnes ? » demanda Rarity en grimpant les dernières marches menant des coulisses vers la scène.

« 35 000. Tout s’est vendu en quelques heures. On aurait même pu faire deux dates pleines », répondit Scootaloo sans se retourner, avant de pénétrer la première à l’endroit où se tiendraient les Ponytones le lendemain.

Les cinq chanteurs eurent le souffle coupé en arrivant sur la scène. Etait-ce le simple fait d’être là où de voir ce stade vide et d’imaginer le même plein à ras bord ? Toujours est-il que la plupart ne purent retenir un « Wouah….» d’admiration de s’échapper de leurs lèvres.

Rarity fit le tour de la scène, dansant même un peu pour prendre ses marques, s’imaginant face aux yeux ébahis de milliers de poneys.

Toe et Torch s’inquiétèrent de détails concernant l’acoustique et la position des micros, de par leur passé sur les petites scènes equestriennes. Ils prirent leur temps pour s’imaginer le bonheur ressenti de jouer à nouveau devant une salle comble. Avec qui passait un peu au second plan.

Mac restait stoïque et admirait simplement le cadre immense, qui lui rappelait un peu les vastes champs de pommes de Sweet Apples Acres. Que ce soit devant une, dix ou soixante mille personnes, il se contenait juste de chanter en se fichant bien du nombre.

Fluttershy faisait de son mieux pour cacher sa nervosité, mais était bien entendu quasi-tétanisée à la simple idée de chanter devant autant de monde. La nuit serait longue pour elle et la journée du lendemain encore plus.

Sweetie s’imaginait aussi, avec beaucoup d’excitation, chanter devant ce stade, même si en tant que première partie, elle savait qu’il serait à moitié vide. Mais l’important n’était pas là.

Et l’important était le groupe, qui prendrait vraiment ses repères lors des balances le lendemain, quelques heures avant le show. D’ici là, les émotions de chacun allaient peu à peu s’accumuler et monter en eux, avant d’exploser lors du moment fatidique de l’entrée en scène, sans filet, sans droit à l’erreur face aux attentes des spectateurs.

Et certains des Ponytones allaient mieux encaisser cette pression que d’autres.

Le groupe quitta un à un la scène, en se prenant en photo avec les sièges vide derrière, pour immortaliser l’instant, et pour quelques journalistes venus en éclaireur pour leurs articles du lendemain, posant des questions qui amenaient aux mêmes réponses interchangeables de ville en ville: « Nous adorons jouer ici », « Ce sera un excellent concert », « Nous chanterons pour les fans », « Être à nouveau ensemble est un sentiment merveilleux »… Le ballet entre le stade et l’hôtel, les dernières répétitions techniques, le sommeil qui venait à manquer la veille du show, les matelas plus ou moins moelleux et les repas dans les hôtels, la tension grimpant quelques heures avant le concert…

Pour les Ponytones, la vie en tournée venait de redémarrer pour de bon.

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Note de l'auteur

David Bowie est mort. Beuh. Dans une de mes fics (pas encore publiée ici), je faisais référence à une de ces chansons, l'une de mes préférées, appelée Fame. Je ne peux que vous inviter à découvrir son œuvre et notamment les albums 'Aladin Sane', 'Station to Station' et tout le reste de sa discographie, si immense qu'il y a de quoi s'occuper longtemps. So long, Starman...

C'est triste, mais la vie continue.

Et la tournée des Ponytones s'apprête à vraiment démarrer au prochain chapitre. Promis. Je pense que j'en ai vu deux, trois au fond en train de fondre en voyant Rose et son papa Discord...

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PhoenixBleu
PhoenixBleu : #34102
inglobwetrust06 février 2016 - #34083
San Franciscolt est un nom que j'ai déjà vu dans les comics officiels, ainsi que San Flankcisco.


Oui...c'est donc plus ou moins variable...
En tout cas, merci pour l'info ! ^^
Il y a 1 an · Répondre
inglobwetrust
inglobwetrust : #34083
PhoenixBleu06 février 2016 - #34077
Salut, salut !
Cette fois-ci, j'suis vraiment à la bourre. Mais voyant qu'il y aurait deux parties, j'ai préféré tout lire d'une traite.

Alors oui, j'ai trouvé très mimi la scène autour de Rose. En tout cas, j'ai bien aimé ! ^^
En tout cas, bonne idée que de ne pas suivre tout de suite le groupe en voyage et de s'attarder sur la petite et son père. Ça casse un peu le train-train (c'est la cas de le dire ^^) et permet ainsi de faire une pause fortement appréciable.

Mac m'intrigue décidément de plus en plus ! Et c'est tant mieux ! ^^ J'ai vraiment hâte de savoir ce qu'il cache !

Je sais pas pourquoi, mais tata Applejack ça m'a fait rire ! ^^

Ah oui, aussi une petite question. San Franciscolt c'est canon comme nom ou c'est toi qui l'a inventé ? Parce que moi, dans ma fic, la ville correspondant à San Francisco, je l'ai baptisé San Franticorno. Et comme j'essaye de respecter les noms préexistant dans le show, c'était pour savoir.

Et oui, David est parti...mais seulement physiquement. Son œuvre le fera vivre éternellement ! Let's dance !
San Franciscolt est un nom que j'ai déjà vu dans les comics officiels, ainsi que San Flankcisco.
Il y a 1 an · Répondre
PhoenixBleu
PhoenixBleu : #34077
Salut, salut !
Cette fois-ci, j'suis vraiment à la bourre. Mais voyant qu'il y aurait deux parties, j'ai préféré tout lire d'une traite.

Alors oui, j'ai trouvé très mimi la scène autour de Rose. En tout cas, j'ai bien aimé ! ^^
En tout cas, bonne idée que de ne pas suivre tout de suite le groupe en voyage et de s'attarder sur la petite et son père. Ça casse un peu le train-train (c'est la cas de le dire ^^) et permet ainsi de faire une pause fortement appréciable.

Mac m'intrigue décidément de plus en plus ! Et c'est tant mieux ! ^^ J'ai vraiment hâte de savoir ce qu'il cache !

Je sais pas pourquoi, mais tata Applejack ça m'a fait rire ! ^^

Ah oui, aussi une petite question. San Franciscolt c'est canon comme nom ou c'est toi qui l'a inventé ? Parce que moi, dans ma fic, la ville correspondant à San Francisco, je l'ai baptisé San Franticorno. Et comme j'essaye de respecter les noms préexistant dans le show, c'était pour savoir.

Et oui, David est parti...mais seulement physiquement. Son œuvre le fera vivre éternellement ! Let's dance !
Il y a 1 an · Répondre
Wellen
Wellen : #33157
La scène avec Rose et Discord était trop choupi .
Modifié · Il y a 1 an · Répondre
BroNie
BroNie : #33150
Je reste très dubitatif. C'est pas mauvais sur la forme, mais le fond sonne...creux. Comme si tu essayais de tirer et de faire du remplissage, alors qu'il n'y a pas vraiment matière à le faire. Par exemple, la scène de Discord et Rose. Je suis de ceux qui pensent qu'il faut penser en termes cinématographiques quand on décrit des scènes. Etait-ce vraiment nécéssaire de laisser la caméra sur eux une fois le train parti ? On pouvait largement se borner à la scène du quai, et là, bim, cut sur le wagon des ponytones.

Le passage des chants des oiseaux était cela dit, très bien trouvé et bien traité.
Il y a 1 an · Répondre

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