Fond: Simple generous gifts par Devinian

Turn It On Again

Une fiction écrite par inglobwetrust.

Chapitre 19: Manehattan (2eme partie)

À l’heure prévue, Sweetie et Head se retrouvèrent dans le hall de l’hôtel. La jument s’était légèrement maquillée et portait une petite robe blanche pour se protéger du froid de la nuit. Elle vit arriver l’étalon depuis les portes de l’ascenseur.

Ce n’était pas le fait qu’il avait enlevé un peu de son maquillage qui la surprit le plus, mais… le haut-de-forme qu’il portait. Cela lui allait bien, mais ça n’avait vraiment rien de punk. Il avait l’air de n’importe quel poney ordinaire, voire même de quelqu’un de Canterlot avec cet accoutrement.

La jument ne parvint pas à décoller ses yeux du chapeau, ce que remarqua assez rapidement Head.

« Oui, je sais, pourquoi le chapeau ? » commença-t-il pour devancer ses questions. « C’est pour éviter qu’on me reconnaisse dans la rue avec ma crinière. Les gens ne m’imaginent jamais avec ça. Ils pensent plus que je sors avec un rat dans les cheveux », s’amusa-t-il.

« Ça… ça te va très bien », répliqua timidement Sweetie. Head inclina sa tête et leva son chapeau pour la saluer avant de tendre le sabot, pour que la jument le passe autour, afin de la mener au lieu convenu pour le rendez-vous.

Sweetie le fixa un moment avant de rire. « Tu sais, je peux marcher sans avoir à m’accrocher à toi. Je suis une grande. »

Head rit et rétracta son sabot. « Aww, je retenterais ma chance plus tard », dit-il avant de sortir de l’hôtel, suivi de près par la licorne, qui remarqua enfin la marque de beauté de l’étalon : un morceau de parchemin et une plume, ce qui l’étonna un peu.

Elle arriva à sa hauteur et engagea la conversation. « Drôle de marque de beauté pour un musicien, non ? »

Head sourit et jeta un rapide coup d’œil vers son flanc. « Déjà en train de regarder ma croupe ? Miss Belle, ce ne sont pas des manières », la taquina-t-il sur un ton moqueur, faisant rougir Sweetie qui se joignit vite à son rire. Head reprit plus sérieusement : « Ce que j’aime surtout dans ce que je fais, c’est écrire les paroles. La musique, ça vient tout seul après. Je l’ai eue en composant mon premier morceau. Et toi ? »

Dans sa tête, Sweetie remonta le temps. « Il y avait un concours de talents à Poneyville, là où je vis. J’ai pris le micro, j’ai chanté et boum ! La seconde d’après, j’avais ça sur mes flancs. Ça faisait longtemps qu’on me disait que j’avais une belle voix, mais j’étais un peu trop timide pour chanter. C’est Rarity qui m’a presque forcé à monter sur scène. Je lui dois beaucoup », expliqua-t-elle avec un grand sourire sur son visage.

« J’adore ta voix. Elle est très belle, très… pure. J’aimerais bien pouvoir chanter aussi bien. Enfin, bon, je fais surtout que hurler sur scène, plus que chanter », s’amusa-t-il, même si Sweetie sentit une petite pointe de regret transpirer de sa voix.

Ils poursuivirent leur marche dans les rues animées quelques minutes avant que la licorne ne réponde, ne voulant pas rester sur cette impression avant d’arriver au bar. Au moins, personne ne les reconnaissait ici, ou ne faisait attention à eux dans une ville aussi bourdonnante de vie que Manehattan.

« Tu sais, pour… hurler comme tu le fais, tu le fais très bien. Un mauvais chanteur ne ferait pas d’aussi bons morceaux que les tiens », le rassura-t-elle en lui offrant un regard compatissant. Head sourit.

« On devrait faire un duo et hurler tous les deux… je te verrais bien chanter du trash metal », s’amusa-t-il en frappant son flanc contre le sien.

« Si tu arrives à chanter ça, je suis sûre que tu peux tout chanter. Rappelle-moi de te défier au karaoké la prochaine fois », répondit Sweetie en faisant de même.

