Fond: Simple generous gifts par Devinian

The Snow on Her Cheek

Une fiction traduite par System.

Chapitre 5 - Cheek to Cheek

« Écoute, Tavi, tout va bien. Ce n'est pas parce que tu t'es ratée trente fois à la suite que... »

Un coup bien placé d'un sabot gris acheva la phrase de Vinyl, ce qui n'effaça tout de même pas le sourire de son museau.

« Bien, Tavi ! Maintenant place cette colère dans ta musique ! » s'exclama la pianiste, prenant cependant un peu de recul par simple précaution pour éviter qu'Octavia ne la frappe encore. Comment fait-elle pour avoir l'air si excitante quand elle me frappe ? pensa la licorne, pendant qu'Octavia prenait son archet une fois de plus avec un soupir. Punaise, Vinyl, tu n'es totalement pas dans... l'es-tu ?

Heureusement, avant que la licorne n’ait pu plonger dans les plus profonds recoins de son subconscient, Octavia commença à jouer. Son sabot gauche essayait désespérément de casser le rythme strict du morceau, de la sueur commençait à se former sur son front. Allez... Bouge ! ordonna-t-elle à son sabot. Il glissa d'un coup sec formant quelques notes inégales, faisant applaudir Vinyl.

« C'est comme ça, pouliche ! » Elle applaudit, acclamant sa compagne. Ça c’est ma Tavi !

Octavia sourit péniblement, essayant de dire quelque chose pour exprimer à quel point elle aimait Vinyl et à quel point elle était reconnaissante de ses leçons. Je joue du jazz maintenant ! Deux notes, mais eh ! C'est du jazz ! Soudain quelque chose de noir recouvrit son regard, et elle s'effondra au sol.

Voyant sa compagne s'effondrer, Vinyl se précipita soudainement à ses côtés, oubliant toute sa magie ou autre, n'ayant en tête que l'image de sa compagne qui tombait. Heureusement elle fut rapide et la vitesse fit toute la différence. Si elle ne pouvait pas attraper la jument avec ses sabots, elle plongea tout de même à terre pour amortir sa chute. Aïe. Cela voulait aussi dire subir toute la chute pour elle-même. Mais c'est pour Tavi... pensa-t-elle. Grinçant des dents, elle finit par sentir le corps inerte commencer à remuer sur son dos.

Encore sonnée, Octavia cligna des yeux quelques secondes. Elle pouvait voir le plafond... Elle pouvait sentir quelque chose de tiède sous elle... Elle pouvait entendre des gémissements et des plaintes... Oh Celestia ! Vinyl ! La violoncelliste roula sur le côté, tombant du dos de la pianiste (MA pianiste ! *gloussement*), libérant Vinyl de son fardeau.

« Vinyl, tout va bien ? » demanda-t-elle immédiatement d'un ton inquiet.

La licorne grogna, se frottant le dos. « Oui, Tavi. Tout va bien aussi ? Tu étais juste là, devant, quand tout à coup tu t'es effondrée, et... »

Octavia fit immédiatement taire la licorne avec un baiser, exprimant sa gratitude envers elle, parce qu'elle voulait la remercier ainsi. C'était tellement agréable, pouvoir embrasser la jument qu'elle aimait n'importe quand, n'importe où... Non pas n'importe où, Octavia. Pas n'importe où... nota-t-elle mentalement, se remémorant les lois.

« Je vais bien, Vinyl », dit-elle, stoppant finalement le baiser, voyant sa compagne rougir inexorablement en signe d'affection.

« Ouais... Ça va », sourit Vinyl. « Mais tu dois vraiment perdre un peu de poids », pouffa-t-elle, remuant la tête.

« Vinyl, la seule raison pour laquelle je ne t'enfonce pas l'archet au fond de la gorge c'est que tu m'as sauvée », répondit Octavia. « Et parce que je t'aime. » Elle embrassa la licorne déjà embarrassée sur le front.

