Fond: Simple generous gifts par Devinian

Turn It On Again

Une fiction écrite par inglobwetrust.

Chapitre 12: Chicoltgo (Part I)

Le voyage en train était encore plus étrange que le précédent. Chaque membre du groupe, exception faite de Toe et Torch, voyageait dans un wagon séparé, ce qui n’avait pas été sans poser des problèmes d’organisation pour Scootaloo, qui gérait aussi les voyages en train.

Sweetie ne put même pas trouver de réconfort avec son amie pégase, qui restait un jour de plus à Maneapolis avec Rumble avant que le couple ne les rejoigne à Chicoltgo. Dans le train, tout le monde avait le visage fermé et même Mac ne profitait pas du trajet pour s’endormir, gardant le regard tourné vers la fenêtre à fixer le paysage défilant à toute vitesse.

La licorne choisit d’aller voir l’étalon. Au moins, elle pourrait parler d’Apple Bloom avec lui pour oublier ne serait-ce que quelques minutes ce pourquoi ils se trouvaient dans ce train.

Sweetie s’avança vers l’endroit où il se trouvait et fit apparaître son reflet dans la fenêtre qu’il fixait. Il tourna lentement la tête vers elle.

« Je peux ? » demanda-t-elle.

« Ouaip », répondit Mac en se poussant un peu pour lui faire de la place.

Un silence inconfortable s’installa entre les deux. De son point de vue plus haut, Mac put voir que les yeux de la licorne étaient rouges et fatigués. Ce qui était le cas d’à peu près tout le monde dans le groupe et ceux qui les entouraient.

« Mal dormi ? » s’enquit l’étalon sans tourner le regard.

« Ouais », répondit Sweetie d’une petite voix.

« C’est toujours comme ça en tournée. Si on dort pas bien, c’est à cause des lits des hôtels ou du stress. Là, on a les deux », expliqua Mac, qui était d’humeur bavarde aujourd’hui, ce qui réjouit un peu Sweetie, qui n’aurait pas à faire face à un mur comme c’était trop souvent le cas d’habitude.

La licorne bâilla en ouvrant grand la bouche. « Fluttershy n’est pas avec toi ? » demanda-t-elle, sachant que les deux voyageaient souvent ensemble dans le train. Ils étaient bien les deux seuls à avoir gardé des relations normales depuis les débuts du groupe.

Mac baissa le regard. « On a eu… des mots… », avoua-t-il, surprenant Sweetie.

« Quoi ? Vous aussi ? » s’écria-t-elle. Imaginer le grand étalon et la petite pégase se disputer avait un côté comique malgré lui.

Mac soupira longuement. « C’est ça quand on est en tournée. Y’a un moment où on finit par craquer et par dire ce qu’on pense. On peut pas se cacher longtemps et quand un truc nous énerve chez quelqu’un, ben… ça se sait vite à force de se voir tous les jours pendant des semaines. Y’a jamais de pause », expliqua-t-il en tournant enfin la tête vers Sweetie.

« Oui, je comprends. C’est difficile de travailler avec des poneys qu’on n’aime pas », acquiesça-t-elle, tournant le visage vers Fluttershy de l’autre côté du train, qui avait le regard triste.

Après quelques secondes de silence, Sweetie poursuivit. « Et quand c’est comme ça. Il y a toujours un moment où on regrette d’avoir été aussi dur et où on veut se faire pardonner », déclara-t-elle. « Pas vrai ? » ajouta-t-elle.

Mac réfléchit à ses mots pendant quelques secondes et tourna les yeux vers la pégase, rencontrant brièvement son regard avant que les deux paires d’yeux ne se dévisagent à nouveau.

« Les regrets, on les a toujours trop tard. Pour nous, ça a été dix ans. Enfin… pour Rarity en tout cas », reprit-il en reposant les yeux vers le paysage défilant à toute vitesse.

Sweetie regarda à nouveau Fluttershy, qui était dans la même position. Leurs regards disaient la même chose.

« Tu as vraiment envie d’attendre dix ans avant de reparler à Fluttershy ? Ou même au reste du groupe ? » demanda doucement la licorne.