Un sourire taquin se dessina sur les traits de l’étalon, qui commença à ralentir le pas après quelques minutes de marche. « Ça tombe bien », il leva son sabot et montra un panneau installé devant le bar où il s’était arrêté, « c’est justement là où nous allons ! »

Sur ledit panneau était écrit : « Scène ouverte à tous le soir »

Sweetie écarquilla les yeux. « Tu avais tout prévu, hein ? » lui demanda-t-elle.

« Pas que ça serait avec une dame aussi charmante », répondit-il avec un accent digne de Canterlot et en levant son chapeau et un autre sabot pour lui tenir la porte.

« Tu fais un drôle de punk, tu sais ? » lui dit-elle en s’arrêtant à sa hauteur avant de passer la porte.

« Hé, on est tous un peu punk. Moi, je le chante et je le montre sur scène. Je suis plus expressif que d’autres, c’est tout », lui répondit-il en tirant la langue pour montrer un piercing jusque-là bien caché.

« Beurk, c’est dégueu ! Comment tu fais pour manger des glaces avec ça ? » rit Sweetie en faisant une petite grimace de dégoût.

Il rentra sa langue dans sa bouche. « Bah, on trouve toujours un moyen. T’as pas vu où Crash, notre bassiste, se l’est mis. J’aurai jamais cru que c’était possible de s’en faire un là. »

Sweetie leva les yeux au ciel et essaya de chasser des images plus répugnantes les unes que les autres de sa tête. « Je ne veux même pas imaginer », frissonna-t-elle en rentrant dans le bar.

« Pourtant, ses copines adorent, tu pourras leur demander », ajouta-t-il. Sweetie fit une autre grimace de dégoût et utilisa sa magie pour lui enfoncer son chapeau jusqu’à ses yeux. « Okay, je l’ai mérité », rit-il en retrouvant la lumière et en la suivant dans le bar.

L’endroit était très rustique et détonnait avec le reste de la ville. Les murs, les tables, les chaises, le comptoir… Tout était fait en bois taillé par des maîtres artisans, ce qui donnait une touche soignée au bar. Les grosses poutres en bois séparaient les tables et la décoration aux murs, écharpes et fanions de clubs sportifs du coin, exhalait la fierté de Manehattan. Au bout de la salle, une petite scène avec une guitare et deux micros attendait les musiciens courageux et voulant démontrer leurs talents. De petites lampes sur les murs donnaient une atmosphère intime à l’endroit, malgré les nombreux poneys présents. Aucun musicien ne chantait encore et seul le bruit d’ambiance typique d’un restaurant se faisait entendre : les fourchettes qui claquent sur les assiettes et les verres qui tintaient en rythme avec les conversations plus ou moins sonores des poneys présents.

Sweetie et Head s’installèrent à une table pour deux et commandèrent rapidement leur repas : deux salades de printemps sur suggestion de l’étalon.

« Alors ? » demanda-t-il après que Sweetie ait entamé son repas.

« Mmm, j’adore ! » dit-elle en gobant sa première feuille à l’aide de sa fourchette. « On dirait que ça sort juste du jardin ! »

« C’est pour ça que je viens toujours ici quand je peux, c’est parce qu’ils ont leur propre serre derrière leur bâtiment », expliqua Head, sous l’œil incrédule de Sweetie. « Si, si, je t’assure », ajouta-t-il.

« Wouah, c’est pour ça que j’adore cette ville, c’est toujours plein de surprises ! » se réjouit la licorne en reprenant ses coups de fourchette.

« Ouais, j’adore aussi. Y’a toujours un truc à faire ici », répondit Head, les yeux rêveurs et tournés vers la rue, qui grouillait toujours de monde.

« D’ailleurs, tu es d’ici ? » demanda Sweetie.

L’étalon tourna la tête vers elle. « Hein ? Oh non, je suis de Trottingham. Tout le groupe vient de là-bas », expliqua-t-il, reprenant aussi ses coups de fourchette, plus maladroits, sur son plat. Sa réponse leva une question dans l’esprit de Sweetie.

« Comment tu l’as créé, je veux dire… le groupe ? » questionna la licorne, qui cherchait une façon d’engager la conversation.