« 'T'aime aussi, Tavi », répondit Vinyl, bécotant la joue de sa compagne. C'était naturel, simplement rester côte à côte, embrassant la jument... qu'elle aimait. Toutes deux réalisèrent immédiatement qu'elles avaient via leur subconscient exprimé leurs vrais sentiments l'une pour l'autre. Mais cela semblait quand même naturel, comme si tout était évident.

« Mon violoncelle ! » s'écria Octavia, brisant le silence. Son précieux instrument était étalé sur le sol, cassé net en deux suite à la chute, les cordes sectionnées, le manche gisant à distance du reste. Elle sursauta, tremblante, s'approcha de l'amas de bois qui était autrefois son violoncelle. Mon violoncelle... Elle sentit une larme couler sur sa joue, qui alla se perdre dans sa fourrure.

« Eh, Tavi... » Vinyl arriva à côté d'elle, caressant sa crinière gentiment. « Tout va bien, nous en achèterons un nouveau... »

« Un nouveau ?! » cria Octavia, faisant face à sa compagne, mais elle se calma en voyant son air effrayé. Je dois vraiment avoir l'air d'une idiote maintenant... « Non, Vinyl, tu ne comprends pas. » Elle secoua la tête tristement. « C'est le genre d'instrument qui a été fabriqué par un maître du genre, qui n'est plus de ce monde. » Elle s'arrêta, se rappelant du maestro qui lui avait fabriqué son instrument.

« Eh bien, tu peux toujours essayer un nouvel instrument ! Tu sais j'ai une guitare électrique... » commença Vinyl.

« Vinyl ! Je te parle sérieusement ! » s'exclama Octavia, irritée. « J'ai besoin qu'il soit réparé ! Et personne dans cette ville n'a le talent pour le faire... » Son regard fixa le sol, comme si elle faisait son dernier adieu à celui qui l'avait accompagné tout au long de sa vie.

A sa surprise, la pianiste sourit d'un air satisfait, faisant léviter ses lunettes de la table pour les mettre. Eh ?

« Pouliche, si tu ne connais personne qui puisse le faire, ça ne veule pas dire que personne ne puisse le faire ! » s'exclama-t-elle, triomphante.

« Veux », corrigea automatiquement la violoncelliste, n'ayant pas encore tout à fait saisi ce que venait de dire la licorne.

« Eh, Tavi, la nuit dernière tu n'étais pas si préoccupée par la grammaire », rétorqua Vinyl avec un sourire.

« VINYL ! » Le visage d'Octavia devint rouge en une seconde alors qu'elle se rappelait d'à quel point elle n'avait pas été concernée du tout par la grammaire… ou quoi que ce soit d'autre, la nuit précédente.

La licorne rigola, tapant ses sabots avant sur le sol. Tu l'as vraiment bien eu, Vinyl ! S'il elle avait pu s'en taper cinq à elle-même, elle l'aurait fait, mais ce genre d'idée n'était bonne qu'à la faire tomber par terre à coup sûr.

« D'accord, d'accord ! Je connais un gars qui pourrait réparer ton violoncelle », dit-elle fièrement en voyant une note d'espoir dans les yeux de sa compagne. « Il joue de la contrebasse au bar où je joue tous les soirs », expliqua-t-elle, reculant légèrement lorsque la jument se jeta dans ses bras, l'enlaçant fortement.

« Tavi... Je... Peux plus respirer... » essaya-t-elle de dire, sentant l'oxygène partir de son corps graduellement.

Octavia libéra sa compagne, souriant timidement. « Désolée », dit-elle. « On peut le prendre ce soir alors ? » demanda-t-elle, ne pouvant pas attendre une seconde de plus.

« Bien sûr », répondit Vinyl, ayant droit à un câlin plus doux cette fois. J'aurais pu m'y faire... « Mais maintenant allons nous occuper de choses plus importantes. » Voyant Octavia rougir, elle se tapa le front. « Déménager mes affaires, je voulais dire ! Punaise pouliche, t'es une perverse ! » sourit-elle, voyant Octavia rougir de plus belle. Comme si je n’y avais pas aussi pensé...