Mac resta le regard stoïque quelques secondes, avant de baisser les yeux. Il réfléchit quelques secondes aux mots de Sweetie, en sachant très bien ce qu’elle voulait lui faire comprendre, puis inspira profondément, avant d’expirer de la même manière.

Il tourna la tête vers elle. « Tu peux me laisser passer ? » demanda-t-il en commençant à se relever.

Swwetie sourit et commença à descendre du siège.

« Sweetie, ce n’est pas la peine. »

Les deux tournèrent la tête. Fluttershy s’était aussi levée pour aller à leur rencontre. Mac se rassit dans son siège et laissa la pégase s’installer en face de lui.

Un long silence passa entre les trois.

« Je- »

« Euh… »

« Tu- »

« Non, désolée… Vas-y »

Le jeu dura quelques instants. La timidité des deux n’aida pas à engager la conversation.

Finalement, c’est Mac qui parla le premier en profitant d’un autre long silence.

« Je… je suis désolé pour ce que j’ai dit hier », s’excusa-t-il tout penaud, les yeux baissés. « Tu… tu mérites pas qu’on te traite comme ça. »

Fluttershy baissa aussi les yeux. « Moi aussi. Je… je ne sais pas ce qui m’a pris. Tu sais que je ne suis pas du genre à m’énerver comme ça », s’excusa-t-elle à son tour.

« Ouaip. C’est… c’est ça de vivre les uns sur le dos des autres. Des fois, ça casse », ajouta Mac en tendant le sabot en signe d’amitié. « Tu me pardonnes ? » demanda-t-il.

Fluttershy sourit, hocha la tête et tendit aussi le sabot, allant même jusqu’à se pencher sur la table qui les séparaient pour lui faire un câlin afin de sceller leur réconciliation. Mac fit de même et prit la pégase dans ses sabots.

Une petite lumière sur la fenêtre attira l’attention de l’étalon alors qu’il avait toujours la pégase dans ses sabots. Il tourna la tête vers elle et vit le visage de Discord apparaître dessus.

Le draconequus tendit deux doigts qu’il tourna vers ses yeux menaçants avant de les tourner vers ceux de Mac.

« Je garde les deux yeux sur toi », lui dit-il d’une voix inaudible pour Fluttershy.

Il ouvrit grand les yeux et relâcha vite la pégase avant de se rasseoir rapidement sur son siège, en poursuivant le reste du voyage dans une ambiance toutefois plus sereine qu’au départ.

Au moins, ça c’est réglé, pensa Sweetie en reprenant un peu d’espoir pour la suite. « Et pour les autres ? » demanda-t-elle.

Fluttershy perdit son sourire. « Oh… je ne sais pas. Ce sera sûrement long pour les réconcilier », dit-elle.

« Ouaip. Faudra qu’il se passe quelque chose de grave. Ils sont pas du genre à aller se voir comme ça pour enterrer la hache de guerre », ajouta Mac.

Une certaine inquiétude s’empara de Sweetie en écoutant l’étalon.

Quelque chose de grave ?

Pourvu que ça ne le soit pas trop.

L’arrivée en gare lui chargea de rappeler le contexte délicat dans lequel vivait le groupe. Rarity, Toe et Torch ne s’adressaient pas la parole, faisaient tout pour être le plus possible éloignés les uns des autres et ne croisaient jamais le regard. Le voyage en taxi se fit même dans des voitures séparées, sur demande express des trois.

L’ambiance resta la même jusqu’au soir du concert, le groupe ne se retrouvant au complet que pour les répétitions au Wingley Field de la ville, ne se parlant que pour chanter. Au moins, les voix étaient toujours harmonieuses de ce côté-là.

Rarity refusait toujours de voir Sweetie, qui n’insista pas et choisit de laisser les choses se calmer d’elles-mêmes en profitant de la ville avec Scootaloo et Rumble, qui se chargeaient de lui remonter le moral et de la rassurer sur la suite.

Et le soir du concert…

À quelques minutes du départ vers le stade, la belle routine dérailla. Rarity, Sweetie, Mac et Fluttershy attendaient à l’entrée de l’hôtel le taxi qui emmènerait tout le groupe jusqu’au concert. Sweetie avait insisté auprès de Scootaloo pour qu’elle ne cède pas sur les éventuelles demandes de sa sœur, Toe et Torch pour qu’ils aient leurs taxis séparés.