« En fait, c’est une histoire très… courte », commença Head. « Je faisais déjà mes compos et j’allais à plein de concerts de metal. Lors d’un pogo à un show de Brainfuck, j’ai renversé ma bière sur quelqu’un et le type est allé chercher deux de ses potes pour se bastonner. On s’est battus et à la fin, on a fini par sympathiser en se battant contre d’autres gars qui nous cherchaient des noises. Et c’est comme ça que Go to Tartarus est né », se souvint l’étalon en levant son chapeau pour faire montrer sa crinière noire.

Sweetie était un peu surprise. « C’est… une drôle de façon de monter un groupe.»

Head haussa les épaules et rabaissa son chapeau. « Ouais, j’avoue que je suis pas très fier de ce que j’étais à l’époque. Je me suis calmé, même si on continue souvent à se disputer dans le groupe. C’est comme ça. Y’en a qui perdent jamais l’esprit punk », s’amusa-t-il, tandis que Sweetie se rappela des mêmes disputes chez les Ponytones.

« Dans ce cas, les Ponytones sont de vrais punks », rit-elle. Head leva un sourcil.

« Comment ça ? Je pense pas qu’ils dorment dans un cercueil comme fait Crash… non ? » demanda-t-il en faisant un petit mouvement de recul et en levant les sourcils.

« Non, non, non. Laisse-moi t’expliquer. » Et Sweetie expliqua en détail ce qui s’était passé pendant la tournée en n’omettant aucune des disputes qui faillirent marquer la fin du groupe. Head écoutait avec attention, en tant que fan du groupe et se rappelant lui-même de son quotidien dans son propre groupe.

Quand elle en eut terminé, Head avait le regard un peu dans le vide, comme s’il digérait son récit.

« Wouah, c’est… dingue. Heureusement que t’étais là d’une certaine façon. C’est un peu toi qui as sauvé le groupe », songea-t-il à haute voix. Sweetie rougit.

« C’est ce que pense le groupe aussi, mais je ne sais pas vraiment comment le prendre. C’est un peu gênant », s’excusa-t-elle presque en frottant un de ses sabots contre son épaule, embarrassée.

« SI ça a permis à mon groupe préféré de rejouer ensemble et de chanter sur la même scène que moi, alors je dois te remercier », la complimenta Head. « Merci beaucoup, Sweetie, je te dois beaucoup », ajouta-t-il en s’inclinant.

« M… merci… » bégaya la licorne. « Tu aimes le groupe depuis longtemps ? » demanda-t-elle pour évacuer la question, alors qu’elle finissait sa salade.

« Oh, depuis aussi loin que je m’en souvienne. C’est ma mère qui m’a fait écouter tout petit et j’ai jamais arrêté de les adorer. Mais je dois avouer que j’ai pas trop suivi la reformation vu qu’on est en tournée, c’est pour ça que j’étais super content lors des répétitions. C’est un rêve qui se réalise ! » s’émerveilla Head en levant les sabots bien haut.

Sweetie souriait à pleines dents, avant que l’étalon ne la surprenne avec une autre question. « Et toi, tu es vraiment une fan de mon groupe ? »

La question la déconcerta un peu, mais elle répondit rapidement. « Bien sûr. J’aime toutes les musiques. Et tes chansons sont vraiment… » Elle chercha ses mots et agita les sabots. « Uniques ? » tenta-t-elle. Head gloussa.

« Uniques ? » répéta-t-il.

Sweetie agita un peu plus ses sabots. « Je… je sais pas comment dire. J’aime beaucoup, c’est tout. C’est toujours plus facile de dire pourquoi on déteste quelque chose que l’inverse », constata-t-elle.

« En tout cas, je peux te dire que j’adore ce que tu fais. Tu as une très belle voix, tu- »

« AND IIIIIIIII WIILL ALWAYS LOOOOOOOOVVVVVEEEE YOOOOOOOUUUUUUUUUUUUU !!!!!!!!!!!!!!!! »

Un pégase sur scène venait de se lancer dans un karaoké, faisant grimacer beaucoup de poneys dans la salle.

« Tu chantes beaucoup mieux que ce gars », finit Head. Sweetie rit et tourna sa tête vers la scène en reposant les sabots qui étaient instantanément montés vers ses oreilles.

« On devrait aller lui donner une leçon », proposa Sweetie, un petit sourire en coin.

« On ? » demanda Head, un sourcil levé et une feuille de salade en bouche.

« Quoi ? Tu as peur ? » se moqua la licorne en plissant les yeux.