« C'est pas vrai ! » rétorqua la violoncelliste, tapant son sabot sur le sol. « Je pensais aussi à ça ! Allons déménager tes affaires. » Octavia trotta rapidement en direction de la porte pour dissimuler son embarras, sentant toujours le regard de Vinyl sur son flanc. « Et garde le matage de flanc pour ce soir~ », ajouta-t-elle, souriante et d'une voix guillerette.

Punaise, pouliche ! Comment je peux m'en empêcher si tu es aussi excitante ?! Vinyl soupira et suivit sa compagne à l'extérieur.

***

« Je me demande comment ces boîtes pouvaient toutes rentrer dans ton appartement ? » dit Octavia avec un grognement pendant qu'elle plaçait un gros carton sur le sol de l'appartement, étirant tous ses membres endoloris. Foyer, doux foyer... pensa-t-elle, fermant la porte. Elle ne pouvait pas en vouloir à Vinyl de lui faire porter la moitié de ses possessions, elle était trop heureuse de savoir que le mot "foyer" allait maintenant avoir un nouveau sens. Leur foyer, l'endroit où elles allaient maintenant vivre ensemble.

« Eh, je t'ai dit que c'était plus un repaire qu'un appartement ! » répliqua Vinyl, fermant la porte derrière elle d'un sabot, portant quelques cartons et deux guitares avec sa magie. « Je suis quand même triste que l'on ne puisse pas prendre le piano. »

« Le mien est tout aussi bien », répondit Octavia, trottant en direction de sa compagne tout en attrapant une guitare avec un sabot.

« Tavi, non ! Tu ne dois pas attraper quelque chose... » Une petite boîte tomba sur le sol et s'ouvrit, révélant son contenu. « ... en lévitation », finit Vinyl. Et merde...

« Qu'est-ce que c'est ? ... » Octavia ramassa une seringue du sol, l'inspectant précautionneusement. Quelques flacons et une poignée de tubes remplis d'un étrange liquide gisaient à côté.

Les pupilles de Vinyl s’écarquillèrent derrière ses lunettes, pensant une seconde à ce qui serait arrivé s'ils s'étaient cassés... Elle n'avait pas de quoi tenir plus d'une semaine...

« Des médicaments », répondit nonchalamment la pianiste, remuant un sabot et replaçant les objets dans leur boîte. « Tu sais, pour une de ces maladies génétiques au-nom-imprononçable. » Elle sourit et plaça la boîte dans un coin de la pièce, laissant le reste à l'écart.

« Oh mon ! ... » Les yeux d'Octavia s'élargirent de peur. « Une maladie ? Vinyl, chérie, tu... »

« Ne t'inquiète pas, ça ne se transmet pas sexuellement », dit la pianiste en souriant. Tu es une génie, pouliche ! se félicita-t-elle mentalement.

« Vinyl, je suis sérieuse ! » rougit Octavia. « Et si... » Et si c'était.. .mortel ? ...

« Dois y aller ! » s'exclama Vinyl, ne laissant pas la jument continuer. « Besoin de prendre mes médicaments tout de suite ! » Elle attrapa la petite boîte et partit en courant en direction de la salle de bain, s'enfermant à clé.

Suspicieuse à cause du comportement de sa compagne, Octavia conclut juste qu'elle avait besoin d'un peu de vie privée. En plus, ce n'était pas une vision très agréable de voir quelqu'un s'injecter quelque chose... Quelques pensées noires vinrent à l'esprit de la violoncelliste, mais elle les envoya immédiatement sur la Lune. Elle ne pouvait pas les laisser prendre le dessus. Elle devait croire sa compagne... Parce que c'était la seule personne qu'elle pouvait croire. Elle regarda son violoncelle, ou plutôt ce qu'il en restait. Elle soupira. Le temps s'écoulait si lentement, c'était à peine le début de la soirée et elle voulait que ce soit déjà la nuit, pas seulement pour faire réparer son instrument, mais également pour s'étaler dans son lit avec la jument qu'elle aimait, avec la jument qui l'aimait...