Le problème, c’est que les deux derniers manquaient à l’appel et que l’heure du départ et donc du show approchait de plus en plus.

« Mais qu’est-ce qu’ils font ? » s’énerva Rarity. « Le concert va bientôt commencer ! Qu’est-ce qu’ils fichent ? » Elle faisait les cent pas devant l’hôtel, dents serrées, yeux froncés et la colère prête à exploser à tout instant.

Mac et Fluttershy sentirent les problèmes venir et assistaient impuissants au spectacle. Rarity fulminait de plus en plus et Sweetie dût se résoudre à prendre une décision.

« Je vais partir en avant, je vais au moins faire la première partie en attendant que vous arriviez tous, d’accord ? » proposa-t-elle aux trois Ponytones présents. L’étalon rouge et la pégase acquiescèrent mais aucune réponse ne vint de sa sœur.

« Rarity, est-ce que ça te va ? » la questionna-t-elle, espérant enfin avoir un mot de la licorne. Cette dernière releva sa tête et regarda Sweetie avec un air exaspéré.

« Oui, oui, vas-y, fais ce que tu as à faire, nous arriverons dès que tout le monde », elle insista sur ces mots, « sera enfin là et disposé à se montrer. »

Sweetie hocha la tête et courut dans la rue attraper le premier taxi qui passait pour foncer au stade.

Quelques minutes passèrent encore sans que Toe et Torch ne se montrent. La panique gagnait de plus en plus Mac et Fluttershy, tandis que Rarity avait du mal à cacher son agacement. Finalement, c’est Scootaloo qui se montra la première à la sortie de l’hôtel.

« On a un gros problème », déclara-t-elle simplement. Aussitôt, les trois la suivirent et prirent l’ascenseur pour grimper jusqu’au 15ème étage.

Des tas de scénarios traversaient les têtes des trois poneys. Est-ce qu’il s’était passé quelque chose de grave ? Est-ce que le concert aurait lieu ? Est-ce que le groupe allait se séparer ce soir ?

« Scootaloo, tu peux nous dire ce qui se passe ? » demanda Fluttershy la première. La pégase orange garda l’œil rivé sur l’aiguille comptant les étages.

« Tu vas vite le savoir », répondit-elle mystérieusement alors qu’un ‘DING’ annonçait l’arrivée à l’étage demandé. Ils franchirent les portes de l’ascenseur et laissèrent Scootaloo les guider jusqu’à l’une des chambres, où les attendait Rumble.

Ils se plantèrent tous devant une porte fermée. Scootaloo toqua à la porte.

« Elle est là », dit-elle aux poneys derrière le panneau de bois. « Allez-y, dites-lui pourquoi vous ne voulez pas aller chanter ce soir. Elle vous écoute. »

Quelques secondes de silence suivirent, sous l’œil interrogateur des trois Ponytones. La voix de Toe se fit entendre.

« Puisque Rarity se considère comme la seule star du groupe et comme la seule Ponytones, Torch et moi avons décidé de la laisser chanter seule ce soir et de ne pas assurer le concert », déclara-t-il en faisant entendre sa voix étouffée par la porte.

Rarity garda un visage neutre, malgré les regards qui se tournaient tous vers elle. Rumble s’avança, un journal dans ses sabots, qu’il lui tendit.

« Tenez, ils m’ont dit de vous montrer ça pour que vous compreniez pourquoi ils ne veulent pas aller chanter ce soir », expliqua-t-il. Rarity alluma sa corne et déplia le journal, un quotidien local.

La une montrait une photo de Rarity avancée sur la scène, prise durant le concert de Maneapolis, avec en légende : « La seule star du groupe, c’est moi », avec le titre ‘Rarity dit tout’ en dessous.

Fluttershy et Big Mac semblaient circonspects, surpris et blessés.

« C’est… c’est vraiment ce que tu penses ? » demanda la pégase jaune. Rarity replia le journal et se tourna vers elle.

« Quoi ? Je n’ai pas le droit de dire ce que je pense ? On m’a demandé de faire les interviews et je m’en suis chargée. Être un Ponytones ne veut pas dire que je ne peux pas être Rarity. Ce n’est pas un poney plus un poney plus un plus un qui font cinq », se défendit-elle.