Head reposa sa fourchette, enleva sa serviette, se leva et tendit le sabot vers Sweetie. « Hé, si je t’ai emmené ici, c’est aussi pour ça, alors… m’accorderez-vous ce duo, mademoiselle Belle ? » lui demanda-t-il.

Sweetie ne le laissa pas longtemps debout et prit son sabot pour le traîner sur scène, alors que le poney chanteur se faisait éjecter de scène sous les huées des spectateurs.

Le duo grimpa sur scène : Head prit la guitare et Sweetie s’installa à l’autre micro. Mais avant de commencer quoi que ce soit, ils se concertèrent.

« Tu sais ce qu’on pourrait chanter ? » lui demanda-t-elle, pendant qu’il essayait de se familiariser avec l’objet. Il sourit et ne dit rien. Sweetie leva un sourcil et s’apprêtait à lui reposer la question quand il se lança sur quelques notes. La licorne reconnut instantanément le morceau : une composition de Toe et Torch issue de l’un de leurs albums.

Sweetie sourit. « Monsieur est connaisseur ? » lui demanda-t-elle. Head hocha la tête et lui renvoya le sourire. La licorne tourna la tête vers le public et approcha sa bouche du micro.

« Bye-bye love, bye-bye happiness, hello loneliness…. »

Head se concentra au départ sur le jeu de guitare avant de mêler sa voix à celle de Sweetie pour coupler les harmonies vocales qui faisaient le charme de la chanson. Sa voix plutôt grave de chanteur de trash metal contrebalançait assez remarquablement celle de Sweetie et peu à peu, elle devenait plus douce pour s’adapter à la chanson.

Sweetie était ébahie. Si elle avait déjà fait beaucoup de duos avant, elle ressentait une connexion particulière avec Head. Peut-être simplement parce qu’ils étaient tous les deux chanteurs de chansons qu’ils respectaient beaucoup et que leurs influences étaient finalement les mêmes. Ou peut-être tout simplement parce que la même passion de la musique les rassemblait.

Ils finirent la chanson sous les applaudissements du public, qui en redemanda encore. Sweetie et Head se regardèrent et sourirent. La soirée ne faisait que commencer.

Ils alternèrent les chansons des Ponytones, des chansons d’autres groupes et Head surprit même Sweetie en jouant parfaitement certaines de ses chansons à la guitare. Attiré par leurs sons, le public se massait de plus en plus autour de la scène, ébloui par ces moments de grâce musicale auxquels on assiste rarement, encore moins dans un bar.

Leurs voix combinées plaisaient aux poneys, qui applaudissaient avec énergie à chaque fin de chanson. Certains reconnurent Sweetie, mais personne ne reconnut le chanteur au haut-de-forme. Même si la combinaison des deux était improbable, presque la belle et la bête avec leurs looks, elle fonctionnait, un peu comme les Ponytones fonctionnaient malgré l’assemblage de voix toutes différentes les unes des autres.

Le pouvoir de la musique venait encore de frapper.

Après une grosse demi-heure, Head suait à grosses gouttes, ainsi que Sweetie, avec la température qui était montée de quelques degrés dans le bar avec l’afflux de poneys. Head fit un signe du sabot à la licorne, lui indiquant qu’il n’en pouvait plus. Sweetie acquiesça et avertit le public.

« Merci à tous ! C’était super de jouer pour vous ! »

Malgré quelques protestations de certains déçus, ils sortirent de scène, en quête d’un rafraîchissement. Un poney monta rapidement sur scène pour profiter du public.

« YOOOOOUUUUU’RE HEEEEEERRREEE THEREEE’SSS NOOOOOOOTHIIIING I FEAAAARRR !!!! »

Les sabots des poneys terrestres se levèrent vers leurs oreilles. Les licornes se les bouchèrent avec des serviettes. Les pégases se les couvrirent avec les ailes.

Sweetie et Head remontèrent vers la sortie pour payer l’addition et sortir prendre l’air. Au comptoir, on leur tendit deux gobelets avec une paille. « Offert par la maison », leur dit-on. « Pour les clients qui sont venus ici vous voir », ajouta la serveuse, occupé à servir des tas de poneys, enfin, ceux pas encore repoussés par la voix de crécelle du poney sur scène.

