Fond: Simple generous gifts par Devinian

The Snow on Her Cheek

Une fiction traduite par System.

Chapitre 6 - Impression

« Aaah, j'aime cet endroit ! »

Vinyl s'assit à une table, regardant Octavia s'asseoir à côté d'elle, son corps se vidant instantanément de toute pression, se laissant prendre par l'atmosphère du bar. Il n'y avait pas encore de musique, mais l'esprit du jazz flottait déjà dans les airs : tous les poneys buvaient et parlaient entre eux amicalement, une chose simple qui ne pouvait pourtant être vue que dans cette partie de la ville. Oui, cet endroit n'était absolument pas inerte.

« Oui, c'est génial. » accorda Octavia avec un sourire chaleureux, essayant de se rappeler qu'elle ne devait pas se perdre dans les magnifiques yeux de la licorne, sinon elles seraient accusées… de filly-fooling. Ce mot lui semblait si étrange maintenant. Je ne peux juste pas comprendre... Pourquoi deux poneys ne peuvent pas s'aimer l'un et l'autre, sans prendre compte de leurs sexes respectifs ? L'amour a-t-il jamais eu de frontières ? spéculait Octavia. Non, se dit-elle. Même si les frontières étaient établies par les lois, elles n'étaient pas réelles. Elles étaient des limites entre l'état des restrictions et le pays des libertés.

« Salut, Vinyl! » dit une voix venant de leur côté. Regardant plus haut, elle vit le barman qui leur souriait. Elle retourna son sourire poliment, Vinyl fit la même chose.

« Salut, Scotch. Amène moi la même chose que d'habitude, je vais m'asseoir au piano et vous montrer de quoi est fait le be-bop ! » s'exclama-t-elle, élançant fièrement son sabot vers le plafond. Il n'y avait rien d'insultant dans sa voix remarqua Octavia. Juste une manière étrange d'exprimer ses pensées. Peut-être... Peut-être que je devrais suivre son exemple un de ces jours...

Le barman rit et remua la tête. « Tu ne changeras jamais, n'est-ce pas Vinyl ? » Il fit léviter un verre à la licorne, et ajouta. « Oh, et garde tes preuves pour une prochaine fois. Pas de concert ce soir. » Il versa du whisky dans le verre de Vinyl.

« Qu'est-ce que tu veux dire par 'pas de concert' ? » Elle était visiblement choquée, malgré que ses lunettes cachent ses sentiments la plupart du temps. Mais qu'est-ce que...

« Ne t'inquiète pas. » répliqua l’étalon, posant un verre vide devant Octavia. « Le Dieu vient jouer ce soir. » Alors que Vinyl restait bouche bée, il se tourna vers Octavia. « Pour vous m'dame ? »

Octavia ne pouvait rien faire, mais elle pouvait voir le changement d'attitude soudain chez le barman. Il lui parlait d'une froide politesse, bien que pas irrespectueuse. Je suis encore une étrangère par ici...

« La même chose. » dit-elle, visiblement inquiète à cause de sa jument. « Quelque chose ne va pas, chérie ? » Oh Celestia ! Ai-je réellement dit ‘chérie’ ? Elle regarda les alentours, mais elle pensa que personne n'avait remarqué ce léger dérapage, ou plutôt prétendait ne pas l'avoir vu. »

« L-l-le Dieu est ici ? » balbutia Vinyl, enlevant ses lunettes, un geste rare chez elle. « Comme, Le Dieu ? » Je n'en reviens pas qu'il soit ici, après toutes ces années !

« Ouais. » acquiesça le barman, retournant derrière son comptoir. « Ça fait quoi ? Cinq ans ? » dit-il, en lavant quelques verres sales.

« Vinyl, qu'est-ce... » Alors qu'Octavia commençait à parler, la porte s'ouvrit et deux poneys entrèrent dans le bar. Il y avait entre autres une licorne bleue, elle tenait un étalon par le sabot, le guidant jusqu'au piano. C'était un poney moyennement âgé, avec un manteau beige et une crinière noire ondulée. Octavia remarqua quelques cheveux blancs, signe que c'était un étalon vieillissant. Il portait des lunettes de soleil, souriant un peu au hasard, son regard semblait à la dérive.

Alors que les deux poneys avançaient lentement à travers la salle, les clients commencèrent à se prosterner en signe d'acclamation. Le vieux poney fit un signe avec un sabot dans les airs, il ne visait personne en particulier, ni un point précis.

« Dieu est là, Tavi... » murmura Vinyl d'une voix majestueuse, ses yeux rivés sur le pianiste à la crinière noire qui venait à l'instant de s'asseoir devant son instrument, son accompagnatrice l'ouvrant pour lui.