« Et ça n’est pas non plus Rarity et les Ponytones ! » s’énerva Torch depuis l’intérieur de la chambre.

« Elle a raison, Rarity », s’interposa Fluttershy, les sourcils froncés, chose rare chez elle. « Tu ne peux pas faire comme s’il n’y avait que toi dans le groupe. »

« Ouaip », acquiesça Macintosh.

Rarity prit un air offusqué. « Avec vous, c’est toujours de ma faute ! Ce n’est quand même pas moi qui ai décidé de ne pas aller chanter ce soir ! » s’énerva-t-elle en pointant du sabot la porte du duo de chanteurs.

« Est-ce que tu comprendras un jour que le problème, ce n’est pas les autres, mais toi ? Dix ans ne t’ont pas suffi pour que tu te rentres ça dans la tête ? » aboya Toe, qui avait haussé le ton depuis la chambre.

Rarity sembla accuser le coup et ferma ses yeux avant de passer un sabot sur son visage. Après un long silence, elle tourna les talons et passa devant Rumble et Scootaloo.

« Où est-ce que tu vas ? » lui demanda cette dernière. La licorne s’arrêta et ne perdit pas de temps pour répondre.

« Au stade, bien sûr. S’ils veulent tellement que je fasse un concert solo, alors autant le faire », dit-elle comme si cela était une évidence.

« QUOI ?!! » répondirent tous les poneys présents. Scootaloo s’approcha d’elle et leva ses sabots en l’air.

« Tu n’es pas sérieuse ? C’est une blague ? » s’écria-t-elle. Rarity ne broncha pas.

« Pas du tout. Les gens vont adorer. Ils sont venus voir les Ponytones et ils auront Rarity. Ils ne perdent pas au change », ironisa la licorne avant de reprendre sa marche en avant. Scootaloo courut et lui bloqua le passage.

« Tu te fiches de moi ?! Les gens sont venus voir les Ponytones et ils doivent voir les Ponytones, pas seulement toi ! Tu n’es pas la seule qui compte ici ! » argumenta la pégase. Rarity recula d’un pas devant son attitude menaçante.

« Fluttershy, Mac, venez donc avec moi. Nous n’avons pas besoin d’être à cinq pour chanter. Trois suffiront et même quatre si Sweetie se joint à nous », suggéra Rarity en se retournant vers les poneys cités.

Mac et Fluttershy se regardèrent, gênés d’être soudain mis au cœur de ce micmac. Un regard suffit toutefois pour qu’ils se coordonnent et donnent une réponse commune.

« Sans Toe et Torch, nous ne sommes pas les Ponytones. Nous ne chanterons pas avec toi. C’est nous cinq ou rien », déclara solennellement Fluttershy.

« Ouaip », s’accorda Mac. Rarity les fixa pendant quelques secondes avant de lâcher un petit rire sarcastique. Elle se retourna et reprit sa marche vers l’ascenseur.

« Très bien. Alors Rarity se la jouera solo ce soir », dit-elle sous le regard ébahi des quatre poneys présents dans le couloir. Ils la regardèrent s’en aller et disparaître. En une fraction de seconde, Scootaloo prit une décision et déploya ses ailes pour s’envoler là où Rarity venait de partir.

Elle vola à toute vitesse et plaqua la licorne au sol avant qu’elle puisse rentrer dans la cage de l’ascenseur et ainsi sceller le destin du groupe. Elles se débattirent toutes les deux avant que Scootaloo ne parvienne légèrement à prendre le dessus en la serrant par la taille.

« Qu’est-ce que tu fiches ?! Lâche-moi !! » cria Rarity en se débattant.

« Pas… question ! Soit tu chantes avec le groupe, soit tu ne chantes pas ! Je ne te laisserais pas chanter seule ! Alors… est-ce… est-ce que tu vas aller sur scène avec le groupe ?» haleta la pégase qui continuait à retenir la licorne par les sabots. Les autres accoururent en entendant les bruits de lutte. Même Toe et Torch furent alertés et rejoignirent le groupe.