Head et Sweetie prirent leurs boissons et sortirent à l’air libre, buvant le breuvage frais pour rafraîchir leurs gorges et leurs corps. Après en avoir fini une longue gorgée, la licorne parla la première.

« C’était… wouah ! Tu chantes vraiment super bien ! » s’émerveilla-t-elle en essuyant quelques gouttes de sueur sur son front.

« Merci, t’étais pas mal non plus », se moqua-t-il gentiment, recevant un coup de coude de la jument. « Je veux dire, t’étais parfaite », se corrigea-t-il. « Rappelle-moi de nous inscrire pour les championnats d’Equestria de karaoké. »

« Ça existe vraiment ? » se demanda Sweetie à haute voix. Sa crinière était un peu décoiffée après les efforts fournis et elle devait repousser quelques mèches de cheveux qui tombaient sur ses yeux, ce qu’Head trouvait très attirant.

« J’en sais rien, mais si on a des concurrents comme ceux de ce soir, personne ne nous battra », s’amusa l’étalon. « Sérieux, c’était vraiment super. Pour une fois que je peux chanter autre chose qu’Anarchy in Equestria, ça fait du bien de le faire avec quelqu’un qui sait chanter », ajouta-t-il plus sérieusement.

Sweetie rebut une gorgée de sa boisson, puis eut une idée.

« Si tu veux, tu pourrais chanter avec moi en première partie des Ponytones demain », suggéra-t-elle.

Head écarquilla les yeux, presque incrédule. « S-sérieux ? » bégaya-t-il.

« Hm-mm », acquiesça Sweetie. « Autant en faire profiter le plus de poneys possible. Ça serait super ! Enfin… seulement si tu veux », finit-elle un peu plus timidement.

Head posa sa croupe au sol et amena son sabot sous son menton. Il semblait en pleine réflexion. « Faudrait que j’en parle au groupe. Je sais pas s’ils seront d’accord…. » expliqua-t-il. Sweetie leva un sourcil.

« Pourquoi ? C’est à toi seul de décider. Ce n’est pas comme si tu n’allais pas chanter avec eux », argumenta la licorne en finissant son verre et en le jetant dans une poubelle à proximité, les deux toujours postés devant le bar.

« Ben…. Déjà qu’ils n’aiment pas les Ponytones, alors qu’est-ce qu’ils diraient si je chante avec toi… Pour eux, c’est de la trahison au punk… » dit-il, essayant de rire mais ne masquant pas une certaine gêne. « Je… je sais pas… J’adorerai mais je… » Il avait du mal à finir sa phrase.

« Tu veux qu’on en parle ailleurs ? » demanda Sweetie, alors que la foule des poneys passant dans la rue ne leur offrait que peu d’intimité. Head leva la tête, accepta le sabot tendu par la licorne et se mit en marche.

« Suis-moi, il y a un parc sympa pas loin. On sera tranquilles pour discuter », suggéra Head, qui retrouva son sourire. Sweetie le suivit jusqu’à un parc à quelques minutes de marche. Sur le chemin, ils croisèrent un glacier.

« Hé, je prendrais bien une glace, qu’est-ce que t’en dis ? Histoire que t’admires ma façon incomparable de manger les glaces ? » proposa Head en se souvenant d’une des remarques de la licorne.

Sweetie rit et accepta sa requête, prenant deux glaces au chocolat avant d’aller s’installer sur un banc. Pour l’aider, la licorne utilisa sa magie pour tenir les deux cornets.

Enfin assis, Sweetie observa avec attention l’étalon, qui prit tout son temps en sachant qu’il était scruté par la jument. Lentement, il sortit sa langue et fit de lents mouvements pour bien montrer le piercing, sous le regard mi fasciné, mi-dégoûtée de la licorne. Mais il reprit des coups de langues normaux et la mangea comme n’importe quel poney, nullement gêné par le morceau de métal sur sa langue.

Sweetie s’attaqua à son propre cornet. « Quand même, ça ne doit pas être pratique… » soupira-t-elle. Head tourna la tête vers elle.

« C’est sûr que je fais souvent sonner les portiques. Et quand on embrasse une autre jument qui en porte aussi un à la langue, on peut se retrouver coincés. Et là, faut appeler un serrurier », rit-il, un peu jaune en se rappelant une aventure qui lui était arrivée.