Avant même que la violoncelliste ait pu demander quoi que ce soit, totalement confuse, l'étalon commença à jouer. La chanson démarra brutalement, il n'y avait eu aucune pause. Les accords commençaient à envelopper l'air enfumé du bar pendant que son sabot droit enfreignait toutes les lois possibles de la physique dès lors qu'il commença à casser le rythme, glissant le long des touches, la tête haute, un sourire béat brillait sur son visage. Il jouait d'une façon très personnelle, se moquant de toutes les méthodes qu'un musicien classique pouvait connaître, son sabot était flegmatique, mais habile à la fois. Il ne faisait pas seulement de la musique, il était la musique. Il était la quintessence du jazz. Il était Le Dieu.

Le Dieu... Old God Coltring ! Une pensée traversa les pensées d'Octavia, elle se rappelait des sons familiers, ceux qu'elle avait entendu lorsqu'elle dansait. C'est pourquoi Vinyl était si choquée, Le Dieu du jazz était en train de jouer devant eux, parmi les mortels.

Quand la chanson se finit, les deux juments s'assirent en silence, profitant du goût qu'avait laissé la musique divine. Finalement Vinyl se mit à parler. « Désolé de t'avoir fait taire, Tavi. C'est juste que... » Elle sourit timidement, se frottant l'arrière de la tête. « Quand Le Dieu joue, les anges sont silencieux. » Et tu es mon ange en effet...

« Oh, ce n'est pas grave, Vinyl. » Elle sourit à sa compagne, ses yeux reconnaissants lui montrant qu'elle appréciait le compliment. Oh Vinyl, tu es si douce... Tu es mon ange... « Je n'avais jamais vu M.Coltring avant, mais j'aime sa musique. » Elle tourna sa tête en direction du pianiste dont les oreilles avaient perçu la conversation.

« Serait-ce possible... » dit-il, ne les regardant pas, ses yeux apparemment rivés sur un endroit du plafond. « Vinyl, Vinyl Scratch ? » Il sourit, tendant son sabot, cherchant son chemin, comme s'il était aveugle. Comme s'il était... Mais bien sûr ! Octavia réalisa soudain. « Il est aveugle ! » murmura-t-elle suffisamment fort pour que sa licorne entende.

Vinyl sourit d'un air satisfait. « Et alors ? Il déchire quand même tout ! » Elle se leva de sa table et alla en direction du piano, sa violoncelliste la suivant de près.

« George ! » S'exclama-t-elle, approchant du poney terrestre, posant son sabot sur son épaule. Le pianiste posa son sabot sur le visage de Vinyl, l'inspectant, elle se laissait faire, le laissant 'la voir'.

« Vinyl, Vinyl... » gloussa le pianiste, reconnaissant son visage. « Tu es toujours la même, mais sans tes lunettes. As-tu finalement réussi à t'en passer ? »

« Impossible ! » dit Vinyl en rigolant, elle recula vers Octavia lui mettant un petit coup d'épaule au passage, elle qui était là, debout, subjuguée par la présence d'un si talentueux musicien de jazz.

« M... M.Coltring... » balbutia Octavia en s'avançant vers lui, le laissant toucher son visage. Son sabot était rugueux, endurci par des années de pratique. « Je suis une grande admiratrice de votre travail, c'est un plaisir de vous rencontrer en personne. » Elle fléchit doucement, rougissante, sentant une chaleur envelopper son visage.

Le pianiste rit chaleureusement et remua la tête. « Je suis heureux de l'entendre... » Il fronça un sourcil interrogatif.

« Octavia. » ajouta de suite la jument.

« Octavia. » répéta le poney, embrassant son sabot par politesse, ce qui fit encore plus rougir la violoncelliste. « Tu sais Vinyl, tu pourrais retenir une ou deux choses des bonnes manières de ta compagne. » dit-il souriant.

Vinyl fit un geste de désapprobation avec son sabot, oubliant le fait que le poney ne pouvait pas la voir. « Non, je... QUOI ?! » cria-t-elle stupéfiée, Octavia la rattrapa avant qu'elle ne tombe et se blesse.

Quoi ?! Comment a-t-il pu... pensèrent les deux juments au même instant, leurs yeux grands ouverts.

« Oh, Vinyl, malgré que je sois aveugle, je peux voir certaines choses mieux que n'importe qui. » dit-il en riant, tapotant l'épaule d'Octavia, l'ayant probablement confondue avec Vinyl. « C'est tellement évident. Je suis très heureux pour vous ! L'amour est une chose vraiment merveilleuse... » Le pianiste se tut, se remémorant probablement quelques bribes de son passé. Pour éviter de le déranger, les deux juments reculèrent silencieusement et s'approchèrent du comptoir.