« Jamais ! Ni ce soir, ni demain, plus jamais ! Les Ponytones sont morts ! Morts et enterrés ! Pour toujours ! » hurla Rarity pendant sa crise de rage.

Fluttershy poussa un petit cri et amena ses sabots vers sa bouche, choquée. Toe et Torch poussèrent un long soupir et secouèrent la tête. Mac avait la bouche grande ouverte, mais aucun mot ne sortait.

« Très bien, puisque tu le prends comme ça… », dit Scootaloo, tout en maintenant la licorne dans ses sabots pour l’empêcher de s’enfuir. Elle tourna la tête vers le pégase gris. « Rumble, vole jusqu’au stade et va dire à Sweetie que le concert est annulé puisque c’est ce que veut sa sœur ! »

Le pégase sembla surpris et écarquilla les yeux. « Tu… tu es sûre ? » demanda-t-il.

« Oui, oui, je pense qu’elle sera ravie de la nouvelle. Au moins, elle n’aura plus à se soucier de ça », dit-elle, bien fort pour que Rarity l’entende. Mais cela ne la calma pas du tout et elle continua à se débattre de plus en plus. « Qu’est-ce que tu attends ? Vas-y ! » lui cria-t-elle en voyant qu’il restait pétrifié sur place.

Sans un mot, il prit l’ascenseur et fonça à toute vitesse vers le stade.

Déchaînée, Rarity finit par s’extraire de l’étreinte de Scootaloo et lui donna un coup de sabot dans la mâchoire, avant de courir dans les couloirs de l’hôtel.

« ATTRAPEZ-LA ! » hurla-t-elle en passant un sabot sur son visage pour l’apaiser après le coup reçu.

Les quatre poneys foncèrent à sa poursuite et c’est Mac qui arriva le premier à sa hauteur, juste devant les portes d’un autre ascenseur. Elle martelait le bouton en espérant que sa porte de sortie arrive plus vite.

Mac s’avança vers elle et elle recula de quelques pas, un petit sourire narquois traversant son visage à la crinière ébouriffée par sa lutte et sa course.

« Tu n’oserais pas frapper une dame, Mac ? Tu es trop bien élevé pour ça, hein ? » lui lança-t-elle comme un appel lancé à venir la chercher.

« Non », répondit Mac qui se lança sur elle et la prit dans ses sabots, comme s’il lui faisait un énorme câlin. Mais un câlin façon Apple, de ceux qui ne laissent aucune échappatoire possible en raison de la force de l’étalon.

Prise au piège, Rarity essaya de se débattre, donnant des coups de pattes dans le ventre de Big Mac, qui ne broncha pas et la ramena auprès des autres comme un papa ramenant son fiston après que celui-ci ait fait une bêtise en le tenant fermement entre ses sabots. Un seul lui suffisait même pour qu’elle ne puisse s’échapper.

Scootaloo les rejoignit à mi-chemin. « Suivez-moi. Tous. Toe, Torch, on va dans votre chambre », ordonna-t-elle.

Tous se demandèrent ce que la pégase avait en tête. Mais elle avait un plan bien précis pour calmer la jument déchaînée.

Arrivés dans la chambre, ils restèrent tous debout et observèrent Scootaloo qui s’agitait dans tous les sens en cherchant un objet précis dans cet endroit. Elle le trouva sous la forme d’un petit poste de radio posé sur la table de nuit. Elle l’alluma et tourna le bouton jusqu’à tomber sur la voix de Sweetie qui terminait une chanson.

La radio grésilla ensuite de la voix du présentateur d’une émission :

« Si vous nous rejoignez sur Chicoltgo Radio, nous vous rappelons que nous retransmettons en direct le concert des Ponytones. Toutefois, comme vous l’entendez, le groupe n’est pas encore sur scène et c’est Sweetie Belle qui assure la première partie depuis bientôt une heure. Nous n’avons pour le moment aucune information sur la suite et nous ne pouvons même pas dire si le concert aura lieu. »

Les poneys dans la pièce se regardèrent et même Rarity cessa de se débattre. L’inquiétude prit le dessus sur la plupart des visages en comprenant ce qui allait se passer. Mais il était trop tard pour reculer désormais. Quelque chose de grave venait d’arriver.