Ils finirent leur glace en silence pendant quelques instants avant qu’Head ne reprenne la parole. « Je te verrais bien avec un piercing. Un truc discret à l’oreille, tu sais. »

Sweetie ne put s’empêcher de rire. « Si je fais ça, Rarity me dénonce à la police de la mode. Le jour où je me suis mis un bijou au nez, quand j’étais ado, elle m’a fait une crise pas possible », se souvint-elle.

« Elle tient à toi. J’peux pas en dire autant de mon groupe… » soupira Head en finissant de manger son cornet. « C’est ce que je te disais avant. J’adorerai chanter avec toi mais je sais que les gars vont piquer une crise si je le fais… »

Sweetie compatit. « C’est vraiment difficile avec eux ? »

Head inspira profondément et s’affaissa sur le banc. « Je fais tout dans ce groupe. Ils se fichent de mes chansons. Ils veulent juste jouer fort et que ça rock. Ce que j’ai chanté avec toi ce soir, je suis pas prêt de le faire avec eux. Y’a des fois où j’ai juste envie de tout envoyer balader et de les laisser en plan, juste pour voir ce qu’ils feraient sans moi… » dit-il, les yeux froncés.

Sweetie laissa pendre le silence pendant quelques secondes. « Est-ce… est-ce que tu as déjà eu envie de quitter le groupe ? »

Head réfléchit quelques secondes, le regard fixé vers le parc et les quelques poneys qui s’y baladaient encore. « Plus d’une fois. Ouais. Mais c’est mon groupe, c’est toute ma vie. Je sais pas…. C’est bizarre, hein ? Un jour, on se déteste. L’autre, on s’adore. Mais j’ai l’impression que ça va finir par péter un jour, c’est évident », constata l’étalon en passant ses deux sabots sur son visage.

« C’est ça le problème dans un groupe. Il y a toujours un moment où quelque chose finit par se casser… » acquiesça Sweetie, qui se rassit un peu sur son siège.

« Comment ta sœur l’a pris ? Je veux dire, quand les Ponytones se sont séparés il y a dix ans ? » questionna Head.

« Mal », répondit tout de go Sweetie. « Le problème, c’est qu’ils se sont séparés en étant les pires ennemis du monde. Mais je crois que les séparations peuvent aussi bien se passer. Ça fait mal, c’est sûr, mais on peut surmonter ça. C’est bien aussi d’arrêter tant qu’il est encore temps », déclara Sweetie.

« Ouais, tu dois avoir raison. Tu crois que je devrais faire quoi ? » demanda l’étalon en se tournant vers la licorne, qui leva un sourcil, surprise par la question. Elle amena un sabot sous son menton et réfléchit un moment, tandis qu’Head était suspendu à sa réponse.

« Si ce sont tes amis, ils te laisseront chanter avec moi demain. Ils comprendront. S’ils ne veulent pas… » Elle marqua une pause. « C’est à toi de voir, Head. Je ne peux pas décider à ta place. Tu connais la situation mieux que moi. C’est à toi seul de décider de ce que tu veux faire. Laisse parler ton cœur, c’est tout ce que je peux te conseiller », finit Sweetie en souriant.

Head baissa les yeux, réfléchit quelques instants, grattant sa petite barbe avant d’expirer profondément. « T’as raison, Sweetie. Je vais y réfléchir mais… qu’ils le veuillent ou non, je chanterais avec toi », déclara-t-il, plein de confiance.

« Tu es sûr ? Je ne veux rien t’imposer… », tempéra la licorne.

« J’en suis sûr à 150 pourcents. Merci pour me l’avoir proposé. » Il sourit et après un peu d’hésitation, tendit les sabots et fit un câlin à Sweetie, qui retourna l’étreinte passée la surprise de ce contact.

« J’ai hâte », lui murmura-t-elle à l’oreille.

« Ouais, moi aussi », lui répondit l’étalon. Même si la chaleur de leur câlin était la bienvenue avec la nuit qui tombait, ils se séparèrent et tournèrent leur tête vers le ciel de Manehattan, les yeux fixés vers la Lune, profitant simplement du calme ambiant.

Les sourires ne quittèrent pas leurs visages. La journée de demain s’annonçait belle. Et la soirée l’était déjà.