Alors qu'Octavia allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose ( mais comment a-t-il pu savoir ça ?! ), un poney marron s'approcha d'elles, tapotant le dos de Vinyl. « Salut, Scratch ! »

Vinyl se retourna et un sourire se dessina immédiatement sur son visage. « Bass ! » Elle tapa son sabot contre celui du poney d'une manière étrange, Octavia trouvait presque que c'était un peu barbare. « Contente de te voir ici, mec ! »

« Eh bien, je suis toujours dans le coin, tu sais ! » dit le poney en souriant. Octavia le regardait. Sa longue crinière noire tombait sur ses épaules, allant presque jusqu'à ses flancs où une cutie mark en forme de contrebasse était visible. Est-ce que ça pouvait être plus évident de deviner de quel instrument il jouait ? Pensa Octavia satisfaite intérieurement. « Et qui est ce jolie flanc qui t'accompagne ? » dit-il tout sourire, se penchant vers Octavia.

« Eh, ce flanc m'appartient ! » s'exclama Vinyl, ses yeux reflétaient un regard méchant en direction de l'étalon, il éclata de rire. Vinyl se tapa le front, alors qu'Octavia lui glissait dans l'oreille. « Est-ce que ça pouvait être plus évident, chérie ? »

« Oh, tout va bien... » commença le poney.

« Octavia. » dit Vinyl, se rapprochant de sa jument, la faisant rougir et regarder autour d'elle. Apparemment, personne autour n'avait l'air intrigué par ce genre de chose.

« Tout va bien, Octavia. Je ne suis pas un prétendant. » Le poney fit un geste avec son sabot, comme s'il avait abandonné l'idée d'avoir une chance d'avoir un ticket avec la jument. « Mais tu n'es pas mal, pour une jument. » ajouta-t-il avec un sourire.

« Hein ? » Octavia regardait se compagne, confuse. Pour une jument ? Qu'est-ce qu'il veut dire ?

« Double Bass est gay. » expliqua Vinyl, le poney approuva. Double Bass ? Pensait Octavia. Ses parents devaient rigoler !

« Oh, nous aurions une faveur à te demander, Bass. » continua Vinyl, buvant une gorgée de son verre. « Le violoncelle de Tavi est cassé, et je sais que tu t'occupes de ce genre de chose aussi simplement que si c'était pour faire une tarte. » J'espère que j'ai atteint sa fierté... Si atteindre est le mot que je veux...

Le poney approuva d'un geste de sabot. « Bien sûr, pas de problème. L'avez-vous avec vous ? »

Octavia se tapa le visage. « Vinyl, ne me dis pas que tu l'as oublié... »

« Eh, c'est ton violoncelle ! » rétorqua la pianiste.

« Vous savez, vous êtes mignonnes quand vous vous disputez comme ça.. » gloussa Double Bass.

« Oh la ferme ! » crièrent les deux juments à l'unisson, stupéfiant le poney.

« Eh eh eh, les filles ! » s'exclama-t-il d'un ton à demi désolé. « Assurez-vous juste de me l'amener la prochaine fois ! »

Les juments approuvèrent et continuèrent à discuter et boire, heureuses d'avoir une conversation aisée et amicale.

***

« Vinyl ? » dit Octavia alors qu'elle sortaient du bar légèrement en état d'ébriété, se marchant l'une sur l'autre. En fait, 'être bourrées' était juste une excuse pour elles pour rester proches l'une de l'autre en public.

« Oui, Tavi ? »

« Penses-tu que M.Coltring va nous dénoncer ? » demanda Octavia, légèrement inquiète.

Vinyl rit et caressa la crinière de sa jument avec délicatesse. « Oh non, je suis sûre de ça. »

« Comment peux-tu être si sûre ? »

« Eh bien... » Vinyl sourit. « Je suppose que je ne le connais que trop bien. » Elle s'arrêta et regarda dans les magnifiques, hypnotiques yeux de la violoncelliste. « Après tout, c'était mon professeur. »

Octavia tressaillit et regarda Vinyl marcher, sa pianiste, la plus belle et la plus talentueuse des juments dans le monde, heureuse et comblée par le simple fait d'être avec elle.

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slendercut
slendercut : #32760
salut je suis aveugle mais je devine que vous etes lesbienne tiens ca me rapelle une blague
Il y a 1 an · Répondre

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