« Sweetie Belle vient de sortir sur scène. Le groupe est peut-être enfin arrivé… Attendez, elle revient vers le micro et va sans doute faire une annonce. »

Les six poneys présents dans la chambre retinrent leur souffle et fixèrent le poste de radio.

« Je dois malheureusement vous annoncer que le groupe ne pourra pas venir chanter ce soir », commença Sweetie Belle en faisant entendre sa voix.

Les sifflets et les huées commencèrent à se faire entendre.

« J’en ignore les raisons. J-Je suis vraiment désolée. J’espère de tout cœur que vous pourrez n-nous pardonner. P… passez une bonne soirée », finit-elle d’une voix chevrotante qui trahissait son émotion et les larmes qui ne manqueraient sûrement pas de couler sitôt sortie de scène.

Les sifflets et huées redoublèrent avant que le présentateur radio ne reprenne l’antenne.

« Comme vous venez de l’entendre, le concert des Ponytones vient d’être annulé. Nous vous communiquerons les raisons dès que nous aurons plus d’informations. Mais on peut supposer sans trop s’avancer que les tensions relatées ici et là dans les médias doivent être la cause directe ou indirecte de cette annulation. Nous- »

Scootaloo choisit cet instant pour couper le poste. Rarity semblait la plus choquée de tous et Mac avait desserré son étreinte pour la reposer au sol. Elle était tellement sous le choc qu’elle était incapable de parler ou de bouger, se contentant de fixer le vide.

La pégase orange se pencha et se mit à hauteur de ses yeux, légèrement cachés par la crinière ébourrifée après sa lutte. « J’espère que tu es contente, Rarity. Sweetie s’est donné tout ce mal pour organiser cette tournée, cette tournée que tu as voulue et c’est comme ça que tu la remercies ? En la laissant seule sur scène à affronter une foule en colère ? En la laissant tomber parce que tu fais une crise de jalousie ? » lui asséna-t-elle sur un ton sec et choisi pour faire mal.

Rarity baissa encore les yeux. Ils s’embuèrent de plus en plus et ses lèvres tremblèrent. Elle essayait de parler, de se défendre, d’argumenter en sa faveur, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Rien ne pouvait justifier son acte et au fond d’elle, elle ne le savait que trop bien.

« J’espère que tu vas enfin comprendre que tout ce qu’elle fait, c’est aussi pour toi », termina Scootaloo. Elle se releva et fit signe au groupe de sortir de la chambre. Ils obéirent et regardèrent Rarity, toujours prostrée, eux aussi avec les yeux empreints d’une certaine tristesse en voyant l’une des leurs dans cet état. Mais c’était nécessaire à cet instant.

En sortant, Scootaloo referma la porte à clé, empêchant toute évasion de la licorne. Elle se retourna et annonça au groupe : « Rendez-vous ici dans deux heures, ça vous laissera le temps de réfléchir. On va laver son linge sale en famille. Mac, reste-là et surveille-là si ça se passe mal.»

L’étalon s’installa dos à la porte et les autres retournèrent dans leurs chambres respectives, le regard soucieux et pensif, avec une grosse boule dans la gorge qu’ils ne parvenaient pas à dissiper.

Derrière la porte, Rarity reprit peu à peu ses esprits.

« Q… qu’est-ce que j’ai fait… » souffla-t-elle en se repassant le fil des évènements depuis le début de la tournée : la reformation, le concert de Baltimare où elle avait forcé Sweetie à chanter, la dispute à Maneapolis, les regards qu’elle lui avait adressé ensuite, les mots de Scootaloo…

Sweetie avait été là pour elle à chaque étape : pour l’aider à convaincre le groupe de chanter avec elle, pour prendre sa défense quand les premières tensions avaient éclatés, pour stopper les disputes et ce soir pour faire patienter un public qui avait fini par la huer.

Elle aurait pu arrêter de chanter et laisser à quelqu’un d’autre le soin d’annoncer l’annulation du concert, mais elle était restée sur scène, à jouer pour essayer en vain de calmer les spectateurs. Chaque huée et sifflet était destinée au groupe et donc à Rarity, mais c’était aussi elle et son travail acharné pour faire de cette tournée une réussite qui tombait à l’eau dans ce stade de Chicoltgo.