« Tu sais », dit Head en observant la Lune. « La princesse Luna est super fan de notre groupe. »

« Sans rire ? » demanda Sweetie.

« Ouais », Head s’approcha d’elle et pointa la Lune du sabot. « Elle a dit que c’était bien de voir des gens utiliser la voix royale de Canterlot pour chanter. Je pense que j’ai loupé un épisode mais elle était contente quand on l’a vu backstage après notre concert à Canterlot. » Il rétracta son sabot et le passa autour du cou de Sweetie.

« C’est vraiment vrai ou c’était juste pour que tu passes ton sabot autour de moi ? » le taquina Sweetie.

Head rétracta le sabot, gêné. « Euh… non, c’est vrai. Elle portait même un t-shirt du groupe. Elle ferait une bonne chanteuse de metal », s’amusa-t-il pour détendre l’atmosphère. « Désolé si… tu sais… »

Sweetie tourna la tête et vit l’embarras dans son regard. Il avait repris sa position initiale sur le banc et avait les joues rouges, même si ça n’était pas évident à voir dans la pénombre qui tombait. Il tourna le regard sur sa gauche et observa le reste du parc, se taisant.

Il sentit un corps chaud se coller contre le sien et un sabot passer autour de sa taille. Il tourna la tête vers sa droite et vit la tête de Sweetie fourrée contre sa poitrine. Il ouvrit grand les yeux et bégaya quelques mots incohérents. Après quelques essais infructueux, il se calma et ferma sa bouche. Lentement, il passa son sabot autour de Sweetie et la tint doucement sous le regard des étoiles et de la Lune, qu’il regarda avec tendresse.

‘Luna, je vous adore’, pensa-t-il en penchant sa tête contre celle de la licorne, restant dans cette position confortable pendant un long moment, la chaleur se diffusant d’un corps à l’autre. Head voulait en faire plus, mais se réfréna de lui-même. La soirée était déjà plus que réussie.

Les deux restèrent ainsi sur ce banc à observer le ciel de Manehattan, à écouter la cité bourdonner des bruits de la nuit, sans prononcer le moindre mot qui risquerait de venir gâcher l’instant.

Sweetie finit par bâiller. « Je crois qu’il est l’heure d’aller voir Luna, si tu vois ce que je veux dire… » dit-elle d’une petite voix.

Head mit quelques secondes à répondre, le temps de sortir de sa rêverie. « Oh, oui, bien sûr… Je vais te raccompagner », lui dit-il en laissant la fraîcheur de la nuit frapper son pelage, qui semblait plus glacial que jamais sans la présence de la jument à ses côtés.

Le chemin vers l’hôtel se fit à nouveau en silence. Head et Sweetie se regardèrent tous les quelques pas, un petit sourire ne quittant pas leurs visages jusqu’à l’arrivée à destination. Head raccompagna la jument jusqu’à sa chambre.

« Voilà… on est arrivés », constata-t-elle en cherchant dans son sac de selle.

« C’était… bien. J’ai hâte qu’on chante ensemble demain. Ça va être super », répondit l’étalon à voix basse, en creusant du sabot contre le sol, l’air timide. « Tu… tu as quelque chose de prévu demain ? Euh… je veux dire, avant le concert ? » osa-t-il lui demander.

« Non. Tu veux aller faire un tour en ville avec moi ? Comme ça, on ira ensemble au stade. C’est mieux que de rester à l’hôtel à attendre », répondit Sweetie, ouvrant la porte de sa chambre et se mettant face à Head.

« Ouais, cool ! Je pensais aller voir quelqu’un, je suis sûr que tu vas l’adorer. On se retrouve au petit-déj ? » lui demanda-t-il, ses yeux s’illuminant à la perspective de la journée de demain.

« Hm-mm », fredonna Sweetie, qui bâilla juste après. « Bon… bonne nuit, Head. À demain. »

« Bonne nuit, Sweetie. À demain », lui répondit-il en commençant à s’éloigner. La licorne le regarda partir, se mordit la lèvre, hésita quelques secondes et finit par parler.

« Head ? Je peux te poser une question ? »

L’étalon se retourna, sourit et se remit face à elle. « Tout ce que tu veux », répondit-il d’une voix douce.