... Avec la jument qui venait à l'instant de se précipiter hors de la salle de bain, posant la boîte sur la table, plein de vigueur et d'énergie se dégageant de son corps. Vinyl sauta sur Octavia, l'embrassa et sourit.

« Je t'aime, Tavi, tu sais ça ? » murmura-t-elle dans l'oreille de la violoncelliste, lui mordillant le cou.

« Vinyl, je t'aime aussi », répondit Octavia, restant méfiante après une telle approche. « Mais pourquoi es-tu soudainement si énergique ? Qu'as-tu fais rentrer dans ton corps ? » Oh mon dieu... Je pourrais sûrement me faire à une telle ferveur...

Vinyl rit sottement, frottant son museau contre Octavia, s'imprégnant de la douce odeur de sa compagne. Mmh... Je n'avais jamais remarqué à quel point elle sentait bon... Très bien, maintenant c'est le moment de tout lâcher, Vinyl ! « A ta place, je m'inquiéterais plutôt de savoir qu'est-ce qui va rentrer en toi... » dit-elle en souriant, rajoutant : « ... ce soir. »

Le visage d'Octavia rougit d'embarras. En même temps elle était un peu surprise (pas qu'un peu en fait), et elle était terriblement excitée à cause... de... ce qui allait entrer en elle. Ai-je vraiment pensé ça à l'instant ?

« Alors, que penserais-tu d'une petite danse ? » Vinyl sauta en direction d'un carton, cherchant énergiquement quelque chose. Maintenant où je mets ça ? A-ah ! Elle prit le vinyle, souriante. « Voici, pouliche ! Le meilleur vinyle pour danser le jazz ! » La licorne le plaça dans le phonographe, tendant son sabot. « Très chère ? »

Octavia rit, s'approchant de sa pianiste, prenant une position de danse classique. Qu'est-ce qui fait qu'elle soit si vigoureuse et mouvante ? Serait-ce... les effets secondaires de ses médicaments ?

« Eh eh. » Vinyl attrapa Octavia par la taille, les maintenant ainsi dans une position de danse classique qu'Octavia aurait normalement évité en dansant sur du jazz. Octavia sourit. Bien qu'elle ne puisse jouer que quelques notes de jazz, elle était sur le point de le danser, et encore plus important, avec la jument qu'elle aimait.

Vinyl plaça le saphir sur le vinyle avec sa magie, et la musique commença à envahir toute la pièce. Dès les premières notes, Vinyl s'assura d'être le leader. Elle commença par faire tourner Octavia dans les deux sens, lui faisant émettre un petit son, elle se sentait de plus en plus confiante. Elles échangèrent les rôles pour quelques secondes, puis commençèrent la chorégraphie, mélange de swing-tango à travers toute la pièce. Soudain, quand le saxophoniste atteignit une note particulièrement haute, Vinyl lança Octavia dans les airs, la maintenant légèrement avec sa magie. La sensation de liberté totale, hors des lois de la gravité, était tellement intense que le subconscient de la violoncelliste décida de prendre les commandes dès cet instant. Et visiblement son subconscient aimait ce qu'il se passait, pivotant dans les airs, elle enroula ses pattes arrières autour du cou de la pianiste, son corps pendant en direction du sol, sa crinière presque en contact avec le sol. Vinyl tressaillit, perdant presque le contrôle, plaçant le dos de sa jument sur le sol. Elle reprit immédiatement son courage à deux sabots et attrapa Octavia par la taille, une fois encore, lui déposant un baiser délicat sur le cou.

Les deux juments dansèrent leur jazz grivois durant toute la soirée, jeunes et libres, le monde n'avait plus d'importance.

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Bidou
Bidou : #1684
génial
Il y a 3 ans · Répondre

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