Elle avait tout fait pour l’aider et Rarity l’avait récompensé en la faisant passer pour la responsable de tous ses malheurs.

Les pensées noires se mélangèrent dans la tête de la licorne. Elle se releva péniblement et vit son reflet dans un miroir à proximité. Sa crinière ébouriffée, son maquillage qui coulait, ses traits tirés… Était-ce aussi de la faute de Sweetie, de sa petite sœur, celle qui avait toujours été là pour elle et était souvent la première à la réconforter, quitte à faire passer son propre bonheur avant le sien ?

Elle resta prostrée un long moment devant son reflet avant de s’asseoir sur le lit.

Lentement, ses lèvres se mirent à trembler. Elle luttait pour ne pas laisser sortir des larmes qu’elle retenait déjà depuis trop longtemps. Mais les digues cédèrent et sans pouvoir se contrôler, elle pleura à chaudes larmes, prise de tremblements, poussant des cris de désespoir qui restèrent coincés dans sa gorge, en colère contre elle-même et déçue de ne pas avoir compris tant qu’il en était encore temps.

Ses poumons lui brûlaient, chaque partie de son corps la piquait, sa fourrure la grattait et la gênait au point qu’elle aurait presque voulu s’en défaire. La douleur l’empêcha longuement d’effectuer le moindre mouvement.

Elle pleura et cria pendant encore quelques minutes avant de trouver la force de se traîner jusqu’à la porte, cognant faiblement dessus avec le peu qui lui restait dans ses sabots pour le faire.

« Mac… Mac… Ouvre-moi, je dois voir Sweetie… il faut que je la voie… » sanglota-t-elle au poney derrière la porte. « S’il te plaît… Snirfl… Je t’en supplie… Ouvre-moi… Ouvre-moi… OUVRE-MOI ! » supplia-t-elle en retrouvant sa voix pour gémir les derniers mots.

Aussi désespérés que sonnèrent ses suppliques, l’étalon ne bougea pas et tint son rôle de garde. Il entendit un sabot gratter contre la porte et ses pleurs étouffés, qui cessèrent après un long moment. Rarity remonta péniblement sur le lit et continua à pleurer comme elle n’avait autant pleuré depuis bien longtemps, souhaitant plus que tout au monde que sa sœur soit avec elle à cet instant.

« Sweetie… J-je suis d-désolée… » parvint à dire la licorne entre deux pleurs. Mais Sweetie n’avait jamais semblée aussi loin que maintenant.

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Note de l'auteur

Le chapitre que je devais publier fait presque 8000 mots. Beaucoup trop long pour ce site, je le crains... Voilà pourquoi ce chapitre est découpé en deux parties, la seconde viendra dans deux semaines. Par miracle, j'ai bien faire une coupe à peu près à la moitié sans devoir créer un énorme déséquilibre.

Nous voilà à un moment important de l'histoire ainsi que pour le groupe. Je pense que vous êtes maintenant assez intrigué pour savoir ce qui se passera au prochain chapitre.

Bon, sinon, je suis devenu organisateur des POM (Pony's on Movies) à Lille. Si vous habitez dans le Nord ou pas loin, passez me dire bonjour, c'est dimanche prochain!

Et au moment où ce chapitre est publié, Prince est mort. Monde de merde.

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BroNie
BroNie : #37920
Je sais pas si ça vaut le coup que le relève le fait qu'on nous décrit une Rarity totalement OOC dans un trip à l'égo sans fin, et un groupe qui remplit les stades mais qui n'a pas les moyens de se payer un hotel correct, tant j'ai l'impression de rabâcher ça depuis une demi dizaine de chapitres.

J'espère juste que la scène de fin va permettre au personnage de Rarity d'évoluer, parce que clairement, la fic fait tellement de surplace qu'elle va pas tarder à repartir en arrière.
Il y a 11 mois · Répondre
NightMare
NightMare : #37885
Le cut de la tristesse, le groupe est plus mal en point que jamais, les fans sont furieux, Rarity est triste et Prince est mort... Elle voit défiler un nombre de tête cette fic.
Il y a 11 mois · Répondre

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