Sweetie ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit au début. Après encore un peu d’hésitation, elle demanda : « Ta crinière, c’est ta vraie couleur de cheveux ? »

Head ne s’attendait pas à cette question et sembla surpris pendant un court instant. Il reprit ses esprits, souleva son chapeau et lui montra quelques mèches roses qui se faisaient voir par-dessus la teinture qui partait. « Non. Mais du rose, c’est pas très punk comme couleur de crinière. pas vrai ?» Il remit son chapeau sous les rires de Sweetie.

« Oh, moi je trouve que c’est très attirant », dit-elle en battant des cils, forçant sur son attitude séductrice. « Mais sérieusement, tu promets d’en parler à ton groupe pour demain ? » questionna-t-elle, se montrant plus concernée pour lui que pour sa crinière.

« Promis. Mais faudra juste qu’ils n’aient pas la tête dans le flanc en se réveillant. J’essaierais de les voir vite, je te le promets. Bonne nuit, Sweetie », conclut l’étalon en attendant la réponse de la jument.

Après quelques secondes, la licorne s’avança et déposa un baiser sur sa joue. « Bonne nuit, Head », lui souhaita-t-elle en refermant la porte de la chambre, laissant le terrestre surpris, yeux écarquillés et mâchoire ouverte, avant qu’un grand sourire ne se dessine sur son visage.

Il remonta, guilleret, jusqu’à sa chambre, dansant un peu sur le chemin, avant de s’effondrer sur son lit, la tête tournée vers la Lune qui jetait sa lumière jusque dans sa chambre. Il la salua et dit :

« Luna, vous êtes vraiment ma princesse préférée. »

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BroNie : #42452
5000 mots de plus où y ne se passe rien, je me vois pas faire un pavé là dessus. C'est le rendez-vous de Sweetie et de ton OC, c'est vite fait mignon, on passe.

Par contre, je me demande si un docteur fou est pas passé entre les deux chapitres pour voler le cerveau de Sweetie Belle. C'est la seule explication que j'ai pour justifier ses réflexions. D'une, quand elle se persuade qu'un haut de forme est porté par n'importe qui d'ordinaire, alors qu'il s'agit d'un chapeau qu'on porte aux occasions spéciales (mariage, cérémonies) et complètement démodé comme simple chapeau chic avec costume depuis les années 30. Remarque, son mec qui est sûr de cacher sa crinière avec un couvre-chef non enveloppant est pas mal non plus. Il aurait pu mettre un bonnet, ou une perruque. Mais non, y porte un truc qui découvre les tempes et la nuque et il est persuadé qu'on verra pas sa crinière. J'imagine qu'il va se balader dans le désert avec une casquette ouverte de comptable parce qu'au moins, y a une visière, donc t'es protégé.

On est par contre définitivement dans un univers alternatif. Si tu écris que Sweetie avait le trac avant de monter sur scène et d'y recevoir sa marque, ce n'est pas la même Sweetie du show, qui a fait un concert de rock, les JO, et une pièce de théâtre. Et qui rêvait de recevoir un prix en face d'une assemblée. Comme peur de la foule, on fait mieux.

On terminera par la seconde ablation du lobe cérébral de la licorne, avec sa proposition, au calme de changer la première partie du concert. Sans prévenir ni les Ponytones, ni Scootaloo, ni personne. En mode YOLO, je sais que vous attendiez Muse en première partie, mais finalement voici Marc Lavoine feat. Eddy Mitchell, kiffez vos races !
Et le seul qui soulève la problèmatique étant le punk, qui relève effectivement que ça se fait pas (jusqu'à ce que Sweetie dise steuplé) me laisse définitivement à penser que de la matière noire flotte entre les deux oreilles de la licorne.
Il y a 5 mois · Répondre
AuRon
AuRon : #42349
Gnan-gnan mais bien écrit :) continu !

Ps : des nouvelles de «Sensation» ?
Il y a 5 mois · Répondre
jojo
jojo : #42347
C vrai c gnangnan c le même genre de gnangnan qu' on trouve dans Night and Day et certain passage qui sont assez cliché mais c tous de même jojo à lire et c vraiment génial le passage ou le pegase chante I Always love you de Whitney Houston je me suis pété de rire ^^
Il y a 5 mois · Répondre

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